Test - Celeste

«Mortel» , - 3 réaction(s)

Après vous avoir rendu fou et poussé à vous quereller avec vos amis sur Towerfall, Matt Makes Games et sa bande décident aujourd’hui de mettre à l’épreuve votre passion pour les jeux de plate-forme. Rassurez-vous, au milieu des doutes et des angoisses, vous arriverez toujours à trouver assez de preuves d’amour pour vous inciter à vous accrocher. Prenez vos moufles et votre cagoule, le moment d’affronter le mont Celeste est venu.

L’escalade celesto-cosmique

Le Dark Souls des... non, rien
Le Dark Souls des... non, rien

Madeline est un peu perdue dans sa vie et dans ces moments là, il fait bon changer d’air, pour faire le point. Ses pas l’ont donc amené aux pieds du mont Celeste, quelque part au Canada. Le voyage ne sera pas une expédition de tout repos, vous vous en doutez, et l’insouciance de la jeune femme, déterminée à braver tous les dangers, l’amènera à se surpasser plus d’une fois. Ces difficultés, vous aurez vite l’occasion de les partager avec elle.

Miroir, mon beau miroir
Miroir, mon beau miroir

Sous ses petits pixels tout mignons se cache un grand jeu de patience. Mais à coeur vaillant, rien d’impossible, paraît-il. Alors que Madeline lutte avec ses démons intérieurs, vous devrez faire un effort de compréhension sur les mécanismes du jeu et d’interprétation de son level design. Cela commence tout doucement avec la course, le saut, le dash dans huit directions et l’escalade. Il y a même une endurance à gérer lorsque le personnage s’accroche aux parois sans qu’aucune jauge ne soit indiquée à l’écran. La distance des sauts, les timings, il va falloir tout connaître au point que les déplacements relèvent de l’instinctif et ainsi faire corps avec le personnage.

On ne dirait pas comme ça mais l
On ne dirait pas comme ça mais l'action est très lisible

Au début, les choses ne sont pas bien compliquées, évidement. Le jeu sait vous ménager comme il se doit. Il ne faut pas s’attendre non plus à ce que la difficulté soit exponentielle jusqu’à devenir cauchemardesque, non, il y a même des accalmies avec des moments qui paraitront plus simple. En tout cas, il n’est pas possible de se reposer sur ses acquis car un des points forts du jeu, c’est sa capacité à vous amener dans vos retranchements. En modifiant ici et là des paramètres, il vous sort régulièrement de votre zone de confort. À chaque nouveau niveau, il y a un petit quelque chose en plus ou en moins qu’il faut éprouver dans l’erreur, souvent, pour être assimilé. Pour autant, il n’y a rien d’injustifié et d’intolérable. Les modifications sont même étroitement liées à l’état d’esprit de Madeline dont les tourments amènent de manière logique les altérations. Ce n’est donc pas par pure méchanceté que les développeurs vous torturent, c’est pour mieux vous rapprocher de leur personnage.

Plus fort que Stallone dans Cliffangher

Une zone secrète se cache dans ce screen. Où ?
Une zone secrète se cache dans ce screen. Où ?

Des niveaux, il n’y en a pas tant que ça mais, fort heureusement, ils sont assez longs. Ils regorgent surtout de passages secrets, de fraises et de cassettes à collecter. Bien sûr, ces items sont optionnels et si vous luttez, vous pouvez tracer votre chemin sans vous retourner. Dans ce cas, il vous faudra une bonne poignée d’heures pour voir la fin du voyage. Si par contre vous êtes du genre jusqu’au-boutiste, la moindre petite fraise à collecter peut devenir un véritable défi mêlant réflexion et adresse. Si vous trouvez la cassette d’un niveau, les choses sérieuses pourront commencer puisqu’elles débloquent des versions alternatives bien plus difficiles de chaque monde, insistant bien sur les spécificités de chacun. Et si vraiment vous êtes accro et résolvez les mystères du jeu, il y aura encore fort à faire pour réussir à le retourner complètement. Dans ces conditions, vous vous approcherez d’une grosse quinzaine d’heures de jeu.

On se sent un peu observé dans ce décor
On se sent un peu observé dans ce décor

Des bonnes intentions, Celeste n’en manque pas. Le titre n’a pas la prétention de réinventer la roue et se base même sur des mécanismes déjà aperçus çà et là. Ce qui le rend exceptionnel, par contre, c’est la manière dont tout s’imbrique et aussi sa capacité, comme dit plus tôt, à sans cesse se renouveler. Le début du jeu, par exemple, propose un level design assez linéaire. À d’autres moments, la progression est moins évidente et il est nécessaire de trouver son chemin dans des zones plus vastes aux multiples embranchements. Il y a même des portions dans lesquelles il faut aller vite, très vite, sans réfléchir. Chaque monde est du coup très différent autant en termes d’esthétique que de construction. Un savoir-faire pareil, c’est rare. Relevons aussi l’OST qui est d’une grande richesse, sachant coller au mieux à chaque tableau tout en variant les styles et les instruments. Au cours des milliers de vaines tentatives, ressortent des pointes d’humour, à l’image des messages de chargement qui invitent à dédramatiser le compteur de morts ou à ne pas trop se prendre la tête avec les fraises. On rigole même des pièges dans lesquels on tombe, faute d’attention ou parce que vraiment, c’était obligé de mourir pour tirer une leçon de cette erreur. J’ai même cru à un moment qu’on me murmurait à l’oreille “Ah, je t’ai bien eu là, non ?”. C’est tout ça, mis bout à bout, qui rend le jeu particulièrement attachant et marquant au final.

Bilan

On a aimé :
  • Gameplay aux petits oignons
  • Une progression bien étudiée
  • Un level design inspiré
  • Une histoire qui amène beaucoup de sens
  • Une soundtrack de qualité
On n’a pas aimé :
  • Rien du tout
Au plus près des étoiles

Celeste est, n’ayons pas peur des mots, un petit bijou du jeu de plate-forme. Dans la mort qui surgit vraiment souvent, on prend plaisir à constamment se surpasser sans réellement s’énerver. La construction du jeu est parfaitement didactique, apportant toujours innocemment quelques exemples des possibilités que son gameplay millimétré offrent avant de monter la difficulté d’un cran ou deux, voire de trois. De ce fait, il est tout à fait abordable pour qui a un peu de patience d’autant plus que Madeline se débattant avec elle-même est diablement attachante derrières ses quelques pixels grossiers. Cette ascension du mont Celeste est sûrement un des meilleurs jeux de plate-forme de ces dernières années et risque bien de le rester un moment, tenez-vous le pour dit !

Xboxygen
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Celeste

Celeste
PEGI 7 Violence

Genre : Aventure/Plates-Formes

Développeur : Matt Makes Games Inc.

Éditeur : Matt Makes Games Inc.

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows, Mac OSX, Steam, Switch

3 reactions

electroforez

05 fév 2018 @ 23:44

Le jeu est effectivement très bon. Après la première heure que j’ai trouvé presque insipide, le titre a fini par me séduire et je commence même à faire un second tour pour me faire une délicieuse tarte aux 100% de fraises ^^. L’OST est aussi effectivement délicieuse (étant fan/pratiquant de synthés, je me régale... notamment le thème de l’hôtel... fabuleux...). Merci pour ce test !

Killjoy

17 fév 2018 @ 12:44

Ca fait plaisir de voir un test si positif alors que sur la news de sortie du jeu on avait droit a « aucune identité visuelle » les jeux en pixel j’en ai la nausée" et ce genre de conneries. A chaque fois qu’un jeu sort en pixel art, il se fait tailler dans la news qui corresponds aux sorties de la semaines. J’ai failli quitter le site plusieurs fois pour ça mais je suis rassuré de voir que dans l’équipe, il y a aussi des gens plus mesurés et qui savent apprécier ce style artistique ;)

Fabrice82

21 fév 2018 @ 21:07

C’est sûrement un bon jeu, mais trop moche pour que j’y joue. Le fameux « pixel art »... très peu pour moi.