Test - Dungeon of the Endless

«L’infini est cruel» , - 5 réaction(s)

A l’heure où j’écris ces quelques lignes je suis mort. Oh ne vous inquiétez pas, le fait de mourir n’est pas agréable en soi mais on s’y habitue étrangement au bout d’une dizaine de fois et le compteur monte assez rapidement dans Dungeon of the Endless. Pourtant, tout commence de façon assez optimiste lorsque notre petit groupe d’aventuriers se voit contraint de s’échapper en module de sauvetage de leur vaisseau complètement détruit par une attaque aussi soudaine que violente. Optimiste car malgré la violence de l’atterrissage -dont l’explosion en résultant à dû couvrir au moins le dixième de la surface de la planète quand même- l’équipage parvient à survivre. Leur joie est de courte durée car ils émergent de la carcasse de leur module dans un étrange complexe souterrain peuplé de créatures sanguinaires. Leur seule chance de remonter à la surface est de protéger l’unique source d’énergie qui leur reste afin d’éclairer un tant soit peu les pièces découvertes et d’utiliser les ascenseurs menant aux étages supérieurs. Autant dire que ce trajet sera loin d’être une partie de plaisir.

Encore un mélange

Et après vous êtes morts...

Dungeon of the Endless fait partie de ces jeux qui arrivent à forger leur identité et innover en matière de gameplay en mélangeant deux genres différents. Ce mariage entre rogue like et tower défense fonctionne ici à merveille. Pour les derniers de la classe, je rappelle que le Rogue Like est un jeu d’exploration dont les niveaux sont générés aléatoirement ce qui induit une expérience de jeu sans cesse renouvelée et que le tower défense est un genre où l’on doit s’échiner à protéger un point précis contre des vagues de monstres de plus en plus importantes en bâtissant de nombreuses… défenses. Voilà. C’est tout simple. Notre duo d’aventurier que l’on va pouvoir choisir entre 18 personnages aux caractéristiques et facultés bien différentes allant du rapide mais fragile, au puissant mais lent en passant par le mécano fort utile, va donc devoir explorer un à un tous les niveaux menant à la sortie tout en protégeant le Crystal d’énergie. Lorsqu’ils auront découvert la sortie menant à l’étage supérieur ils devront mener le Crystal à celle-ci tout en résistant à une nuée impressionnante de créatures venant de partout. Dit comme ça, cela à l’air d’être simple mais il n’en est rien.

Un moment de répis juste avant de mourir...

Le Crystal d’énergie est très important, outre le fait de permettre à votre groupe de changer d’étage il sert aussi à alimenter les salles découvertes. Ce faisant, il les éclaire et empêche les créatures d’y apparaître mais aussi vous autorise à construire au sein de ces salles des mécanismes de défenses et des modules de production d’industrie, de science et de nourriture. A chaque nouvelle porte ouverte, ces modules augmenteront les réserves affiliées. Ce qui signifie qu’une fois toutes les portes d’un niveau ouvertes plus rien ne sera produit. Vous voyez un peu la subtilité ? Chaque tour de jeu est représenté par l’ouverture d’une porte, il est donc inutile de construire n’importe comment et n’importe quoi, surtout que les nouveaux modules coûtent de plus en plus cher. On va passer pas mal de temps et pas mal de parties afin de savoir ce qu’il est utile de fabriquer, quand s’arrêter, où positionner nos défenses et surtout gérer raisonnablement nos ressources afin de gravir un à un les étages menant à la liberté.

Encore de l’apprentissage par l’échec

Là, vous allez mourir bientôt...

Dungeon of the Endless vous apprendra à gérer votre frustration et mettra à rude épreuve votre patience. Durant notre périple on rencontre d’autres survivants, pouvant agrandir notre petit groupe jusqu’à quatre survivants, ce qui ne sera pas de trop. La moindre erreur d’inattention entraînant le plus généralement la fin de la partie tout comme la mort d’un de vos personnages lors d’une attaque massive de créatures. Ce qui me permet de revenir sur un point qui m’a particulièrement déplu. Certes, avoir des jeux difficiles et nécessitant de la part du joueur un investissement conséquent est appréciable et le challenge est toujours bienvenu. Ces jeux extrêmement difficiles se voient attribués d’emblée l’adjectif old school. Des jeux de l’ancienne école, des jeux qui rappellent aux vieux, dont je fais partie, qu’à l’époque on ne rigolait pas et qu’il fallait vraiment maîtriser son joystick pour en voir le bout. Ok. Je garde encore de cette époque des cicatrices douloureuses et des stigmates en forme de cale sur les pouces. Mais je me souviens aussi qu’à cette époque, je ne m’étais jamais senti frustré par un jeu -sauf quelques uns tellement mal branlés qu’ils étaient durs sans le vouloir- et que la plupart des jeux reposaient sur l’apprentissage du par cœur ou alors disposaient de ce que l’on appelait des niveaux de difficulté allant de facile à difficile.

Pour arriver à la fin, il faut non seulement beaucoup de méthodologie et de concentration mais aussi de la CHANCE !

Dungeon of the Endless se moque de nous en proposant deux difficultés Facile et Très Facile et modifie les paramètres de jeu et l’âpreté de la tâche en jouant sur les différents modules de survie que l’on pourra débloquer au fur et à mesure de notre avancée. Si on avance. Après plus de dix heures de jeu, j’arrive tout juste à saisir les subtilités du gameplay sans arriver à sortir de ce donjon et ce en mode Très Facile bien sûr vu que je suis une quiche de vieux. Arrivé au dixième niveaux sur 12, le moindre grain de sable dans une mécanique huilée induit ipso facto la mort de l’équipe. Pour arriver à la fin, il faut non seulement beaucoup de méthodologie et de concentration mais aussi de la CHANCE. Et ça c’est particulièrement frustrant surtout lorsque le jeu se base, comme tous les autre jeux old school sur le principe imbécile de la sauvegarde unique et qu’une partie prend plusieurs heures. Certains d’entre vous doivent rigoler, pouffer de rire en train de se dire : « oh l’autre c’est un petit joueur, il aime pas les jeux durs ». J’avoue que j’aime surtout prendre du plaisir à jouer, me détendre. Intrinsèquement, Dungeon of the Endless est très agréable à jouer, très sympathique mais est aussi totalement hermétique à une grande majorité de joueurs. Est-il si difficile aujourd’hui de permettre à tout un chacun de trouver l’expérience qu’il désire dans un jeu ? D’offrir aux joueurs masochistes le plaisir qu’ils cherchent sans pour autant fermer la porte à tous les autres ?

Exemple type d’une issue fatale imminente...

J’avoue que Dungeon of the Endless a eu raison de ma patience et de mon sang froid lors d’un dernier effort pour voir la fin du premier niveau lorsque, alors que mon équipe avait trouvé un superbe équilibre, que j’avais enfin réussi à faire les réserves que j’espérais niveau après niveau, un putain de bug l’a bloqué lors du passage du niveau 10 au 11 et grâce à la superbe sauvegarde unique j’ai tout perdu sans rien pouvoir y faire. Pour recommencer après ça, il est nécessaire de faire un break de quelques jours ou quelques mois. A noter toutefois que le jeu propose aussi un mode mulitjoueurs que nous n’avons pas pu tester faute de partenaires mais je n’ose pas imaginer quelle ambiance il peut résulter d’un échec suite à une erreur d’un joueur distrait ou trop entreprenant et ce sans parler de bugs assassins totalement imprévisibles. Pour une fois, heureusement que l’on ne puisse pas y jouer en écran splitté dans la même pièce !

Version Preview, la version complète sortira en janvier.

Bilan

On a aimé :
  • Un mélange des genres abouti et très prenant
  • Un pixel art joli
  • Une ambiance sonore fort réussie
  • Un humour subtil et bienvenu
On n’a pas aimé :
  • Une difficulté abusée
  • Encore ce principe de sauvegarde unique
  • Conseillé seulement aux joueurs masochistes
  • DES BUGS obligeant de tout recommencer
Même la fin a ses limites

Dungeon of hte Endless est un jeu exigeant, difficile -et c’est peu dire- dont il faudra maîtriser tous les rouages afin d’éviter au maximum les aléas de la chance pouvant réduire tous nos efforts à néant. Une petite catégorie de joueurs y prendra un pied pas possible, car dans le fond, ce mélange entre rogue like et tower défense fonctionne parfaitement, les graphismes en pixel art sont plutôt jolis et l’ambiance sonore au top. Mais une grande majorité de joueurs délaisseront très rapidement l’exploration de ses méandres tant l’expérience peut s’avérer cruelle, injuste et frustrante et ce même si les problèmes de bugs sont réglés lors d’un éventuel patch salvateur. Dungeon of the Endless gagnerait tellement à s’ouvrir, à être plus souple dans l’expérience qu’il propose tout en conservant le challenge initial pour les masochistes. Je regrette amèrement cet extrémisme car dans le fond j’aime beaucoup ce jeu et j’aurais tellement aimé le conseiller à tout le monde et ce sans aucune retenue et profiter d’un plaisir… sans fin.

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Dungeon of the Endless

PEGI 7

Genre : Aventure/Réflexion

Éditeur : Amplitude Studios

Développeur : Amplitude Studios

Date de sortie : 16/03/2016

Prévu sur :

Xbox One, PC Windows, Mac OSX, Apple iOS

5 reactions

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Apollon13

22 déc 2015 @ 08:32

C’est vrai que chez amplitude ils ont leur public et cherchent à le satisfaire avant de chercher à l’étendre. Assez étonné de voir celui la sortir sur console. Endless space est plutôt tendu lui aussi, endless legend j’ai pas encore joué mais visiblement c’est pas tout à fait tendre aussi.

Mais ils visent plus les hardcore que les old school, vaut mieux savoir ça en prenant un de leurs jeux.

Après si on se prend au jeu c’est très sympas, un poil plus sympas à 2 (on s’attribue des persos et ça diminue la microgestion par 2), mais oui c’est quand même calibré pour les amateur de BDSM

Jarel

Rédaction

22 déc 2015 @ 12:44

Le jeu aurait il été moins sympa/bon s’il avait été plus facile/accessible dans un mode de jeu dédié ? Sincèrement j’en doute. Là les niveaux de difficulté Facile- très facile se nomment en fait Très difficile et Hardcore, je trouve à mon sens que cela nuit au plaisir de jeu pour un joueur lambda voir même normal.

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Apollon13

23 déc 2015 @ 08:30

Bah le plus étonnant en fait c’est qu’amplitude ai porté le jeu sur console (je soupçonne un truc genre palier kickstarter ou accès anticipé ou ils avaient plus d’idée). C’est un studio qui a un public de niche sur PC et leur credo c’est plus de satisfaire cette communauté que de chercher à conquérir d’autres joueurs.

J’ai fait l’accès anticipé de ce jeu sur Pc (connaissant le studio je savais ou je mettais les pieds) et en gros pendant le développement si les joueurs arrivaient un peu trop souvent à la fin ils étaient pas content, si ils galéraient ça allait... Et le jeu a été équilibré comme ça. Mais comme tu dis, à faire un portage, un mode de difficulté « à la cool » n’aurait rien enlevé au jeu (bien au contraire)

Après pour ceux qui aiment je conseille de jeter un œil a endless space et endless legend (dans des genres totalement différents), faut faire parti de la niche pour apprécier encore une fois, mais si vous êtes dedans amplitude est un petit studio de frenchies qui prend soin de ses fans... Après faut un peu aimer se faire attacher au barbelé et fouetter avec des orties, sinon vous avez juste droit à des coups de bâton.

Bon test au passage du coup vu qu’il fait bien ressortir ce point essentiel .

Picarret

28 déc 2015 @ 16:32

Ainsi, vous auriez proposé un kickstarter spécial Android et obtenu encore plus de fonds. Concernant les grognes potentielles, j’avais souvenir que les membres d’Xboxygen préférait agir dans le respect de leurs convictions et justement pas pour faire comme tout le monde (cf. le sujet sur la disparition des notes de test).

Je veux bien mettre au kickstarter (voire carrément développer l’application s’il n’y a pas trop d’écran a faire).

Picarret

28 déc 2015 @ 16:34

EDIT : Je ne trouve pas le bouton de suppression... Mauvais endroits pour le commentaire.