Test - MXGP Pro

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Initiée en 2014, la série MXGP continue son petit bonhomme de chemin. Après trois épisodes en constante évolution et l’adoption l’an dernier pour la première fois de l’Unreal Engine 4 dans MXGP 3, la licence a fait un bond en avant visuellement et techniquement. Il lui manquait cependant toujours ce petit quelque chose dans le gameplay pour réellement devenir LA référence. Après avoir annoncé s’être profondément penché sur les feedback des joueurs, le studio a promis des scrubs et des whips réalistes ainsi que de nombreuses améliorations afin de proposer une expérience plus exigeante. Ce MXGP Pro a donc de quoi laisser rêveur. Mais qu’en est-il réellement ?

Ouf !

Le jeu est franchement beau, et encore plus dans la boue !
Le jeu est franchement beau, et encore plus dans la boue !

Après un MotoGP 18 assez décevant sur le plan visuel, la première chose qui nous vient à l’esprit est un “ouf” de soulagement. En effet, MXGP Pro est bien plus réussi ! La vie au bord des circuits à encore franchi un cap avec des environnements et une ambiance crédible au possible et de nombreux effets de particules ont également été ajoutés. Les textures et les ombres ont, elles aussi, grandement évolué, notamment au niveau du sol avec les différents types de terrain (sablonneux, hard pack…). La technique est aussi plutôt satisfaisante. Testé sur One X, le jeu est propre, ne présente pas ou peu d’aliasing et jouit d’une distance d’affichage convaincante. Le framerate, bien que bloqué à 30fps, ne souffre, à l’exception du Compound (le camp d’entraînement en monde ouvert d’un kilomètre carré), d’aucune baisse notable. On est bien loin des gros ralentissements que nous avions pu rencontrer jadis et c’est un gros plus. Le HDR est également de la partie et s’avère bien mieux géré que dans MotoGP 18. On restera en revanche plus prudent quand aux versions Xbox One/Xbox One S que nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de voir.

De belles ornières se forment au fil des tours, mais il est difficile de s
De belles ornières se forment au fil des tours, mais il est difficile de s'y caler...

On retrouve toujours les différentes conditions climatiques et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année les courses dans la boue sont un régal pour les yeux avec par exemple l’eau qui ruisselle dans les ornières au fil des tours et de jolis effets de lumières. La déformation des pistes en temps réel s’est elle aussi offerte un lifting visuel réussi, l’incidence sur le gameplay reste par contre encore assez discutable mais on y reviendra plus bas. Le relief général a également été amélioré, bien qu’on regrette, cette année encore, des sauts “arrondis”, et moins imposants que dans la réalité. L’aspect sonore est également de bonne facture avec une ambiance au bord de la piste réussi, un public qui réagit à nos exploits, et des sons de motos (tous différents selon la marque) globalement très bons !

MXGP “semi” PRO

Oui, les scrubs sont toujours scriptés...
Oui, les scrubs sont toujours scriptés...

Lors de son annonce en fin d’année dernière, MXGP Pro avait de quoi faire rêver. En effet, Milestone annonçait vouloir proposer une expérience plus exigeante avec un gameplay axé “simulation”. Mais surtout, le studio italien disait avoir entendu les joueurs souhaitant enfin se voir proposer une physique en l’air digne de ce nom, avec des scrubs et des whips “libres". Il n’en fallait pas plus pour hyper la (grosse) communauté de fans qui attendait ce moment avec impatience. Malheureusement (et désolé de casser l’ambiance), lors de nos sessions de jeu, on a eu peine à se convaincre que les choses aient changé. Au sol, pas ou peu de problèmes. Basé sur ce que proposait Monster Energy Supercross, on retrouve une nouvelle fois un gameplay agréable et toujours paramétrable, où il faut freiner et où les trajectoires ont une importance capitale sur nos performances. La moto vie, prend des tours et ne se laisse pas dompter facilement, les freinages requièrent toujours une certaine finesse et de ce côté là on est encore conquis. On regrette par contre que la déformation des pistes n’ait toujours pas assez d’impact. Bien qu’on puisse voir le terrain se défoncer, il n’est pas possible de bien se caler dans les ornières ou même d’aller taper les gros appuis de certains tracés, ce qui ternit un poil l’expérience. En revanche, on remarque que chaque surface a sa propre adhérence, les pistes sablonneuses accrochent et ralentissent la moto, tandis que les circuits de terre “dure”, bien que plus rapides, demandent davantage de dextérité à l’accélération. Car oui, désormais la moto chasse fort de l’arrière quand on remet les gaz et il faut être beaucoup plus vigilant que par le passé, surtout avec les 450cm².

c’est plus à un sentiment de frustration subsistant face à tant de promesses non tenues qu’à une réelle déception qu’il faut faire face

Le “véritable” problème d’MXGP Pro vient encore et toujours de la physique aérienne. Malgré les promesses on se rend compte que rien n’a changé, on en est même à la limite de la publicité mensongère tellement on peine à constater une évolution. Toujours très scriptés, les scrubs (amortis de sauts) font bien gagner du temps selon leur exécution mais disposent toujours de cette même animation redondante. On ne parlera pas des “free realistic whips” puisqu’on les cherche encore. Le travail sur les suspensions lui aussi est assez discret et ne permet toujours pas de réellement jouer avec les imperfections de la piste. Néanmoins, il faut tout de même souligner que les réceptions sont moins permissives que par le passé, et c’est une très bonne chose. Il faut désormais faire attention de ne pas se mettre trop long (ou trop court) sur les sauts sous peine de chuter. Globalement, c’est plus un sentiment de frustration subsistant face à tant de promesses non tenues qu’à une réelle déception qu’il faut faire face.

... et les whips absents !
... et les whips absents !

On note aussi la présence d’un didacticiel très pratique pour apprendre les bases du gameplay et surtout, en cherchant un peu, d’entraînements plus approfondis dans le compound, pour assimiler et expérimenter plus en détails les particularités du sport avec un système de médailles et d’améliorations de son pilote en cas de réussite. On passe rapidement sur l’intelligence artificielle qui a gagné en vitesse cette année mais qui a toujours tendance à suivre bêtement sa ligne. Les contacts avec cette dernière ont cependant été améliorés et on la remarque parfois assez agressive en recoupant les trajectoires ou venant au contact, ce qui est une bonne chose.

Contenu majoritairement réchauffé

La personnalisation est toujours très complète même si de nombreux éléments sentent le réchauffé
La personnalisation est toujours très complète même si de nombreux éléments sentent le réchauffé

Comme à son habitude Milestone préfère traiter (surement par faute de temps) la saison de l’an dernier plutôt que celle en cours. De ce fait on retrouve les pilotes (MX2 et MXGP), pistes, motos et teams de l’année 2017, le motocross des nations est en revanche absent du jeu. Bien sûr tous les modes de jeux classiques (Grand Prix, championnat, contre la montre…) ainsi que la carrière sont de la partie. Petite nouveauté cette année concernant cette dernière, deux modes lui sont consacrés : carrière normale et carrière extrême. Désormais, il n’est plus possible de gagner des crédits pour améliorer ses motos dans les modes externes, la progression se fait de façon plus “réaliste” grâce à un système de renommée et d’intérêt des sponsors. Les plus prestigieux demanderont donc une expérience plus importante pour pouvoir utiliser les meilleures pièces mécaniques, un point très appréciable. Des défis de sponsors ont également été ajoutés et permettent de gagner des bonus de renommée et de crédits en cas de succès.

La carrière extrême, elle, se base sur les mêmes principes mais oblige le joueur à jouer dans la difficulté maximale, sans rembobinage, et avec un format de courses réaliste : une séance chrono, une manche qualificative (20 minutes + 2 tours) et deux manches principales de 30 minutes + 2 tours. Autant le dire tout de suite, il faut se bloquer 2 petites heures par grand prix, ça ne plaira pas à tout le monde, mais c’est tout de même une expérience intéressante et immersive. Diverses récompenses exclusives à la carrière extrême sont égalements de la partie, et déblocables uniquement dans ce mode.

Le mode entrainement est un bon moyen d
Le mode entrainement est un bon moyen d'améliorer son pilote et d'apprendre en détails les techniques du motocross

Le multijoueur, uniquement en ligne, est bien évidemment présent et permet à 12 joueurs de s’affronter dans des courses et des championnats… si tant est que 12 joueurs arrivent à se rejoindre bien sûr. Car fidèle à lui même, Milestone boude une nouvelle fois la Xbox One en ne proposant toujours pas de recherche type matchmaking contrairement à la version PS4. Par conséquent, on n’a d’autre choix que d’être balancé dans une partie au hasard ou de créer sa propre partie, mais pas d’avoir la liste des salons en cours. Dans le même ordre d’idée, il n’est pas non plus possible de sélectionner la météo lors des parties en ligne, et ces dernières se déroulent la plupart du temps sous la pluie. Et bien que l’on n’ait rien de particulier contre le fait de rouler dans la boue, se tirer la bourre sur le sec est toujours plus agréable, et avoir le choix de la météo n’est quand même pas du luxe. Soulignons quand même que les différents problèmes de lags ou de contacts entre les joueurs durant les courses en ligne semblent se faire plus rares.

Bilan

On a aimé :
  • La carrière et son système de renommée/sponsors
  • Graphiquement et techniquement au point (testé sur Xbox One X)
  • Les sons des motos
  • Les didacticiels et entraînements
  • Un gameplay au sol qui évolue encore...
On n’a pas aimé :
  • ... mais une physique en l’air loin des promesses
  • Un contenu majoritairement recyclé
  • Pas de salon en ligne ni de choix de la météo
  • Une déformation des pistes jolie mais trop peu impactante
Ils sont où mes “free whips” ?

Nous avons beaucoup aimé MXGP Pro, mais on ne va pas se le cacher, on est tout de même (très) déçu que toutes les promesses n’aient pas été tenues. Le titre n’en reste pas moins bon et mérite que tout fan du genre lui laisse sa chance. L’ambiance est là, l’IA est meilleure, visuellement c’est réussi, et la carrière a gagné en intérêt. Il lui manque au final toujours une physique aérienne digne de ce nom (et ce n’est pas rien), un niveau de finition revu à la hausse et les mêmes fonctionnalités multijoueur que sur les consoles concurrentes pour être qualifié d’excellent et décrocher le sacro-saint “coup de coeur”.

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton2316.jpg?1523126987

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MXGP PRO

MXGP PRO
PEGI 0

Genre : Courses

Editeur : Big Ben

Développeur : Milestone

Date de sortie : 29 juin 2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows

2 reactions

Fact0

06 jui 2018 @ 12:45

+1 :’-))

Jonyboy

Rédaction

06 jui 2018 @ 12:46

Super test @Saurone. Ça pue la passion et l’expérience à plein nez ! Et ça donne envie malgré les défauts. Et pointer les différences entre les consoles autrement que sur les graphismes c’est bien vu, même si en l’occurrence c’est un poil énervant de voir que c’est la plateforme qui est à l’origine du matchmaking qui est lésée sur ce point. GG buddy ;-)