Test - Sniper Ghost Warriors Contracts 2 - Contrat rempli au juste prix

«Les épreuves de la servante Tawaddud» , - 3 réaction(s)

Après trois premiers épisodes oubliables, CI Games a trouvé une formule intéressante pour sa franchise de tireur d’élite avec Sniper Ghost Warrior Contracts, sorti en novembre 2019. Ce FPS mélangeant infiltration, action et tir de précision à moyenne distance nous emmenait en Sibérie pour renverser le gouvernement mafieux d’une nouvelle république indépendante. Depuis quelque jours, le studio polonais a remis le couvert en nous proposant Sniper Ghost Warrior Contracts 2. Cette fois-ci, le froid polaire des régions sibériennes laisse place à la chaleur torride du Moyen-Orient. Avec seulement dix-huit mois d’écart entre les deux épisodes, notre crainte d’une version 1.5 de la formule Contracts avec un simple changement de skin semble légitime. Le moment est venu de la dissiper ou de la conforter.

Un scénario qui ne casse pas trois pattes à un Kuamar

Nous incarnons Raven, un mercenaire freelance d’élite, envoyé au Kuamar, pays fictif coincé entre la Syrie et le Liban. Pendant 20 ans, le territoire a été sous la coupe du dictateur Omar al-Bakr, finalement assassiné. Aujourd’hui, c’est son épouse, Bibi Rashida, qui a repris les rênes du pouvoir. Malheureusement, cette dernière, encore plus féroce que feu son mari, envisage d’envahir un pays voisin. C’en est trop pour notre mystérieux commanditaire, qui nous envoie sur place afin de couper méticuleusement l’approvisionnement des sources du pouvoir de la mégalomane et d’en finir une bonne fois pour toutes avec elle.

Comme dans Contracts, une cinématique nous présente rapidement les enjeux et les cibles principales des contrats de la région sélectionnée. Le problème vient de l’absence de mise en scène par la suite. Les cibles principales ne sont finalement que de vagues silhouettes que nous abattrons comme tous les autres types de soldats présents dans notre viseur ou que nous croiserons au détour d’un couloir pour les exécuter froidement, sans aucune interaction possible. L’immersion dans le scénario s’en retrouve réduite à peau de chagrin. Ajoutons qu’un dernier rebondissement tombe comme un cheveu dans la soupe et propose une dernière région bâclée au lieu de finir en apothéose. Dommage.

Arsenal till I die

La première demi-heure de jeu avec Sniper Ghost Warriors Contracts 2 nous conforte vraiment dans notre crainte initiale d’une simple redite. Les habitués de l’épisode précédent retrouvent très facilement leurs repères. Les menus et les éléments de personnalisation sont pratiquement équivalents, hormis un lifting du design bienvenu qui rend la navigation beaucoup plus agréable. Belle surprise, le thème musical du menu principal, créé par Gustavo Coutinho, est magnifique et nous plonge directement dans l’ambiance orientale. De nouveau, cinq régions autonomes nous attendent pour remplir nos contrats, en plus de celle dédiée au didacticiel. Ce dernier présente efficacement les mécaniques de gameplay et les possibilités tactiques que nous utiliserons sur le terrain.

Avant de partir en mission, nous devons sélectionner minutieusement notre matériel. Nous emportons obligatoirement trois armes différentes : un fusil de sniper, une arme secondaire et une arme de poing. Une belle sélection d’armes est proposée avec pour chacune leurs avantages et inconvénients (puissance, stabilité, portée, bruit,...). La catégorie la plus hétéroclite demeure celle des armes secondaires où nous retrouvons des fusils d’assaut, des pistolets-mitrailleurs, un fusil à pompe et même un arc à poulies, le meilleur allié pour des assassinats en silence.

Raven est également équipé d’un masque de haute technologie, bien utile pour nous faciliter la tâche lors des phases d’infiltration et faire du repérage via les jumelles incorporées. Enfin nous disposons d’une sélection de gadgets à choisir parmi une tourelle pour des tirs simultanés ou de défense de notre position, un drone capable de repérer les lieux, de pirater des équipements ennemis et même de tuer, des grenades, des mines et d’autres consommables utiles selon notre style de jeu. C’est un véritable arsenal qui ne demande qu’à être exploité afin de varier les plaisirs et les approches. Toutefois, pour débloquer l’essentiel des équipements et des compétences, il faudra réussir des contrats, des primes et des défis. La réussite de ces objectifs nous rémunère en argent pour l’achat du matériel et en points de compétences pour débloquer de nouvelles capacités qui nous feront devenir une légende des Ghost Warriors.

En plein dans le mille !

Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil pour les initiés de la franchise. Et puis, un petit détail nous intrigue sur la carte des régions. Trois d’entre elles sont indiquées comme contrats de tir lointain, les deux autres comme contrats classiques. Cela tombe bien, la première grande zone après le didacticiel fait partie de cette nouveauté, prenons la direction de la province de Zindah. Autre petite surprise lors de la sélection de la première mission, quatre niveaux de difficulté sont maintenant proposés au lieu de trois, jouant sur les réglages de la vigilance et des dégâts des ennemis, mais aussi la présence d’aides à la visée et de l’interface. CI Games tente de contenter tous les publics.

Une fois sur place, on comprend vite que le premier objectif des contrats de tir lointain est d’atteindre différents spots disséminés sur des coins de la carte du mini open world de la région concernée. Bien entendu, aller d’un spot à un autre ne sera pas une balade de santé entre villages, grottes et camps à traverser, infestés de soldats ennemis. Sur le terrain, Raven est seul, uniquement en relation via une oreillette avec son agent de liaison, Control. Ce dernier nous sert de guide et de conseiller dans l’avancée des missions. Cependant, nous restons maître de nos déplacements, de nos actions et sommes libres de choisir l’ordre des contrats à exécuter. Dans ces espaces de transition, on retrouve le côté infiltration, action et tirs de sniper à courte distance, propre à la nouvelle formule introduite par Contracts, avec un gameplay classique qui a fait ses preuves.

C’est réellement une fois installé sur un spot de tir lointain qu’on découvre la réelle nouveauté de ce second opus. Nous découvrons ainsi un lieu à l’écart, inaccessible pour l’infiltration et situé à plus d’un kilomètre de distance. L’utilisation d’un fusil de sniper à longue portée est donc obligatoire. L’absence de tirs à très longue distance était le principal défaut du premier Contracts, d’autant plus cruel quand on prétend être un jeu de sniper. Durant ces nouvelles phases de jeu, notre seul allié reste notre précieuse paire de jumelles afin de cibler les ennemis, de repérer des opportunités de tir ou des éléments du décor qui pourraient nous être fort utiles : des boîtiers électriques, des alarmes de véhicules, un container à 20 m du sol dont le câble qui le maintient semble fragile, etc.

Une fois la stratégie adoptée, la pression monte de plusieurs écrans. Le moindre faux pas pourrait alerter la zone et compromettre la mission. En cas d’échec flagrant, la situation devient vraiment chaotique. Chaque tir doit donc être bien réfléchi et exige une grande concentration, surtout dans le niveau de difficulté le plus élevé avec toutes les aides à la visée retirées et la gestion du vent et du bullet drop à prendre en considération. Après un tir réussi à cette distance, un vrai sentiment de fierté nous remplit et la mise en scène spectaculaire de la killcam pour certains tirs fait toujours son petit effet. Les phases de tir lointain sont véritablement une franche réussite et les spots disponibles, via les trois régions où ils sont présents, demeurent assez nombreux avec des objectifs variés pour se faire plaisir (cibles à abattre, sabotage, prisonnier à protéger lors de sa fuite).

Le labyrinthe de Pan, t’es mort

CI Games a finalement gardé deux vastes régions où le tir lointain n’est pas d’actualité. L’expérience est dès lors la même que celle qu’on a connue avec le premier opus. Toutefois, le studio excelle vraiment en matière de level design, ce qui rend la traversée de ces régions agréable à parcourir avec moult passages à découvrir et possibilités tactiques pour attaquer les différents endroits ciblés. Et ces derniers sont nombreux et souvent inspirés, bien que certains restent très classiques. Mentions spéciales à la Citadelle du mont Kuamar et au palais présidentiel à l’architecture orientale superbe.

Régulièrement, le travail sur la verticalité des zones est remarquable avec la présence de nombreuses grottes et installations souterraines. Il existe souvent plusieurs itinéraires différents pour atteindre un lieu précis. Cependant, certaines tares d’un level design à l’ancienne persistent dans cet opus. Raven n’est toujours pas capable de grimper à mains nues en dehors de passages précis (les fameuses traces blanches sur une roche) et certains sauts ou passages particuliers nous sont interdits alors que notre athlète se montre épatant dans des situations similaires, mais “autorisées”. Aussi, les meilleurs spots pour sniper à courte et moyenne portée sont tous des bivouacs où se dresse fièrement un drapeau du Kuamar visible d’assez loin, une manière grossière de signaler au joueur “le tir aux pigeons, c’est ici”.

Bienvenue au pays des Lemmings

Toutefois, le principal défaut du jeu, récurrent à la série (et à presque tous les jeux vidéo…) une fois l’absence de tir lointain gommé dans cet opus, reste une IA souvent calamiteuse. En tant que Ghost Warrior, l’infiltration est fortement recommandée si nous voulons respecter le roleplay. Malheureusement, le système de détection des ennemis via une jauge qui augmente ou se vide selon la situation est devenu fatigant et usité. Certes on ne peut le reprocher spécifiquement à CI Games, qui reste un studio modeste, mais que l’on donne directement un Game Award au prochain studio qui révolutionnera ce système pour cette nouvelle génération de consoles. Le résultat est sans appel, il arrive fréquemment de passer à quelques mètres d’ennemis sans qu’ils nous détectent alors qu’aucun obstacle n’entrave leur champ de vision. Il est ainsi facile de jouer avec la jauge de détection pour se faufiler avant qu’elle atteigne le point de non retour synonyme de chaos.

En effet, si jamais nous sommes réellement détectés, toute la garnison liée au lieu visité est immédiatement au courant de notre position et nous canarde de partout. Nous passons d’une flagrante myopie à une vision d’aigle collective en une fraction de seconde, un miracle de la nature. À ce moment-là, trois possibilités s’offrent à nous. La première, recharger la partie. Heureusement, les points de sauvegarde automatique sont assez fréquents. La deuxième est d’affronter tel John Rambo les troupes ennemies en chargeant avec son fusil d’assaut ou à pompe si nous en avons un à disposition. Les chances de succès restent médiocres. Enfin la troisième possibilité est de jouer jusqu’au bout avec la faiblesse de l’IA, soit essayer de trouver un couloir ou un cul de sac étroit et attendre que les ennemis se pointent bêtement au rendez-vous pour un suicide collectif inspiré des légendaires Lemmings. Peut-être qu’il faut être patient, puisque les développeurs ont l’air de tout faire pour améliorer l’IA des ennemis via les différents patchs annoncés.

Les charmes envoûtants du Moyen-Orient

Malgré ces défauts que l’on retrouve dans la plupart des jeux du genre, Contracts 2 conserve suffisamment de qualités pour maintenir notre envie d’aller au bout, grâce à l’addiction causée par les tirs au fusil de précision et l’exploration gratifiante des régions. D’autant plus que les environnements traversés et le choix du Moyen-Orient réussissent à nous envoûter. Passer des régions glaciales de la Sibérie aux terres souvent arides et ensoleillées du Kuamar est un sacré dépaysement. La colorimétrie change du tout au tout entre les deux opus et nous fait un bien fou après cette longue période de confinement. Les effets lumineux, les textures baignées par le soleil de plomb, les effets du vent sur la végétation et le sound-design qui l’accompagne sont très réussis et immersifs.

De plus, pour couper la monotonie d’une terre ocre désertique et d’un ciel bleu immaculé, les développeurs ont eu la bonne idée de nous emmener également dans une région à haute altitude au climat local tempéré et à la végétation forestière dense. Toutefois le clou du spectacle reste cette région que l’on traversera au moment du crépuscule et qui nous transporte directement dans l’univers merveilleux et enchanteur des Mille et Une Nuits. Seule ombre à ce tableau globalement réussi, l’absence d’une véritable zone urbaine commence à se faire cruellement sentir.

Pour faire honneur à cette belle direction artistique, CI Games continue de faire confiance au CryEngine, un moteur de référence pour le genre FPS. L’expérience emmagasinée par les développeurs commence à payer et le titre franchit un nouveau palier au niveau des graphismes, en comparaison de ceux de l’opus précédent, avec de meilleures textures sans pour autant atteindre l’exceptionnel. Cependant, le titre souffre particulièrement d’aliasing, notamment avec les structures et équipements métalliques. En ce qui concerne la fluidité, le titre tient la route après un patch salvateur délivré une semaine après la sortie du jeu, qui introduit le mode performance pour stabiliser le framerate. Du moins sur Series X, nous n’avons pas pu tester sur les autres modèles de consoles Xbox. Néanmoins de nombreux bugs continuent de se manifester ici et là, dont certains nous ont obligés à redémarrer le jeu. Là encore, l’équipe du studio continue d’œuvrer pour en corriger le plus possible. Inchallah.

Il nous a fallu une vingtaine d’heures pour compléter les contrats. Vous pouvez ajouter des dizaines d’heures si vous souhaitez compléter les défis et récolter tous les succès pour votre gamerscore. Finissons par signaler l’absence d’un mode multijoueur, mais il est fort possible qu’il arrive ultérieurement via une mise à jour comme ce fut le cas pour l’épisode précédent. Pour le moment, les développeurs ne l’ont pas garanti officiellement.

Testé sur Xbox Series X Version non optimisée pour Series X|S

Bilan

On a aimé :
  • Les phases de tir à plus de 1000m
  • La grande qualité du level design
  • La killcam toujours spectaculaire
  • L’ambiance enivrante du Moyen-Orient
  • Une bonne rejouabilité avec les différentes approches et défis possibles
On n’a pas aimé :
  • Une IA décevante
  • Un scénario cliché et générique
  • Une région finale bâclée
  • Le chaos exagéré une fois repéré
Finalement, c’est Sniper Ghost Warriors Contracts 1.6

Notre crainte d’une version 1.5 de Sniper Ghost Warriors Contracts après seulement un écart de 18 mois entre les sorties des deux opus s’est pratiquement confirmée. Heureusement, le choix du Moyen-Orient avec ses couleurs chaudes en lieu et place d’une Sibérie au froid polaire et l’ajout indispensable et très réussi pour le genre de contrats de tir lointain, à plus d’un kilomètre, atténuent ce sentiment. Reste que la formule Contracts demeure efficace pour les passionnés de tir de précision mêlant infiltration et action. Ce second épisode améliore de nombreux points forts du premier mais malheureusement conserve ses points faibles, comme une IA au rabais et un scénario prétexte sans saveur. Toutefois, pour ceux qui ne jurent que par les tirs de sniper, il est évident qu’ils trouveront des dizaines d’heures de plaisir intense. Proposé au tarif réduit d’un AA, le contrat est donc rempli au juste prix en espérant un troisième opus exclusif à la nouvelle génération de consoles beaucoup plus ambitieux et révolutionnaire.

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Sniper Ghost Warrior Contracts 2

Genre : FPS

Éditeur : 505 Games

Développeur : City Interactive

Date de sortie : 4 juin 2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Xbox 360, PC Windows

3 reactions

lacrasse

21 jui 2021 @ 12:27

J’ai pris le premier à pas cher, j’arrête la avec cette licence, je trouve ça moyen, je Li préfère et de loin sniper élite

avatar

EverFish

21 jui 2021 @ 12:43

J’en suis à la 2ème carte et j’ai arrêté, je m’attendais à mieux, le test reflète mon ressenti, heureusement que je l’ai acheté pour peu cher

avatar

Mortel

21 jui 2021 @ 18:16

J’aime bien le genre en général, et j’ai adoré hitman sniper assassin qui mériterait d’avoir son propre petit jeu. J’ai fait le début du premier suite à un prêt du jeu…… j’ai eu l’impression d’un jeu pre 1 ère Xbox……. Bref je n’aime pas cette série. Tant mieux si des joueurs s’amusent mon avis n’engageant que moi bien sur.