Test - Jurassic World Evolution

«Tripotanus Rex» , - 0 réaction(s)

On le sait tous depuis un moment, à chaque fois que l’on met des dinosaures dans des parcs, ça part en cacahuète. Pourtant, en terme d’adaptation de la licence, Jurassic World Evolution part avec la meilleure idée possible : faire un jeu de gestion. C’est ainsi qu’après les gentils animaux de Zoo Tycoon ou les manèges de Screamride, Frontier Developments se retrouve à la tête d’un jeu de dinosaures.

Parks and Re-creation

Welcome to Jurassic Park
Welcome to Jurassic Park

Quand on fait une adaptation de film, il est difficile de partir sur un projet hardcore gamer au risque de perdre la cible principale : les fans. Par extension, cela est potentiellement synonyme de grand public. C’est sûrement pour ça que l’approche de Frontier risque de faire grincer des dents les joueurs qui s’attendaient à un bon jeu de gestion super bien ficelé dans lequel on est libre d’expérimenter le système de jeu à sa guise et de modeler le terrain et les conditions de base pour faire le parc de ses rêves.

L’approche est ici très cinématographique. L’intro du jeu ne trompe d’ailleurs pas sur la marchandise : on survole une île en hélico avec la musique qui va bien et on voit les bandes noires s’effacer pour utiliser tout l’écran. La transition se fait en douceur et pour se sentir au mieux, le casting du jeu laisse même, dès que possible, le mathématicien Ian Malcolm étaler son cynisme dans quelques lignes de dialogues déclamées par le véritable et vénérable Jeff Goldblum au micro. Qui dit cinéma dit aussi scénario et personnages (en théorie hein, parce que bon vu les 4 derniers films, on se demande vraiment si c’est une obligation pour certains). De ce fait, le titre se divise en cinq îles avec chacune un pitch de départ pour apprendre petit à petit à développer son business. D’abord les petits parcs avec des dinos gentils et des visiteurs pas trop chiants puis commencent les choses sérieuses avec la météo qui s’emballe, et tutti quanti.

Hop, un suppo et au dodo
Hop, un suppo et au dodo

La prise en main est plutôt simple. D’un bouton on active un menu latéral qui présente les différentes catégories de bâtiment. On peut ensuite les placer tant bien que mal au sol sur une surface assez plate, chose peu évidente étant donné le manque de précision de l’outil. Le jeu se montre plutôt léger en catégorie de bâtiments et la construction n’est pas la partie la plus exaltante du titre puisque très secondaire. Bien sûr, on peut les faire évoluer en se lançant dans de la recherche afin de les rendre les plus performants possibles, mais c’est très léger. Dans les faits, on bâti rapidement son réseau électrique et quelques chemins avant de passer aux choses sérieuses : les dinos.

Dinocratie

Une mission de fouille est aussi chère qu
Une mission de fouille est aussi chère qu'une ration de viande pour carnivore

De base, vous disposez d’un panel de bestioles peu emballant. Il faut donc construire un centre d’exploration qui permet d’envoyer des chercheurs fouiller les sols au quatre coins du monde à la recherche de moustiques fossilisés (qui renferment du sang de dinosaures) puis un centre de traitement (pour collecter l’ADN qui va bien). Les explorations coûtent de l’argent et la recomposition des génomes aussi. Donner naissance à un dino se fait dans le bâtiment prévu à cet effet contre une somme d’argent honnête au début et assez conséquente par la suite. Il est possible de s’amuser à pratiquer un peu d’eugénisme en se lançant dans de la recherche génétique afin de rendre les bêtes plus dociles ou résistantes à leur nouvel environnement. Car oui, elles peuvent tomber malades et être mécontentes de naître toutes bleues alors que les copains sont verts. Le bien-être des animaux est à privilégier sinon ils se sauveront et boufferont des touristes, chose qui fait toujours désordre. Bizarrement, si vous disposez d’une équipe en hélicoptère qui peut anesthésier les bêtes sauvages et une autre pour les ramener dans leur enclos pendant que les petites mains réparent les barrières, cela n’a pas trop de conséquences en dehors de gagner un peu moins d’argent durant un court laps de temps. Chose distrayante, on peut diriger soit même les véhicules pour tenter de tirer sur les bêtes. Bon en mode auto, les équipes sont très efficaces mais ça permet au moins de tuer l’ennui, sauf quand les zozos se sauvent toutes les cinq minutes parce qu’ils ne sont pas contents, qu’ils aient faim ou qu’une tempête coupe le courant. C’est qu’ils sont taquins et qu’on est peu de chose face à la nature qui veut reprendre ses droits.

Les promenades en jeep cassent la monotonie
Les promenades en jeep cassent la monotonie

Comme vous gérez un business de loisir, la rentabilité est votre priorité principale. Les bâtiments coûtent plutôt chers au début, et les dinos le deviennent rapidement sans compter le prix de leur 4 heure. Pour se faire un max de blé, il faut passer par des petits défis. Trois personnages secondaires représentent les investisseurs qui s’intéressent à trois axes : la sécurité, la recherche, le loisir. Ils donnent des missions avec des objectifs plutôt simples à réaliser avec, en contrepartie, de l’argent en masse et la possibilité de développer de nouveaux bâtiments. Il est possible aussi de miser sur les boutiques de souvenirs et alimentaires pour générer un peu de revenu supplémentaire mais la gestion n’est pas poussée. On dispose donc avec peu de leviers de gestion pour avoir une rentabilité à la minute maximale.

RIP titanj parti tro to
RIP titanj parti tro to

Avec un peu de chance et de patience, l’argent coule à flot (assez lentement en fait face au prix du moindre bâtiment/dino) et arrive ce qui arrive : on s’ennuie. Le jeu a beau être joli et respecter à la lettre le design des films, les dinos bien mignons avec leurs petites canines, leurs griffes affûtées et leur cervelle de moineau, l’interface claire et ergonomique à la manette, on aimerait pouvoir faire plus que de suivre des directives tombant de toutes parts et gérer son parc à sa guise. Même en étant dirigiste, le titre pourrait être sympa en proposant plus de profondeur. En l’état, il survole tous ses sujets alors qu’il propose des bases plutôt solides. L’impression de gâchis pointe vite son nez et on peine à s’intéresser à tout ce petit monde. Finalement, on est presque content quand les animaux viennent foutre la merde dans cet univers capitaliste ultra formaté.

Bilan

On a aimé :
  • C’est joli
  • La DA de la série est respectée
  • Beaucoup de dinosaures représentés
  • L’interface est simple et lisible
On n’a pas aimé :
  • Le prix abusif de certaines choses
  • Peu de profondeur de jeu
  • Bien trop dirigiste
Y’a un os

Après un bon film et quatre ratages, la licence Jurassic Park n’en finit pourtant pas d’émerveiller les foules. Et ils ont bon dos les dinos quand il s’agit de faire cracher de l’argent à leurs fans contre vents et marées. Frontier peine ici à donner de l’intérêt sur la durée à un titre qui possède pourtant de bonnes bases techniques mais qui manque singulièrement de fond pour être vraiment intéressant. Au moins la logique du traitement de la licence est appliquée à la lettre.

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton2213.jpg?1503257661

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Jurassic World Evolution

Jurassic World Evolution
PEGI 0

Genre : Gestion

Éditeur : Universal

Développeur : Frontier Developments

Date de sortie : 3/07/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows