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Test – Doom 3 BFG Edition

Test – Doom 3 BFG Edition
Le 24 octobre 2012
Le 24 octobre 2012

La compilation de l’enfer !

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Cela fait quelques années que je le vois dans votre regard. Au fond de vous, une immense tristesse grandit de jour en jour, ne pouvant faire abstraction des affres du temps sur votre amour de jeunesse. Vous l’aimez toujours comme au premier jour, mais pourtant vous avez du mal à passer du temps avec lui. Ses textures baveuses vous sautent aux yeux, de larges bandes noires l’accompagnent sans arrêt et son visage reste flou, grossier. Vous ne savez pas comment faire renaître la flamme qui vous consommait il y a quelques années de cela. Heureusement, le jeu vidéo a inventé la chirurgie esthétique pour vieux titres, un lifting plus ou moins grossier capable de redonner une seconde jeunesse à nos amours passés. Mais comme pour notre compagne, compagnon, le résultat dépend du talent de celui qui opère…

Doom toi-même d’abord !

Le plaisir de retrouver des vieux "copains"...

La mode est aux remakes HD de grands et vieux titres et Doom n’échappe pas à la règle qui tend de plus en plus à se généraliser sur nos consoles. ID Softawre nous offre un Doom 3 tout droit sorti de l’enfer avec un tout joli lifting HD pour nos écrans larges. Pour les deux/trois au fond de la salle qui ne connaissent pas Doom… Non arrêtez, ne les huez pas les pauvres, ils ont dû se tromper de site. Pour la culture générale de ces énergumènes, sachez donc messieurs que Doom fut l’un des plus gros succès du jeu vidéo des années 90. Sorti fin décembre 93, certains le montrent du doigt comme étant la cause de la baisse de productivité des universités américaine durant l’année qui suivit. Un logiciel permettant de le supprimer des machines comme n’importe quel virus avait même été développé. Doom était le successeur de Wolfenstein 3D et est devenu par la suite une véritable référence du genre FPS (jeu de tir à la première personne) et est même devenu le nom utilisé pour décrire le genre en tant que “Doom-like”.

Du sang, de l'acier, des créatures qui sortent de nulle part...

Doom narrait la virée, dans un univers futuriste de science-fiction, d’un space-marine dernier survivant de son escouade, devant fermer les portes de l’enfer accidentellement ouvertes. Cette aventure était ponctuée de combats acharnés contre des cohortes de monstres arrivant par dizaines dans des niveaux immenses bardés d’armes et de passages secrets. Le succès du jeu fut tel qu’il fut suivi peu de temps après par Doom II: Hell on Earth puis par diverses extensions. Curieusement il fallut attendre 10 ans avant de voir la suite tant attendue de ce phénomène vidéo ludique avec le bien nommé Doom 3.

Oh, Couloir HD ! J’écris ton nom !

Souvenir, quand tu nous tiens !

Doom 3 s’est placé dès sa sortie comme un étalon technique sur PC. Impressionnant avec son moteur maison, ses éclairages dynamiques et un son géré en 5.1 renforçant l’ambiance particulièrement réussie du jeu. L’ambiance est justement le point fort de Doom 3 qui flirte plus du côté du survival horror survitaminé que sur les premiers Doom avec dont il ne garde que les bestiaires. L’un des éléments de gameplay particulièrement critiqué à l’époque était le fait de ne pas pouvoir tirer et allumer en même temps une lampe torche, primordiale dans les sombres couloirs de la station Martienne où se déroulait le jeu. L’apparition des monstres, l’éclairage dynamique et la rapidité du gameplay laissaient le joueur dans un moment de tension extrême tout au long du jeu. Malgré les critiques visant sa grande linéarité (couloir étroit, couloir étroit et quelques couloirs étroits entre), son manque d’action comparé à ses aînés et l’utilisation de la lampe torche, le jeu est resté dans les mémoires comme une petite pépite d’ambiance horrifique et de combats dynamiques où l’esquive par déplacement latéral devient un art.

Il faudra réussir à protéger le Drone...

Alors que reste-t-il de tout cela aujourd’hui ? Soyons francs, ID Software a réalisé un lifting du pauvre sur Doom 3. Mis à part pouvoir jouer à ce morceau d’histoire du jeu vidéo sur nos nouveaux écrans plats, aucun travail supplémentaire au niveau de l’esthétisme du soft n’a été accompli. Les modèles sont aujourd’hui grossiers, les textures sont dégueulasses et l’éclairage dynamique n’impressionne plus. Mis à part les nostalgiques conciliants, Doom 3 n’a plus vraiment d’arguments à présenter sur nos consoles même si l’on est quand même très loin de dire que Doom 3 est aujourd’hui moche. La grande linéarité du titre et son ambiance claustrophobe ne plaide plus vraiment en sa faveur, même si les passionnés de Dead Space pourront y trouver leur compte en attendant la suite de leur série préférée compte tenu de la formidable ambiance horrifique du jeu, soutenue encore par un environnement sonore de très haute volée (mis à part pour les doublages français assez décevants). Pour les heureux possesseurs d’écran 3D et de lunettes spéciales, ils pourront vivre les combats dans les sombres couloirs avec un degré d’immersion supplémentaire. On retrouve aussi le mode multijoueur qui aujourd’hui aura vraiment du mal à trouver son public.

La révolution de la lampe torche !

Un éléphant dans un couloir c'est dur à éviter !

Si graphiquement rien n’a changé, quelques modifications ont été apportées au niveau de la jouabilité du jeu à la manette, à commencer par l’utilisation tant décriée de la lampe torche. La grande révolution de Doom 3 BFG Edition est, en effet, d’intégrer la lampe torche à l’armure et donc de pouvoir tirer tout en visualisant nos cibles. Grosse évolution certes mais qui va malheureusement à l’encontre de l’ambiance du jeu, vu que de nombreuses créatures restaient tapies dans l’ombre pour mieux nous surprendre, ces effets tombent là totalement à l’eau avec l’utilisation continuelle de la lampe. On aurait bien aimé avoir la possibilité d’activer ou non cette option. Outre ce grand changement, on remarquera aussi quelques modifications au niveau de l’utilisation du PDA (petite tablette multi-fonction) du marine qui est maintenant plus simple d’accès à la manette et plus souple en termes de chargement comparé à la version Xbox. La navigation sur les écrans rencontrés dans le jeu a aussi été légèrement remaniée pour être plus agréable. On aurait presque aimé que Id Software passe aussi un peu de temps sur les modèles 3D des créatures et sur quelques textures.

Un couple d'Imp pour une rencontre sanglante !

Car avouons-le, pour une édition spéciale anniversaire des 20 ans de Doom et dans l’attente d’un éventuel Doom 4, ce Doom 3 BFG Edition et quand même très léger au niveau de ses bonus. Alors oui, on retrouve quand même, pour une trentaine d’euros et avec joie, Doom et Doom II version XLA avec la possibilité de jouer à ces jeux en ligne. On retrouve aussi l’extension de Doom 3, Resurrection of Evil et quelques nouveaux chapitres exclusifs nommés The Lost Mission, deux extensions plus action que l’épisode de base. Mais pour une édition spéciale on aurait presque aimé avoir quelques bonus pour les fans comme des illustrations, des croquis de travail, des commentaires de l’équipe d’origine, voire même un documentaire sur l’histoire de Doom. Je rêve ? Pas vraiment puisque tout ceci était présent dans l’édition collector de Doom 3 sorti sur Xbox que j’ai sous les yeux. On aurait même apprécié de pouvoir choisir la langue du jeu et d’écouter la VO sous-titrée, bref tout les petits bonus qui font qu’une édition qui s’adresse prétendument aux fans puisse les combler et leur faire plaisir. Autant dire que Doom 3 BFG Edition en est très loin…

Le Bilan

On a aimé 

  • Toute l’histoire Doom réunie sur une seule galette
  • L’ambiance unique du jeu
  • Le prix
  • Juste un simple lifting graphique
  • La nouvelle utilisation de la lampe torche
  • Aucun bonus pour les fans

Conclusion du test de DOOM 3

Doom anthologies !
Il faut voir Doom 3 BFG Edition comme un petit cadeau aux fans. Une petite gourmandise qui nous permet d’avoir sur une même galette Doom 1 et Doom 2, pour faire plaisir aux plus vieux, des jeux intemporels toujours aussi agréables à jouer seul ou à plusieurs, et Doom 3 relifté accompagné de deux extensions pour prolonger le plaisir. Si on sait sur quoi on va tomber, on ne peut être déçu mis à part peut-être par la modification obligatoire de l’utilisation de la lampe torche -rendant l’expérience moins viscérale- et le manque de contenu bonus. Si l’on souhaite découvrir ces jeux pour la première fois sur nos belles consoles et télé d’aujourd’hui, le constat est un peu plus nuancé. Il faudra savoir tolérer des graphismes dépassés, des environnements exigus (pour Doom 3) et un gameplay dynamique mais loin des canons actuels. En gros, il vous faudra aimer les vieilleries. Mais Doom est dans ce domaine là toujours une bonne cuvée doublée d’une ambiance unique !

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DOOM 3

Développeur : Id Software
Éditeur : Bethesda
Date de sortie : 19/10/2012

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