Test – The Cave

Une cave sans vin
Qu’est-ce que Double Fine va nous inventer cette fois-ci ? C’est sans doute ce que s’est dit Sega avant de décider d’éditer The Cave, leur dernier titre.
Double Fine, c’est bien entendu Psychonaut, jeu exceptionnel, mais aussi pas mal d’autres titres qui se caractérisent par un point commun : le délire (ou la drogue, c’est selon) semble être l’outil de travail préféré du studio. Il en faut une bonne dose pour créer un Objet Ludique Non Identifié comme Happy Action Theatre.
Dans le cas présent, ce sont surtout les deux noms associés au jeu qui attisent la curiosité. Tim Schafer, fondateur de Double Fine et ancien de LucasArts, était derrière des jeux comme The Secret of Monkey Island, avec son compère Ron Gilbert qu’il retrouve ici. Des tas de jeux, de point’n click pour l’essentiel, qui ont marqué leur temps.
C’est donc forcément avec impatience qu’on pénètre dans la cave…
La Cave des merveilles
On contrôlera 3 personnages parmi 7, tous dotés d’une capacité bien spécifique. Le chevalier peut devenir momentanément invincible, le Moine bouge les objets à distance, l’aventurière se balance avec un fouet, et la scientifique maitrise les ordinateurs. On pourra également contrôler le voyageur dans le temps, le fermier ou les jumeaux Burtoniens.
Le choix de départ est capital, car ce sont les trois élus qui feront toute l’aventure. Pour essayer les autres, il faudra recommencer du début, une bonne façon de pousser à rejouer le titre.

Chaque personnage a sa zone spécifique et son histoire, ce qui fait qu’après les 6 petites heures nécessaires pour voir le bout du jeu, ça vaut la peine de recommencer avec d’autres héros, d’autant plus que les passages communs à tous les personnages se parcourent très vite quand on connait la solution. Ainsi, la deuxième partie dure moins de 3 heures. Une durée de vie totale un peu faible pour un titre de ce genre. On regrettera qu’il n’y ait qu’une sauvegarde possible : on ne peut pas faire l’aventure en parallèle avec des personnages différents, il faudra tout recommencer du début.
Chaque héros a ses propres motivations pour s’enfoncer dans la cave, ce lieu magique où tout un monde souterrain et complètement barré se cache sous la surface de la terre. On découvrira leur histoire (souvent cynique) au fur et à mesure de notre avancée. En dirigeant les personnages tour à tour pour profiter de leurs capacités, on devra déjouer toutes les épreuves qui vont parsemer notre chemin. S’il existe un coop jusqu’à 3 joueurs, celui-ci se révèle peu intéressant du fait qu’il n’y a pas de split-screen. Autant rester seul, cela sera plus pratique.
On croisera des personnages plus loufoques les uns que les autres, à commencer par une voix off jamais avare d’âneries, usant d’un l’humour absurde qui plaira à coup sûr aux amateurs des Monthy Pythons. C’est bien là la caractéristique première du jeu. Les dialogues sont savoureux, en anglais sous-titré français, et les situations, variées, ne peuvent qu’amuser le joueur avide d’originalité qui sera souvent surpris par l’esprit parodico-absurde de l’ensemble. On retrouve clairement le style des auteurs de Maniac Mansion, et c’est un vrai bonheur !
Le gameplay est un mix plutôt efficace de deux styles de jeu. Fondamentalement, c’est une succession de puzzles qu’il faudra résoudre, des énigmes pour l’essentiel visuelles. Le principe est directement hérité des point’n click comme Monkey Island, mais avec un gameplay de jeu de plateformes. Ainsi on commencera par bien examiner tout ce qui est accessible, sur le principe d’un objet ou levier qui permet d’avoir accès à un autre objet/levier qui permet…etc. Parfois il faut chercher loin avant d’aboutir à la solution, mais en combinant les différents personnages on y arrive toujours, la logique de l’énigme se révélant systématiquement au joueur persévérant.
Bien qu’efficace, ce principe est également la limite du jeu, les puzzles à résoudre étant certes variés visuellement, mais obéissants toujours à une logique très similaire qui devient à la longue répétitive, d’autant plus que l’aspect plateformes est très peu exploité.
Très simple, le gameplay fonctionne parfaitement, abusant juste dans certains passages de la logique d’allers-retours. On regrettera aussi qu’on ne puisse pas regrouper les personnages d’une simple pression sur un bouton : si on les a laissés à l’autre bout du niveau et qu’on veut qu’ils viennent, il faudra en prendre le contrôle un par un.
Tout ça sous la terre ?

Le jeu se déroule entièrement sous la surface du sol, mais cela ne signifie aucunement que les décors soient toujours les mêmes. C’est fou ce qu’on trouve dans cette cave ! Un lance-missile atomique, un château, une île, une pyramide…Pas de souci, la diversité est de mise. Toute cette topographie est joliment illustrée par des graphismes réussis et stylés qui aident sans peine à nous immerger dans cette histoire loufoque.
Dommage que l’animation ne suive pas, avec des ralentissements fréquents et peu compréhensibles. La vitesse d’exécution n’étant pas le cœur du jeu, cela n’a pas d’incidence réelle, c’est juste regrettable et cela donne une impression de mauvaise finition.
Le grand point fort est bien entendu à chercher du côté des dialogues, déclamés avec talent, que ce soit pour la voix de La Cave, ou pour tous les personnages saugrenus qu’on y croisera. Les bruitages et musiques sont eux plutôt discrets, s’effaçant devant les tirades magnifiques. Il semble d’ailleurs presque certain que ce sont bien ces dialogues, marque de fabrique des auteurs, qui ont d’abord été écrits, le jeu s’articulant autour.
Le Bilan
On a aimé
- Dialogues talentueux et hilarants
- Le style Gilbert/Schafer
- Gameplay efficace
- La variété des décors
On a moins aimé
- Un peu court
- Mécanismes des puzzles un brin répétitifs
- Les ralentissements
Conclusion du test de The Cave
Délirantes Terres du Milieu
Le retour de Ron Gilbert associé à Tim Schafer était très attendu, et est presque gagnant. L’aventure, un peu trop courte et basée sur des mécanismes de puzzles un peu simples (pour rendre le jeu accessible ?) et répétitives, nous laisse sur notre faim quand le générique apparait à l’écran. C’est une limite du jeu, mais ce n’est pas non plus mauvais signe. Cela montre qu’on en aurait voulu plus, tant le ton des auteurs, entre cynisme et humour absurde, est d’une originalité intacte et est un vrai régal pour le joueur qui recherche quelque chose qui sort des sentiers battus.
Moi, je l’ai trouvé passable. Les dialogues sont remplis d’humour, mais c’est à peu près tout ce que j’ai aimé. Les cavernes à multiples plateaux, avec les items disséminés un peu partout, et le fait qu’un caractère ne puisse apporter qu’un seul item, pas d’inventaire, et le fait qu’on doive donc se rappeler où se trouve chaque item, et chaque partie du puzzle…tout ça rend ce jeu plein d’aller retour…moins plaisant à jouer que je ne le croyais. Je crois que ce jeu doit être plus plaisant à jouer à… Lire la suite »