Test - Monster Boy et le Royaume Maudit - De l’art et du cochon

«Manimal» , - 1 réaction(s)

Après le remake réussi de Wonder Boy III - The Dragon’s Trap, la série revient avec un épisode original, cette fois développé par les français de Game Atelier sous le regard du père créateur Ryuichi Nishizawa. Ce qui devait être une suite kickstartée de The Flying Hamster a donc rejoint le Monster World de notre enfance pour un cinquième épisode plein de promesses. Du moins, The Dragon’s Trap ayant prouvé que le concept avait bien vieilli, on était enthousiaste de voir ce que pouvait donner une version originale et contemporaine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nos attentes ont été comblées.

Un mélange de classique et de modernité

Les animations et les mimiques sont très cool
Les animations et les mimiques sont très cool

Monster Boy et le Royaume Maudit est un jeu fait à la main avec amour et savoir-faire. Et quand on dit fait à la main, c’est littéralement le cas puisqu’il se présente en 2D avec des sprites dessinés du bout des doigts. Allergiques aux pixels et au style rétro, voilà quelque chose qui devrait vous inciter un peu plus à découvrir les richesses du jeu. Le retrait des sprites pixelisés était la meilleure décision à prendre quand on voit le rendu final du titre : c’est terriblement mignon. Du style graphique aux animations en passant par le choix des couleurs, mais aussi la richesse des décors en arrière plan, tout démontre le soin et le talent déployé pour faire vivre ce projet. Le titre se démarque en tout cas de The Dragon’s Trap, qui était façonné avec le même amour artisanal, en ayant un trait plus fin, une palette de couleurs plus large et des animations plus détaillées. Il est clairement ancré dans notre époque avec un rendu final plus proche d’un Rayman dernière génération.

Le cochon se goinfre pour booster ses items
Le cochon se goinfre pour booster ses items

Plaisir des yeux mais aussi plaisir des oreilles. Ce ne sont pas moins de cinq compositeurs et une chanteuse, tous japonais avec un CV à faire des envieux, qui ont travaillé avec les frenchies pour donner du peps à l’aventure. Le jeu est riche en contenu musical qui sent bon la nostalgie dans les compositions de la série revues et corrigées mais là aussi avec un rendu final très moderne. En tout cas, dès la cinématique d’introduction en animé, on se sent embarqué dans un univers très japonais, preuve de l’envie de respecter les origines de la saga et le matériau de l’époque.

Un savoir-faire de tous les instants

Foncer sans réfléchir, c
Foncer sans réfléchir, c'est louper des zones secrètes

Là où Monster Boy V évolue aussi c’est dans son concept. Certes, il s’agit toujours d’un jeu de plateforme et d’exploration en 2D dans lequel on récupère des pouvoirs et items pour progresser. Mais en étant mieux construit avec un principe mieux amené de transformation en différents animaux aux pouvoirs spécifiques, le titre se parcourt avec un réel plaisir et fait preuve d’assez de malice pour inciter à revenir souvent dans des lieux déjà visités afin d’y découvrir de nouvelles choses. Si vous êtes allergiques aux aller-retours, sachez que vous ne pourrez pas vraiment y couper puisque dans sa dernière partie, le jeu exige de trouver des items spécifiques en indiquant tout de même les zones où les trouver. C’est d’ailleurs un des rares moments où il n’est pas avare en indices. En effet, le reste du temps, c’est au joueur de se débrouiller pour trouver son chemin au point de potentiellement tourner en rond par moments. Si on peut être un peu perdu alors même qu’on sait globalement dans quelle direction aller, imaginez un peu le casse-tête pour trouver les très nombreux trésors cachés.

Les dialogues sont plutôt rigolos
Les dialogues sont plutôt rigolos

À défaut d’être très originales, les différentes transformations du héros sont au moins bien exploitées par le level design. Les passages secrets sont une chose, un bonus pour les aventuriers les plus aguerris, mais le level design général est assez bien fichu pour faire plaisir aux joueurs ne souhaitant pas collecter tous les upgrades et équipements. Le jeu se finit d’ailleurs très bien sans tout cela même s’il est forcément plus difficile. Avec moins de coeurs et de réserve d’items, les combats avec les boss peuvent s’avérer un peu tendus. À contrario, si on est blindé d’items et que l’on est bardé de coeurs avec en plus une fiole de vie, on roule un peu sur les bougres une fois leurs points faibles trouvés. Car oui, il faut parfois réfléchir avant de foncer tête baissée dans les combats et il en va de même dans la progression du jeu qui n’hésite pas à proposer quelques énigmes environnementales parfois retorses. Sous ses airs mignons, le jeu pourrait faire grincer les dents de pas mal d’adultes bien assis sur leurs certitudes. Cette difficulté fait partie de l’héritage de la série.

Le lion a un petit air de Cosmocats
Le lion a un petit air de Cosmocats

En guise d’hommage, le jeu est peut-être un peu trop frileux sur la diversité des environnements. Les lieux visités sont assez classiques, de la plage à la forêt en passant par le château ou le volcan. On ne se sent pas trop dépaysé et c’est presque dommage. En tout cas, chacune des zones offre un beau rendu et met bien à profit les différentes transformations. On n’explore pas toute une zone avec le cochon, puis une autre avec le serpent et ainsi de suite, on passe plutôt son temps à alterner voire combiner les pouvoirs. Il y a même des petits passages façon shoot’em up et des combats de boss avec des grosses bouboules à éviter pour bien varier les plaisirs de jeu. On regrette juste que la zone volcanique soit moins bien équilibrée en terme de difficulté, la faute à une hit-box des coulées de lave un peu foireuse et des enchaînements de situations périlleuses et poussives. Pour le reste, c’est du tout bon en plus d’être assez long puisqu’il faut compter une bonne quinzaine d’heures pour en voir le bout en cherchant un peu les trésors. On en a donc pour son argent même si le prix demandé de 39,90€ dissuadera sûrement du monde, à tort.

Bilan

On a aimé :
  • Que c’est mignon !
  • Un rythme bien dosé
  • Les transformations bien utilisées
  • Des secrets à foison
On n’a pas aimé :
  • Le volcan assez frustrant
  • Il faut aimer les allers-retours pour la complétion
It’s a Monster

Monster Boy et le Royaume Maudit est un très bon jeu. Bien rythmée, l’aventure se traverse le sourire aux lèvres même si elle peut faire grincer des dents par moments, la faute aux quelques passages difficiles et aux énigmes pas si évidentes que cela. C’est aussi une réussite graphique et sonore qui permet à la saga de revenir sous de belles augures au point que l’on attend maintenant un nouvel épisode moins proche de l’héritage et plus dans la prise de risque. En attendant, difficile de bouder son plaisir devant cette franche réussite.

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Monster Boy and the Cursed Kingdom

Monster Boy and the Cursed Kingdom
PEGI 0

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : The Game Atelier

Développeur : The Game Atelier

Date de sortie : 04/12/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch

1 reactions

jm ysb

04 jan 2019 @ 21:38

merci ! je suis client :-))