Test – Outland

L’ombre qui marche
Cela devient difficile de se faire une place sur le XBLA (et dans une moindre mesure sur le PSN). L’offre est énorme, couvre de très nombreux styles, et est surtout d’une excellente qualité avec une grande quantité d’excellents jeux.
Il devient donc important de se démarquer, et c’est ce qu’Outland tente de faire en proposant un univers visuellement très original.
J’ai rêvé d’un autre monde

On peut dire que la surprise est bien là quand le jeu se lance.
Dans une atmosphère zen, une très belle intro nous raconte une histoire sans originalité (héros messianique, déesses qui se chicanent, mais bon sang que va-t-il se passer ?), sans que cela ne soit très grave. En effet, on est là dans un conte aux inspirations multiples, très simple, et cela colle parfaitement avec l’univers éthéré qui nous est présenté, ainsi qu’avec la narration qui nous est offerte. Est-ce indien, africain, asiatique, européen ? On peut trouver un peu ce qu’on veut, y compris des éléments futuristes, et c’est sans doute pour ça que c’est avant tout « Outland ».
Cette impression d’être ailleurs est une superbe réussite, et le monde présenté trouve naturellement son unité, dans une belle Direction artistique.
La représentation est en 2D, dans des teintes monochromes pastels de bon goût, comme si on assistait à un spectacle d’ombres chinoises matinées de pointes de couleurs. Le résultat est superbe et accroche irrémédiablement l’œil, même si la technique utilisée limite de fait les détails et la variété des décors. Les trouvailles sont multiples, et il y a même plusieurs passages qui en imposent franchement. Des musiques et bruitages calmes renforcent l’impression qu’on peut avoir d’être dans un rêve, et l’animation, très précise et décomposée, viennent compléter une fiche technique de bon niveau qui accompagne efficacement la bonne note artistique.
Prince of Outland
Si l’ambiance et le visuel du jeu sont d’une originalité évidente, on ne peut pas en dire autant du gameplay, qui lui est très classique.
Notre personnage est un excellent sauteur qui peut prendre appui sur les murs pour grimper toujours plus haut…Comme dans bien des jeux.
Armé d’une lance (puis d’autres armes) et d’une palette de coups réduite, il pourra se frayer un chemin dans les niveaux et tuant sans pitié les monstres qui auront l’outrecuidance de se dresser face à lui.

Naturellement, les inévitables boss viendront pointer le bout de leur nez avec régularité pour des combats un peu plus compliqués.
La base du gameplay se trouve donc entre la dextérité du personnage à bondir partout et la gestion de ses couleurs. Et oui, comme dans le bon vieux Ikagura. Deux déesses, deux couleurs, l’une annulant l’autre. Il faudra donc passer du bleu au rouge pour faire apparaître les plateformes ou pour démantibuler les ennemis.
Rien de nouveau là-dedans, mais un gameplay efficace et dynamique.
Paradoxalement, il y a un avantage à cela : on maîtrise immédiatement le personnage, et on est tout de suite capable des plus folles cabrioles pour un plaisir immédiat.
Cerise sur le gâteau, on pourra partager l’aventure en coop avec un ami connecté. Mais attention, connecté chez lui bien au chaud, pas à côté de vous sur le même canapé.
Il serait intéressant de savoir pourquoi le coop offline n’est incroyablement pas proposé ! Il n’y avait même pas de split screen nécessaire, juste à laisser la possibilité à un copain d’appuyer sur start sur sa manette…Un oubli bien regrettable, d’autant plus que jouer à deux à Outland est vraiment agréable.
Vite fait bien fait
Graphismes magnifiques, identité forte, gameplay efficace, ne serait-ce pas une bonne définition pour un hit incontournable ? Et bien pas tout à fait, ou plutôt pas seulement.
Malheureusement, le level design, trop classique, ne permet pas au jeu de décoller vers les plus hauts sommets. Alors que les niveaux ont un aspect tortueux, ils se révèlent très linéaires, avec un fil d’Ariane à l’écran qui fait qu’il est impossible de se tromper quant au chemin à suivre. Il n’y a de toute façon pas la place pour l’exploration, et ce ne sont pas les babioles à trouver à droite à gauche qui vont arranger les choses. La conséquence directe, c’est qu’on traverse le jeu facilement, en une petite poignée d’heures.
Même si on ne voit pas le temps passer, il y a définitivement un goût de trop court dans la bouche une fois le jeu bouclé, comme s’il manquait deux ou trois niveaux qui seraient plus complexes, moins dirigistes, et qui auraient réellement exploité le gameplay et l’univers proposé.
Le Bilan
On a aimé
- Visuellement superbe et original
- Très belle réalisation
- Gameplay efficace
On a moins aimé
- Level design linéaire et simpliste
- Trop court
Conclusion du test de Outland
Comme dans un (petit) rêve
{{Doté d’une réalisation superbe et visuellement exceptionnel, Outland possède un écrin de premier ordre, mais qui ne renferme qu’un « petit jeu ».
Quel dommage que plus de soin n’ait pas été apporté au level design, et quel dommage que le jeu ne soit pas un peu plus long.
En soit, ce qu’il propose n’a rien de scandaleux, et cela reste très agréable de se laisser bercer quelques heures par cet univers original et attachant. On passe un bon moment, on en prend plein les mirettes, mais on ne peut s’empêcher de regretter de ne pas avoir plus.
Un bon titre XBLA qui loupe la mention d’indispensable de peu.}}
J’ai beaucoup aimé la démo ! Et ton test confirme ce que j’ai pensé.
Qui sait peut être qu’un jour je me le prendrai.
Quand il sera à moitié prix, il sera mien!