Test - Hitman 2 : de la suite sans les idées

«Le grand chauve avec un costume noir» , - 2 réaction(s)

Le destin de l’Agent 47 est très tumultueux, autant dans le jeu que dans la vraie vie. Preuve en est : la séparation de ses parents IO Interactive et Square-Enix. Se délivrant du format épisodique, le grand chauve se remet au travail pour une suite sous la tutelle de Warner Bros, cette fois dans une version livrée complète dès le début, tous épisodes inclus, optimisation Xbox One X et HDR compris, DLC mis à part. Vraie suite ou opus dans la lignée du précédent, c’est ce que vous allez découvrir.

Previously on IO Interactive’s Hitman...

Target clear
Target clear

Monsieur 47 n’est pas un grand bavard. Il faut dire qu’on le paie pour tailler le bout de gras dans le sens propre du terme et pas pour autre chose. Dans le précédent épisode, on revenait sur le passé du protagoniste, sa relation avec son mentor, Diana Burnwood, et la mise en place de l’échiquier politique avec les différentes agences qui veulent tirer la couette de leur côté. Tout cela était raconté vite fait via des images animées entre deux missions. Les cibles étaient mises en relation avec cette histoire via un debriefing succinct. Après tout, un assassin n’a besoin que de deux choses : un nom et un virement bancaire. Le reste ne doit concerner que le travail sur le terrain en lui même.

Le costume noir à Miami doit tenir bien chaud
Le costume noir à Miami doit tenir bien chaud

Sur ces points, Hitman 2 n’apporte strictement rien de neuf. C’est bien simple, le jeu est plus une nouvelle vague de missions façon deuxième saison qu’un véritable nouvel opus. Le menu Histoire propose même les chapitres du premier pour qui possède sa version Legacy, et on peut les rejouer sans avoir à switcher d’un jeu à l’autre. Le didacticiel est repris tel quel et tout le jeu se joue à l’identique avec le même moteur. Cette suite n’apporte donc qu’une série de nouvelles missions, au nombre de 6, qui s’articulent autour d’une histoire racontée à la va-vite. Ceci est fort dommageable car si ce travers était auparavant imposé par son format et donc pardonnable, ici, avoir une vision d’ensemble sans attendre des mois fait ressortir un cruel manque de fond et la pauvreté de son scénario. C’est à un tel point que l’on pourrait s’en passer allégrement, ressenti qu’ont déjà dû avoir les joueurs ayant commencé par la compilation. Vous pourrez donc zapper les cinématiques qui réexpliquent la genèse du personnage pour vous atteler à votre travail sans moufter. Et c’est peu dire qu’il y aura fort à faire.

Le tour-opérateur qui tue

Si le menu n’a pas changé, les suggestions du jour, elles, sont différentes. Dans les possibilités de gameplay, il n’y a pas grand chose de neuf à souligner. Chaque niveau amène son lot de possibilités de mises à mort discrètes ou spectaculaires mais toujours incroyablement variées. En terme de gameplay, on regrettera de devoir traîner un cadavre sans pouvoir le prendre sur l’épaule pour aller le planquer dans des endroits plus élevés. De ce fait, on peut voir qui tuer facilement en faisant un repérage afin de trouver les endroits où cacher le corps. De nouvelles mécaniques plus marquantes auraient été les bienvenues mais le jeu étant déjà un immense bac-à-sable aux possibilités incroyables, il faut être vraiment difficile pour faire la fine bouche.

Le quartier résidentiel est très crédible et agréable
Le quartier résidentiel est très crédible et agréable

Alors que le premier chapitre, “L’appel de la nuit”, est un peu chiche en contenu, le jeu reprend sa vitesse de croisière dès “La ligne d’arrivée”, le niveau se déroulant à Miami durant une course de voitures. On retrouve rapidement le principe des niveaux très vastes conçus avec finesse et précision pour laisser le joueur le plus libre possible dans ses déplacements. Parking, marina, stands, gradins, … les zones distinctes sont nombreuses et variées, en étant toujours plus ou moins remplies de témoins potentiels. Les autres missions s’enchaînent avec cette même logique de conception. Santa Fortuna et Bombay proposent plus de dépaysement avant qu’on ne revienne aux USA à la crique de Whittleton, dans un quartier résidentiel aux multiples maisons tout ce qu’il y a de plus typique. Pour terminer, l’île de Sgàil sur laquelle se juche une forteresse est un grand niveau plus fermé et bien mieux gardé. À nouveau, le talent déployé dans la conception des niveaux est palpable dans chaque recoin des cartes. On ressent pour autant un peu moins de fraîcheur à l’approche de chacun d’eux, même si tous disposent de styles architecturaux bien différents, certains proposant plus de verticalité que d’autres en plus de comportements de PNJ différents. Il faut dire que la surprise de la découverte de cette approche plus bac-à-sable que jamais est un peu émoussée, la routine s’installant peu à peu.

Parce que c’est notre projet

On peut se cacher dans l
On peut se cacher dans l'herbe comme tout assassin

Difficile pour autant de bouder complètement son plaisir puisqu’on trouve toujours quelque chose à faire et de nouvelles approches possibles si tant est que l’on se donne les moyens. Ressenti qui peut être minimisé par le fait de découvrir tous les niveaux en bloc et de devoir les finir à la chaîne pour vous en faire un test. On ne peut que vous conseiller de prendre votre temps sur chacun pour bien les connaître, puis de tenter les différentes intrigues et défis possibles (voire de complètement les essorer), profiter de la richesse du gameplay, avant de passer au suivant. D’ailleurs les nouvelles cibles principales sont souvent plusieurs par niveau et on peut regretter un manque d’interactions entre elles dans leurs déplacements de prime abord, si on ne creuse pas le sujet. Aussi, la notion de scoring avec les classements n’est pas là pour rien, c’est comme cela que Hitman doit se jouer dorénavant, avec un esprit sadique et inventif, et ceux n’ayant pas adhéré au précédent n’ont aucune chance de trouver leur bonheur ici.

Pour aller plus loin que le scoring en terme de compétition, la vraie nouveauté c’est le multijoueur Ghost Mode qui permet à deux agents de s’affronter de manière asymétrique. Les actions de l’un ne sont pas visibles dans la partie de l’autre mais les objectifs sont les mêmes. Malheureusement, pour l’instant il n’y a pas grand monde auprès de qui se confronter, le jeu n’étant pas sorti au moment d’écrire ces lignes. On notera simplement que ce mode est annoncé en beta et devrait profiter de mises-à-jour après sa sortie. Un autre mode de jeu, jouable en solo comme en multi, consiste en une mission exclusivement au fusil sniper. Ludique, venant elle aussi avec ses défis, elle a de quoi rajouter quelques heures de jeu même si sur la longueur, on n’y reviendra pas forcément. Sont de retours les contrats, ces challenges que la communauté peut créer elle-même pour que quiconque puisse essayer de tuer des cibles définies dans des conditions précises. Enfin, des cibles fugitives seront à traquer périodiquement pour vous inciter à revenir régulièrement sur le jeu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le contenu n’est pas à mettre en défaut.

Démonter un cartel de drogue est un vrai plaisir
Démonter un cartel de drogue est un vrai plaisir

Techniquement, le jeu est encore une fois très propre. L’optimisation One X permet de choisir entre deux configurations : graphisme ou fluidité. On conseillera de choisir cette dernière car le gain graphique paraît faible et ne compense pas assez la chute du framerate occasionnée. Dans tous les cas, les niveaux sont jolis avec des ambiances lumineuses agréables et la foule est parfois très dense même si très statique. La petite déception vient de l’IA très permissive par moment, même si une fois le joueur détecté, les comportements des PNJ restent globalement cohérents. Le but étant de rester discret, c’est quand même un peu dommage de voir que l’on peut traverser une rue en traînant un cadavre sans être repéré par les habitants des maisons alentour. C’est quelque part un peu chipoter car il n’y a pas non plus de régression par rapport au précédent qui avait d’ailleurs subi une petite optimisation d’IA pour l’édition Legacy.

Bilan

On a aimé :
  • Des niveaux toujours aussi bien conçus et variés
  • Le gameplay offrant énormément de liberté
  • Techniquement solide
  • Du contenu à ne plus savoir qu’en faire
On n’a pas aimé :
  • Peu de réelles nouveautés
  • L’histoire définitivement inutile
  • Finalement, le format épisodique lui convenait bien
La continuité

Hitman 2 ne décevra pas ceux qui ont retourné le premier dans tous les sens. Pour les autres, difficile de leur conseiller de payer plein pot s’ils veulent découvrir le concept de cette refonte de la saga. Essayer un épisode du premier sera bien suffisant et moins onéreux, cette suite n’étant qu’une nouvelle série de missions sans gros ajouts, pour se rendre compte qu’il faut beaucoup d’investissement en terme de temps et d’expérimentations avant de porter avec panache le costume de l’assassin froid, méticuleux, capable d’improviser des scénarios macabres en toutes circonstances. Une fois pleinement dans le rôle, on ne peut que voir les qualités du titre qui, même s’il n’apporte rien de très frais en terme de mécaniques, reste sacrément bon grâce à son gameplay et ses terrains de jeu très bien conçus.

Xboxygen
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Hitman 2

Hitman 2
PEGI 0

Genre : Action/Infiltration

Éditeur : Warner Bros

Développeur : IO Interactive

Date de sortie : 14/11/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows

2 reactions

Koubiwan

08 nov 2018 @ 18:16

mon GOTY est là !! comme j’ai hâte, bordel !!

Angmar89

08 nov 2018 @ 20:01

Tout pareil, mon futur jeu de l’annee 2018 !