Test – Terminator Resistance, quand Papy veut partir à la guerre

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Après la sortie du film Terminator Genisys en 2015, les fans de science-fiction, les amateurs du bon goût ainsi que le monde du cinéma tout entier n’ont souhaité qu’une seule chose : qu’on laisse la saga cultissime de James Cameron tranquille. Mais comme les producteurs hollywoodiens ont la peau encore plus dure que les carcasses cybernétiques de Skynet, voilà que débarque sur nos écrans Dark Fate ainsi que, sorti de nulle part, un jeu Terminator accompagnant la sortie du film. Quand on sait qu’il est en plus édité par Reef Entertainment, coupable de l’effroyable adaptation (en rail shooter !) de Rambo, on se dit que la licence n’a pas fini de se faire écrabouiller à la presse hydraulique.

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Vazi on fait un selfie

BELLE SOIRÉE POUR UNE BALADE

*wink wink*
*wink wink*

Je sais pas vous mais parfois quand je lance un jeu, c’est un peu comme rentrer dans un restaurant inconnu pour lequel on a un pressentiment négatif. Il y a des signes qui ne trompent pas : l’enseigne lumineuse fluo clignote frénétiquement, la table est bancale et il y a des fautes sur le menu, le serveur est désagréable et, arrivé au plat de résistance (LOL), le manque de saveur des plats nous déprime. Ces sensations sont assez similaires en lançant une partie de Terminator Resistance. Rien qu’en naviguant dans les menus, il se dégage une austérité des “blip blip” sonores et de la typo générique plaquée sur un crâne de T-800 qui semble forcer son sourire carnassier pour nous donner envie de jouer. Toujours est-il qu’en lançant une partie, on apprend que les scénaristes ont choisi de placer l’action dans le futur apocalyptique décrit dans les deux premiers films Terminator, en faisant fi des opus suivants qui, si le voyage dans le temps était possible, n’auraient jamais existé. On incarne donc non pas John Connor ou Kyle Reese mais… un soldat inconnu du nom de Jacob Rivers qui, après s’être miraculeusement sorti vivant d’un affrontement contre un groupe de T-800, tente de regagner les troupes de la résistance. En parcourant les paysages ravagés de Pasadena, on rencontrera des PNJ génériques : une version Lidl de Danny Glover, un étranger masqué qui donne les infos du scénario au compte-goutte, un scientifique fou auquel il ne manque que l’accent allemand, sans oublier la commandante super badass et super grande gueule qui aurait très certainement été incarnée par Michelle Rodriguez si le budget du jeu l’avait permis.

Et si j
Et si j'essayais de lui briser la nuque ?

Cette description étant assez équivoque quant à la qualité de la narration du jeu, nuançons un peu le constat en disant que tout n’est pas à jeter dans l’univers de Resistance. En explorant un peu les environnements et en s’intéressant quelque peu aux dialogues, il est évident que les développeurs sont des fans des deux premiers opus de la franchise. Certaines références directes chatouillent agréablement notre nostalgie et ajoutent un peu de consistance à l’histoire. Il est tellement dommage que celle-ci soit servie par des personnages aussi génériques, balançant des répliques aussi insipides et vivant des situations dignes d’un nanar DTV. Cette guerre contre les machines que l’on est censé vivre contraste avec la mise en scène d’une platitude calamiteuse, malheureusement réalisée avec le moteur souffreteux du jeu, que nous allons tenter de décrire.

3615 SKYNET

Go Go Power Rangers !
Go Go Power Rangers !

Bon, commençons par un point positif en disant que, Dieu soit en location, Terminator Resistance n’est pas un rail shooter mais un FPS. Par contre, même si on n’avance pas sur des rails à la manière d’un Time Crisis de 1995, les sensations manette en main sont plus proches d’un Killzone. Attention, pas Killzone Shadow Fall de 2013 ! Le premier Killzone. De 2004. Sur PS2. C’est mou, c’est lent, et surtout c’est chiant. On se demande souvent si on contrôle le soldat censé sauver l’humanité de la domination des machines, ou un vieux break de 93 qui vient de rater son contrôle technique. Ce n’est pas l’arsenal pourtant complet de Jacob (shotgun, fusil mitrailleur, fusil à plasma, lance-roquettes, mines murales…) qui nous procurera des sensations, puisqu’aucun retour de force ni aucune vibration ne se ressentent dans la manette pendant les tirs. En plus de cela, les premières heures de jeu n’offrent que de vulgaires araignées mécaniques et autres drones volants à dézinguer.

La femme de ménage est pas commode
La femme de ménage est pas commode

Quand arrivent les premiers T-800, accompagnés d’autres machines plus coriaces et impressionnantes, une lueur d’espoir rejaillit tout à coup. On se surprend à revoir, à la manière de Kyle Reese assoupi au volant de sa voiture, les affrontements désespérés contre les HK-Tanks, les HK-Aerials et les hordes incessantes de T-800, ainsi que l’apparition des premiers modèles de Terminator à l’aspect humain. Tous ces ingrédients sont présents dans le jeu, mais sont ruinés par des choix (ou plutôt des non choix) de game design censés combler tout le monde. C’est simple, à chaque fois que l’on a un sursaut d’intérêt, le jeu nous file un taquet en nous rappelant que pour chaque bonne idée, il y en a deux de foirées.

VIENS AVEC MOI, SI TU VEUX T’EMMERDER

Enfin une mission sympa
Enfin une mission sympa

À commencer par un système de quêtes inutile, qui ne renouvelle jamais le gameplay. Les seuls moments où Resistance arrive un peu à nous divertir de manière efficace, c’est justement dans les quelques moments très scriptés et un peu mis en scène de l’aventure principale, comme lors des attaques contre les bases de Skynet, ou pendant l’évasion du bunker de la résistance. Si l’équipe de Teyon avait opté pour une narration plus dirigiste mais plus maîtrisée, elle aurait peut-être pu en sortir quelque chose de potable. Au lieu de cela, on se retrouve face à un remplissage par le vide, dans un univers qui l’est tout autant. Puisqu’on n’éprouve aucune empathie envers tous ces personnages clichés, on se fout totalement de ramener une caisse à outils pour le mécano ou des médocs pour la toubib. Car, en plus de multiplier les aller-retours dans des environnements au level-design sans intérêt, peinturlurés avec des textures dégueulasses et à la physique inexistante (mais aux effets de lumière et de particules parfois sympathiques), les bâtiments qui le composent sont truffés de babioles à ramasser et de serrures à déverrouiller. Si comme moi vous ne pouvez vous empêcher de looter tout ce qui scintille, vous allez le faire jusqu’à l’overdose, sans même vous préoccuper de ce que vous ramassez. En fait, on collecte tellement de bordel qu’on finit très vite par être surarmé et en surabondance de munitions, tant et si bien que même en Difficile, on a l’impression de jouer en God Mode. On ne se sent jamais en danger dans Terminator Resistance, d’autant plus qu’on nous donne dès le début du jeu une paire de lunettes gratos permettant de voir les machines de Skynet à travers les murs. D’ailleurs, pour un jeu mettant en scène une intelligence artificielle prenant le contrôle de la race humaine, il est ironique de constater à quel point celle-ci est à la ramasse. Vous aurez très vite fait de semer vos assaillants métalliques en employant la technique Benny Hill. Comprenez par-là “tourner autour d’un obstacle en restant accroupi en attendant que la jauge de détection baisse”.

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Ils ont changé les avions de chez Ryanair

Durant la petite dizaine d’heures nécessaire pour venir à bout de l’histoire et des missions annexes, on sent bien que les développeurs ont tenté plein de choses pour diversifier l’expérience de jeu. Des phases d’infiltration, du hacking, des affrontements contre des boss, des dialogues aux choix multiples, des bases à nettoyer, du craft, des aptitudes à débloquer… Le tout orchestré par une musique qui n’égalera jamais le score épique et mécanique de Brad Fiedel, mais qui possède quelques fulgurances qui fleurent bon les synthés modulaires des années 80. Le sound design des armes et des machines est lui aussi bien respectueux des films originaux, mais ces petites madeleines ne pèsent pas lourd face à l’austérité de ce jeu petit budget, pourtant censé mettre en scène l’une des histoires les plus iconiques du cinéma de science-fiction et d’action réunis.

Bilan

On a aimé :
  • Le scénario qui se base sur T1 et T2
  • Le sound-design des armes et des machines
  • Des T-800 à foison
  • Une ou deux missions efficaces...
On n’a pas aimé :
  • ... pour une majorité ennuyantes à mourir
  • La mollesse affligeante du gameplay
  • La mise en scène digne d’un téléfilm
  • Le manque de difficulté et de stress
Pas de destin

Personne ne l’attendait, et pourtant on pourrait presque être déçu par ce Terminator Resistance. On sent que l’équipe de Teyon possède des fans qui ont essayé de faire tout ce qu’ils peuvent afin de combler les fans de la licence, en s’appuyant sur les monuments T1 et T2 et en proposant de nombreuses idées de gameplay. Seulement de bonnes idées et quelques clins d’œil bien sentis ne font pas un bon jeu, et la plupart sont d’ailleurs ratés. Mou, générique et dépassé, seules les personnes n’ayant jamais joué aux innombrables FPS de qualité existant sur toutes les plateformes pourront peut-être y trouver un peu d’amusement. Hasta la vista bye-bye.

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Terminator Resistance

Terminator Resistance
PEGI 0

Genre : FPS

Editeur : Reef Entertainment

Développeur : Teyon

Date de sortie : 15/11/2019

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows