Test – Dragon’s Dogma : Dark Arisen

Un dragon plus mieux
Dragon’s Dogma fut l’une des bonnes surprises de l’année passée. Ce beat them all teinté de RPG dans un monde ouvert issu des studios Capcom aura réussi à nous séduire malgré ses nombreuses tares. On pouvait en effet pester contre la faiblesse de son histoire, de ses personnages secondaires, contre l’IA des pions, l’absence de mode coopératif, le système de déplacement lourdingue, mais on ne pouvait nier le plaisir que Dragon’s Dogma nous procurait lors de ses combats homériques, lors de l’exploration de ses donjons et la découverte de son merveilleux bestiaire. Près d’un an plus tard, après moult DLC d’une nullité affligeante, Capcom revient à la charge avec une extension nommée Dark Arisen, nous offrant un nouveau donjon, de nouveaux adversaires et de nombreux réajustements.
Une extension triple AAArisen

Tout d’abord une mauvaise nouvelle : que cela soit en version disque ou en version dématérialisée, Dark Arisen ne se présente pas comme une simple extension mais bel et bien comme une version complète du jeu Dragon’s Dogma étendue et améliorée. Il vous faudra donc débourser 30 euros pour pouvoir bénéficier de suite de tout ce que cette extension propose même si vous êtes déjà possesseur de Dragon’s Dogma ou espérer une sortie plus tard de cette extension en DLC avec un prix revu à la baisse. La version boite de Dark Arisen comprendra deux disques, l’un avec le jeu, le second proposant les voix japonaises et un pack de textures HD. Ne vous attendez pas à redécouvrir un jeu totalement lifté, ce pack de textures n’est en fait qu’un artifice permettant à ceux ne disposant pas de disque dur de jouer à Dragon’s Dogma en version moche. Les autres joueurs devront installer ce pack afin de bénéficier d’un rendu identique à celui de la version sortie à l’origine. Tordu mais véridique !

Dans le fond, le jeu reste identique. On retrouve les mêmes carences de l’IA, les mêmes combats dynamiques et un univers attachant à défaut d’être particulièrement passionnant à visiter. Les quelques ajustements sont par contre tout particulièrement appréciables. Capcom a jugé bon de revoir les mécanismes du jeu vis à vis des déplacements dans Gransys. Les Transpierres (pierres servant à la téléportation) ne coûtent plus les yeux de la tête, de plus des portails ont été ajoutés dans Gransys afin de faciliter les voyages et éviter les nombreux et éreintant allers-retours.

Les pions parlent maintenant moins souvent, Capcom ayant supprimé la plupart de leurs phrases inutiles. Un peu de silence ne fait pas de mal. D’autres ajustements ont été apportés sur l’équipement, les sorts, les armes et l’apparition de monstres dans tout Gransys. L’interface, quant à elle, n’a malheureusement pas été améliorée dans son ensemble et reste toujours aussi indigeste et peu pratique. Les sauvegardes automatiques sont maintenant plus souples et on ne dénote plus de gros ralentissements lorsque celles-ci s’opèrent durant nos aventures.
Enfin du neuf à se mettre sous l’épée !

Mais le plus gros morceaux de ce Dark Arisen est à mettre du côté de son tout nouveau donjon. C’est sur les quais de Cassardis que vous trouverez Olra, une ombre à l’apparence d’une jeune femme blonde aux cheveux ondulés. Celle-ci vous implorera de la suivre sur le Récif de l’Amertume afin de trouver la chose responsable de sa malédiction et la tuer. Facile à dire mais pas facile à faire ! Avant de vous aventurer dans les sombres recoins et couloirs du Récif de l’Amertume, on vous conseillera de finir le jeu une première fois et d’avoir votre personnage au niveau 50 minimum. Les monstres y sont particulièrement retors et le challenge élevé pour les petits niveaux.

L’architecture de ce nouveau donjon fera fortement penser au Dark Souls de Tecmo, en fait on pourra presque y voir un hommage assumé tant on a l’impression de se mouvoir dans des décors ou des passages directement issus de ce titre. L’aventure se déroule essentiellement dans un donjon, les murs suintant et le sol taché de sang, les monstres disposent d’une mise en scène aux petits oignons. Les pièges sont nombreux et l’ambiance pesante. Certains passages s’avèrent particulièrement réussis et prenants. La progression dans les profondeurs de l’île ne se fait pas de manière linéaire, de nombreuses portes fermées lors de notre premier passage s’ouvriront petit à petit afin de faciliter notre périple et nous octroyer quelques raccourcis bien appréciables. Le level design du récif est un vrai régal, le lieu est véritablement labyrinthique, rempli de secrets et de lieux étranges et mystérieux. L’ambiance y est tout particulièrement travaillée conférant à ce nouveau donjon une aura toute particulière qui ravira les fans de la première heure. La Mort vous attendra à chaque tournant au propre comme au figuré, vu que celle-ci comptera parmi les nouveaux adversaires que propose Dark Arisen, elle pourra tuer quiconque en un seul coup, définitivement… mieux vaut courir vite lorsque l’on aura à faire à elle ! Les quelques autres nouveaux monstres étant eux aussi assez impressionnants pour les gros et bienvenus pour les petits comme le Mimic caché dans les coffres. Le temps de jeu de cette extension dépendra de votre niveau de base au moment d’accoster les rivages du Récif de l’Amertume, comptez un peu moins d’une dizaine d’heures pour découvrir tout les secrets de Dark Arisen au niveau 50, encore moins si vous partez à l’aventure avec un personnage déjà bien costaud.

Dark Arisen proposera aussi quelques petites nouveautés comme la possibilité d’améliorer les armes Dragons et de découvrir des objets maudits qui une fois exorcisés s’avèreront particulièrement efficaces. À noter que les anciens joueurs de Dragon’s Dogma se verront gratifiés d’une transpierre à usage illimité et de quatre costumes inédits. Maigre consolation pour ces joueurs qui auront payé cette extension au prix fort. Ils pourront toutefois mettre leur talent à l’épreuve avec le nouveau mode de difficulté ou le tout nouveau mode contre la montre. Les DLC de Dragon’s Dogma (quelques coupes de cheveux supplémentaires, quêtes de chasse au trésor…) ont la bonne idée d’être déjà présents sur la galette, vu leur faible intérêt on ne verra pas la différence mais cela fait toujours plaisir. Petite déception toutefois, aucun nouveau succès lié à cette extension ne sera proposé, dommage car cela aurait pu permettre d’en explorer la substantifique moëlle et d’éviter de passer à côté de quelques secrets ou de valoriser nos victoires sur quelques monstres optionnels…
Le Bilan
On a aimé
- Le jeu au complet pour ceux qui ne l’ont pas
- De nombreux réajustements bénéfiques
- Le nouveau donjon
On a moins aimé
- Le jeu au complet pour ceux qui l’ont déjà
- De grosses lacunes non rectifiées
- Le scénario du nouveau donjon inexistant
Conclusion du test de Dragon’s Dogma
Une extension Canada Dry…
Au lieu de nous offrir son extension en DLC pour que tous les anciens joueurs du jeu puisse en profiter, Capcom préfère sortir ce “bonus” en version boite ou en téléchargement dans sa version intégrale. Certes cette version “Game of the year” est vendue à 30 euros mais on aurait aimé la récupérer pour moins. Les ajustements apportés à ce Dark Arisen sont néanmoins très appréciables, les pions parlent moins pour ne rien dire, les trajets ont été facilités et un rééquilibrage complet a été apporté. Le jeu est affiné et plus efficace que jamais même s’il conserve la plupart de ses défauts. Le point d’orgue viendra du Récif de l’Amertume, donjon supplémentaire optionnel doté d’une ambiance enivrante, d’un level design particulièrement réussi tout en proposant un challenge adapté aux hauts niveaux. Si vous n’avez pas encore sauté le pas, jetez vous sur ce Dragon’s Dogma : Dark Arisen, vous y découvrirez un beat them all/RPG absolument délicieux au meilleur de sa forme. Pour les autres, la pillule risque d’être difficile à avaler mais il serait toutefois dommage de passer à côté de ce Récif de l’Amertume délicieux. Une bonne raison pour retrouver son pion et repartir voyager dans Gransys ! La note qui suit ne prévaut que pour Dark Arisen, c’est à dire Dragon’s Dogma et son extension. L’extension n’étant pas vendue seule, elle ne dispose pas de note à part entière.
J’avais fait l’impasse de ce Dragon’s Dogma lors de sa première sortie. Pour 30 euro, cette version 1.5 est une bonne occasion pour moi de m’y mettre.
Djolink > très bonne occasion même. On s’échangera nos pions… ^^
J’ai fait pareille que toi Djolink et je ne regrette pas !