Test - Subnautica : la palme de l’originalité

«On ne va pas noyer le poisson» , - 1 réaction(s)

Ah l’océan, ce vaste terrain inexploré qui cache moult mystères. Comme nos propres fonds marins n’étaient pas assez grands et riches en terme de dépaysement vidéoludique, Subnautica pousse le vice à perturber un peu plus nos sens en situant son aire de jeu sur une autre planète. Si Le Grand Bleu et Abyss sont vos films de chevet, sachez que vous allez désormais pouvoir vivre un rêve de gosse : explorer de plus en plus profondément un milieu aquatique hostile en repoussant vos propres limites. Retenez bien votre respiration, la descente va être longue.

Lost in the sea

Avez-vous croisé Némo ?
Avez-vous croisé Némo ?

Tout commence lors du crash de l’Aurora, un vaisseau minier, sur une planète inconnue. Les raisons de l’avarie ne sont pas expliquées au joueur, au début seule la survie compte. Vous commencez directement l’aventure dans votre capsule de sauvetage, flottant non loin de l’immense carcasse encore fumante de ce qui fut votre moyen de transport. Fort heureusement, vous êtes un peu mieux loti que Robinson Crusoé puisque votre capsule intègre une imprimante 3D super moderne qui peut fabriquer presque tout à partir d’éléments naturels. Survie et crafting, la recette est connue mais pour autant le jeu surprendra le joueur dans son déroulement et au fur et à mesure que les éléments narratifs se mettront en place.

Ce à quoi l’on ne s’attend pas vraiment, en commençant Subnautica, c’est que l’histoire prenne autant de place pour ce qui ressemblait à un classique jeu de survie ayant pour seule originalité son environnement. Il va bien plus loin si tant est que le joueur cherche à comprendre les mystères de ces événements et de quelques faits étranges, comme la trace d’autres survivants, une expédition scientifique mystérieuse et d’autres choses. Sans vouloir spoiler, en tombant sur une planète faite d’eau et d’espèces vivantes, il faut s’attendre à croiser des choses jusqu’alors inconnues. Bien sûr, si quelques événements sont à vivre en direct, une grande partie sont racontés via des PDA à trouver, qu’ils contiennent des messages audio ou des rapports écrits.

Un océan pas si pacifique

Cette bête là à un air connu pas rassurant
Cette bête là à un air connu pas rassurant

Subnautica a vu les choses en grand. Cela commence par son aire de jeu. L’océan, c’est vaste, on le sait bien. La map, par conséquent, semble n’avoir d’autres limites que celles imposées par les conditions de survie, à savoir la faim, la soif, sa santé, et l’oxygène. L’aventure commence dans une zone peu profonde mais on se rend très vite compte que certains passages mènent à des grottes gigantesques, sombres et mal fréquentées. Si vous êtes sujets à la claustrophobie, que la spéléologie vous file des frissons à n’en pas vous remettre, passez votre chemin, car il faudra forcément prendre votre courage à deux mains et retenir votre souffle le plus longtemps possible pour vous aventurer dans ces lieux peu accueillants afin de pouvoir progresser. L’océan est ici tout de même divisé en différentes régions proposant des écosystèmes très différents qui rompent à merveille la monotonie. C’est bien le point fort du jeu que d’éloigner le joueur de sa zone de confort pour plonger à plusieurs centaines de mètres et découvrir des paysages parfois subjuguants. Et si la faune et la flore peuvent ressembler à des choses connues sur Terre, les formes et les couleurs sont très différentes, quand elles ne sont pas indiscutablement extra-terrestres, générant un sentiment d’étrangeté permanent.

Quand t
Quand t'arrives en boite de nuit

Qui dit aire de jeu géante dit cartographie pour tenter de se repérer. C’est là que le jeu fait très fort puisqu’au début de l’aventure vous n’avez que deux points inamovibles servant de repère : votre capsule et l’Aurora. Aucune direction ne vous sera donnée, aucune indication sur vos objectifs non plus. Survivre étant la base, vous devez partir dans une direction au hasard pour scanner ou ramasser des petits poissons ou des végétaux. Grâce à ces matériaux vivants ou non, votre imprimante 3D vous permet de fabriquer un couteau, une bouteille d’oxygène et bien d’autres outils utiles à l’exploration et à la collecte. L’inventaire n’étant pas très grand, il faut faire des choix au début sur les choses à ramener pour fabriquer au plus vite les équipements indispensables. Pour cela, le jeu vous aide un peu en disant quoi ramener pour obtenir tel objet, ensuite, il faut trouver des morceaux de plans en étudiant les débris du vaisseau projetés un peu partout autour de la zone de crash. Chercher une goutte d’eau dans l’océan n’est pas une expression galvaudée ici puisque se repérer en latitude, longitude et profondeur n’étant déjà pas une mince affaire, c’est encore pire sans savoir où aller. Si la zone de jeu est vaste, elle est aussi très bien conçue, faisant preuve d’une grande cohérence et logique qu’on a vite fait d’assimiler pour se sentir comme chez soi. Heureusement, il est possible ensuite de marquer des endroits avec des balises pour réussir à s’orienter plus facilement.

On n
On n'est pas loin de l'ambiance de Lost

Que ce soit dit, le chemin à parcourir pour construire un habitat digne de ce nom est long, très long. Si on prend en compte le fait qu’il faille autant de chance que de rigueur pour sonder les fonds marins et y découvrir des choses intéressantes, il y a de fortes chances que beaucoup de joueurs puissent complètement passer à côté d’éléments très importants pour progresser, au point de tourner en rond pendant de longs moments. D’ailleurs, pour éviter de trop se compliquer la vie, autant lancer une partie sans la gestion de la faim et de la soif puisque ces paramètres apportent peu de chose à l’aventure face à tous les autres défis à relever. Après plusieurs heures de jeu, on peut plonger de plus en plus profondément, ramener plus de matériaux rares et même se défendre un peu mieux contre les dangers (assez timides en début de partie) voire construire de A à Z un complexe de survie digne d’une station d’exploration au top de la technologie comme on en voit dans les films. Le jeu prend alors carrément des airs de The Sims, avec lequel il partage le style graphique de l’inventaire et son ergonomie un peu douteuse, un point qui tâche.

La goutte d’eau dans l’engrenage

C’est à partir de là que l’on commence à déchanter et que l’on arrête de vendre du rêve. L’exploration est vraiment royale et permet de vivre des heures de jeu assez folles avec un rythme atypique et des rebondissements bien amenés. C’est indéniable, les qualités ludiques ne sont clairement pas à remettre en cause, tout le système de crafting est bien pensé en plus d’être très riche. Si on s’arrêtait à ces points, on pourrait conseiller Subnautica les yeux fermés. Malheureusement, la finition n’est vraiment pas satisfaisante, alors même que le jeu a disposé d’une longue période en game preview pour se stabiliser en même temps qu’il s’étoffait.

Ou alors, c
Ou alors, c'est Stargate ?

Le premier point rageant est la distance de clipping : des éléments entiers apparaissent devant les yeux du joueurs. Ainsi, une caverne quasi vide peut, d’un coup, se remplir d’une flore envahissante rendant difficile la progression. C’est un réel inconvénient pour se repérer et jauger sa capacité à pouvoir remonter à la surface avant de manquer d’air. C’est même dingue de voir des îles géantes apparaître morceau par morceau alors qu’à 200m de là on n’imaginait même pas leur existence. Face à la grande cohérence de l’univers construit à la main, cela fait tâche. Viennent s’ajouter à cela des problèmes d’optimisation avec des chutes de framerate conséquentes allant jusqu’aux freezes et au crash pur et simple du jeu. La sauvegarde n’étant pas automatique, c’est rageant de perdre des heures de jeu sans trop savoir par où on était passé pour refaire le même chemin. Pire, la sauvegarde peut même bloquer et mal fonctionner. Quand on cumule ces deux bugs, on a de quoi être vraiment blasé, d’autant plus qu’on ne peut pas gérer plusieurs slot par partie pour y palier. On peut déplorer aussi une maniabilité à la manette pas très précise qui fait rager lorsque l’on essaie d’attraper des choses en mouvement. Dommage, vraiment, parce que sa DA, son ambiance sonore et l’expérience proposée sont plus qu’originales ; mais difficile de fermer les yeux sur l’état de cette version face au tarif demandé et ainsi de véritablement le conseiller à tout le monde. À noter que les retours sur One Fat et S sont loin d’être bons et compte tenu de l’expérience vécue sur One X, on imagine mal pouvoir y jouer dans des conditions encore plus mauvaises et comment y trouver plus de plaisir que de frustration.

Bilan

On a aimé :
  • Une aire de jeu vraiment agréable à parcourir
  • Claustrophobie et excitation mélangée
  • Des mystères intéressants à résoudre
  • Un système de craft très complet permettant de grandes choses
On n’a pas aimé :
  • Un clipping qui saborde l’expérience
  • Framerate instable et freezes fréquents
  • Tourner en rond pendant un moment en cherchant des ressources
  • Sans wiki, la fête est moins folle
Encore un petit effort et c’est bon

Que la proposition de Subnautica est belle. Son gameplay est aussi riche que complexe sans pour autant être difficile d’accès. Il apporte une variation au jeu de survie des plus originales et grisantes grâce à son terrain de jeu immense et merveilleux. C’est donc avec regrets que l’on constate que ses développeurs n’ont pas su assez profiter du statut de game preview pour en sortir une version stable et bien finalisée. Tel qu’il est actuellement, Subnautica laisse le joueur dans la frustration de ne pouvoir profiter d’un très grand jeu, la faute à un manque de moyens. Pour autant, il reste à surveiller de près en épluchant les prochains patch logs et les retours de ceux qui n’ont pas eu peur d’essuyer les plâtres pour vivre quelque chose d’assez unique.

Xboxygen
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Subnautica

Subnautica
PEGI 0

Genre : Gestion

Editeur : Unknown Worlds Entertainment

Développeur : Unknown Worlds Entertainment

Date de sortie : 2018

Prévu sur :

Xbox One, Steam

1 reactions

RealRastax

15 déc 2018 @ 12:31

Super beau test ;-) et ça tombe bien pour ceux qui ne le savent pas il est gratuit pour Pc sur le site d’Epic game en ce moment même :-))

https://www.epicgames.com/store/fr/product/subnautica/home