Test - Monster Hunter World

«Un chasseur sachant chasser en hachedé» , - 4 réaction(s)

Si vous ne jouez que sur Xbox, vous n’avez pas encore eu la chance de vous frotter à un Monster Hunter pur et dur. Après moult épisodes canoniques sur PSP et 3DS puis leurs portages rapides et paresseux sur consoles de salon ou des spin-off, Capcom lâche enfin la bride de sa licence multi-millionaire pour une excursion pensée pour grand écran avec une réalisation technique digne de son rang. Est-ce pour autant en reniant les hardcore gamers ? Rien n’est moins sûr. Aiguisez votre lame, préparez vos potions, la chasse est ouverte.

Le monde perdu

Tout commence dans un bateau. Des chasseurs sont en route pour un périple qui les amène vers le nouveau monde afin d’y résoudre un mystère. Cette commission de recherche doit comprendre pourquoi les dragons anciens migrent tous les dix ans vers cette île.

Ce n
Ce n'est parce que c'est coloré que c'est safe

Mine de rien, cette mise en place en douceur permet à Capcom d’introduire son univers petit à petit pour les nouveaux venus. Le joueur est très rapidement amené à créer son avatar, homme ou femme, ainsi que son felyne, compagnon de chasse aussi mignon qu’utile. Le choix de création est large et l’outil efficace. Passer du temps sur cette étape n’est pas anodin tant la série se base essentiellement sur le fait de personnaliser un avatar en lui craftant le meilleur équipement possible. On y reviendra. À cette étape, il faut surtout retenir qu’il n’y a pas de classe façon RPG à sélectionner.

Tout le monde commence avec la même build et le choix des armes est libre et accessible à n’importe quel moment de l’aventure depuis sa hutte. Ce choix est bien assez large pour que vous puissiez y trouver votre compte, un peu comme un main dans un jeu de combat. Il y a même des vidéos explicatives accompagnant chacune d’elles afin de bien mettre en avant leurs spécificités. Pour les nouveaux venus, les sets d’arme proposant un bouclier ou les armes offrant une grande mobilité seront un bon choix. C’est d’ailleurs bien mis en avant par des étoiles indiquant si elles sont user-friendly ou non. Les habitués pourront d’ores et déjà se tourner vers leurs grosses armes lourdes favorites qui nécessitent sang-froid, maîtrise et connaissance du bestiaire pour ne pas se diriger vers une mort rapide et brutale.

Va falloir soigner cette carie, jeune homme.
Va falloir soigner cette carie, jeune homme.

Il ne faut pas se méprendre. Ce n’est pas parce que cet opus semble introduire un peu mieux son univers que le reste du concept s’est ouvert aux joueurs du dimanche. Les premières minutes de gameplay avant l’arrivée sur l’île et la première chasse ne font pas illusion bien longtemps. Ce n’est pas non plus le village (assez bien peuplé et fort joli) servant de hub qui viendra aider le nouveau à prendre ses marques aisément. Pour autant, la progression des quêtes principales essaie quand même d’apporter des éléments de gameplay au fur et à mesure afin de ne pas noyer le quidam dans une mare d’informations. Si, par exemple, vous n’avez accès au début qu’au marchand et à la forge, les autres artisans et scientifiques viendront vite étoffer les possibilités offertes dans l’entre-deux quête. C’est le cas du botaniste qui permet la production de diverses plantes évitant ainsi l’exploration forcée et rébarbative pour faire le plein de graines et autres champignons. Ce dernier, tout comme le bureau d’intendance ou le cuisto, vous proposera même des missions afin d’améliorer leurs services. S’y coller, c’est tenter de se faciliter la vie même si, dans les faits, elles sont quasi obligatoires tant il est nécessaire d’être de mieux en mieux préparé face aux monstres à chasser qui sont, eux, de plus en plus redoutables tout au long de l’aventure. La progression sous forme de leveling n’est pas de mise ici, seule la préparation et l’équipement comptent.

La horde sauvage

Ho ! Hisse ! Ho ! Hisse la saucisse !
Ho ! Hisse ! Ho ! Hisse la saucisse !

La non-linéarité d’un Monster Hunter est sa grande force. Depuis le hub central, vous choisissez la mission qui vous intéresse et vous vous dirigez ensuite dans l’une des cinq zones du jeu où elle a lieu. Des requêtes à la durée limitée avec des règles précises aux contrats de chasses en passant par les missions principales, il y a toujours de quoi faire quel que soit le temps que vous avez devant vous pour jouer. Et du temps, il en faut parfois beaucoup tant la chasse peut-être longue et compliquée.

Une fois sur le terrain, vous devez commencer par vous familiariser avec les différents environnements. Le level design est ici de qualité. Que les zones soient de vastes étendues désertiques ou des chemins étroits dans une végétation luxuriante, elles offrent toujours de la verticalité et des raccourcis bienvenus. Bien connaître les lieux permet de savoir où tenter de coincer les monstres dans des pièges environnementaux.

La chasse, oui, mais la pêche aussi
La chasse, oui, mais la pêche aussi

Savoir vous repérer et étudier le terrain, c’est aussi vous offrir la possibilité de connaître la faune et la flore pour crafter les items indispensables à votre survie. Qu’il s’agisse de potions de soins et boost de capacités, de munitions, de pièges, les possibilités sont nombreuses. Malheureusement, les menus ne sont pas toujours ergonomiques, point compensé par la possibilité de faire des listes de besoins. Une fois un item ajouté à cette liste, il se fabriquera tout seul au moment où vous ramassez les ingrédients nécessaires à sa confection. Le genre de fonctionnalité qui change la vie et évite des tâches rébarbatives ! Pour percevoir les ingrédients sur le terrain, vous pouvez compter sur vos lucioles qui les détectent et tracent un chemin vers eux en plus de vous indiquer à l’avance à gauche de l’écran ce qu’il y a à récupérer. Là aussi, il s’agit d’une fonctionnalité qui devrait faciliter la vie des chasseurs en herbe. On regrettera par contre que les traînées des lucioles soient particulièrement encombrantes à l’écran au point de nuire à la visibilité dans les endroits confinés.

Monstres et Cie

Le camp, seul endroit safe du jeu
Le camp, seul endroit safe du jeu

Avec votre arme de prédilection (dont il faudra connaitre tous les combos), les poches pleines de popos et une map sur laquelle sont indiqués tous les points d’intérêt déjà trouvés, il ne vous reste plus qu’à affronter les pires dangers. Monster Hunter ne porterait pas un titre pareil si l’essence même du jeu n’était pas la chasse. Pour les plus militants d’entre vous, la mise à mort des créatures n’est pas une obligation, sachez-le. Par contre, c’est se compliquer la vie puisque la tâche de les capturer vivants est ardue.

Ici, les monstres sont les rois et vous êtes l’élément perturbateur, le nuisible. Vous les dérangez donc pendant leur routine de vie que vous pouvez bien sûr étudier. L’exploration est nécessaire aussi afin de trouver les traces de leur passage dans l’environnement en ramassant mucus et autres sécrétions ou observant traces de griffes et empreintes de pas. Plus vous collectez de ces preuves, plus il vous sera facile de traquer les animaux et même de connaître leurs points faibles.

Mieux vaut lui que moi
Mieux vaut lui que moi

Savoir que l’on peut trancher la queue, casser les griffes, ... c’est aussi connaître les collectibles qui permettent de se crafter de meilleures armes et équipements. Par contre, ces morceaux se méritent et nécessitent une sacrée précision de frappe. En sachant que ces magnifiques bestioles font parfois dix fois votre taille, qu’ils ont des attaques fulgurantes et variées et font preuve d’une grande tenacité, vous pouvez imaginer la difficulté de mettre un plan à exécution. Vous, face à eux, vous êtes lent (voire très lent avec certaines armes), vous ne pouvez pas les locker (d’où la difficulté à trancher des parties de leur anatomie), l’utilisation du moindre item nécessite de ranger l’arme et prend du temps à être appliqué. Autant dire que vous n’êtes qu’un moustique qui n’attend que d’être écrasé. Les combats qui durent plus d’une demi-heure sont légion et deviennent frustrant en cas de KO inopiné. Ne comptez pas sur une quelconque barre de vie pour savoir si la fin du duel est proche, seule l’observation du comportement de la bête vous dira si elle est sur le point de perdre. Au final, le sentiment de mérite et la satisfaction en cas de triomphe sont immenses et ce même si cette chasse n’avait pour but que de crafter un joli manteau pour votre felyne. Il faut dire que ces grands chats le méritent bien quand ils arrivent à tenir tête aux bestioles plusieurs longues secondes afin de vous laisser le temps de consommer une potion. Le sentiment de petitesse et d’être insignifiant est aussi renforcé par le fait qu’il est possible de se retrouver entre plusieurs gros monstres qui se prennent le bec. Les plus courageux tenteront alors de profiter de ce moment pour attaquer en fourbe alors que les autres choisiront de prier pour leurs miches. Monster Hunter c’est toujours autant de souffrance et de frustration mais c‘est pour cela qu’on l’aime.

BATAIILLLLLEEEE
BATAIILLLLLEEEE

Finalement, pour ceux qui connaissent la licence, elle ne change pas beaucoup. Elle se permet juste d’affiner un peu plus sa recette tout en proposant de nouveaux environnements accompagnés du bestiaire qui les peuple. La grosse nouveauté c’est finalement la fluidité accrue des déplacements due au fait que les aires d’exploration sont maintenant d’immenses zones sans découpage et micro-chargements. “Alléluia” crieront certains. Pour parfaire le tout, le jeu propose aussi une réalisation solide au framerate imperturbable tout en affichant parfois de fort jolies choses. Les environnements fourmillent de détails, les rendant vivants. Des insectes petits et grands aux différents mammifères et autres bestioles, on se sent vraiment dans un environnement qui n’est pas le nôtre et dans lequel il faut faire attention à tout. Cela profite vraiment au plaisir de jeu et ce n’est pas rien tant il est possible de passer des dizaines ou centaines d’heures en ces lieux. Pour les joueurs sur One X, le choix est proposé entre fluidité, résolution ou graphisme avec plus de détails et effets même si cela ne transforme pas le jeu du tout au tout. Du haut de ses 12 gigas, il ne faut pas s’attendre à des textures très détaillées dans tous les cas. La partie sonore n’est pas en reste avec des compositions orchestrées soulignant bien l’intensité des combats. Pas grand-chose à reprocher au jeu dans l’ensemble si ce n’est la raideur caractéristique de la série dans les animations du perso et une interface pas toujours très pratique quand il s’agit d’aller chercher un certain item perdu dans l’inventaire.

Les environnements sont parfois aussi superbes qu
Les environnements sont parfois aussi superbes qu'intimidants

Au moment où ce test est publié, la partie online du jeu n’est pas encore disponible. Ce n’est pas un détail puisque la coopération est un élément clé de l’expérience de Monster Hunter. Savoir s’organiser sur le terrain tout en combinant différentes capacités d’armes pour défaire ces géants est ce qui peut vous apporter le coup de cœur final pour cette aventure si la qualité du netcode suit. En l’état, en solitaire, c’est déjà un bon jeu très difficile qui nécessitera beaucoup de temps et d’investissement. À noter que Capcom a l’habitude avec cette licence d’ajouter régulièrement du contenu gratuit jusqu’à une version “++” et qu’ils ne risquent pas de déroger à la règle cette fois encore.

Bilan

On a aimé :
  • La recette MH fidèle à elle-même
  • Une qualité de réalisation bénéfique pour l’expérience
  • Des quêtes et du craft à gogo
  • Nouveaux et anciens joueurs, soyez les bienvenus
On n’a pas aimé :
  • Une interface encore perfectible
  • Les lucioles qui cassent la lisibilité
Le poitrax, les bouboules et la boubouche

Le plaisir de la chasse aux monstres est enfin là sur nos grands écrans HD qui explosent bien la rétine. La promesse de cet épisode est bien tenue, Monster Hunter profite de la puissance des consoles de salon pour proposer une expérience plus vivante et immersive que jamais. Les longues heures à passer devant sa TV pour se crafter une paire de moufles en peau de grosse bestiole agressive devraient s’enchainer assez facilement une fois les bases du gameplay assimilées. On vous souhaite d’ailleurs bon courage pour votre traque en espérant que les rôles de chasseur et gibier ne s’inversent pas trop souvent même s’il faut avouer que ce sera forcément le cas plus souvent que vous ne l’espéreriez. Monster Hunter est toujours une expérience qui demande de s’investir, se préparer et d’être vigilant et c’est tant mieux, c’est pour ça qu’on l’aime. Reste à espérer que le netcode suive, que le succès soit au rendez-vous et que Capcom apporte régulièrement du contenu pour motiver les troupes.

Xboxygen
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Monster Hunter World

Monster Hunter World
PEGI 0

Genre : Action RPG

Éditeur : Capcom

Développeur : Capcom

Date de sortie : 26/01/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4

4 reactions

texazranger

25 jan 2018 @ 13:58

Ha, la chasse à la galinette cendrée...J’ai testé la béta, mais en solo c’est pas fun...Merci pour le test (wall) E-boux.

benderbigscore

25 jan 2018 @ 14:03

Cette bonne vieille galinette cendrée . DBZ + Monster hunter le même jours. Le second sera pour un peut plus tard.

Eboux

Rédaction

25 jan 2018 @ 16:41

@texazranger : Le début du jeu n’est pas ce qu’il y a de plus fun en solo mais le plaisir vient au fur et à mesure des combats avec la maîtrise

Kiori

26 jan 2018 @ 10:09

Quand il est 5h du matin et que tu joues encore à Monster Hunter World, ce n’est plus les monstres que tu cherches mais les « problèmes ». Vraiment, truc de de malade ce jeu ... 5h du matin ; on m’envoie chercher un mob et qu’est ce que je fais ? Je vais aller cueillir des fleurs, champignons et ramasser des insectes et le tout dans la joie et la bonne humeur. Sauf qu’à 8h45 on me réveille pour me dire que je dois aller au taff ... Vive Monster Hunter World !