Test - Sonic Forces

«Hérisson farci» , - 2 réaction(s)

Le Sonic nouveau est là. La licence ne se sera pas fait attendre pour revenir sur le devant de la scène après un Sonic Mania concocté avec amour et nostalgie par un simple fan acharné accompagné d’une autre équipe que la Sonic Team. C’est au tour de cette dernière de proposer une sorte d’hommage best-of puisant dans les opus 3D plus récents. Autant dire que sur le papier, ça paraissait déjà moins emballant que le Mania et sa jolie 2D.

Une après-midi sur Gulli

Des explosions dignes d
Des explosions dignes d'un Michael Bay

Fort de ses expériences dans les séries animées, ce nouveau Sonic donne au premier abord l’impression de débarquer dans un épisode d’un programme TV pour enfants. Cela se ressent dans son scénario un peu fouilli, bourré de discours sur l’amitié et consort, l’horreur pour les plus de 10 ans. L’histoire est prétexte à mélanger un hérisson moderne, un plus ancien, toute la bande de personnages connus de la saga ainsi qu’un petit nouveau que l’on crée soi-même. C’est l’occasion ici de profiter d’un large panel d’items de personnalisation et aussi d’une fonction de partage pour utiliser l’avatar des autres joueurs. Mieux encore, chacun vient avec ses spécificités comme un double saut, le fait de garder un Ring sur soi au lieu de tous les perdres en cas de choc et j’en passe. Le scénario enchaîne les scènes animées et les missions à vitesse supersonique se permettant même de mélanger un peu le tout. On se retrouve en effet avec des cut-scenes au sein même des missions ou à devoir supporter des personnages qui racontent leur vie pendant que l’on joue. Le tout donne clairement l’idée d’un jeu ciblé pour les enfants. Même si cette orientation n’est pas nouvelle, dans les précédents opus c’était plus supportable.

Par moment, le rendu est plus cool, sans les effets à gogo
Par moment, le rendu est plus cool, sans les effets à gogo

La cible du jeu ne serait pas un problème si le reste était développé en adéquation avec son public. Au lieu de cela, le mélange du fan service à tout va avec un gameplay parfois extrêmement simple et d’autres fois complètement illogique rebutera même un vieux de la vieille. Le principe même de mélanger les époques et les différents personnages avec leurs propres caractéristiques pourrait fonctionner si cela était mieux amené. C’était d’ailleurs le cas dans Generations sauf que là ça va encore plus loin. On subit plus que de raison des alternances permanentes entre des personnages à la gestion de la physique différente. L’ensemble en ressort plus brouillon qu’autre chose comme si aucune idée n’était pleinement assumée et que les développeurs ne savaient plus trop eux même ce qu’ils voulaient faire.

Les pieds dans le tapis

Courir sans jamais ne se retourner
Courir sans jamais ne se retourner

Un Sonic, en 2D comme en 3D, est un jeu qui allie rapidité et maîtrise. Forces est rapide par moments. Tellement rapide que les niveaux en vue de derrière en deviennent parfois peu lisibles. Le level design sur rails à ses adeptes mais personnellement, j’ai toujours trouvé cela particulièrement rebutant et peu efficace. Avec sa DA vraiment surchargée d’effets, il arrive très souvent de louper un bumper ou autre pour finir dans le vide voire même de se prendre un ennemi en pleine tronche ou un mur, nous stoppant net. Plus rageant encore, en allant vite on est parfois tellement projeté dans les airs que l’on ne retrouve même plus un chemin sur lequel retomber quand on est pas tout simplement éjecté de la piste dans un virage sans rebord. Le pire c’est que cela arrive de manière abrupte sans laisser le temps au joueur d’anticiper les choses, d’autant plus que le personnage est souvent autoguidé, laissant le joueur spectateur. Les moments gênants - ceux consistant à utiliser le boost sans réfléchir, envolant tous les ennemis sur le passage et collectant automatiquement les pièces - sont aussi de retour. Sérieusement, c’est tout sauf sympa à jouer. Déjà que le jeu reprend le contrôle du personnage dans beaucoup de cut-scenes si en plus on ne donne qu’une touche au joueur pour réussir un passage, c’est lourd.

En scrolling à l’horizontale, le jeu s’en sort un peu mieux. Pour autant, le level design n’est franchement pas une réussite. On retrouve des niveaux plus vastes qui semblent appeler à l’exploration même si, paradoxalement, tout est fait pour que le joueur fonce tête baissée sans réfléchir jusqu’à se prendre un piège. Les speed-runners devraient s’en donner à coeur joie. Les autres chercheront les bonnes idées terriblement absentes ou bien cachées. Entre la physique du Sonic old school qui tue ses ennemis en sautant dessus ou le Sonic moderne et les différents avatars qui ont besoin d’un lock pour leur foncer dessus, on est trop perturbé. Aussi, les personnages ne répondent pas de la même manière du tout, ce qui est normal en soi, sauf que les différences même de comportement sont très agaçantes. Exemple : en sautant en pleine course, Sonic retombe et s’arrête net si on ne lâche la direction en l’air. Avec l’avatar, ce n’est pas toujours le cas. On est tombé sur un qui avançait tout seul sur une longue distance après le moindre saut où une légère pression sur une direction était exercée. Lorsqu’il fallait retomber sur des plates-formes moins grandes que cette distance et s’arrêter pour éviter un projectile ou une chute, c’était la mort assurée sans pouvoir rattraper quoi que ce soit. Le sentiment de maîtrise ne répond que rarement présent et c’est rageant car si dans les phases de vitesses on peut se dire qu’il suffit d’apprendre le niveau par coeur, dès que l’on ralentit le jeu devient d’une lourdeur impressionnante.

Parfois on perd deux dixième à chaque oeil
Parfois on perd deux dixième à chaque oeil

Si les changements de prise en main lors des pures phases de plate-forme sont vraiment délicats et mal gérés, la gestion du lock est encore pire. Dans les faits, il est censé apparaître automatiquement autour des ennemis ou bumper. Malheureusement, celui-ci est capricieux et s’affiche quand bon lui chante, synonyme souvent d’une mort certaine. Le pire étant lors du combat contre le premier boss où, essayant d’anticiper une de ses attaques plongeantes, on essaie de lui sauter sur la tête pour le toucher, en vain. On se rend compte, tant bien que mal, qu’il faut en fait rester au sol et que c’est seulement sous cette condition que le lock pour le taper apparaît sur sa tête. Dans quel monde il ne faut pas sauter dans un jeu de plateforme ? Et du non-sens de ce genre, le jeu n’en est pas avare, rendant la progression vraiment agaçante. C’est comme cet ennemi placé sur une petite plateforme qu’il faut tuer via l’auto-lock et, surprise, le rebond sur sa tête précipite obligatoirement le joueur dans le vide juste derrière.

À fond, à fond, à fond. Gravier.

Avec beaucoup de patience et d’abnégation, on peut retrouver par moment un feeling tout au plus sympathique. Pour nous inciter à persister et refaire les 30 niveaux seulement du jeu en boucle, un système de missions SOS a été mis en place. Il s’agit de revenir sur des niveaux et les réussir sans mourir pour débloquer des items qui servent à customiser l’avatar. Il y a aussi un système de scoring basé sur la vitesse de parcours du niveau, du nombre de tentatives et nombre de Rings collectés. Manque de bol, celui-ci semble bien pété car même en mourant et ramassant ce qui traîne devant soi, on peut atteindre le rang S. Un comble. On peut aussi essayer de collecter toutes les pièces rouges au nombre de 5 dans chaque niveaux. Sinon, en 5 heures on a fait le tour du jeu, ce qui explique sûrement son prix peu élevé.

Entre Sonic et les avatars, c
Entre Sonic et les avatars, c'est la bro-force

Techniquement, le jeu est compliqué à apprécier principalement parce que la DA n’est pas reluisante. Il manque clairement de lisibilité autant en scrolling horizontal qu’en défilement vers l’avant au point où l’on arrive à complètement perdre de vue son personnage. En dehors de ça, c’est assez propre avec un framerate assez stable même si du tearing se fait sentir lors des passages rapides. L’autre déception vient des boss qui ne proposent pas de challenge et manquent en plus d’originalité. Il n’y a rien qui puisse marquer les esprits.

Musicalement, l’OST colle aux différents genres de gameplay. On retrouve de la musique rétro sur les passages avec le Sonic à l’ancienne tandis qu’à d’autres moment on retrouve des choses plus orchestrales et même des passages avec du chant. Dans l’ensemble, c’est peu reluisant et il est difficile de garder des airs en tête.

Bilan

On a aimé :
  • C’est rapide
  • C’est court
  • Oh, du fan service
On a pas aimé :
  • Maniabilité hasardeuse
  • Level design moyen
  • Ce foutu lock foireux
  • Difficile d’adhérer si on a plus de 10 ans
La débâcle

Sonic Forces est franchement mauvais. Les habituels travers des opus 3D sont toujours présents et s’ajoutent à une prise en main décourageante, des soucis de conception évidents ainsi qu’un level design pas franchement glorieux. Ajouté à l’ambiance dessin animé pour enfants avec des dialogues ringards et des musiques qui tapent sur le système, on se demande ce que l’on retiendra de cet opus. Les plus acharnés pourront essayer de se satisfaire du système de scoring en ligne tandis que les autres tenteront d’oublier cette mauvaise séance de jeu à peine plus longue qu’une séance de ciné. Quelle déculottée pour la Sonic Team avec un Mania à la fois plus respectueux et inventif.

Xboxygen
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Sonic Forces

Sonic Forces
PEGI 0

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : Sega

Développeur : Sega

Date de sortie : Fin 2017

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch

2 reactions

lacrasse

13 nov 2017 @ 17:05

J’ai faillis le prendre l’autre jour a Leclerc il était pas cher... J’ai bien fait de le laisser....

Bastino

15 nov 2017 @ 16:51

Allez donc voir les avis sur Steam