Test - The Spectrum Retreat

«En voir de toutes les couleurs...» , - 1 réaction(s)

Le Puzzle-game est un genre qui se marie très bien à un contexte narratif. Quand celui-ci est bien exploité, cela donne Portal, maître étalon du genre, ou bien plus près de nous The Turing Test. Quand ça ne l’est pas, on a tout de suite l’impression d’un collage artificiel, et l’histoire passe au second plan. C’est à cet équilibre compliqué que s’attaque Dan Smith Studios (une personne seulement à la conception…) avec The Spectrum Retreat.

L’intrigue comme fil conducteur

L
L'hôtel est haut de gamme, pas de doutes !

On se réveille dans la chambre impersonnelle d’un hôtel moderne, alors que quelqu’un frappe à la porte. Quand on ouvre, on est surpris de voir un robot qui nous annonce que le petit déjeuner est servi au restaurant. On trouve alors un téléphone portable qui sonne. À l’autre bout du fil une femme, dont on ne sait rien, nous dit qu’elle va nous aider à nous sortir de là… L’hôtel est vide si ce n’est ces étranges robots. Le héros ne dit jamais un mot, seule la femme au téléphone parle, nous guide à travers les étages, avec comme objectif d’atteindre le toit. En chemin, nos souvenirs reviennent. Confus. Par petits morceaux. Pour passer d’un étage à un autre, il faudra résoudre une série d’énigmes, en jouant sur notre capacité à capturer ou échanger des couleurs, ouvrant ou fermant des passages de couleur identique. Une façon de craquer le code permettant d’aller toujours plus loin.

Master Mind ?
Master Mind ?

C’est d’abord l’histoire qui conduit The Spectrum Retreat. Les phases de puzzle-game alternent avec des séquences qui s’apparentent plus à du walking simulator. Et cette histoire vaut le coup ! L’amateur de SF comprend vite les tenants et aboutissants. J’ai d’abord pris cela pour une faiblesse, avant de comprendre que le thème du jeu était sans doute (entre autre) l’inéluctabilité, une des hypothèses que confirmera une dernière scène, avant une conclusion qui nous laissera face à un choix radical pas si simple à faire. Tout du long, la narration est maîtrisée, avec assez d’indices pour qu’on devine ce qu’il s’est passé, tout en laissant suffisamment d’ombre pour que l’envie d’en savoir plus demeure. On ne peut que saluer cette ambition qui nous rappelle, et cela fait du bien, que l’on peut raconter une histoire dans un jeu vidéo autrement qu’à travers des cinématiques paresseuses.

Remue-méninges

Pour réussir un puzzle-game, il faut respecter deux grandes règles. La première est que les mécanismes de jeu doivent apparaître progressivement, pour permettre au joueur de les appréhender, puis de les assimiler. La deuxième est la progressivité de la difficulté. Trop simple et le joueur s’ennuie, trop difficile et le joueur abandonne. The Spectrum Retreat flirte avec les limites de ces règles. Une bonne partie des énigmes est sans doute un peu trop simple, mais juste avant qu’on s’en lasse, la difficulté monte d’un cran. De la même façon, les deux derniers niveaux (j’ai particulièrement eu des difficultés sur le satané 4.8) sont franchement ardus, et il faut rester bien concentré pour réussir à les passer. Il n’y a pas pléthore de niveaux, et c’est tant mieux. Le concept, basé sur les échanges de couleurs qui ouvrent des accès, atteint ses limites exactement à la fin du jeu, juste avant de risquer de devenir redondant.

Alors si je mets le rouge là et le vert là...Voyons...
Alors si je mets le rouge là et le vert là...Voyons...

Le jeu s’appuie sur une technique solide, ce qui n’a rien de très spectaculaire, le genre et le style adopté ne demandant pas beaucoup d’efforts à une machine comme la Xbox One. À noter un environnement sonore de qualité, avec des musiques qui s’adaptent bien au ressenti, en toute discrétion. Cela donne au final un titre qui nous aura demandé des efforts pour les puzzles, et dont on se souviendra de l’histoire. Le jeu est rafraîchissant, ambitieux tout en restant modeste : c’est définitivement une excellente surprise.

Bilan

On a aimé :
  • La narration, jusqu’à la conclusion
  • Bon équilibre dans la difficulté des puzzles
  • Conception solide
  • L’ambiance du jeu
On n’a pas aimé :
  • Un peu trop d’assistance dans les phases narratives
Hôtel trois étoiles

Quel plaisir de croiser un jeu, discret, pas frimeur, mais qui dans sa conception est capable d’être ambitieux et de répondre aux attentes qu’il fait naître. Le gameplay des puzzles est à la fois simple et complexe, la difficulté bien équilibrée, et cela se marie très bien avec une narration solide et un propos qui pousse à la réflexion et à l’empathie. Bien joué !

Xboxygen
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The Spectrum Retreat

The Spectrum Retreat

Genre : Aventure/Réflexion

Editeur : Ripstone Ltd

Développeur : Dan Smith Studios

Date de sortie : 13/07/2018

1 reactions

Koinkoin

25 jui 2018 @ 18:47

Vous avez piqué ma curiosité. Votre test donne envie, une narration réussie, de la SF, une bonne fin et une ambiance qui semble au top : Je rajoute à ma liste. J’adore les puzzle à la Portal, Turing test, edith finch et autre je devrais aimer ce Spectrum.