Rocksteady a offert de l’argent à une victime de harcèlement sans s’excuser des faits

«Nouvelles affaires» le 22 septembre @ 15:312022-09-22T15:30:47+02:00" - 0 réaction(s)

Les affaires de harcèlement et d’agressions sexuelles n’ont pas fini de gangrener l’industrie vidéoludique et les employés des studios de développement et d’édition. La maison britannique revient aujourd’hui dans l’actualité concernant la gestion relativement tordue d’une affaire de harcèlement.

Une ancienne développeuse dévoile la réaction de Rocksteady dans une affaire de harcèlement

Le studio britannique notamment connu pour son travail sur la saga Batman et les jeux issus de l’univers DC est pris dans une affaire particulièrement difficile refaisant surface par le biais d’une développeuse victime de harcèlement lors de son passage dans le studio il y a quelques années : il s’agit de Kim MacAskill.

C’est en 2018 que 10 des 16 femmes travaillant chez Rocksteady ont signé une tribune dénonçant le harcèlement sexuel, les insultes transphobes et les propos sexistes et désobligeants omniprésents au sein du studio. À la tête de cette démarche, on retrouve Kim MacAskill, notamment victime de harcèlement, qui s’était présentée comme étant à l’origine de cette lettre.

MacAskill a donc été licenciée par rapport à son rôle central dans la publication de cette lettre rendue publique en 2020. Depuis, l’ex-développeuse a demandé à ce que son nom ne figure plus au générique du prochain jeu de Rocksteady : Suicide Squad : Kill The Justice League.

L’affaire revient aujourd’hui sur le devant de la scène puisque Kim MacAskill a décidé de se retirer de la course au Women in Games Lifetime Achievement Award, car son ex-studio Rocksteady en est l’un des principaux sponsors. C’est sur Twitter qu’elle s’est exprimée quant à l’hypocrisie totale du studio et à la manière dont Rocksteady a géré sa plainte pour harcèlement à l’époque.

"Après une enquête, il y a eu des offres de résolution. Ils m’ont offert de l’argent. Beaucoup...

Tout ce que je veux, ce sont des excuses et la semaine dernière, je les ai même demandées. Bon sang, j’ai à moitié supplié. Je veux juste que ça soit résolu, mais pas comme ça. Pas avec de l’argent. Comment les choses peuvent-elles changer de cette façon ?

Rocksteady fait passer son image avant ses intentions. Prendre un prix qui leur est lié serait une acceptation tacite de ce qu’ils ont fait."

Face à cela, Rocksteady a déclaré avoir « immédiatement pris des mesures fermes pour répondre aux questions soulevées » dès 2019. L’affaire a été confiée à un cabinet d’avocats externe et indépendant mais également à une équipe de Warner Media People gérant les affaires internes. Résultat, les deux enquêtes en ont conclu que « les affaires avaient été traitées de manière appropriée et sensible ». Voici les propos tenus récemment par un représentant de Warner Bros suite à la sortie de Kim MacAskill :

"Les enquêtes ont révélé qu’il n’y avait pas de preuves étayant les allégations de cet ancien employé qui a démissionné en 2019. Nous sommes contre toute forme de harcèlement et nous prenons toute allégation extrêmement au sérieux. Nous soutenons les personnes qui ont des préoccupations qu’elles souhaitent soulever. Nous avons donc pris le temps nécessaire pour mener une enquête approfondie sur les allégations à Rocksteady Studios, avec la plus grande intégrité.

Nous pensons que Rocksteady est dirigé par une équipe de direction solide et nous sommes fiers du travail qu’ils ont déjà accompli et de leur engagement continu à faire en sorte que le studio soit un lieu de travail équitable et inclusif, où chaque employé est écouté, respecté et soutenu. Rocksteady a été un sponsor de Women in Games dans le passé et continue son parrainage pour soutenir et célébrer les femmes travaillant dans l’industrie du jeu."

Une réaction logique de la part du studio qui cherche à protéger sa réputation face à ce type d’affaires risquant d’entacher gravement leur réputation. Face à cela, la situation des cas et des victimes de harcèlement sexuel chez Rocksteady reste très floue, voire inquiétante. On ne peut que saluer le courage de Kim MacAskill pour mettre en lumière cette affaire qui n’est pas sans rappeler ce qui a pu se passer chez Ubisoft ou Activision Blizzard.

Suicide Squad : Kill The Justice League

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Suicide Squad : Kill The Justice League

Genre : Action

Editeur : Warner Bros

Développeur : Rocksteady Studios

Date de sortie : Printemps 2023

Prévu sur :

Xbox Series X/S, PC Windows