Test - This War of Mine : The Little Ones

«Vous n’êtes pas le héros» , - 6 réaction(s)

Depuis des décennies, le jeu vidéo et la guerre ont toujours été très proches, presque amants, nous faisant la plupart du temps croire que la guerre c’est cool. De Contra à Call of Duty, en passant par Medal of Honor, il est facile de se prendre pour un héros et vaincre seul des régiments entiers de soldats par la seule puissance de nos armes. Rares sont les jeux à nous montrer le vrai visage de la guerre : moche, sale, violent et torturé (le génial Spec Ops : The Line en fait partie). Du coup, lorsqu’on se retrouve devant This War of Mine, il faut immédiatement mettre de coté nos réflexes de super héros et prendre conscience qu’un être humain peut devenir tout à la fois fragile et désemparé lors d’un conflit armé.

Fuck The War

Choisissez un scénario...
Choisissez un scénario...

Il faut tout d’abord se placer dans le contexte, puisque This War of Mine s’inspire énormément du tristement célèbre siège de Sarajevo qui aura duré presque 4 ans (de 1992 à 1996). Il est déjà rare qu’un jeu vidéo s’inspire d’un évènement aussi récent, mais la particularité de This War of Mine est d’incarner un groupe de civils coincés dans la jungle urbaine au milieu des affrontements. Le but du jeu sera donc de garder au moins un personnage en vie, jusqu’au cessez-le-feu. Et je peux vous dire que vous allez les compter les jours en espérant enfin l’arrivée des forces de l’OTAN, puisque tout un tas de choses pourront avoir raison de vos personnages, le plus redoutable étant le temps. L’ambiance visuelle et sonore sont un des points forts du jeu, combinant une esthétique façon bande dessinée en monochrome avec des bruits de bombardements et d’affrontements lointains. Les musiques ont le mérite d’être relativement discrètes mais malheureusement trop répétitives.

... ou bien créez le vôtre
... ou bien créez le vôtre

En lançant une partie, il vous faudra d’abord choisir un groupe de personnages, sachant que chacun possède des compétences propres comme un talent pour le marchandage, de cuisinier, de discrétion ou bien tout simplement un gros sac à dos pour collecter plus de choses. Ces civils ont tous leur propre histoire et leurs faiblesses, on se met donc à avoir une certaine empathie pour eux. Le lien est d’ailleurs renforcé par des photographies en noir et blanc et des dialogues uniquement sous-titrés, ce qui évite le piège de la mauvaise localisation. Malheureusement, certaines bulles de dialogue viennent se superposer aux icônes d’interaction, ce qui peut poser parfois problème lorsque vous voulez réaliser une action rapidement. Une jouabilité d’autant plus problématique lorsque vous devrez faire preuve de discrétion. L’interface est tout de même plutôt bien pensée à la manette, même si elle se montre parfois un peu lourde.

Chéri, j’vais faire des courses !

Chaque groupe a son histoire
Chaque groupe a son histoire

Votre abri sera le point névralgique du jeu, il vous faudra l’équiper pour développer des outils, faire la cuisine, fabriquer des armes et rendre l’environnement plus agréable pour les occupants. Le jeu se divise en deux étapes qui se suivent de façon répétée : la gestion de l’abri le jour et la collecte d’objets la nuit. Pour rendre le jeu jouable à la manette, les développeurs ont eu l’intelligence d’intégrer la croix directionnelle lorsque les icônes d’interaction sont trop proches les uns des autres. Cela fonctionne plutôt bien quand vous êtes au calme, mais peut rapidement devenir brouillon lorsqu’un de vos personnages exprimera ses états d’âme en affichant son texte en plein milieu de vos actions à effectuer.

Les abris sont juste immenses !
Les abris sont juste immenses !

Comme votre mission sera de survivre au siège, différents lieux sont accessibles en dehors de votre refuge, abritant plus ou moins de dangers et de matériel disponibles avec plusieurs variantes selon votre partie. A vous donc de bien choisir où aller, car une fois dans un endroit, le quitter fera immédiatement terminer votre nuit de collecte. Le plus gros du jeu sera donc de collecter un maximum de matériel, médicaments, denrées, etc. Certains sont bien plus rares que les autres et pourront servir de monnaie d’échange avec les quelques marchands que vous croiserez. La sensation de fragilité devient souvent intense lorsqu’il faut progresser à l’abri des militaires ou des bandits, sachant que vous ne disposez que d’une seule vie pour chaque personnage, et qu’en cas de décès, tout le matériel récolté sera perdu. Il vaut mieux donc la jouer furtif plutôt que bourrin, surtout que la jouabilité à la manette vous demandera une précision quasi chirurgicale. Mais même en pleine infiltration, se déplacer silencieusement peut devenir très vite compliqué car il faut orienter le joystick gauche très très calmement et le moindre mouvement brusque fera du bruit, et alertera donc les ennemis les plus proches.

L’Homme et la guerre

Les enfants apportent une touche de légèreté
Les enfants apportent une touche de légèreté

En temps de guerre, il faut se débrouiller avec ce que l’on a. Le système de craft est donc un élément important du jeu et vous devez avoir un sens aigu de l’organisation pour bien gérer vous priorités au sein de votre abri. Absolument tout ce que vous fabriquerez sera utile à vos personnages et pourra leur sauver la vie. Un lit pour dormir, un atelier pour fabriquer des outils et des armes, des filtres pour épurer l’eau de pluie, des pièges à animaux etc. Fabriquer une radio, par exemple, vous permettra de vous tenir informé de la situation actuelle et d’anticiper vos prochaines actions comme fabriquer une chaudière à l’approche de l’hiver. Chaque objet demande des ressources et un temps de confection, qui pourront tout deux être réduits selon le talent de votre personnage. La gestion de l’abri est globalement bien pensée, très accessible et saura récompenser vos efforts.

Youpi !
Youpi !

Car le but de fabriquer toutes ces choses, c’est bien entendu la survie de vos personnages, et cela passe en premier lieu par le confort. Il existe plusieurs états physiques à surveiller : la fatigue, la faim, la santé et les blessures éventuelles. Il faudra aussi faire attention à leur état moral. Et c’est là que This War of Mine fait fort, car chacune de vos actions (qu’elles soient passives ou actives) influera sur l’état de vos personnages. Il faudra redoubler de vigilance si vous devez vous occuper d’un enfant, ces derniers ne peuvent réaliser aucune tâche et seront bien plus fragiles physiquement et moralement. C’est d’ailleurs l’un des ajouts de cette édition The Little Ones par rapport à la version PC (en plus des lieux inédits). Cela apporte une difficulté supplémentaire à un jeu déjà corsé et envoûtant, ne vous donnant que très peu droit à l’erreur. Le jeu possède une durée de vie potentiellement infinie avec plusieurs scénarios jouables et de nombreux événements aléatoires pouvant changer d’un seul coup le cours d’une partie. Malgré quelques répétitions dans le gameplay, on relance le jeu avec plaisir pour tenter de faire mieux qu’avant et de sauver toujours plus de compagnons que lors de notre partie précédente.

Bilan

On a aimé :
  • Une ambiance visuelle et sonore prenante
  • La sensation de fragilité et le danger constant
  • Les événements aléatoires, pour le meilleur et pour le pire
  • Chaque choix à des conséquences
On n’a pas aimé :
  • Musiques et actions répétitives
  • Parfois lourd dans son gameplay à la manette
  • Interface pas toujours très lisible
  • Pas assez violent
C’est pas ma guerre

This War of Mine est un jeu vraiment à part, nous faisant vivre la guerre dans la peau de civils plutôt que de militaires. L’aventure en devient prenante, cruellement humaine, même si j’aurais personnellement préféré un ton plus brut et violent. L’ambiance fait qu’on repense à notre partie pendant plusieurs heures après avoir éteint la console, et que l’on se demande si nos choix auront une incidence désastreuse sur la suite. L’ajout des enfants dans le jeu n’est pas anecdotique et donne à la fois une difficulté supplémentaire et une lueur d’espoir dans cette ville dévastée par les horreurs du conflit. On pourra pester sur la répétition des actions et des musiques, ainsi que sur la jouabilité à la manette pas toujours au top, mais on se rappellera surtout du stress provoqué par certains événements, rendant le titre de 11 bit studios terriblement accrocheur.

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton1765.jpg?1441044740

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This War of Mine : The Little Ones

This War of Mine : The Little Ones
PEGI 0

Genre : Gestion

Editeur : Deep Silver

Développeur : 11 bit studios

Date de sortie : 29/01/2016

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Mac OSX, Apple iOS, Android, Autre support

6 reactions

kalud

25 jan 2016 @ 20:20

J’hésite vraiment à le prendre celui la mais le test me fait lus pencher du côté oui.

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Harmoniica62

25 jan 2016 @ 20:57

Sa change des Call of je vais me le prendre tien !!

lordhinateur_59

25 jan 2016 @ 23:18

:-/c’est en voyant ce test que je me rencontre que le jeu est en FR, je l’avais zappé car j’étais persuadé qu’il été full english

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Okuma

26 jan 2016 @ 02:51

pourquoi « pas assez violent » en fin de test apres toutes c belles paroles, en manque de « call of testosteroness » ?

FENDR4GOU

Rédaction

27 jan 2016 @ 18:51

@Okuma : la violence n’est pas synonyme de pan pan boum #michaelbay. Je parle de violence comme il y en a eu à cette époque pendant le siège de Sarajevo, à savoir des atrocités commises sur les civils. Ne pas confondre « violence » et « spectaculaire ».

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ezor1

01 mar 2016 @ 09:32

Je viens de l’acheter. J’ai hate... Quant à la violence, cela me semble logique qu’elle soit peu présente puisqu’il s’agit de civils. Dans notre monde de barbarie, je pense que cette phrase a été mal écrite. Il y a tte sorte de violence (trop) et je trouve malheureux d’écrire ce type de « mots ». Je pense que cela devrait etre un point positif car la guerre, c’est presque tjs les civils qui en patissent (Syrie, Irak, Lybie,etc.). Faut-il revenir sur les atrocités de Sarajevo et les mettre en exergue ? Tout le monde sait ce qui s’est passé la-bas. Un massacre, une honte mais qui n’a pas servi de leçon, comme d’habitude. Par conséquent, je pense que ce n’est pas un bon exemple... Sinon, je n’ai a dire. C’est un débat d’idées.