Test - Stranger of Sword City

«Un donjon case par case» , - 1 réaction(s)

Laissez-moi vous présenter un ancien. Oh il n’est pas si vieux que cela, il est né en 1981, mais dans l’histoire du jeu vidéo cela fait de lui un véritable ancêtre. En le regardant de plus près on s’aperçoit que ses longs cheveux gris qui se perdent dans une barbe tout aussi touffue, sont en fait de minces lignes blanches formant des couloirs, que ses rides ne sont que des lignes de textes interminables, des statistiques, des compétences, des créatures, des classes de personnages, des pièges et des trésors aussi. C’est en perdant notre regard dans le sien que l’on se rend compte que ce vieil homme est le père, ou le grand-père de toute une série de jeu de rôle jusqu’à nos jours. Il s’appelle Wizardry et je vous en parle aujourd’hui car Stranger of Sword City est, 35 ans après sa naissance, l’un de ses derniers enfants.

Il était une fois…

Avant de débuter ce test, permettez-moi de vous présenter un peu plus ce « vieil homme », ce jeu et cette série totalement fascinante qu’est Wizardry.

Dans le fond, en 35 ans, peu de choses ont changé...
Dans le fond, en 35 ans, peu de choses ont changé...

Il était une fois, un jeu appelé Wizardry, créé par deux américains, Robert J. Woodhead et Andrew C. Greenberg en 1981, il allait devenir avec un autre jeu de la même époque, l’Ultima de Richard Garriot, l’un des jeux les plus importants de l’histoire de ce média. Wizardry est ce que l’on appelle dans le jargon d’aujourd’hui un D-RPG, une sorte de forme épurée du jeu de rôle qui envoie un groupe d’aventuriers arpenter les sombres couloirs d’un gigantesque donjon grouillant de monstres, de trésors et de pièges. A l’époque le joueur/aventurier ne voyait de son aventure que des couloirs représentés en fil de fer, des lignes de textes et une représentation sommaire des ennemis rencontrés aléatoirement. Les règles du jeu piochaient allègrement dans un grand nom du jeu de rôle papier : Donjons & Dragons. L’aventure qu’il proposait, aussi sommaire soit-elle, a happé un grand nombre de joueurs, portée par la pomme de l’ordinateur familial Apple II.

La création de personnages a tout de même un peu plus... d
La création de personnages a tout de même un peu plus... d'arguments !

Wizardry a non seulement créé une partie des bases du jeu de rôle vidéoludique mais a enfanté bon nombre de séries cultes comme celles des Bard’s Tale, des Dungeon Master, des Eye of the Beholder et des Might and Magic pour ne citer qu’eux. Mais cette influence est allé bien au-delà des frontières américaines. Deux jeunes programmeurs japonais, fans de Wizardry (alors que ce dernier n’est jamais officiellement sorti sur le sol nippon) et travaillant pour un studio nommé Enix sont revenus pleins d’idées de leur visite de l’Applefest de 1983 à San Francisco. Et ces idées là, issues de Wizardry et d’Ultima ont enfanté un autre monstre du jeu vidéo : Dragon Quest, dont le succès allait inspirer un Square Soft au bord du gouffre pour Final Fantasy.

Oui, Wizardry est l’un des jeux, avec Ultima, à la base de tout cela et même si cela ne vous parle pas, sachez que cette série est l’objet d’un véritable culte au Japon, si bien que l’on compte plus de séquelles ou d’adaptations de programmeurs et de studios japonais que de suite réelles issues du sol natal américain. Stranger of Sword City est un descendant direct de Wizardry et de l’engouement japonais toujours aussi vivant pour ce dernier et le premier du genre à sortir sur une console de Microsoft en Europe.

Lost version D-RPG

Escario peut se visiter avec une certaine liberté
Escario peut se visiter avec une certaine liberté

Tout commence par un accident d’avion. Le vôtre. Un crash terrible dont vous vous réveillez étrangement et miraculeusement indemne. Le seul survivant. Vous émergez péniblement de votre torpeur et jetez un regard douloureux sur l’étrange environnement qui vous entoure : Des ruines étranges recouvertes de sable et de poussière. Vous êtes soudain interpellé par un étrange vieil homme décharné au regard fou, ses propos n’ont aucun sens mais semblent clairement demander votre mort et c’est ce qui aurait dû arriver sans l’intervention d’une jeune guerrière en tenue d’écolière (oui il s’agit d’un jeu japonais quand même) qui terrasse les deux gigantesques créatures qui allaient vous réduire en charpie.

Les créatures sont particulièrement réussies
Les créatures sont particulièrement réussies

C’est avec elle que tout va prendre sens et que vous allez découvrir progressivement où vous êtes tombé et ce que vous allez devoir faire pour rejoindre votre pays. Vous êtes un « Stranger » ; à Escario, les étrangers sont ceux qui tombent du ciel et viennent d’un autre univers. La faible gravité d’Escario donnent à ces nouveaux venus une puissance hors norme et ils en ont bien besoin pour chasser et détruire les Lignées, « Lineage » en anglais, des créatures uniques, puissantes qui détiennent des Cristaux de Sang -Blood Crystal-, pierres précieuses dont la magie seule peut vous permettre de repartir chez vous. En gros voilà la base scénaristique de Stranger of Sword City et même si le pitch de départ est sympathique il se perd un peu en circonvolutions inutiles par la suite. Bien que sympathique, il est loin de donner au jeu le côté épique et structuré que l’on aurait souhaité ou seulement rêvé.

J’ai utilisé de nombreux anglicismes dans cette présentation pour la simple raison que le jeu est entièrement en anglais. Si votre niveau d’anglais est désespérant, vous pouvez toujours mettre le jeu en japonais sinon c’est mort pour vous vu que la structure assez ouverte du jeu passé le premier niveau vous obligera à faire des allers-retours d’une zone à l’autre ou effectuer des actions bien particulières pour pouvoir avancer.

On aura à choisir entre trois factions bien distinctes
On aura à choisir entre trois factions bien distinctes

Evacuons aussi rapidement la question de la technique, le jeu se présente sous une forme très épurée de D-RPG, à savoir des déplacements case par case dans des environnements mornes pour ne pas dire carrément moches entrecoupés de combats statiques juste égayés par les jolies illustrations des créatures rencontrées. Ces dernières sont réellement magnifiques et sont le seul élément glamour de Stranger of Sword City avec celles utilisées pour notre groupe de personnages et des PNJ. Les amoureux d’anime seront aux anges les autres regretteront l’extrême pauvreté des images utilisées pour les décors qui jurent totalement avec la beauté des créatures et le manque d’unité artistique entre les différentes illustrations utilisées pour nos personnages, mais qu’importe. Le jeu souffre aussi d’un manque total d’animation, enfin presque vu qu’il y en aura de très légères lors des impacts et des coups portés mais les créatures et les PNJ restent fixes et immobiles. Les musiques sont toutefois bien belles et rehaussent à elles seules le bilan mitigé du jeu de ce côté là.

Du classique certes mais avec quelques nouveautés

La chasse aux Lignées est aussi dangereuse que lucrative
La chasse aux Lignées est aussi dangereuse que lucrative

Stranger of Sword City ne réinvente pas la poudre et reste dans la droite lignée du D-RPG. On commence bien sûr par former une équipe, vu la difficulté du jeu de base, partir tout seul comme cela, la fleur au fusil, dans les donjons labyrinthiques de Escario est littéralement suicidaire. Votre personnage principal est accompagné de cinq autres guerriers en herbe que l’on peut créer de toutes pièces ou prendre dans le pool existant à disposition dès le départ. Trois de ceux-ci constitueront la ligne de front réservée aux guerriers et autres gros bills et les trois autres la ligne arrière, refuge des magiciens, clercs et autres classes de support. Le seul élément notable ce cette création vient de la gestion de l’âge du personnage. Dans Stranger of Sword City, l’âge est un élément déterminant pour vos personnages, un jeune aventurier ne bénéficie d’aucune expérience, par contre il tiendra plus longtemps qu’un vieux baroudeur. Cela se traduit par plus ou moins de points bonus à répartir dans les stats de départ mais aussi plus ou moins de « points de vie ». Ces points de vie allant de un (pour les vieux) à trois (pour les jeunes) sont déterminants pour la survie sur le long terme de l’équipe. Chaque fois qu’un personnage meurt lors d’une bataille, il perdra un point de vie, si ces derniers arrivent à zéro, le personnage meurt de façon définitive. Ne vous alarmez pas, il est toutefois possible de regagner ces points de vie, soit tout de suite en dépensant une fortune, soit en laissant le personnage se reposer après sa résurrection (en ville comme d’habitude) un certain temps. Bon, il est évident que durant ce temps de « convalescence », il ne gagne quasiment pas de points d’expérience et risque d’être largué d’au moins un niveau par rapport à ses camarades. Mais c’est le prix à payer pour éviter de perdre de façon définitive une pièce essentielle de votre groupe. Et tout peut aller très vite dans Stranger of Sword City.

Les décors sont moches... variés mais moches !
Les décors sont moches... variés mais moches !

Le jeu est déjà avare en ce qui concerne le gain de points d’expérience mais aussi d’argent. Tout est très cher et on n’a, surtout au début du jeu, très peu de moyens. Mais en plus, il joue continuellement avec les niveaux des créatures que l’on rencontre. Ce dernier s’adapte en principe au niveau de votre équipe, vu qu’après le premier donjon, on est libre de visiter trois donjons dans l’ordre que l’on souhaite c’est pour le moins souhaitable, mais il faut toujours rester attentif à la force des créatures que l’on rencontre car il est assez courant de croiser un groupe ayant au minimum 10 niveaux de plus que nous. Autant dire que c’est une véritable boucherie qui nous attend si on décide de se frotter à eux et vu que l’on ne peut sauvegarder son aventure qu’en dehors des donjons dans la ville principale, les cadavres risquent de se compter par paquets. Le jeu est structuré de la sorte et nous octroie dès le départ un pouvoir magique appelé « Divinity » et utilisant des points de « Moral », points glanés en tuant des monstres, nous permettant de fuir automatiquement avec 100 % de réussite. On peut aussi avoir recours à la fuite classique avec le taux d’échec que l’on connaît ou la célèbre bombe de fumée, assez onéreuse. Je vous en parle car on fuit beaucoup dans Stranger of Sword City. Mais les programmeurs ne sont pas -tout à fait- des rats et ont inclus quelques arrangements bien sympathiques comme la possibilité durant le combat d’utiliser les dernières commandes entrées et de voir le résultat très rapidement histoire de finir la plèbe façon Flash. Il est aussi possible de se déplacer automatiquement à un endroit de la carte, cela ne vous permet pas d’éviter les combats aléatoires mais reste très appréciable pour retourner à un endroit sans jeter un oeil sur la carte toutes les deux secondes.

Vous ne révez pas : c
Vous ne révez pas : c'est bien un Mimic !

Le dernier élément remarquable du gampelay, oui déjà, se nomme l’embuscade. Le jeu est certes avare en expérience et en or mais il l’est aussi en coffre et en trésors. Heureusement, à certains endroits précis dans les donjons, il est possible en dépensant quelques points de « Moral » de tendre une embuscade à un groupe de monstres. Ces derniers sont généralement plus forts et plus organisés que ceux croisés de façon aléatoire, ils ont à leur tête un chef mais gardent aussi un coffre. Dans ce combat, il est obligatoire de tuer le chef avant qu’il ne s’enfuie et emporte avec lui le trésor tant recherché. Ce petit détail est très important car c’est seulement en ouvrant ces coffres que l’on peut mettre la main sur un équipement plus puissant et plus rare, le seul magasin en ville étant très cher et assez peu achalandé. L’embuscade est aussi le seul moyen de trouver certaines « Lignées » ces créatures particulièrement redoutables qui donnent les tant recherchés Cristaux de Sang et cette chasse, rappelons-le, reste le cœur de Stranger of Sword City.

Bilan

On a aimé :
  • Les très jolies illustrations des personnages et des créatures
  • Les musiques et l’ambiance sonore en général
  • Une histoire agréable
  • Un D-RPG au final très sympa…
On n’a pas aimé :
  • …mais bien trop classique malgré ses quelques nouveautés
  • Entièrement en anglais, ou en japonais
  • Les décors très moches
  • Une difficulté aléatoire qui peut perturber
Un nouveau vieux jeu

Une chose est sûre Stranger of Sword City ne révolutionnera pas le genre. Il opte plutôt pour une prise de risques minime en appliquant à la lettre une recette de près de 35 ans et il le fait plutôt bien. Bien qu’un peu plombé par une réalisation minimaliste mais soutenu par une ambiance sonore très agréable et de bien jolies illustrations, Stranger of Sword City offre une aventure tout à fait plaisante et largement recommandable pour tous les amateurs de D-RPG ou tous ceux qui désirent tenter l’expérience pour la première fois. Et on ne va certainement pas bouder notre plaisir car en l’état, c’est le seul jeu sur Xbox One à proposer de s’essayer à ce genre si particulier et longtemps cantonné au Japon. Avis aux amateurs et aux autres aventuriers en herbe, anglophones de surcroit : allez y c’est de la bonne !

Xboxygen
http://www.xboxygen.com/IMG/moton1830.jpg?1461326741

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Stranger of Sword City

Stranger of Sword City
PEGI 16 Violence

Genre : RPG

Editeur : Experience Inc.

Développeur : Experience Inc.

Date de sortie : 22/03/2016

Prévu sur :

Xbox One, PlayStation Vita

1 reactions

tryclo999

05 jui 2016 @ 17:36

Marre de l’anglais dans les jeux indés sur Xbox one !!!