Test - Crash Bandicoot N.Sane Trilogy

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Plus personne ne présente Naughty Dog tant sa renommée dans le monde du jeu vidéo est désormais établie. Ce studio de développement fondé à la fin des années 80 par Andy Gavin et Jason Rubin est indissociable du personnage qui a fait leur renommée : Crash Bandicoot. Et c’est ce dernier qui fait son comeback sur nos consoles actuelles dans un remake de ses trois premières aventures. Trois jeux de plateforme déjantés, hauts en couleur mais terriblement ancrés dans les années 90, on se pose logiquement la question de la pertinence de ce retour et surtout si Crash a les armes pour séduire d’autres joueurs que les vieux nostalgiques dont je fais partie…

Un peu de culture générale pour commencer…

Des pommes, des caisses et un bandicoot !
Des pommes, des caisses et un bandicoot !

Parce que cela ne fait jamais de mal et que cette culture est essentielle pour animer les longues soirées entre amis, épater les convives et capitaliser sur l’image d’érudit que l’on aime arborer en société. Mais qu’est ce qu’un bandicoot ? Très bonne question, le bandicoot est un marsupial de la famille des Perameles de la taille d’un lapin vivant en Australie dans l’état de Victoria et sur l’île de Tasmanie. Le choix de cet animal comme personnage principal du premier jeu de plateforme 3D de Naughty Dog a été purement fortuit, seulement poussé par l’idée d’essayer d’imposer ce personnage comme “La” mascotte de la Playstation de Sony qui n’en avait pas.

Le docteur Nefarious, adversaire attitré de Crash
Le docteur Nefarious, adversaire attitré de Crash

Crash s’appelait à la base Willy the Wombat et le nom définitif n’est arrivé que tardivement au cours du développement, crash faisant référence au bruit des caisses que le personnage casse dans les niveaux. Issu du travail de deux designers de cartoon Hollywoodiens, Crash Bandicoot se devait d’être suffisamment expressif et attachant pour séduire la grande majorité des joueurs Playstation. Pari réussi vu qu’après la sortie du premier Crash en 1996 deux autres titres suivirent en 1997 puis en 1998 pour en 1999 abandonner la plateforme 3D au profit d’un jeu de course encore considéré aujourd’hui comme le meilleur concurrent de Mario Kart. Lâché par Naughty Dog, le marsupial a subi des suites peu inspirées pour rester poli et a grandement perdu de sa superbe au cours du temps pour finalement rentrer dans le rang et n’être considéré que pour ses années de gloire, celles que propose justement de retrouver cette N.Sane Trilogy.

Welcome back to the 90’s !

Même les niveaux bonus nécessitent un peu de doigté
Même les niveaux bonus nécessitent un peu de doigté

Curieusement, on retrouve aux manettes non pas Naughty Dog, mais Vicarious Visions, un studio qui a œuvré à sceller le cercueil dans lequel reposait Crash avec des opus très moyens pour le moins que l’on puisse dire. Heureusement Crash Bandicoot N.Sane Trilogy n’a pas demandé une once de créativité à Vicarious mais seulement de s’appliquer à faire le remake des trois premiers épisodes de la série. On (re)découvre donc la trilogy Crash de la PSone avec le polissage de bon aloi que nécessitait un tel travail et c’est joli. Crash Bandicoot N.Sane Trilogy met en valeur les couleurs vives, chatoyantes de la série, ses fameuses caisses en bois toutes lissées, son bestiaire cartoon entièrement refait, ses boss frapadingues encore plus beaux. Pour le reste rien ne change : les niveaux sont courts, linéaires et demandent au joueur adresse, timing minutieux et sauts millimétrés.

Cela ne vous rappelle rien ?
Cela ne vous rappelle rien ?

Le vieux joueur, fébrile, nostalgique, verse une larme dès les premières minutes de jeu, retrouvant une partie de son adolescence, le souvenir acidulé des mimiques inimitables de Crash et ses nombreuses morts. Car on a beau garder, comme marqué au fer blanc au fond de sa tête, le level design de certains niveaux, la réalité nous rattrape très rapidement. Nos réflexes ne sont plus ce qu’ils étaient et on tombe dans le vide, on crame, on se fait bouffer par des plantes carnivores, on retombe dans le vide, on se fait tuer par une bestiole, un piège, on retombe. On pourrait appeler ça un génocide de bandicoot tant notre compteur vie descend aussi vite qu’il ne grimpe. Crash Bandicoot c’est ça : un jeu de plate forme 3D dynamique qui change les points de vue régulièrement, de dos, de face, de côté et proposant un gameplay exigeant où la moindre erreur se paye cash (et non pas crash). Certains niveaux demandent un apprentissage bête et méchant et un enchaînement de sauts et un timing parfaitement mémorisés. Heureusement, la difficulté relevée du premier épisode devient plus accessible au deuxième et au troisième. Quoiqu’il en soit ne vous y trompez pas, malgré ses airs bon enfant, Crash Bandicoot N.Sane Trilogy est réservé aux calmes, aux pros de la manette, les enfants sont laissés de côté et risquent très rapidement d’en avoir marre de se retrouver au dernier checkpoint passé.

Un petit truc pour traverser un pont de liane complètement pourri...
Un petit truc pour traverser un pont de liane complètement pourri...

Le vieux joueur avec une grande sagacité (et une possible expérience des premiers en émulation sur PS3 ou Vita par exemple) se rendra compte que les sauts de Crash se montrent beaucoup moins tolérants qu’à l’époque. Moteur Unity oblige, la hit box de Crash Bandicoot N.Sane Trilogy est plus fine, ce qui transforme un saut normalement valide sur PSone en une glissade dans le vide qui donne envie de balancer sa manette par la fenêtre. De même pour le célèbre tourbillon à la Taz qui nous débarrasse de la faune locale en un clin d’oeil qui demande un timing plus fin et plus risqué sur Xbox One. C’est un coup de main à prendre certes mais déjà que le jeu n’est pas évident de base, cela met nos nerfs à rude épreuve surtout si l’on cherche à tout faire à 100 % et à s’attaquer au time attack et détruire toutes les caisses de chaque niveau. Attention aussi au stick analogique, très pratique pour les séquences alternatives en véhicule des épisodes 2 et 3 (l’hoverboard est rendu très facile par exemple) certains passages seront nettement plus simple avec la bonne vieille croix directionnelle. On se surprend à alterner l’un et l’autre en cours de niveau suivant les passages !

Bilan

On a aimé :
  • Retrouver Crash Bandicoot
  • Un bon, un beau et vrai remake
  • Un super jeu de plateforme des années 90
On n’a pas aimé :
  • Un super dur jeu de plateforme des années 90
  • Moins tolérant que sur PSone
  • Il faut vraiment penser à alterner stick analogique et croix directionnelle
  • Réservé aux calmes
L’âge d’or de la non-mascotte de Sony

Si on ne cherche pas à tout prix à faire son complétiste et que l’on arrive à prendre le coup de main, Crash Bandicoot N.Sane Trilogy est un agréable jeu de plateforme qui sent bon les années 90. La rigidité et l’exigence du premier opus disparaissent un peu avec les deux épisodes suivant, plus simples, plus variés avec leurs passages en véhicules, moins linéaires avec un choix de niveau ouvert. Ceux qui ne connaissaient pas Crash Bandicoot et aiment la plateforme et les défis auront là de quoi se régaler. Les vieux nostalgiques vont encore se prendre la tête à deux mains, crier leur désespoir, jeter leur manette par la fenêtre ou accuser leur chat d’être passé devant au moment où il ne fallait pas. Bref retrouver tout ce qui faisait le charme d’un jeu, d’un personnage qui avait marqué son époque...

Xboxygen
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Crash Bandicoot N. Sane Trilogy

Crash Bandicoot N. Sane Trilogy
PEGI 0

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : Activision

Développeur : Activision

Date de sortie : 29/06/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Steam, Switch

2 reactions

Blondin

09 jui 2018 @ 18:34

Moins tolérant que sur PSone

Ah bon ? Pourtant sur PS1 déjà je le trouvais (le premier) assez punitif... Je l’ai même refait (je me suis arrêté à la moitié environ, quand j’ai vu qu’un remake allait sortir), et j’ai eu la même impression, alors si celui là l’est encore plus, ça risque d’être corsé :)

Sinon, merci pour le test ! Bon j’avoue qu’avec ou sans, j’aurais craqué, les trois premiers Crash auront à jamais une place dans mon cœur, en particulier le deuxième épisode (le premier que j’ai fini, c’est sans doute pour ça).

Puis un bon jeu de plateforme, en 2018 (plus le genre le plus populaire du monde, les sorties de qualité ne se bousculent donc pas !), ça ne se refuse pas, même s’il s’agît d’un remake.

On se rend aussi compte qu’un très grand studio ne se fait pas en un jour : Naughty Dog a certes frappé très fort, déjà à l’époque, avec ce Crash Bandicoot, mais il leur a fallu pas mal d’années pour finalement devenir le studio que l’on connaît aujourd’hui, quasiment le faire-valoir de Sony.

Mika-117

10 jui 2018 @ 00:12

Je ne trouve pas que Crash Bandicoot est un jeu difficile, je les ai fait à l’époque de la PS1 et maintenant sur One à 100 % à chaque fois et ça n’a rien de compliqué. Les gens exagèrent de nos jours dès qu’il y a un peu de challenge ou de d’exigence.