Publicité

Test – Hell Yeah ! La Fureur Du Lapin Mort

Test – Hell Yeah ! La Fureur Du Lapin Mort
Le 7 octobre 2012
Le 7 octobre 2012

Lapin compris

Partager cet article :

Les quelques mots que j’arrive à poser sur le clavier en ce moment sont hésitants. Mes doigts sont engourdis et mon esprit est tétanisé par la peur. Je crains pour ma vie et lutte contre une folie dans laquelle tout mon être tente de trouver refuge. Et pourtant, il me faut partager le terrible secret que je détiens. Un secret incroyable, impensable, une vérité terrifiante découverte au détour d’un simple clic de souris. Une page web totalement anodine à priori et pourtant montrant l’innommable. Je sais que je n’étais pas censé voir ce que j’ai vu et je sais maintenant qu’Il me cherche et qu’Il fera tout pour me réduire à silence. La peur a maintenant un visage : celui d’un lapin !

Le Chaud Lapin de l’Enfer

Un lapin qui aime les trésors

Ash est heureux. Il mène une belle vie, sans amour, sans soucis, sans problèmes. Il règne en maître sur l’enfer suite à cet accident accidentel qui a fait disparaître son pauvre père. Il ne faut pas se fier à l’apparence de lapin d’Ash, un lapin mort pour être précis, car derrière ses airs “choupinets”, il est un être diabolique, violent, sadique, méthodique, Martinique, politique et tout ce que l’on peut trouver en “ique” qui fait mal. Mais comme chaque lapin, Ash a une petite faiblesse, une faiblesse à laquelle il s’abandonne le soir après une dure journée de torture et de règne sans partage : il s’est trouvé une passion pour les canards en plastique. Malheureusement pour lui et comme toutes les têtes couronnées, il est un jour surpris par un paparazzi, et son vice caché se retrouve aux yeux et à la vue de tous sur le net. Les photos n’ayant que 100 vues, il se décide à partir au travers de l’enfer retrouver ces voyeurs pour les envoyer “ad patres” et récupérer les photos volées.

Hell Yeah ! est seulement le troisième gros jeu des studios Arkedo à qui l’on doit les très sympahtiques Nervous Brickdown (que je recommande chaudement) et Big Bang Mini sur DS, mais aussi les très agréables JUMP!, SWAP! et PIXEL! que l’on peut retrouver sur le canal indé de la xbox. Hell Yeah peut se vanter d’être le premier projet de grosse ampleur de ce petit studio Parisien voisin de Pastagames (le récent Rayman Jungle Run sur iOS et Androïd dont le test sera bientôt disponible sur Xboxygen). On retrouve la patte graphique unique du studio avec ses couleurs chaudes et saturées, sa réalisation très propre et son ambiance sonore merveilleuse que l’on doit à Sylvain Hellio (beaucoup ?) et à Xavier Thiry (un peu ?) déjà à l’oeuvre sur les remarqués Jazz’s a Trump Journey (iOS) et Big Bang Mini.

Les pieds de Lapin dans le plat

Massacre à la tronçonneuse

Hell Yeah ! est un jeu a fort capital sympathie. La direction artistique est géniale, dotée d’un univers attachant et mignon qui distille avec soin exécutions sanguinolentes et passages hallucinés dans un univers cartoon fantasmagorique très imaginatif. Les premiers pas du joueur, ou plutôt ses premiers sauts de lapin sont assez déroutants, Hell Yeah ! commence comme un jeu de plate-forme, simple et efficace avec un petit double saut des familles puis semble prendre une toute autre direction lorsque notre petit lapin pas si sympa tombe sur son véhicule/scie circulaire qui l’accompagnera durant presque toute l’aventure. Ash alternera régulièrement entre les phases en véhicule surarmé et les phases de plate forme ou le joueur devra éviter les tirs et les adversaires. Hell Yeah ! semble à première vue être un jeu d’action aventure à la “Metroid” ou “Castlevania” période Symphony of the Night. Il n’en est rien. Alors que ces deux jeux jouissent d’un environnement ouvert laissant le joueur explorer à son gré un complexe immense, rempli de secrets et dont les profondeurs s’ouvrent suivant les objets, capacités qu’il récoltera au fur et à mesure, le fonctionnement de Hell Yeah ! est tout autre.

Soif de sang !

La quête, et l’essentiel du travail de Ash, sera de retrouver et de tuer les 100 monstres qui ont vu les photos interdites. L’exploration de l’univers se déroulant sur plusieurs cartes séparées (prison, espace, volcan) sera régulièrement entravée par des portes qui ne s’ouvriront qu’après l’exécution sanglante d’un certain nombre de monstres. Ces monstres particuliers feront l’objet parfois d’un mini-puzzle afin de trouver une manière de les abattre, puis l’exécution en elle-même interviendra après un mini-jeu référentiel au célèbre Wario Ware. Chaque exécution entraînera une petite séquence animée amusante et drôle qui ne sera pas sans rappeler les sanglantes altercations du duo Itchy et Scratchy des Simpsons. Hell Yeah ! déborde de références en tout genre, qu’elles soient cinématographiques ou vidéoludiques, elles sont très nombreuses et disséminées tout au long du jeu.

Outre ce travail d’éradication, Ash, récupèrera de l’argent afin d’accroître son arsenal et de débloquer quelques goodies comme des chapeaux et des looks de scie circulaire. Arkedo a eu la très bonne idée de glisser dans le jeu des séquences de shoot them up assez différentes les unes par rapport aux autres afin de varier les plaisirs. L’expérience s’avère très sympathique et agréable, voire même grisante jusqu’à la moitié du jeu, c’est un peu à ce moment là que la lune de miel se finit et que les qualités du jeu font place à ses défauts.

Il Lapin compris

Hell Yeah ! souffre clairement du manque d’expérience du studio Arkedo qui malgré une bonne volonté évidente s’est pris les pieds dans le plat de civet de lapin en ce qui concerne la profondeur du jeu. L’exemple le plus criant est celui de “l’île”. L’île que l’on débloque après quelques heures de jeu est un endroit optionnel où l’on retrouve tous les monstres que l’on a préalablement exécuté. On aura alors le loisir de faire travailler ces monstres dans différents endroits afin de récupérer le l’argent, de la nourriture, des objets spéciaux et du ravitaillement qui sont censés nous aider dans la quête principale. Lorsque l’on arrive pour la première fois dans l’île on se dit “Chouette ! Cela va être très amusant !” mais le traitement est tout autre. On ne peut qu’assigner les créatures dans les lieux, les faire se reposer lorsqu’elles sont fatiguées et les enfermer lorsqu’elles se bagarrent entre elles. La gestion est pour ainsi dire inexistante et les bonus accordés sont dérisoires : un peu d’énergie qui ne sert à rien vu que l’on dispose de vie infinie et la difficulté s’avère vraiment minime, quelques casques pour les collectionneurs et à peine quelques pièces de temps en temps.

Des tas de choses à débloquer

L’argent justement est une denrée qui ne sert plus à rien lorsque l’on arrive au premier tiers du jeu, vu que l’on aura déjà acheté tout ce que les magasins ont à leur disposition. L’arsenal d’Ash est certes très complet mais on aura rarement l’impératif de changer d’armes afin de se défaire d’un adversaire plus coriace. On peut facilement finir le jeu en n’utilisant que deux ou trois armes de cet arsenal. Les magasins proposent de refaire des réserves de grenades (totalement inutiles) de remplir sa vie (inutile aussi vu que des fontaines dans le niveau le font très bien et gratuitement) et d’acheter des boucliers (euh…).

Hell Yeah ! se dégonfle très rapidement et toutes les promesses de richesses du titres s’avèrent être totalement sous utilisées si elles ne sont pas totalement mises de côté par les développeurs au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu. Les exécutions sympathiques au début car très nombreuses et semblant être différentes à chaque monstre se répètent dès le cinquantième monstre jusqu’à l’épuisement. Dès la moitié du jeu et leur découverte passée, elles cassent systématiquement le rythme déjà pas bien élevé d’Hell Yeah !, elles n’assurent plus leur rôle d’être un élément de gameplay. Vu qu’elles constituent le coeur de celui-ci, elles finissent par plonger Hell Yeah ! et surtout le joueur dans une torpeur et un ennui que les quelques bribes d’humour n’arrivent plus à tenir éveiller.

Le Bilan

On a aimé 

  • La direction artistique
  • Un jeu multi référentiel
  • Les musiques
  • L’humour

On a pas aimé :

  • Manque de profondeur
  • Manque de rythme
  • L’île ne sert à rien comme beaucoup d’armes

Conclusion du test de Hell Yeah! La Fureur du Lapin Mort

Un coup de carotte dans l’eau
Hell Yeah ! La Fureur du Lapin Mort avait tout pour plaire. Un style cartoon très joli, un héros charismatique, une ambiance sonore festive et inventive, un gameplay assez varié font partie de la longue série des points attachants de ce jeu made in France. Si en plus on ajoute à ce panel assez complet un jeu généreux dans les références en tout genre qu’il distille et un humour pipi caca des fois assez caustique, le lapin dispose d’un véritable capital sympathie. Malheureusement, ce gros et généreux capital sympathie du lapin mort de l’enfer ne sauve pas le jeu d’un rythme léthargique, d’une routine assassine et d’un manque certain de profondeur. Hell Yeah ! aurait gagné à avoir peut-être moins d’éléments mais plus approfondis afin que tout ceci puisse s’étirer sur la longueur de façon plus naturelle. Le lapin ne tient pas la longueur et s’arrête faire un somme avec le joueur en plein milieu de la course…

L
Partager cet article

Hell Yeah! La Fureur du Lapin Mort

Développeur : Studio Arkedo
Éditeur : Sega
Date de sortie : 03/10/2012

commentaire

0 Commentaires
Accueil » Tests » Test – Hell Yeah ! La Fureur Du Lapin Mort