Test - Where the Bees Make Honey

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Un adjectif qui vient naturellement quand il est question de jeux indés développés par une seule personne ou presque, c’est « rafraîchissant ». Souvent cela donne des jeux personnels, qui traitent de sujets qui sont importants pour le créateur. Souvent, la technique est simple, et est compensée par un univers stylisé. Souvent, la sincérité permet de passer outre quelques limitations, et les idées de gameplay font preuve d’originalité. Souvent, mais pas tout le temps.

Souvenirs, souvenirs

Les meilleurs passages du jeu
Les meilleurs passages du jeu

L’histoire commence alors qu’une femme fait des heures sup au boulot, dans un call-center. Seule dans l’open-space, elle se remémore ses souvenirs d’enfance, à une époque où elle aimait se déguiser en abeille. Elle se souvient de ses jeux, de cette scène traumatique où elle a été perdue dans un supermarché, de l’imagination dont elle savait alors faire preuve.

Les souvenirs sont illustrés par des phases de jeu au gameplay varié, entrecoupées de petites énigmes à résoudre. Si on peut penser que cela apporte de la variété, malheureusement il n’en est rien. L’intérêt de chaque scénette est très relatif, mais est surtout plombé par une maniabilité épouvantable dès qu’on est dans des passages en 3D. Je n’aurais jamais cru qu’il pouvait être aussi pénible de diriger un petit lapin… La technique étant à la ramasse, progresser demande un véritable effort, qui ne sera pas atténué par une esthétique globale qui ne fonctionne presque jamais (seuls les passages en 2D sont agréables à l’œil).

Ces lacunes, bien qu’importantes, pourraient être compensées par un message fort. Après tout, nombre de walking simulator proposent un gameplay plus que limité tout en arrivant à être passionnants.

Le lapin de l
Le lapin de l'enfer

On sent bien que l’auteur cherche à nous dire quelque chose de profond, mais cela contraste avec des souvenirs d’une banalité assez étonnante, qui nous font penser qu’on a eu une vie trépidante en comparaison. Pire, la conclusion, du type « je suis la somme de mes souvenirs », martelée sur une musique qui s’envole avec une voix convaincue, m’a surtout fait penser à une publicité pour une assurance vie, des tampons ou un parfum (je n’aurais pas été surpris de voir apparaître le logo de Groupama), ou à un téléfilm de l’après-midi sur TF1. Je ne sais pas quel était le message de l’auteur, mais il ne passe pas du tout. Las, on pose la manette après deux petites heures, et on oublie instantanément ce à quoi on a joué.

Bilan

On a aimé :
  • La démarche sincère
On n’a pas aimé :
  • Maniabilité douteuse
  • Technique aux fraises
  • Esthétique discutable
Ca pique

Par une approche poétique, bien des jeux indés arrivent à se hisser au-dessus de leurs lacunes techniques. Pour Where the Bees Make Honey, ce n’est malheureusement pas le cas. Les manques sont trop nombreux, et ne sont à aucun moment compensés par un message lisse et convenu. On sent les intentions et la bonne volonté, on a envie de l’aimer, mais ça ne fonctionne tout simplement pas.

Xboxygen
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Where the Bees Make Honey

Where the Bees Make Honey

Genre : Aventure/Réflexion

Editeur : Whitethorn Digital

Développeur : Wakefield Interactive

Date de sortie : 26/03/2019