Test - Cities Skylines

«Quand on arrive en ville...» , - 2 réaction(s)

Cities Skylines est un jeu de gestion développé par le studio finlandais Colossal Order et adapté sur consoles par les australiens de chez Tantalus, le tout édité par Paradox, un des spécialistes des jeux « d’intellectuels » comme la série des Europa Universalis, Hearts of Iron ou encore Crusader Kings. Mais je vous rassure tout de suite, Cities Skylines n’a rien d’un jeu d’intellos, au contraire, il est même étonnamment accessible et simple à prendre en main.

Sim City 4000

C
C'est joli !

S’il y a bien deux genres qui sont sous représentés sur console, c’est bien les jeux de stratégie et les jeux de gestion. Et pour cause, la manette est un véritable casse-tête pour les développeurs ; le combo clavier-souris étant bien plus pratique et un choix naturel pour ces deux genres. Cela étant, nous avons eut droit au fil des années à de nombreuses adaptations et portages de ces jeux « typés PC », avec plus ou moins de succès. Tout reposant en fait sur le temps passé par les développeurs à l’adaptation d’un gameplay PC à la maniabilité à la manette.

Car la clé d’une adaptation réussie, c’est de ne pas embrouiller le joueur avec des combinaisons de touches farfelues et d’éviter la multiplication des menus et sous-menus. Ce qui n’est pas évident pour des jeux complexes comme Cities Skylines. Cela demande de revoir une bonne partie des menus et de simplifier certaines actions, comme de sélectionner des parcelles ou faire un « glisser-déposer », des tâches qui sont très faciles avec une souris, mais beaucoup moins à la manette. Et il faut dire que sur ce point, Cities Skylines s’en tire admirablement bien.

Sur Xbox One, [...] le jeu gagne en accessibilité et en simplicité, et même les novices prendront rapidement du plaisir
Pas besoin d
Pas besoin d'être ingénieur pour gérer le système de canalisations

L’interface est simple, claire, les menus sont limités, et pourtant, le jeu ne semble pas avoir été amputé d’une quelconque option. Bien évidemment, la version PC offre des paramètres plus poussés dans la construction, mais sur Xbox One, on n’a pas le sentiment de perdre en profondeur. Au contraire, le jeu gagne en accessibilité et en simplicité, et même les novices prendront rapidement du plaisir. D’ailleurs, le jeu ne propose pas de tutorial à proprement parler, mais il nous guide durant la partie en nous enseignant les bases du gameplay et en débloquant au fur et à mesure les différents bâtiments, qui ajoutent à chaque fois des éléments de gameplay supplémentaires. Manette en main la maniabilité est très agréable. Le curseur est peut-être un peu trop sensible, mais on peut régler ça dans les options. Cela demande une certaine patience pour certaines tâches, mais dans l’ensemble ça fonctionne bien.

C’est beau une ville la nuit

On commence près d
On commence près d'un échangeur

Ainsi, une fois que l’on a sélectionné la topographie de la zone de jeu et lancé notre première partie, on se retrouve face à une carte en 3D, verte et parsemée d’arbres, de collines et autres spécificités du terrain choisi (cours d’eau, bord de mer...). On débute dans une zone carré de 2km sur 2km à proximité d’un échangeur autoroutier qui sera le point de départ de nos constructions. On commence donc par tracer des routes, puis des quartiers. Accolés à ses routes, apparaîtront des parcelles qui pourront être transformées en zones d’habitation, de commerces ou d’industries, chacune ayant un code couleur. Dans ces zones, les constructions s’érigent automatiquement selon l’espace disponible. Des échafaudages se montent puis se défont, et apparaissent des maisons de différents styles et des bâtiments à l’architecture variée. Il y a un certain charme à voir fleurir bâtiments et habitations colorés de manière aléatoire.

Oui, on voit même les gens traverser la rue
Oui, on voit même les gens traverser la rue

Et là aussi, le design est maîtrisé. Chaque bâtiment est modélisé dans les moindres détails et on se plaît à en découvrir de nouveaux. Dans les rues, on peut voir les voitures circuler, les habitants promener leurs chiens, les enfants jouer au parc. Devant les lycées, on peut observer la foule des élèves amassée, au skate park, des jeunes discuter, tandis que d’autres font des figures. Et lorsque des bâtiments prennent feu, des camions de pompiers sortent de la caserne la plus proche pour aller éteindre l’incendie. On sent la vie s’organiser dans les quartiers qui prennent forme sous nos yeux, et il est agréable de voir autant de soin apporté à tous ces petits détails qui font la vie d’une ville, le tout à l’échelle miniature. Les passionnés de maquettes ou de modélisme ferroviaire seront aux anges !

Il est agréable de voir autant de soin apporté à tous ces petits détails qui font la vie d’une ville
Malgré tout, le jeu fait son petit effet
Malgré tout, le jeu fait son petit effet

Graphiquement le jeu est propre, mais il est évident que les compromis sont nombreux. Sur PC, Cities Skylines demande une machine relativement puissante pour le faire tourner correctement, et il est clair que ce n’était pas gagné de porter un jeu aussi gourmand sur Xbox One. Les chutes de framerate sont légion dès qu’on zoome un peu trop près des bâtiments, et malheureusement on jouera la plupart du temps avec cette vue rapprochée. On ne pourra donc échapper à ces baisses, qui toutefois se stabilisent une fois assez proche. Il est difficile de dire qu’on s’y habitue, mais on fait avec. De même, la qualité des textures est au minimum et des détails apparaissent régulièrement en retard lorsqu’on se déplace dans la ville. Cela dit, à une certaine distance, le jeu est plutôt joli, et la qualité du design compense grandement la faiblesse des textures. On ne se lasse pas de voir la ville s’illuminer à la nuit tombée, ou le soleil se lever à l’horizon, et la fonction capture d’écran de la console est la bienvenue !

Pour l
Pour l'instant l'herbe est encore verte...

Le jeu n’est pas très difficile, mais il propose toutefois un certain challenge. Le but étant d’attirer le plus d’habitants possible en proposant tous les services dont a besoin la population, ce qui pose de nombreux problèmes, d’abord en terme d’environnement. On peut choisir l’énergie éolienne pour fournir sa ville en électricité, mais il faudra en construire des champs pour en dépendre entièrement. Heureusement, d’autres formes d’énergie verte sont exploitables par la suite. Les industries offrent de l’emploi, mais elles polluent les sols et personne ne voudra habiter à proximité. Là aussi, le jeu propose des solutions en progressant. De même, pour le traitement des déchets, il faudra installer des décharges qui ne peuvent être déplacées. A nous de bien choisir l’endroit où les construire. Et si on n’a pas d’usine de traitement, les déchets s’accumulent et il faudra construire de nouvelles décharges pour ne pas que la ville croule sous les ordures. Ces bâtiments indispensables au bon fonctionnement de notre ville sont autant de nuisances pour les habitants, des nuisances qu’il faudra distiller aux quatre coins de la carte. Rien de bien sorcier, mais même lorsqu’on a planifié à l’avance notre ville, il y a toujours des impondérables qu’il faudra régler rapidement, sous peine de voir les habitants fuir la ville.

Monopoly Big City Edition

L’économie est un élément essentiel du jeu, et pour s’assurer des revenus réguliers il faudra attirer un flux constant de nouveaux arrivants. Ce qui veut dire : construire, construire et...construire. Il faut sans cesse planifier de nouveaux quartiers et aménager les quartiers déjà existants. Et de ce côté, à nous de laisser parler notre créativité. Grâce aux outils que propose le jeu, on peut tout faire, ou presque. Les routes peuvent être tracées dans toutes les directions : courbes, lignes droites ou un peu des deux. L’outil est moins flexible que sur PC, mais il est suffisant pour expérimenter... Bon, un peu. On revient rapidement aux quartiers en « blocks », à l’américaine. C’est simple et ça fonctionne bien. En théorie tout du moins.

Des carrés verts pour les habitations. Simple.
Des carrés verts pour les habitations. Simple.

Car il faut aussi prévoir de grandes artères pour permettre aux véhicules de se déplacer rapidement d’un bout à l’autre de la ville. Cela peut demander de détruire certains bâtiments pour faire de la place, si on ne l’avait pas prévu. Mais de ce côté là non plus, pas de souci, la touche X est notre amie et permet de détruire une sélection, un bâtiment ou une route qui ne conviendrait pas. Seuls les bâtiments importants ne peuvent être détruits de cette façon, mais peuvent être déplacés. Pour faciliter le transport des habitants, on peut aussi créer des lignes de bus ou de métro. Un petit bémol cependant pour les lignes de bus, car il faut avouer que sur console, on s’emmêle vite les pinceaux lorsque les rues sont étroites et qu’on veut mettre des arrêts des deux côtés. A nous de prévoir le coup...ou de faire avec les moyens du bord.

Malgré tout, cela reste assez simple de placer bâtiments et zones habitables. On préférera ici l’outil qui permet de remplir carré par carré ou de créer une zone précise. On pourra ainsi bâtir des quartiers de maisons moyennes de 2 carrés de profondeur, ou même d’un seul carré, pour construire de petites maisons collées les unes aux autres. Il y a de quoi faire et on peut ainsi créer une ville réaliste avec différents types de quartiers. D’ailleurs, grâce à un outil dédié, on peut tracer des zones qui deviennent des quartiers à proprement parlé avec un nom donné aléatoirement, mais qu’on peut aussi renommer comme bon nous semble. Chaque quartier ainsi créé peut avoir ses propres politiques quant à l’écologie, les nuisances, la prévention des incendies, etc.

Avec les quartiers, c
Avec les quartiers, c'est carrément le fouilli !

Toutefois, ces politiques assignées dans les quartiers ont un coût non négligeable. Il faut avouer qu’installer des détecteurs de fumée dans les maisons ou promouvoir les économies d’énergie en installant des compteurs, sont autant de politiques que l’on a envie de mettre en place. Bizarrement, cela fait apparaître un gros souci de lisibilité, car les noms des quartiers ainsi que les icônes des différentes politiques s’affichent en permanence au dessus des quartiers. Heureusement, les noms s’effacent une fois qu’on zoome, mais ça reste un inconvénient.

Jouer à Destin pour changer de vie !

Au feu, les pompiers, v
Au feu, les pompiers, v'là la maison qui brûle !

En tout cas, on se prend vite au jeu et on se voit déjà en maire modèle, qui crée des parcs à chaque coin de rue, des petits commerces de proximité et des écoles, sans oublier les casernes de pompiers et les postes de police. Nos ambitions sont donc souvent ramenées à la réalité par le budget dont on dispose. Heureusement, chaque pallier de population atteint donne droit à une somme supplémentaire à dépenser, une somme qui est rapidement dilapidée dans les nouveaux bâtiments qui sont débloqués. On peut également compter sur des prêts de 20000, 60000, puis 200000 pour assouvir notre soif de construction et d’expansion. Des prêts qui ne sont pas toujours suffisants !

On se prend vite au jeu et on se voit déjà en maire modèle
On débloque de nouveaux bâtiments à chaque pallier
On débloque de nouveaux bâtiments à chaque pallier

On peut donc être tenté d’augmenter les impôts en passant par le menu de gestion, en laissant appuyé la touche Y qui fait apparaître un menu circulaire. Par ce menu, on peut accéder à tout ce qu’on a besoin de savoir sur notre ville. On peut jeter un oeil aux dépenses, augmenter ou baisser les impôts ou les budgets alloués. Les autres icônes servent d’information ou permettent d’agrandir la zone de jeu en achetant jusqu’à 9 zones supplémentaires de 2x2km. Ce qui laisse largement de quoi faire. Et là aussi, le design de l’interface brille par sa simplicité. Une vraie leçon pour de nombreux développeurs !

Avec 8 zones à débloquer, il y a de quoi faire !
Avec 8 zones à débloquer, il y a de quoi faire !

On regrettera quand même que le jeu ne contienne pas toutes les extensions déjà sorties. Il aurait été intéressant d’avoir accès aux “catastrophes naturelles”, une extension sortie en fin d’année dernière sur PC, qui aurait permis d’apporter un peu de piment au jeu dans les longues parties. Car une fois une certaine taille de ville atteinte, on sent venir l’ennui, ce qui est inévitable dans ce genre de jeu cela dit. Mais avant d’en arriver là, le jeu nous aura déjà occupés plusieurs dizaines d’heures, au bas mot. On pourra également s’amuser un temps en activant l’option “argent illimité”. Mais pour être franc, le contenu est déjà suffisant compte tenu des 40€ que coûte le jeu.

Un petit point sur la bande-son du jeu qui est agréable les premières heures, mais qui se répète en boucle. Bref, il vaut mieux baisser le son, d’autant que les bruitages de la ville ne sont pas non plus très fameux. Un moindre inconvénient, dans l’ensemble.

Bilan

On a aimé :
  • Accessible, mais sans perdre de sa complexité
  • Design et ambiance soignée
  • Une ville vivante et animée, qu’on a plaisir à admirer sous tous les angles
  • Graphiquement assez propre, malgré les compromis évidents
  • Le prix (40€)
On n’a pas aimé :
  • Des saccades constantes dès qu’on zoome un peu trop près des bâtiments
  • Textures pauvres et clipping
  • Manque de lisibilité
  • Bande-son répétitive
  • Manque les extensions (catastrophes naturelles...)
Enfin un vrai jeu de gestion sur Xbox One !

Cities Skylines est tout ce que l’on peut attendre d’un jeu de gestion sur console. La maniabilité est très bonne, ce qui en-soi est déjà un exploit, l’interface est simple et le jeu accessible à tous. Le plaisir est immédiat et le jeu nous ouvre ses portes petit à petit, ce qui renforce l’envie de construire et de planifier la ville de nos rêves. Une ville “écolo” pour certains, “américanisée” pour d’autres ou encore remplie de parcs, d’écoles et de petites maisons. Et vu que Cities Skylines est l’un des rares à nous faire l’honneur de sa présence sur console, on lui pardonnera aisément ses tares évidentes. Techniquement, le jeu est loin de faire des miracles, la faute à un framerate en baisse dès qu’on s’approche des bâtiments et d’un clipping omniprésent. Malgré cela, pour 40€, il serait dommage de se priver d’un très bon jeu de gestion, qui brille par l’élégance de son design général.

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton2059.jpg?1484912079

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Cities Skylines

Cities Skylines
PEGI 0

Genre : Gestion

Éditeur : Paradox Interactive

Développeur : Colossal Order

Date de sortie : 21/04/2017

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows, Steam

2 reactions

daou

25 mai 2017 @ 18:18

Juste génial ce jeu, très difficile de décrocher même après plusieurs heures d’affilées. J’espère que les extensions arriveront plus tard et gratuitement si possible même s’il y a largement de quoi faire pour 40€.

daou

25 mai 2017 @ 18:23

Juste génial ce jeu, très difficile de décrocher même après plusieurs heures d’affilée. J’espère que les extensions arriveront plus tard et gratuitement si possible même s’il y a largement de quoi faire pour 40€.