Test - Tony Hawk’s Pro Skater 1 + 2 - Un retour tonitruant

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Un peu de fibre nostalgique délicatement recouverte de poudre de perlimpinpin, voici la recette magique du remaster, aka la planche à billets faciles pour les éditeurs de gros succès portés disparus. Malgré tout, et pour citer Didier Super : ”y’en a des biens”. C’était fortement ironique et à propos d’un tout autre sujet, mais tout de même, on ne peut pas taper sur un jeu qui sent bon les billets verts alors que se cache peut-être derrière son développement une ôde à l’amour jadis ressenti. D’ailleurs, c’est fou mais avait-on envie d’un jeu de skate à l’ancienne tout rigide alors que les simulations ont le vent pour elles ? Ces quelques points nous trottaient en tête pendant l’installation du jeu. Et puis vient le moment de le lancer.

Un petit dernier et puis au lit

Un logo longtemps assimilé à la licence dans notre mémoire, celui d’Activision. C’est amusant de voir combien la société semble liée à Call Of Duty, au point d’avoir oublié qu’elle disposait, à une époque non si lointaine, d’un catalogue bien plus diversifié. D’autres logos puis un son, un morceau surgit du passé qui incite instantanément à taper du pied en souhaitant la révolution. L’esprit rebelle pour toute une génération, Rage Against The Machine. Une vidéo 4/3 pleine de parasites montrant Tony Hawk et ses comparses nous remémore instantanément les VHS usées qui nous faisaient rêver. Le format d’écran passe doucement au 16/9, les défauts visuels s’estompent et on le sent au fond de nous, on est foutu, la hype s’est installée sur notre petit cœur et l’enlace bien fort. On a envie de l’aimer, ce remaster, comme on a aimé ces premiers opus.

C’est ici que tout à commencé

Vous êtes trop jeune pour avoir ressenti ce spleen avant d’appuyer sur une touche et démarrer ? Restez encore un peu, ce Tony là a bien des choses à vous proposer. Une fois sur la planche, c’est une évidence : ce gameplay que l’on imaginait désuet fonctionne encore merveilleusement bien. Après quelques gamelles, les habitudes reviennent vite. Pas besoin de pousser, notre skateur avance tout seul. Une touche pour des grabs, des flips et une pour les grinds. Simple comme bonjour et en plus, il n’y a même pas besoin d’être très précis dans son positionnement pour placer un trick, on est comme aimanté et totalement assisté. Une direction, une touche, une prouesse sort, de la plus modeste à la plus folle. Le catalogue de figure est large et les combinaisons sont infinies. Et ça tombe bien puisque dans la série des Tony Hawk’s, l’important est de plaquer des lignes de combo improbables et ce sur tout ce qui s’apparente de près ou de loin à une rampe ou un curb. À noter que les wallplant, wallride et revert sont de la partie.

Combooooo

On enchaîne les figures, on tombe, on repart aussitôt car le chrono, lui, ne s’arrête pas. La course contre le temps n’attend pas, les objectifs ne vont pas s’atteindre sans sueur. Sur chaque skatepark, il y a un score à atteindre, des tricks à placer sur certains spots, des collectibles à ramasser. Plus on rempli d’objectifs, plus on débloque de zone de jeu. On fait aussi évoluer son skateur avec les points de compétences collectés qui le rendent plus léger, habile, stable… Un superman du skate, celui que rien n’arrête, pas même la gravité. Et quel panard de se sentir de plus en plus à l’aise pour enchaîner des combos jusque sur les toits des buildings. C’est même fou de constater à quel point le gameplay n’a pas vieilli et fonctionne encore à merveille quand bien même il y a eu quelques assouplissements à la marge. On s’amuse, voire même s’acharne, à plaquer le plus gros combo possible. Sans compter que la marge de progression est bien gérée pour ne pas frustrer autant les nouveaux que les vétérans rouillés. Difficile pour ces derniers de ne pas se rappeler avec émotion les après-midi à se passer la manette entre potes.

Ils ont bien planché dessus

Wallride sur les graffitis de Venice Beach = <3

La patine du temps n’a pas eu de prise sur le gameplay, c’est un fait et on pouvait s’en rendre compte sur des sessions de retro-gaming. Le gros du travail à abattre ici était de rendre justice à ce dernier, avec un habillage graphique qui ne trahisse pas le level design testé et approuvé à l’époque. En cela, la réussite du studio Vicarious Visions est complète car ce remaster ressemble trait pour trait à un jeu de notre époque avec de jolies lumières, des textures propres et une fluidité appréciable. Ce travail est loin d’être évident surtout pour respecter proportions et distances mais il s’avère parfaitement bluffant à l’arrivée. On se rend compte aussi de la qualité du level design des dix-sept niveaux qui laisse parfaitement s’exprimer les joueurs avec tous les types de tricks. Ces deux premiers Tony Hawk’s étaient de très bons jeux réalisés avec soin et passion, ce que ce remaster honore.

Que serait la licence sans son OST ? C’est le dernier tour de force que d’avoir réussi à proposer à nouveau les tracklists d’époque, pleines de tubes que l’on aurait presque un peu honte d’écouter hors contexte. D’autant plus que les morceaux s’enchaînent tranquillement sans se couper durant les chargements ou la navigation dans les menus. On peut même en zapper en appuyant sur RS.

Il y a de quoi faire en customisation

Avec tout le contenu des deux jeux rassemblés, il y a déjà de quoi faire. On relève avec joie la présence d’un mode deux joueurs en écran splitté. Un mode multijoueur en ligne est aussi proposé. Dans celui-ci, on enchaîne sans temps mort les défis à réaliser sur un skatepark en même temps que les autres joueurs. On se prend facilement au jeu mais pas sûr que les novices se sentent à l’aise au milieu des acharnés. Heureusement, il y a un mode libre disponible sur tous les niveaux pour s’entraîner, avec tous les skateurs disponibles ou celui que l’on a créé et habillé de la planche à la tête avec son argent durement gagné dans le jeu. Oh et il y a aussi le créateur de skatepark qui permet de faire des choses sympathiques et de les partager, boostant ainsi une durée de vie déjà généreuse. Les acharnés pourront aussi se frotter aux défis de joueur bien retors qui débloquent des récompenses de customisation. On reprochera juste des menus pas toujours ergonomiques, mais c’est vraiment pour pinailler car vraiment, c’est difficile de ne pas conseiller le jeu à tous les acharnés du scoring, les amoureux du skate, les nostalgiques d’une époque.

Le coin des chasseurs : Il va falloir se sortir un peu les doigts du paquet de chips pour arriver à compléter les 1000G. Surtout pour atteindre le niveau 100 de progression et remplir tous les objectifs de joueurs.

Bilan

On a aimé :
  • Tout le contenu des deux premiers jeux et des ajouts
  • Un lifting graphique de qualité
  • Cette OST d’époque de dingue
  • Gameplay toujours aussi fun
On n’a pas aimé :
  • Les menus pas ergonomiques
  • Les crampes aux doigts
C’est mieux maintenant

Vous n’avez jamais joué à un Tony Hawk’s Pro Skater de la grande époque ? N’hésitez pas, suivez les darons dans la hype pour savourer l’excellent travail de Vicarious Visions qui allie les qualités des jeux d’origine - gameplay et level design en tête - à une refonte graphique des plus convaincantes. Il n’y a donc pas que de la nostalgie à humer ici, pas plus que l’odeur des billets faciles, mais bien un véritable hommage bourré d’amour à un jeu d’une époque révolue. Par contre, Activision, pas la peine d’en sortir des nouveaux pour surfer sur la vague, on peut très bien en rester là.

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Tony Hawk’s Pro Skater 1 & 2

PEGI 0

Genre : Sport

Éditeur : Activision

Développeur : Vicarious Visions

Date de sortie : 4 septembre 2020

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Steam

7 reactions

ch4rlSF

11 sep 2020 @ 13:13

C’était une autre époque. Tu achetais un jeu, tu le ponçais jusqu’à ce que la tête de lecture de la console décape la gravure du cd... bref, pas de dlc, pas d’internet requis, pas de season pass, pas d’activision qui cherche le pognon, juste un jeu, des niveaux pensés, des heures de gameplay, du challenge, des défis entre potes rassemblés dans ta piaule... c’était une autre époque...

Phebus

11 sep 2020 @ 15:40

Qu’est-ce que j’ai pu jouer à ces jeux durant mes années ados, à me défoncer les doigts tout en tapant du pied avec une BO culte....pffff ça rajeunit pas, mais oui je te rejoins @ch4rlSF c’était une sacrée belle époque à vivre !

Je me tâte déjà depuis quelques semaines, mais je crois que je vais à nouveau me laisser tenter :)

copel

11 sep 2020 @ 16:11

comme vous les gars, trop nostalgique de cette epoque.... La dreamcast et donc THPS2.... la n64 et du vrai multi sur 007 Goldeneye, la ps2 avec timesplitters 2 etc..... tu allumais ca fonctionnait.... putain maintenant c’est tous les deux jour une maj de 70go à DL sur COD...

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Bally

11 sep 2020 @ 19:27

Ce THPS Remake est vraiment une perle !

Je n’aurai jamais pensé rejouer à ce jeu, 20 ans plus tard… en 4K sur un écran OLED (logique, ça n’existait pas et qui aurait imaginer cela possible ?!), avec la même BO de ouf !

C’est vraiment un Remake indispensable, contrairement à certains (coucou Ubi$oft) et qui promet de longues heures de jeux…

OldSkull

11 sep 2020 @ 21:04

C’est amusant de voir toute une génération (dont je fais aussi parti) avoir la même nostalgie de cette époque. J’essaie de ne pas craquer pour ce jeu (money money !) mais c’est compliqué tellement j’ai passé du bon temps à l’époque.

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Bally

12 sep 2020 @ 17:23

@Oldskull : je sais qu’Amazon, c’est le mal… mais à 32,90 €, dur de se priver ! Il vaut vraiment son prix.

copel

24 sep 2020 @ 18:15

bon bah moi j’ai craqué... une claque c’est tout.... je me retrouve à 100% dans l’intro du test... c’est exactement ce que j’ai ressenti.... et la B.O mamamama ca fait mal c’est tout les tueries d’il y a 20ans et l’ajout des tracks plus récents comme « bloody valentine » de MGK <3 c’est top de chez top..... j’ai pas tout fait dans les défis mais « juste » tous les parcs à 100% avec un sacré plaisir..... merci pour ce remaster quasi parfait