Test - Gorogoa

«A l’intérieur» , - 2 réaction(s)

Les jeux indés ont permis de faire revenir en force des styles un peu oubliés ou bien tombés en désuétude. Il y a les shoot’em up, les jeux d’aventure en 2D, la plateforme, et puis les puzzle-games, dont le but est en premier lieu de pousser le joueur à se creuser la tête. Cette vague de jeux, très représentée, est également l’illustration d’une tendance forte dans le jeu indé : ils tentent d’apporter un univers particulier, un point de vue, une idée, bref, quelque chose qui fera du jeu une expérience vidéoludique.

Dans la profondeur du cadre

Une case à glisser et c
Une case à glisser et c'est bon !

Gorogoa ne propose pas à proprement parler une véritable histoire, mais plutôt une ambiance et des sensations, laissant deviner quelques intentions de l’auteur. En effet, on se promène à travers l’écoulement du temps, on est confronté à la diversité des âges, avec un message finalement positif : le but est de chercher la couleur dans la grisaille. Pour ce faire, on va tenter de trouver cinq fruits de couleurs, à travers les songes, les souvenirs, les photos…

Le principe est de jouer avec les cases représentées, un peu comme dans Minority Report : on va donc zoomer, superposer, se déplacer, afin que le jeune homme à l’écran puisse évoluer jusqu’à trouver tous les fruits. Quelques indices sont disséminés un peu partout, mais ils sont à peine nécessaires, car le jeu n’est pas très difficile. En essayant, en combinant, on trouve assez vite, ce qui fait que le jeu se termine en une paire d’heures.

L’ambiance dégagée par Gorogoa est superbe, immersive, poétique, et le principe du jeu fonctionne à merveille : de même qu’on zoome sur les images, on a vite la sensation d’être l’étape de dézoom suivante en étant dans notre canapé. Le quatrième mur existe à peine, l’objectif du jeu est donc parfaitement atteint. L’originalité donne envie de continuer et c’est un vrai plaisir qu’on ressent. Le générique de fin arrive trop tôt ! Il est évident qu’en termes de conception, d’idées, le travail réalisé est complexe et riche, bien plus que dans un beat’em all par exemple. Malgré tout, difficile de ne pas trouver cela un peu court : on aurait facilement pu continuer deux fois plus longtemps.

Tout ça doit fonctionner ensemble...
Tout ça doit fonctionner ensemble...

Malgré cette faible durée de vie, Gorogoa n’est pourtant pas passé loin du coup de coeur, grâce à l’expérience fournie, pas loin d’être unique. Il lui manque juste une narration plus aboutie qui aurait permis d’ajouter l’empathie à l’immersion. En l’état, on reste extérieur au jeu, là où on aurait pu se sentir “à l’intérieur”, comme inclus. Attention cependant, c’est plus un souhait qu’un regret car Gorogoa laisse déjà un très bon souvenir.

Bilan

On a aimé :
  • Beaucoup d’originalité
  • Le quatrième mur brisé
  • Poétique et enchanteur
On n’a pas aimé :
  • Un peu trop court
  • Un peu trop abscons
La couleur, c’est la vie

Que cherche-t-on dans un jeu vidéo ? Si on cherche des niveaux, des ennemis, des combinaisons de touches, alors il ne faut pas s’arrêter sur ce titre. Par contre, si on cherche de l’originalité, de la poésie, et surtout une expérience de jeu, alors il faut tenter Gorogoa. Certes, l’expérience est courte, la durée d’un film, et l’histoire est secondaire, en retrait des sensations, mais on termine le jeu avec le sourire, avec la conviction d’avoir passé un beau moment, dont on se rappellera sans doute encore longtemps.

Xboxygen
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Gorogoa

Gorogoa

Genre : Aventure/Réflexion

Éditeur : Annapurna Interactive

Développeur : Buried Signal, LLC

Date de sortie : 22/05/2018

2 reactions

Habsbeauce

26 mai 2018 @ 16:14

Il y a une erreur dans le titre du jeu, c’est plutôt Gorogoa.

Rone

Rédaction

26 mai 2018 @ 18:03

Mais absolument, quelle andouille ! Merci d’avoir été attentif !