Test - Vampyr

«Soif étanchée ?» , - 3 réaction(s)

Quand nous avons vu Vampyr pour la première fois à l’E3, nous avons tout de suite été intrigués. Il faut dire que le titre ne manquait pas d’atouts, entre de nombreuses bonnes idées, ambitieuses, une ambiance prometteuse, et un studio, Dontnod, qui ressort auréolé d’avis très favorables suite à son Life is strange. Cette fois ça y est, le jeu est sorti, et c’est donc avec une certaine impatience que je l’ai lancé, prêt à passer un bon moment, avec des interrogations plein la tête sur ses capacités à répondre aux attentes.

Des idées et des concepts

Vous êtes mort. Ou presque. C’est ainsi que s’ouvre le jeu, quand on se réveille, dans un état déplorable, vacillant, sans savoir ce qui nous est arrivé. Tout de suite on est pris en chasse, et il faut se cacher, fuir. En chemin, on tombe sur une femme. Elle représente de la nourriture, et la soif qu’on ressent nous pousse à boire son sang. On l’a tuée. C’était notre sœur. Après ce démarrage sur les chapeaux de roue, on va prendre conscience de notre condition de vampire, avec un seul objectif en tête : trouver le responsable de ce qu’il nous est arrivé !

La très belle ambiance gothique de Londres
La très belle ambiance gothique de Londres

L’histoire se déroule dans un Londres Lovecraftien, et on s’attend à y croiser Jack l’éventreur lui-même ! La ville est malade, souffrant d’une épidémie : et c’est bien l’impression qu’on a, ce n’est pas seulement la population qui est touchée, mais bien toute la ville.

L’histoire nous amène à croiser des alliés (un médecin s’accommodant de notre condition en échange de services à l’hôpital, ou bien une vampire qui semble suivre le même objectif), mais surtout des adversaires, entre d’autres vampires et les chasseurs qui veulent les éradiquer. Petit à petit, en avançant dans l’enquête, on va découvrir un monde souterrain inquiétant dans la capitale d’Angleterre.

Il y a beaucoup de choses dans ce jeu. Sans doute trop, on y reviendra plus loin. Fondamentalement, deux types de gameplay. Une partie combat qu’on développera un peu plus bas, et une partie exploration et enquête. On va interroger les habitants, collecter des informations, mener de nombreuses quêtes annexes. Cette partie est une réussite éclatante. Les dialogues sont justes, l’ambiance des différents quartiers remarquable, et l’ensemble est soutenu par une superbe musique d’Olivier Derivière, un compositeur décidément fameux (derrière The Council il y a peu). Les choix moraux sont légion, et donnent une vraie impression de pouvoir jouer comme on le souhaite.

Parfois il faut un allier
Parfois il faut un allier

Qui plus est, on va devoir également apprendre à gérer la ville. Chaque fois qu’on prendra la vie d’un citoyen, on en tirera des bénéfices importants (points d’expérience), mais cela détériorera la vie du quartier. A moins qu’on ne s’en prenne qu’aux crapules ? De la même façon, on pourra créer des médicaments pour améliorer la situation. L’idée est excellente, elle retranscrit l’impact des choix du joueur sur son environnement. On aurait même sans doute aimé que cela soit plus développé !

La progression se fait par niveaux d’expérience, ce qui permet d’augmenter ses capacités. On en verra les effets essentiellement en combat. L’arborescence est variée, et le joueur peut ainsi prendre des options claires sur la façon dont il veut jouer, en développant ses capacités de vampire.

L’idée de mêler jeu de rôle, enquête, gestion et action est ambitieuse, mais elle est aussi diablement excitante ! Ce dont nous avons parlé jusque là est très réussi, malheureusement, ce n’est pas le cas de la suite…

Concession à l’action

Parfois le trop est l’ennemi du bien, et malheureusement c’est dans ce travers qu’est tombé Dontnod. En effet, quand on avance dans le jeu, on réalise vite que tout tourne autour de combats.

Souvent glauque
Souvent glauque

Intégrer ces scènes n’est pas une mauvaise idée en soi, mais cela a un impact sur toutes les autres composantes du jeu. Le premier problème, et sans doute le plus important, est que la maniabilité en combat n’est pas fantastique. La caméra se perd trop souvent, ayant du mal à suivre des enchaînements basés sur la vitesse ou la téléportation. Pire, les combats sont artificiellement complexes. Une jauge d’endurance limite leur rythme, et l’utilisation des pouvoirs de vampire s’avère être laborieuse. On finit par plutôt chercher une meilleure arme, qu’on peut améliorer, pour matraquer le bouton attaque en alternant avec l’esquive, dans des combats beaucoup trop longs. Et beaucoup trop nombreux. Ils deviennent vite une punition, une épreuve à passer pour revenir à la partie intéressante et réussie du jeu.

Non seulement il y en a beaucoup trop, mais en plus la difficulté est mal dosée, ce qui nous pousse, pour avancer sans perdre un temps fou dans ces bastons inutiles, à fausser le concept même du jeu. On va devoir, qu’on le veuille ou non, croquer des citoyens pour progresser. Ainsi en va-t-il de la liberté de choix promise.

Techniquement, le jeu souffre de faiblesses (temps de chargement très longs, des animations pas toujours fluides), mais ce n’est pas le problème majeur, loin de là, puisque tout est rattrapé par l’esthétisme de grande qualité de ce qui est sur l’écran.

Soif irrepressible !
Soif irrepressible !

Les quelques lacunes supplémentaires (comme une carte peu pratique, l’absence de déplacements rapides qui nous oblige à de longs trajets) ne sont pas réellement problématiques, on n’a pas le temps de s’y arrêter, tant on est occupé à pester après cet énième affrontement, n’ayant aucun sens, au détour d’une rue. Ce n’est pas seulement un problème de gameplay ou de goût pour la baston, c’est une négation de l’intention de base. Alors qu’on est dans un univers qui se veut cohérent, une capitale, il y a des vampires à tous les coins de rue. La situation de chaos est telle que l’ensemble n’a plus de sens.

On sent très clairement tout le talent qu’il peut y avoir chez Dontnod. Les idées sont là, les ambitions aussi. Mais en chemin, c’est la définition même de ce que doit être ce jeu qui a été oubliée en route.

Bilan

On a aimé :
  • Ambiances réussies
  • Très bon environnement sonore, dialogues et musiques
  • De bonnes idées, de l’originalité
On n’a pas aimé :
  • Beaucoup trop de combats
  • Gameplay limité en combat
  • Problèmes d’équilibrage
  • Quelle est l’identité de ce jeu ?
Que de regrets

J’avais envie de l’aimer, ce jeu ! Je suis tombé sous le charme des ambiances, du personnage, du sujet, des intentions. Malheureusement, en articulant la progression autour de combats beaucoup trop nombreux et mal équilibrés, Vampyr finit par perdre son identité. On oublie trop vite toutes les qualités qu’il a pour se retrouver contraint de jouer trop souvent à des phases de beat’em all moyennes. Le jeu aurait pu être formidable, mais il s’est perdu en route. Gageons que Dontnod misera par la suite sur ses forces (l’histoire, la narration, les idées) plutôt que de chercher à mettre trop de chose en un seul jeu, au risque de diluer ses qualités.

Xboxygen
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Vampyr

Vampyr
PEGI 0

Genre : Action RPG

Editeur : Focus Home Interactive

Développeur : Dontnod

Date de sortie : 05/06/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows

3 reactions

avatar

Mr Moot

18 jui 2018 @ 22:02

Dontnod a un sacré potentiel quand même ! Merci pour ce test, j’attendrais un peu pour ce jeu, qui ne m’attirait pas plus que ça, mais à l’occaz pourquoi pas.

jm ysb

18 jui 2018 @ 22:46

le studio à clairement du potentiel ! j’ai aimé remember me et je tenterai ce vampyr un jour ;-)

brontoz

19 jui 2018 @ 00:50

J’ai vraiment aime ce jeu bonne ambiance bon sentiments de culpabilité quand je mordais un habitant et que le quartier partait en sucette définitivement