Test - Kingdom Come : Deliverance

«Entre les douves et le donjon.» , - 9 réaction(s)

J’avoue être un féru de jeu de rôle depuis tout petit. Bébé, je mâchouillais déjà les disquettes 5”¼ de Wizardry sur Apple II, autant dire que j’en ai mangé du jeu de rôle depuis lors ! Tout y est passé, du RPG japonais bien niaiseux à son grand frère épique et mémorable, la couenne dure et austère mais particulièrement riche des RPG PC, les bugs innombrables de leurs adaptations consoles, et me perdre dans les recoins de leurs mondes. Mais justement, dans le royaume des univers abordés dans les jeux de rôle, l’heroic fantasy reste roi. Rares sont ceux qui en présentent des totalement atypiques. Kingdom Come : Deliverance a cette aspiration, une volonté toute simple d’aller puiser dans l’histoire son décor et la promesse de nous faire vivre un voyage inoubliable à grands coups de réalisme moyenâgeux. Et dans mon for intérieur, ce postulat de base éveille en moi de l’envie et la naissance d’un fantasme ludique jamais vu. Une attente peut-être bien trop forte pour les épaules de Kingdom Come : Deliverance et de sa petite équipe de développement…

Aucune concession

L
L'ambiance prend aux tripes dès les premières heures !

Tout l’art d’un jeu de rôle réside dans sa capacité de happer le joueur dès ses premiers instants. Lui faire quitter son fauteuil, sa manette et le transposer corps et âme dans l’univers qu’il propose. Kingdom Come : Deliverance nous avale goulument, nous gobe totalement dès ses premières minutes. On tombe littéralement sous le charme de ce monde médiéval tout droit issu de la Bohême au début du XVe siècle. Un simple travelling de quelques minutes, le survol d’un château fort, un passage dans les sous-bois d’une forêt où paissent des cerfs, les paysages de Kingdom Come se dévoilent et l’immersion se fait dès les premiers instants.

L’art de Kingdom Come : Deliverance est de prendre son temps pour poser son univers, ses personnages, son contexte historique et son histoire.

Dès notre arrivée à Skalitz, petit bourg au pied du château seigneurial où vit Henry, le fils du forgeron local, jeune sot qui jouit d’alcool, de virées avec ses amis et de femmes. Un adolescent qui va être rattrapé par l’Histoire. L’art de Kingdom Come : Deliverance est de prendre son temps pour poser son univers, ses personnages, son contexte historique et son histoire. Le début du jeu est lent, posé, on passe notre journée à découvrir les rues et les habitants de Skalitz, les parents et les amis d’Henry, en gros à s’attacher à eux et nous préparer au drame que va subir Henry lors de l’attaque de son village par les troupes de Sigismund. Le village va être rasé, les parents d’Henry massacrés sous ses yeux et il n’aura comme seule alternative que de s’enfuir trouver refuge au château voisin. Kingdom Come : Deliverance va nous faire vivre la quête de vengeance d’Henry qui de simple palefrenier va devenir chevalier et participer, à son échelle, à la grande histoire qui a bouleversé l’Europe centrale au XVe siècle.

Il ne s
Il ne s'agit pas d'une image issue de farming simulator XV...

Kingdom Come : Deliverance nous emporte telle une déferlante dans ses premières heures de jeu mais c’est aussi durant celles-ci que l’on commence la séance de gymnastique qu’il va nous imposer durant toute son aventure. Un grand écart improbable entre un univers impressionnant de détails qui saisit le joueur et sa multitude de bugs et de décisions de gameplay pas vraiment heureuses qui le repoussent violemment.

Le siège risque d
Le siège risque d'être sanglant

Nos premières heures dans Kingdom Come : Deliverance s’enchaînent entre amour et dégoût. Un amour irraisonné pour l’ambiance médiévale qui se dégage, pour le doublage français de bonne qualité, de son écriture sensible et juste et par la grande liberté laissée au joueur pour accomplir ses objectifs. Il est en effet possible pour chaque quête du jeu de la mener à bien de différentes façons via des chemins alternatifs, des choix de dialogues particuliers ou des pnj qui pourront nous apporter de l’aide. Kingdom Come : Deliverance est un jeu fait par un petit groupe de passionnés et cela se ressent dans chaque détail et on peste d’autant plus lorsqu’on tombe sur les nombreux bugs qui émaillent le jeu encore aujourd’hui malgré un gigantesque patch au lancement et un second arrivé récemment. Entre les soucis de traduction (absence de sous-titres ou de voix françaises), les soucis d’ergonomie (les déplacements à cheval sont horribles, à bloquer devant des buissons ou empêtré dans un petit fossé), les bugs d’IA (les paysans marchant sur une table, c’est moyen) sans parler des bugs liés à la sauvegarde du jeu. Le jeu semble prendre plaisir à détruire, comme un enfant, le beau château qu’il avait pris du temps à construire. Mais tout cela n’est rien comparé aux choix de gameplay hasardeux pris par l’équipe de développement…

Le réalisme en mode je t’aime, moi non plus

Le cheval est un animal peu maniable... surtout dans Kingdom Come
Le cheval est un animal peu maniable... surtout dans Kingdom Come

Kingdom Come : Deliverance a volontairement choisi la carte du réalisme, tant du point de vue historique que du point de vue du gameplay. Henry a régulièrement besoin de dormir, de manger, sa saleté et sa façon de s’habiller ont un impact direct sur ses relations sociales. Les femmes peuvent apprécier l’odeur virile d’un Henry craspouille (sic) mais cette dernière, si elle est trop forte, lui rend toute approche discrète impossible. Être bien habillé facilite la discussion avec les pnj issus de la noblesse, etc, etc. Les exemples sont légion et certaines capacités à débloquer permettent de tirer plus ou moins bénéfice de la fatigue, de sa récupération, de sa saleté, mais toujours avec une contrepartie. Les relations sociales sont particulièrement bien intégrées et rendent le jeu d’autant plus riche et passionnant, on ne peut dire la même chose sur d’autres éléments de gameplay dont… la sauvegarde.

« Alors voilà, je n
« Alors voilà, je n'arrive pas à sauvegarder... »

J’y viens, cet aspect là m’a particulièrement pénalisé lors de l’élaboration du test vu que mon temps de jeu est plutôt aléatoire et qu’il m’arrive souvent de devoir arrêter de jouer brusquement. Kingdom Come : Deliverance dans sa recherche de réalisme a décidé de supprimer le côté de la sauvegarde facile avant chaque combat ou devant un coffre fermé à forcer. Soit. Le jeu sauvegarde automatiquement lors de checkpoints liés à notre progression dans l’histoire principale, sinon il faut dormir dans un lit nous appartenant ou boire du schnaps du sauveur, boisson fortement alcoolisée qui nous permet de sauvegarder où l’on veut mais nous laisse complètement saoul. Ce qui n’est pas évident si on veut engager un combat ou crocheter des serrures juste après. De plus ce schnaps est rare et cher, et l’on ne peut en produire via l’alchimie que bien plus tard dans le jeu. Si on ajoute à cela l’impossibilité de pouvoir quitter le jeu en sauvegardant on obtient là une magnifique ode au : “Oh mince je suis mort/bloqué/en prison/je me suis loupé un vol à la tire suite à un bug je vais devoir me retaper une heure de jeu ou plus.” Même si on aime beaucoup le jeu, ce système a la capacité de mettre à mal cet amour. Heureusement, un patch devrait arriver et nous permettre de sauvegarder en quittant le jeu.

Armes, armures et le soucis de coller à l
Armes, armures et le soucis de coller à l'histoire

La recherche de réalisme des développeurs de Kingdom Come : Deliverance semble leur avoir fait perdre de vue que leur jeu doit avant tout être… un jeu. Cela est criant en ce qui concerne les combats qui se veulent être au plus près des sensations données par une joute de taille et d’estoc à l’épée, ou la violence d’une masse d’arme ou la portée d’une hallebarde. On se doit d’anticiper les réactions, parer et contrer au bon moment, tout en gardant en tête que certaines armes seront totalement inoffensives suivant l’armure que porte notre adversaire. La moindre blessure reçue risque d’être lourdement handicapante par la suite, il est vital de ne pas foncer tête baissée. La plupart du temps les combats se transforment en d’interminables ballets ou l’on tourne autour de notre adversaire afin de profiter de la moindre faille. Porter un coup ou parer revient à orienter le stick dans une direction, ce qui s’avère bien difficile lorsque l’on se trouve en face de groupes. Heureusement, on peut toujours régler cette affaire à l’arc ou à l’arbalète (sans viseur, tout au jugé) ou essayer de surprendre nos ennemis dans le dos. Sauf que voilà, l’infiltration, tout comme le vol à la tire et le crochetage, ne semble pas avoir été pensé pour la manette, si bien qu’il est très difficile de réussir une approche furtive dans le jeu ou de se transformer en voleur pour l’occasion. Des problèmes qui transforment en véritable calvaire certaines parties du jeu comme celle du monastère pour ne citer qu’elle. Un patch devrait apporter des modifications, et, à vrai dire, on l’attend de pied ferme, comme tous les autres afin de pouvoir enfin apprécier Kingdom Come : Deliverance comme il se doit et succomber sans retenue à son charme indéniable et à ses nombreuses qualités. Ce qui n’est pas évident à faire en l’état.

Bilan

On a aimé :
  • Très bon scénario et bonne écriture
  • Doublages français très bons
  • Le souci du détail
  • Un jeu débordant d’amour...
On n’a pas aimé :
  • ...et de bugs
  • Le système de sauvegarde lourdingue
  • Un gameplay loin d’être optimal à la manette
  • Attendre les prochains patchs pour y rejouer
Un diamant brut

Kingdom Come : Deliverance est un diamant brut, ses qualités sont indéniables et il est évident que Warhorse Studios a accouché d’un excellent jeu de rôle. Captivant par sa forme et par l’expérience qu’il offre, il nous plonge en plein cœur de la Bohème du XVe siècle dans tout ce qu’elle a de violence, de guerre et de beauté. Un voyage fabuleux que l’on vit comme une formidable histoire d’amour. Car de l’amour il y en a beaucoup dans Kingdom Come : Deliverance ! Presque autant que de bugs ! Alors on peste devant sa rigidité, devant ses bugs, devant sa maniabilité austère, on rechigne, on prend notre mal en patience, on est à deux doigts de jeter le jeu. Mais on ne peut s’empêcher de continuer et d’espérer secrètement qu’il arrive, à grands coups de patchs, à la maturité et à la finition qu’il se doit d’avoir pour s’imposer comme une pièce majeure dans l’Histoire du jeu de rôle. Un coup de cœur entre parenthèses pour un jeu qui comme un vin de garde, va attendre dans la cave avant que l’on puisse le déguster comme il se doit.

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton1464.jpg?1390400630

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Kingdom Come : Deliverance

Kingdom Come : Deliverance
PEGI 0

Genre : RPG

Éditeur : Deep Silver

Développeur : Warhorse studios

Date de sortie : 13/02/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Mac OSX

9 reactions

PaT Chevaliers

06 mar 2018 @ 07:47

Merci pour ce test, j’ai mis sur pause ce jeu, bugé jusqu’à l’os ! ! De nombreuses quêtes ne peuvent être effectuées soit en partie ou totalement réalisés à cause de problèmes de chargements, bugs et autres joyeusetés en tout genre...

Des problèmes de framerate, le système de crochetage injouable, etc.

Conseil du jour, a tous ceux qui n’ont pas encore pris ce KCD, attendez encore quelques mois, avant de vous lancer dans cette aventure, un fois les patchs principaux sortis,

avatar

reader117

06 mar 2018 @ 10:06

Merci pour ce test tant attendu !

Personnellement je suis complètement fan de ce jeu. Après je savais où je m’engageais en l’achetant, tant pour le système de sauvegarde que pour le combat et l’archerie.

Évidement que plein de systèmes sont lourdingues (notamment le tir à l’arc pour moi). Mais au final ça dépend complètement des joueurs, j’ai vu plein de gens se plaindre du crochetage, je le trouve personnellement très facile, j’ai vu plein de gens se plaindre du tir à l’arc et beaucoup d’autre l’encenser. Il en va de même pour beaucoup de mécaniques de gameplay.

Si vous voulez un RPG parfaitement poli, sans bug, avec du fun facilement accessible pour des sessions de jeu de moins de deux heures, je ne vous conseillerai pas le jeu. En revanche, si Skyrim vous manque mais qu’aussi vous êtes près à sacrifier un peu de votre zone de confort en jouant, foncez sur ce jeu il vous le rendra bien.

Valhalla

06 mar 2018 @ 12:15

Un vent frais ce jeu , il bouscule les codes auquels nous sommes habitués pas de dragons et autres conneries :-P. Le système de combat est juste top une fois maitriser, le crochetage ah doux crochetage que tu aimes me faire rager. Le système de pickpocket ahhhhh douce rage :->. Un conseil gagnez vos points de compétence ,vous entrainer (Quêtes secondaire) arc etc... sous peine de vous retrouver dans un duel 1vs1 et de vous faire doucement massacrer la quête principale un vraie délice , j’ai un vraie coup de cœur pour ce jeu |-) .

avatar

nomad

06 mar 2018 @ 12:32

En contradiction complète avec ce test,qui est pour moi fait à l’arrache C’est un très bon jeux,qui bouleverse les codes Faut il que le studio s’excuse de ne pas faire un jeux pour ados ? D’ailleurs je fais remarquer que Skyrim et le second DLC de the witchers 3 avait autant de problèmes techniques à leurs sorties respectives Je souligne également le fait,que beaucoup ne comprennent rien aux jeux,et fonce vers les forums,pour cacher leurs difficultés en invention de bugs(style mission secondaire arrachage de mauvaises herbes,il suffit de retourner ....)

eversmann

07 mar 2018 @ 21:37

Il me tarde tant de toucher à cette pépite !

Seul frein à l’époque de sa sortie : mon débit de mer** qui plafonne à 2.2 Mb/s ! Je ne pouvais pas me permettre de le prendre day one avec un 1er patch de 23 Go.

Ce sera finalement un mal pour un bien puisque qu’avec le 2nd patch de 16 Go qui est ensuite arrivé, j’aurais passé plus de temps à downloader qu’à jouer. :-))

Et là, j’ai entendu dire qu’un 3ème patch - qui règlera entre autres les désagréments liés à la sauvegarde des parties - était sur le point de débarquer d’ici peu. Il ne me reste plus qu’à attendre l’installation de la fibre qui devrait être effective chez moi d’ici 2 semaines.

Après des débuts chaotiques, un débit foireux (merci orange), 3 patch correctifs majeurs, l’arrivée de la fibre et des tests plutôt flatteurs sur ce titre qui me fait de l’œil, je devrais, d’ici peu, goûter enfin aux affres et aux joies de la vie Bohémienne dans des conditions plus optimales.

PS : au passage, merci pour le test ;)

Jarel

Rédaction

08 mar 2018 @ 16:16

Oui le dernier patch devrait régler pas mal de choses comme dis dans le test. Vivement car le jeu est très bon malgré tout.

KOB275

12 mar 2018 @ 16:12

Merci jarel pour ce test de qualité. Comme d’habitude c’est toi qui t y colle (cf mount and blade warband) mais à la lecture de ton introduction je comprends mieux et ça me rappelle les heures que j’ai passées sur l excellent Dungeon Master. J adore ce type de jeux et l univers médiéval que je trouve sous exploité dans les jeux vidéo. Dès que j’ai l occasion je fonce. Ces jeux sont un vrai vent de fraîcheur mais souvent techniquement imparfaits. C est aussi vrai pour KCD : je l ai essayé deux petites heures mais le jeu a crashé et j’ai perdu ma sauvegarde. Afin de ne pas gâcher mon plaisir j attends qu il soit stabilisé mais je suis sûr que je vais adorer cette expérience médiévale.

KOB275

13 mar 2018 @ 13:20

Bon jeu à tous !

romanomono

13 mar 2018 @ 19:06

J’ai hâte de l’essayer mais je vais attendre quelques mois pour qu’il soit pathétique.