Test – Phasmophobia – Une traque surnaturelle angoissante entre amis !

Un OVNI vidéoludique
Croyez-vous aux esprits et aux fantômes ? Si, lorsqu’une lumière vacille au rythme de vos pas ou qu’une porte claque subitement, un frisson vous parcourt l’échine et la frayeur vous envahit, vous pourriez bien souffrir de phasmophobie. Ce terme, bien que peu commun, désigne la peur incontrôlée des spectres. C’est de ce sentiment de terreur profonde dont s’inspire Phasmophobia pour nous offrir un jeu d’horreur psychologique intense, dans lequel on incarne un enquêteur paranormal. Développé et publié par Kinetic Games, un studio britannique indépendant, Phasmophobia a d’abord conquis une communauté enthousiaste dès sa sortie en accès anticipé sur Steam en 2020.

Fort de ce succès, Phasmophobia est désormais disponible sur consoles, également en accès anticipé, depuis le 29 octobre. Toujours en développement, il présente encore quelques imperfections, comme c’est souvent le cas avec les œuvres en cours de finalisation. Il est jouable en solo ou en ligne (de deux à quatre joueurs) et nous étions impatients de plonger dans cet univers effrayant, conçu pour mettre nos nerfs à rude épreuve. Etes-vous prêts à relever le défi et à sombrer dans l’irrationnel ?
La vérité est ailleurs !

En complément de cet équipement, le journal, incluant un guide de survie, se révèle extrêmement utile. Il répertorie les diverses entités à découvrir, leurs forces et leurs faiblesses, ainsi que les outils nécessaires à leur repérage. Il permet aussi de noter l’avancée de l’affaire et les indices trouvés sur place, ce qui est idéal pour un récapitulatif rapide. On vous recommande vivement de le consulter avant de jouer, car ces données essentielles constituent une véritable bible pour tout chasseur de fantômes.
Exorciser ses peurs en équipe
Après avoir suivi le mode entraînement qui sert de tutoriel, l’aventure débute dans notre quartier général, où deux panneaux d’affichage sont disponibles. Le premier panneau affiche notre carte d’identité ainsi que le niveau actuel. En cliquant sur la photo, on peut choisir entre un personnage masculin ou féminin et personnaliser l’arrière-plan avec des thèmes et des couleurs à débloquer au fur et à mesure de notre progression. Par défaut, le jeu est réglé en mode Amateur et les niveaux de difficulté supérieurs se débloquent progressivement. Jouer en mode Cauchemar ou Professionnel peut considérablement augmenter les gains et l’XP, offrant une progression plus rapide.

Le second panneau permet à l’équipe de désigner une carte et de voter pour elle. Au départ, une seule carte est disponible parmi les treize destinations, les autres se débloquent au fil de notre avancée. Un magasin est également accessible, cette fois via un écran, pour vendre ou acquérir de nouveaux outils, en fonction de notre rang et de nos profits. On démarre avec du matériel de base gratuit, puis on débloque la possibilité d’acheter des objets de rang supérieur classés et donc plus perfectionnés et plus variés. Avant de partir en mission chez les clients, on sélectionne et on charge l’arsenal dans le camion.
La première étape consiste à localiser la pièce où se trouve le fantôme. Ensuite, il faut utiliser tous les outils disponibles pour repérer et observer l’entité, noter les preuves dans le carnet et échapper aux offensives spectrales. Pour cela, il faut veiller à préserver notre santé mentale, qui est indiquée en pourcentage et qui diminue lorsque l’on est plongé dans le noir. Si cette dernière descend en dessous de 50 %, les esprits peuvent nous attaquer, nous prendre en chasse et même nous tuer, menant à un game over en mode solo.

En collectif, la bonne stratégie consiste à se répartir les objets et les rôles entre joueurs. En cas de mort, les coéquipiers survivants peuvent recourir à une patte de singe, objet maudit capable d’exaucer un certain nombre de souhaits, pour nous ressusciter, bien que cela présente des risques. Une fois mort, la mécanique de jeu post-mortem permet de continuer à aider nos amis sous la forme de spectre observateur, en fournissant des informations précieuses.
Trouver et utiliser des objets maudits peut faciliter l’enquête, mais ils comportent des inconvénients majeurs, tels que la chute drastique de la santé mentale ou même la mort. Parmi ces objets à double tranchant, figurent une planche ouija, un miroir hanté, une boîte à musique ou un cercle d’invocation. Sans trop en dévoiler, sachez qu’il existe d’autres objets à découvrir et des rituels associés à effectuer, ce qui enrichit considérablement le gameplay et nous immerge encore plus dans l’atmosphère lugubre et intrigante du titre.

Après avoir rassemblé les indices nécessaires, on retourne au camion et on utilise le carnet pour nommer l’esprit maléfique qui habite les lieux. Un tableau dans le van affiche d’ailleurs les trois preuves principales à obtenir ainsi qu’une liste de tâches journalières et hebdomadaires à accomplir. Un barème détaillé indique les récompenses en argent et en XP selon nos réalisations. Par exemple, identifier correctement l’entité rapporte 100 dollars tandis que réussir des défis supplémentaires, comme ceux liés aux lunes de sang et d’autres évènements optionnels, permet de gagner davantage tout en diversifiant l’expérience de jeu. Une fois le niveau cent atteint, on passe au rang de Prestige, avec un maximum de niveau trois.
Ce portage sur console procure des sensations plutôt satisfaisantes grâce à un gameplay assez fluide. Cependant, notre protagoniste se déplace lentement, ce qui nécessite d’anticiper les attaques démoniaques puisqu’il ne peut courir qu’à une vitesse réduite, accentuant encore le sentiment de vulnérabilité. Par contre, l’utilisation des outils reste assez intuitive, ce qui facilite la prise en main.
Hantises et fantasmagories envoûtantes

Les effets d’ombres et de lumières en particulier sont bien réussis, nous laissant souvent dans l’obscurité, simplement éclairés par la lueur d’une lampe torche dans des lieux inquiétants où tout peut arriver. Les interactions spectrales, imprévisibles et stressantes lorsqu’elles se manifestent subitement, ajoutent une dose supplémentaire de frissons.
Le sound design, quant à lui, est tout simplement remarquable et, combiné à l’atmosphère générale, il constitue l’un des principaux atouts du titre. Les sons ambiants sont très réalistes et jouent un rôle crucial dans l’immersion. Les craquements de plancher, les grincements sinistres des portes, les cliquetis de serrures, ainsi que les murmures au loin, les râles ou les sanglots enfantins qui surgissent sans prévenir au creux de l’oreille, sont autant d’éléments effrayants et immersifs qui amplifient la terreur.

De plus, la fonction de tchat vocal intégrée dans le jeu, disponible quand on utilise la radio, est plus efficace que le tchat vocal classique. En effet, cette radio s’utilise comme un talkie-walkie, et le fait de devoir appuyer sur une touche pour parler renforce grandement l’immersion, ce qui en fait une idée ingénieuse. Lorsque l’on est éloignés de l’équipe, c’est aussi le seul moyen de communication. Enfin, l’utilisation de spirit box, qui permettent de poser des questions aux fantômes et d’entendre leurs réponses, est surprenante et rend l’aventure encore plus glaçante, au point de nous faire oublier l’absence de fond musical. C’est pourquoi on vous recommande de jouer dans la pénombre (ou la nuit) et avec un casque audio pour profiter pleinement de Phasmophobia.
Bien que jouer seul aide à comprendre les mécaniques de base et à s’entraîner, l’expérience est nettement moins captivante ainsi. On ne peut porter que trois objets à la fois, alors qu’en ligne les joueurs se les répartissent. Il est bien sûr possible de retourner au camion à tout moment pour récupérer du matériel. Le mode multijoueur, avec l’option cross-plateforme, ajoute une dimension coopérative et interactive et révèle tout le potentiel du titre, surtout à quatre joueurs.

Malgré l’angoisse, jouer en groupe est vraiment amusant et permet de surmonter ses peurs ensemble. Des situations drôles peuvent même survenir lorsque la panique s’empare de nos amis, rendant inoubliables les moments passés ensemble. Pour les moins téméraires, rester en sûreté dans le camion et surveiller la progression des équipiers via la caméra, tout en les informant sur leur état mental (visible seulement depuis l’estafette), est une option intéressante. En cas d’échec, le survivant peut voter pour identifier l’entité et conclure la partie.
Il est important de souligner que les objets maudits et leurs rituels associés ajoutent une part de mystère et d’insécurité. Ces éléments renforcent le sentiment de vulnérabilité et accentuent fortement l’aspect surnaturel du jeu.

Par ailleurs, le bestiaire est riche et varié, incluant pas moins de vingt-quatre entités à traquer ! Qu’il s’agisse d’esprits classiques de spectres, de Poltergeists ou de Banshees, de revenants ou d’ombres, l’éventail est large ! La présence des démons est subtile, mais permanente, et leurs apparitions soudaines font vite monter l’adrénaline. Leurs intéractions imprévisibles avec l’environnement nous rappellent constamment que nous ne sommes pas seuls et que chaque moment de calme peut être suivi d’une chasse, nécessitant de fuir ou de se cacher. Chaque spectre a sa propre manière de se manifester et de communiquer, certaines étant plus discrètes ou agressives que d’autres, ajoutant une touche supplémentaire de stress et de défi.
Enfin, Phasmophobia offre une immense rejouabilité. Chaque entité et chaque partie étant unique, cela se traduit par une durée de jeu potentiellement illimitée.
Phasmophobia face à ses propres démons

Concernant les graphismes, ils sont corrects, sans être incroyables ni médiocres, et demandent à être peaufinés. Les bugs de collision sont fréquents, comme le bras d’un membre de l’équipe traversant la porte du placard lorsqu’il s’y cache, ou un appareil qui se fond dans le décor quand on approche trop près du mur, et quelques soucis occasionnels de caméra peuvent survenir.

Les personnages ont des mouvements et des déplacements plutôt rigides, ils ne peuvent pas courir vite et leurs visages sont dénués de toute expression faciale, ce qui est dommage. On aurait apprécié plus de fluidité et d’animations, mais rappelons qu’il s’agit d’une version préliminaire du jeu, en constante évolution, avec des mises à jour régulières visant à perfectionner cette expérience vidéoludique.
Par ailleurs, assimiler toutes les informations propres à chaque entité demande du temps. Phasmophobia regorge de subtilités à découvrir au fil des parties et ce n’est qu’à force de jouer que l’on s’améliore, ce qui peut être chronophage pour certains. D’autant plus que la progression, relativement lente au début en mode Amateur, peut aussi décourager.
Enfin, le thème très spécifique de Phasmophobia ne conviendra pas à tout le monde. Cette œuvre s’adresse en effet principalement aux adeptes de paranormal en quête de frissons et aux joueurs avertis.
Le titre est disponible sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et PC depuis le 29 octobre.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- L’ambiance effrayante/oppressante
- Le sound design très immersif
- Le tchat vocal avec la radio
- Le bestiaire varié
- Très plaisant à jouer entre amis
- Les objets maudits et leurs rituels
On a moins aimé
- Les bugs de collision
- Les petits soucis de caméra
- Les animations rigides des personnages
- L’investissement qu’il demande
Conclusion du test de Phasmophobia
Une expérience atypique et inégalée !
Phasmophobia se distingue comme un véritable OVNI, offrant une expérience effrayante et inégalée, très plaisante à jouer entre amis. Son ambiance lugubre et oppressante, son gameplay immersif et son sound design remarquable sont ses principaux atouts. Malgré quelques bugs de collision et des animations un peu rigides, cette œuvre originale a tout pour captiver et envoûter les amateurs de frissons, et ce à petit prix. En perpétuelle évolution, Phasmophobia promet encore de nombreuses surprises avec des mises à jour régulières et du contenu additionnel. Selon la feuille de route de Kinetic Games, le jeu pourrait être finalisé en 2025, atteignant alors son apogée pour une expérience encore plus aboutie.