Test - Project Starship X - la pépite du shmup indé

«Un takoyaki cosmique pour la 12 !» , - 1 réaction(s)

Arrivé tel un bourgeon à la fin du printemps sur PC, Project Starship X se décide enfin à éclore sur consoles, et risque bien de prendre par surprise tous ceux qui oseront y poser les mains. Développé par une seule personne, le titre se veut être un shoot’em up parodique et humoristique, intégrant des éléments de roguelite. En tant qu’habitués de ce type de production, ces éléments sont autant de voyants rouges sur l’échelle du casse-gueule. On était loin, très loin de se douter de la claque à venir …

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine ….

Si le nom “Project Starship” vous est familier, c’est qu’il ne s’agit pas du premier jeu développé par Indie Panda Studio (aka Arabong). Le premier titre de la série remonte à 2016 et s’intitule sobrement Project Starship, un shoot’em up sympathique mais qui ne marquera pas l’histoire. Suivront alors deux autres titres dans la même veine, un prologue et un “spin-off” que sont Red Death et Null Drifter. Si ces titres n’ont pas fait date dans l’histoire du shmup, ils serviront de socle pour la construction de Project Starship X, à tel point qu’en comparaison de ce dernier, ils font office de brouillon.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos poulpes cosmiques : PSX est présenté comme une “parodie lovecraftienne”, si tant est que cela veuille dire quelque chose. Véritable pot pourri de pop culture, le titre s’amuse à balancer des références à tire larigot, accompagné d’une bonne dose de second degré pour régulièrement briser le 4e mur. Un humour inattendu et plus que bien senti, et c’est le sourire aux lèvres que vous découvrirez les nombreux secrets et petites blagues qui accompagneront votre progression.

Project Starship X s’inspire pour son gameplay des Danmaku pour finalement en proposer sa propre interprétation. Tapoter le premier bouton vous offrira un tir évasé et une vitesse de déplacement maximale, tandis qu’une pression constante concentrera le tir et ralentira votre vaisseau pour mieux négocier les moments plus chargés. La nouveauté ici, c’est la présence d’une touche de “dash”, qui jouera ici la fonction d’esquive, cette dernière étant accompagnée de quelques frames d’invincibilité. Disposant d’un temps de recharge assez court, vous pouvez orienter la direction de votre esquive, mais la distance parcourue reste fixe, et vous ne pourrez effectuer cette manipulation que vers l’avant. Il faudra donc maîtriser le timing d’activation, le temps d’invincibilité et la distance pour ne pas lancer une esquive qui vous propulsera droit sur une bullet ennemie.

Ce mouvement peut également servir d’attaque dans des endroits bien précis, pour détruire un ennemi sonné où s’accrocher à certains éléments pour esquiver un mur infranchissable, et peut dans ce cas être enchainé pour réaliser des esquives offensives satisfaisantes, non sans rappeler le plaisir simple des flippers.

Shmup 101

L’autre spécificité de Project Starship X, c’est son aspect roguelite. Absolument casse-gueule sur le papier, cette idée fonctionne finalement à merveille et s’approche bien plus que prévu d’une expérience de shmup arcade : chaque run est unique, la mort est définitive, et il faudra composer avec les aléas du jeu pour espérer s’en sortir vivant. Si le titre comporte 14 niveaux distincts, chaque run n’en contiendra aléatoirement que 5. Initialement bloqués, c’est au fur à mesure de votre avancée que les niveaux viendront s’ajouter à la liste, ce qui rendra la progression d’autant plus douce.

En plus de composer avec les 5 personnages jouables (dont 3 à débloquer) qui disposent tous de stats différentes, vous devrez composer avec les upgrades qui seront lancés aléatoirement lors de vos runs, généralement pour améliorer votre vitesse, votre tir ou votre puissance, sans oublier un certain nombre de malus !

Enfin, il faudra également faire avec les “Mad Events”, des défis souvent hilarants lancés aléatoirement au joueur pendant les niveaux, une pluie de météorite, une inversion de touches, une attaque de crânes géants ; il faudra rester constamment sur ses gardes pour tenir le rythme de l’action frénétique.

Ces éléments entrent en résonance avec d’autres aspects du jeu, cryptique et bourré de secrets. Personnages et niveaux à débloquer, warpzone, boss secrets, modes de difficulté, power-ups : il vous faudra de nombreuses heures pour appréhender ce titre singulier.

Une production value qui frôle l’indécence

Si PSX est assurément fun à jouer et étonnamment bien équilibré, il est aussi réalisé avec un soin qui dépasse l’entendement pour ce type de petite production. La bande-son d’abord, composée par Sinoryu est un sans-faute absolu. Délice de chiptune ultra catchy qui n’aurait absolument pas à rougir face à une production des figures de proue du genre, le tout participe à s’enjailler à chaque partie, sublimé par un sound design tout aussi soigné, de quoi forcer le respect.

Mais la surprise ne s’arrête pas là : le titre est aussi un régal pour les yeux, avec un style mélangeant graphismes 16 bits sous stéroïdes et protagonistes attachants et crayonnés, animés un peu à la manière d’un jeu en flash. Tout cela est visible dès l’écran de début de mission où les quelques secondes d’animation et de bruitages arrivent à donner une personnalité propre à chaque personnage, un point pourtant totalement secondaire mais tout de même réussi.

Surchargé par sa direction artistique absolument folle, ses attaques aléatoires et son coté Danmaku, Project Starship X reste étonnamment lisible, malgré l’absurdité du nombre d’éléments à l’écran. Et c’est peut-être là l’une des grandes forces du titre. En proposant une expérience psychédélique et visuellement plus impressionnante que difficile à jouer, le titre offre aux joueurs de tous niveaux l’essence même du Danmaku : le frisson de l’esquive, l’analyse de patterns impressionnants mais simples à appréhender, comme si on pressait un genre pour en extraire la substantifique moelle. Un exercice que de (très) nombreuses productions ont tenté par le passé, sans jamais vraiment réussir comme PSX.

Fun à jouer, parfois drôle à pleurer, visuellement magnifique et porté par une bande-son d’une qualité rare, Project Starship X est plus qu’une réussite : c’est un modèle, un nouveau standard pour les développeurs qui tenteront à l’avenir l’exercice périlleux de s’attaquer à un genre ultra normé et très classique, pour lui apporter un regard différent et une touche unique, sans faire fuir les amateurs du genre.

Il y aurait encore tant à dire sur le soin apporté à son interface, sur sa générosité dans le système de vie qui permet des come-backs jouissifs et permet au jeu de rester accessible aux novices tout en proposant un défi ultra corsé pour les vétérans, ses boss délirants ou son souci du détail sur beaucoup d’aspects. C’est bien simple : en l’absence de portage console des ténors du shmup indépendant (Zero Ranger, Blue Revolver, je crie vos noms), Project Starship X est assurément le meilleur shoot’em up original disponible aujourd’hui sur le store Xbox, et nous ne pouvons que vous conseiller de vous jeter sur cette perle rare.

Test réalisé sur Xbox Series X

Bilan

On a aimé :
  • Un gameplay original et de qualité
  • Visuellement superbe
  • Musicalement à tomber par terre
  • Drôle, fun, efficace
On n’a pas aimé :
  • Un seul et unique Leaderboard
  • Pourquoi avoir remplacé les succès Steam ?
La force de Swagthulhu

Il y a des jeux indés qui tentent de singer les grands, et il y a les grands jeux indés. Project Starship X est bien entendu de la seconde catégorie et pulvérise la concurrence en réalisant l’exploit pour une petite production d’être agréable à jouer, drôle, et aussi beau pour les yeux que pour les oreilles. Un titre à ne surtout pas manquer.

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Project Starship X

Genre : Action

Editeur : EastAsiaSoft

Développeur : Panda Indie Studio

Date de sortie : 27/01/2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch

1 reactions

Bob Winner

27 jan 2021 @ 10:57

Perso, c’est plutôt la compil de Psikyo que j’attends, ou alors l’édition complète de Deathsmiles. :-)) Enfin en attendant, ça peut le faire.