Test - Sea of Thieves

«Sloop doggy dog, qu’est-ce qu’on attend ?» , - 17 réaction(s)

Alors qu’on aurait parié sur un destin à la Fable Legends, Sea of Thieves nous fait mentir et est enfin officiellement sorti sur Xbox One et PC il y a de cela quelques jours. Après pas moins de quatre ans de gestation et presque 3 ans d’attente chez les joueurs, le nouveau titre du prestigieux studio anglais Rare a fort à faire pour satisfaire tout ce beau petit monde.

Les rois/reines du shopping

On est pas bien là ?

Le but premier de Sea of Thieves est simple : permettre à tous de s’improviser pirate. Que ce soit en solitaire ou jusqu’à quatre, ce qui est très clairement conseillé pour profiter à fond du jeu, jouer à Sea of Thieves c’est l’assurance de ressentir l’appel de la piraterie, de la mer, de l’aventure et, surtout, de l’or. Car c’est bien ici que se trouve le principale pilier de motivation du jeu : gagner de l’or. Pour améliorer son équipement ? Devenir le plus puissant des pirates sur son insubmersible navire de guerre ? Non, rien de tout ça en vérité. L’or de Sea of Thieves ne sert qu’à se procurer de nouveaux éléments de personnalisation cosmétique pour notre avatar, et par extension notre navire.

La nuit n’est pas forcément le meilleur moment pour aller chasser

Dans les faits, si cela sert en premier lieu, à se faire plaisir visuellement uniquement, l’effet secondaire de vos petites touches cosmétiques trouve son nid dans la crainte inspirés aux autres joueurs qui croiseront votre chemin. Il faudrait être complètement inconscient pour attaquer un galion aux multiples ornements si l’on ne possède pas une expérience plus que solide sur le jeu. Ne vous méprenez pas, la crainte n’est pas inspirée par l’apparence du bateau en lui-même mais bien par le prix qu’il a fallu investir pour se les procurer. A titre d’exemple, les voiles les plus accessibles vous coûteront la bagatelle de 70.000 pièces d’or quand un voyage, pendant au moins les dix premières heures de jeu, en rapporte moins de 500. Le calcul du nombre de quêtes à remplir est assez aisé pour comprendre rapidement que c’est un équipage ayant déjà beaucoup sillonné les mers.

Un jour, je serai le meilleur pirate

Pirate de légende de mes deux... Un jour, on aura ta peau

Et dans la mer, on y fait quoi justement ? Pour l’instant, on y vogue d’île en île pour déterrer des coffres pour la première des trois factions, chasser des squelettes pour rapporter leur crâne à une autre et capturer des poules et des cochons pour la dernière. Sur le papier, les quêtes sont plus que répétitives, cependant on verra bien vite que ce n’est pas forcément toujours le cas. Le but ultime est de monter en réputation pour devenir un pirate de légende et débloquer l’accès à un potentiel end game auprès d’un PNJ se trouvant dans toutes les tavernes. Celui-ci nous promet l’accès à la légende “une fois atteint le niveau cinq de toutes les factions”. Puis vient le niveau 10, puis le 15 et ainsi de suite jusqu’au niveau 50 se murmure t-il sur les forums. Autant dire qu’il faut un certain temps pour y parvenir.

En dehors des quêtes à proprement parler, le jeu propose des attaques de forts dans lesquelles il faudra repousser un bon nombres de vagues ennemies avant de se défaire du boss toujours en quête de crânes et de coffres à revendre. On peut aussi y affronter le terrifiant kraken ou bien d’autres équipages, ou coopérer avec, mais ne rêvez pas trop de ce côté-là, et c’est ce qui fait que deux mêmes quêtes ont de grandes chances de se dérouler de manières totalement différentes.

Voilà à quoi ressemble une quête pour l’Ordre des Âmes

Si aller capturer deux poules blanches une première fois et une poule noire accompagnée d’une dorée la fois suivante ne change pas l’expérience de jeu, le fait de pouvoir tomber sur un autre équipage à tout moment s’en occupe très bien. Lorsque l’on a la cale pleine de butins mieux vaut changer de cap si l’on vient à rencontrer d’autres joueurs. Tout à coup, le générateur de quêtes FedEx se transforme en un GTA Online au pays des pirates. Partez du principe que la personne en face de vous veut votre peau et soyez prêt à déchainer les enfers à coups de boulets de canon ou à prendre la fuite à tout moment sinon vous irez dormir avec les poissons.

Ici pour soulever des mers

Si par le fond ton navire a coulé, sur le Vaisseau des Damnés tu vas errer

Dans les faits, seize joueurs sillonnent les mers en simultané sur le même serveur. Lorsqu’on considère la taille raisonnable de la carte, le compromis est plutôt correct puisque l’on se retrouve rarement en trop grande densité d’équipages dans le même secteur. Cependant, un crew peut très bien ne plus vous lâcher la grappe jusqu’à ce que vous vous déconnectiez. Pour cela, il lui suffit de vous tuer une fois puis de prendre possession de votre bateau pour vous tuer encore et encore à chaque fois que vous reviendrez d’entre les morts puisque l’on réapparaît obligatoirement sur son navire si celui n’a pas été coulé.

Cet inquiétant crane indique un événement public

Dans l’ensemble, le jeu souffre d’une série de décisions complètement abracadabrantesques pouvant engendrer bien plus de frustration que de fun. Par exemple, la perte pure et simple de toutes les cartes en notre possession ou voyages en court lorsqu’on se déconnecte (impossible donc de trouver une bouteille avec une carte et de se dire qu’on ira chercher ce trésor demain) ou encore ne pas pouvoir acheter une nouvelle cage ou libérer un animal en cas d’erreur sur la couleur de son pelage. En plus des ratés côté design, la partie technique n’est pas en reste puisque le jeu n’est pas exempt de bugs. Entre les navires ennemis envoyés sur les formations rocheuses et qui s’en sortent sans une égratignure ou encore les coffres qui disparaissent suite à un roll-back causés par de trop nombreux soucis de serveur…

Ciel et mer ne semblent former qu’un être, un personnage à part entière, pouvant se montrer aussi bienveillant que colérique
La mer peut aussi bien être sombre et agitée...

Fort heureusement, Sea of Thieves se rattrape haut la main par sa direction artistique. À ces attraits cartoons se mêlent une mer plus belle que jamais et un ciel doté d’éclairages de frappadingue. Ciel et mer ne semblent former qu’un être, un personnage à part entière, pouvant se montrer aussi bienveillant que colérique. Naviguer avec une petite brise dans le dos sur une mer plate ne procura pas, et de loin, la même expérience que lutter contre l’orage lorsque la boussole s’improvise Beyblade de fortune, que le gouvernail ne répond plus et que la foudre frappe notre navire pour en faire des cure-dents. Il ne manquerait plus que le kraken nous attaque à ce moment-là tiens...

Que des numéros 10 dans ma team

... que calme et paradisiaque

Pour pouvoir faire face à tous ces obstacles, mieux vaut lever l’ancre avec des personnes de confiance tant la communication et la coordination sont importantes pour voguer dans ces eaux. Que l’on dirige un sloop (seul ou en duo) ou, encore plus, un galion (pour trois ou quatre personnes) tous les postes doivent être définis à l’avance pour ne pas être pris à défaut. Qui tient la barre, qui s’occupe des voiles (déploiement et inclinaison), qui s’occupe de la carte, de réparer les dégâts faits à la coque, de vider l’eau qui s’accumule dans la cale ou au dessus de tout, qui prend le rôle de Baba à la vigie ?

Dans une moindre mesure, accorder son équipement en fonction de l’opposition peut être une bonne idée puisque le jeu met 4 armes différentes à disposition du joueur : une épée, un pistolet à silex, une fusil à lunette ou encore un tromblon. Le principe est le même pour les instruments de musiques limités à deux, même si déjà bien amusant, on aurait aimé en avoir plus. C’est d’ailleurs ce qui décrit le mieux Sea of Thieves : déjà fun alors qu’il lui reste tant de choses à faire.

Bilan

On a aimé :
  • L’appel de l’aventure
  • Une ambiance excellente
  • Visuellement magnifique
  • Fun malgré tout
On n’a pas aimé :
  • Peu de contenu “sur le papier”
  • Des gros ratés côté serveur
  • Les prix exorbitants et la faible quantité des cosmétiques
  • Des fois bien bugué...
  • ... et des fois juste mal pensé
  • Les joueurs toxiques et le jeu qui ne fait rien contre
Les bases sont là, en espérant plus

Sea of Thieves est un jeu taillé comme pour être une “anecdote factory”. De ce coté, le pari est entièrement réussi puisqu’en une petite semaine on se conte déjà nos exploits de la veille entre collègues au coin de la machine à café. Cependant, la part d’amusement générée par Sea of Thieves n’a d’égale que la frustration qu’il engendre. Si le teamplay, l’imprévisibilité, et son côté aventuresque bien servi par une direction artistique aux petits oignons nous invitent à y revenir encore et encore, les nombreux râtés, aussi bien de conception que techniques, la carotte cosmétique bien trop onéreuse et son manque de contenu l’empêchent d’accéder au rang d’incontournable, pour l’instant...

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Sea of Thieves

PEGI 0

Genre : Action

Editeur : Microsoft Studios

Développeur : Rare

Date de sortie : 20/03/2018

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows

17 reactions

Blondin

26 mar 2018 @ 14:33

Perso je suis ultra fan, et c’était pas forcément gagné d’avance.

L’univers de la piraterie, tout ça, c’est ce qui m’a fait m’y intéresser, parce que j’adore. En revanche, le coté « coopération obligatoire » etc, j’avoue que c’était un peu l’aspect rebutant du soft pour moi, et vu que c’est un peu le concept du jeu, j’étais loin d’être sur d’accrocher.

Au final, depuis mercredi (mardi j’ai pas pu me connecter), je ne joue qu’à ça, et je m’éclate. Concrètement, le contrat est, pour moi en tout cas, rempli à 90% ; c’est fun, l’univers me plait, je m’amuse, j’ai envie d’y passer du temps (encore plus)...

Après, il est clair que le jeu n’est pas parfait. La coté « positif » de ces imperfections, c’est justement qu’elles sont corrigeables dans le temps.

Tout l’équilibrage, la communauté, certains joueurs qui campent (quoiqu’à ce niveau là j’ai pas eu trop de problème), les missions des marchands un peu pétées pour les raisons évoquées plus haut... Tout ça, j’ai envie de dire, c’est le lot des gros jeux massivement multi, ça se règle, ça s’affine dans le temps. Faut juste espérer que Rare soit attentif aux retours des joueurs, mais je pense que vu l’engouement autour du titre, et ce que MS mise dessus, il n’y a pas trop à s’en faire.

Ce qui me dérange un peu plus, c’est qu’on a l’impression, malgré les innombrables qualités du jeu, que Rare n’a soit pas tout à fait fini le taf, soit (moins probable mais de toute façon ça ne change rien) pas intégré tout le contenu dès le départ.

Clairement, il faudra, pour que le jeu reste intéressant sur la longueur, ajouter du contenu. Je pense bien sur à un peu plus de variété dans les missions ou dans les ennemis, un peu plus de choix dans les cosmétiques (cela dit je pense que tout ça sera ajouté progressivement et régulièrement), mais aussi à des détails « anecdotiques », qui apporteraient un peu de vie à l’ensemble, comme, par exemple, la faune : on a des poules, des cochons, des serpents, des requins... Mais tous identiques. Pourquoi pas différents types de requins ? De différentes tailles ? Et pourquoi pas, même si on en peut pas interagir avec eux, des bancs de poissons, une baleine qui vient à la surface de l’eau, ce genre de trucs...

Clairement on est pas en train de faire un brainstorming à la place de Rare, les gars sont pas idots ou incompétents, tout ça, ce sont des idées qu’ils ont (ou ont eu), et elles n’ont pas été intégrées pour des raisons X ou Y, et très certainement, en tout cas en ce qui concerne les missions, les ennemis, les quêtes etc, c’est faute de temps (alors oui ça a déjà pris pas mal de temps comme ça, mais bon, clairement ils ont pas passé les six derniers moi à prendre l’apéro, je pense que les choix qui s’offraient à MS étaient de soit sortir le jeu comme ça, et d’ajouter du contenu au fur et à mesure, soit de le reporter (encore) de six mois, ce qu’ils n’ont pas fait, et perso je pense qu’ils ont eu raison).

Bref, le jeu n’est pas un sans faute, mais il reste pour moi excellent. La question c’est : qu’en sera t il dans un an ? Tout dépendra du suivi, mais si les choses sont faites correctement par Rare... Jusqu’ici c’est que du bonheur, y a pas de raison que ça change.

C’est pas (pas encore ?) un jeu parfait, mais ça reste un très très gros coup de cœur.

Koubiwan

26 mar 2018 @ 14:58

Pas mieux que Blondin.

boudboi

26 mar 2018 @ 15:25

Oui même chose. Pourtant j’avais beaucoup d’à priori. En l’état le jeux est vraiment plaisant et surtout totalement dépaysant, alors certes il lui faut encore du contenu mais ça n’augure que de bonnes choses pour la suite.

FrL Kakashi

26 mar 2018 @ 16:15

+ 1000 Blondin.

Perso je m’éclate dessus avec 3 de mes amis, on voit pas le temps passer, on s’amuse, c’est rare de trouver un tel jeu en ce moment. Pas de scoring, de « c’est moi qui a fait le plus de kill » ou autre chose, là on a tous le même butin, les mêmes sous et on les dépense juste pour se différencier au niveau du look :)

Et je sais qu’ils vont surement nous pondre pleins d’ajouts, gratuit au départ, payant par la suite ?

On verra bien mais là pour le moment, j’adhère totalement B-)

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bangy78

26 mar 2018 @ 16:58

Moi pour le moment c’est mon coup de cœur ❤️2018

Mephisto7fr7

26 mar 2018 @ 18:09

Comme bangy, c’est ultra rafraîchissant, si rare prends soin du bébé il deviendra incontournable

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VaultBoy

26 mar 2018 @ 22:08

Un petit jeu sympa (qui ne vaut pas plus de 15€) avec un gameplay mou, lent et hyper basique à jouer de temps à autre une vingtaine de minutes avec des potes, point. En gros, une grosse com pour pas grand chose :-|

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