Test - Cobalt

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Cobalt est un jeu d’action aventure qui sent bon la vieille école 2D. Par moments, on a presque l’impression de se retrouver devant un vieux moniteur d’ordinateur familial un joystick en mains. Ces quelques lignes sont loin d’être péjoratives, au contraire, la simplicité des graphismes et l’agencement de ses niveaux emplis de secrets et d’adversaires en toutgenre forment une sorte d’unité nostalgique qui ira toucher le cœur des vieux joueurs aigris que certains sont devenus. Dont moi. L’aventure proposée, entièrement en français, est assez sympathique et distille son humour et sa bonhomie par pelletées. Mais derrière cette prise de contact légère et joyeuse se cache un jeu exigeant et particulièrement ardu.

Un jeu sympathique…le temps d’un niveau

Certains passages sont bons enfants et amusants.
Certains passages sont bons enfants et amusants.

Si les premières minutes de jeu nous permettent sans trop de mal d’appréhender le gameplay, il est fortement conseillé de passer par le didacticiel pour en connaître toutes les subtilités. Cobalt, le héros du jeu, possède un arsenal complet entre arme à feu, arme de contact et armes de lancer. Chaque arme est attribuée à l’un des 3 boutons colorés de la manette, le A restant attribué comme à son habitude, au saut. Cobalt peut aussi faire une roulade qui lui sert d’esquive mais pas que. En effet, lorsqu’un tir ou une grenade s’approche un peu trop près de lui, le jeu ralenti et passe en mode bullet-time. Utiliser l’esquive permet à Cobalt de renvoyer les tirs adverses… sauf si ces derniers lui touchent les pieds. Oui, aussi curieux que cela puisse être, les pieds de Cobalt s’avèrent être son talon d’Achille lors de l’esquive, une faiblesse dont il aurait facilement pu se passer, vu l’extrême facilité qu’auront ses adversaires à le réduire en petits débris. On meurt souvent dans Cobalt, et pas qu’un peu, passé le premier niveau de la campagne. Dès le second chapitre, certains passages s’apparentent plus à du meurs et recommence qu’à un simple jeu d’action aventure.

L
L'achat d'équipements dans les magasins est tout sauf inutile.

Les adversaires sont véloces, agressifs, nombreux et parfois bien protégés et on ne parle même pas de la faune sauvage rencontrée en chemin comme le terrible hamster à dents de sabre qui allie une grande puissance et une résistance démesurée. C’est lorsqu’on se retrouve perdu au cœur de la mêlée que tout le capital sympathie que l’on avait pour Cobalt commence à fondre comme neige au soleil. Le bullet-time devient omniprésent, les tirs fusent de partout et les grenades lâchées par nos adversaires se perdent dans le chaos ambiant et se rappellent à nous lors de leur mortelle explosion. Contre ces dernières la roulade est inutile, pour renvoyer un explosif quel qu’il soit, Cobalt doit utiliser son attaque au corps à corps. Imaginez ce que cela peut donner lorsque tous les projectiles, explosifs ou pas, arrivent à la fois. Le bullet-time n’est ici en rien salvateur.

Frustrant comme un truc qui frustre

Un combat de titans entre deux hamsters à dents de sabre se prépare !
Un combat de titans entre deux hamsters à dents de sabre se prépare !

Cela n’est toutefois rien devant le système de visée imaginé par les développeurs. Cobalt tire toujours droit devant lui, si on dirige le stick gauche, utilisé pour le déplacement, en haut ou en bas alors on passe en visée semi-automatique et Cobalt peut enfin tirer sur les adversaires situés au-dessus de lui ou en dessous. Autant dire tout de suite, ce système n’est absolument pas adapté au level design du jeu et encore moins aux affrontements nerveux que l’on rencontre contre de nombreux ennemis. Cerise sur le gâteau, lorsque Cobalt meurt il perd l’intégralité de son arsenal et réapparait au dernier checkpoint croisé. Il faudra alors courir au travers de la nuée d’ennemis et croiser les doigts afin de récupérer tout notre arsenal à l’endroit de notre dernière mort. Il nait de ce gameplay foireux et de cette difficulté très mal calibrée une grosse frustration qui prend progressivement le pas sur le plaisir, pourtant réel, que peut procurer Cobalt. Cette frustration peut en partie être atténuée en invitant un ami à partager notre calvaire et rendre le mode histoire plus accessible en coopération. Les problèmes demeurent et malgré ses qualités il est difficile d’apprécier comme il se doit la dizaine d’heure que nous réserve l’histoire principale.

Les niveaux bonus de course sont les seuls moments où Cobalt ne risque pas de mourir...
Les niveaux bonus de course sont les seuls moments où Cobalt ne risque pas de mourir...

Cobalt dispose aussi de quelques modes multi pour prolonger le plaisir, enfin surtout pour varier les façons de mourir que ce soit en local, en ligne voire même tout seul contre des bots. Ces modes sont malheureusement assez peu nombreux entre les traditionnels deathmatch et l’affrontement par équipe, on trouve un triste mode survie et un jeu nommé Prise-Ball une sorte de dérivé de handball avec des armes. Même si le choix est bien maigre et pas franchement emballant, les cartes sont nombreuses comme le choix des joueurs et de leur customisation. Si on a rien d’autre sous la main on pourra y trouver un défouloir sympathique mais qui tournera rapidement à vide devant le manque de modes de jeu et leur manque d’imagination. Dommage.

Bilan

On a aimé :
  • L’humour
  • Une aventure conséquente jouable en coopération
  • Pas mal de bonnes idées…
On n’a pas aimé :
  • …au final assez mal exploitées
  • Un gameplay riche mais mal pensé
  • Un mode multi sans aucune imagination
Cobalt un charmant petit robot qui meurt

Sincèrement, Cobalt avait réellement tout pour plaire aux vieux briscards du jeu vidéo et même à certains jeunes désireux de découvrir un action-aventure à l’ancienne. Malheureusement, l’ensemble s’écroule aussi rapidement qu’il nous avait séduit faute à un gameplay étrange et une difficulté très mal dosée. On pourrait dans le meilleur des cas, définir ce gameplay comme exigeant, réservé aux pros de la manette, mais il n’en est rien, il est juste mal pensé pour l’action qu’il propose même si certains joueurs y trouveront leur compte. Les autres n’y trouveront qu’une immense frustration légèrement atténuée par une aventure bien amenée, riche, amusante et récompensant l’explorateur en herbe. La coopération peut sauver les meubles mais au final la déception l’emporte… et c’est bien triste.

Xboxygen
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Cobalt

Cobalt
PEGI 0

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : Mojang

Développeur : Oxeye Game Studio

Date de sortie : 2/02/2016

Prévu sur :

Xbox One, Xbox 360, PC Windows