Test – Nights into Dreams

Là où les éléphants roses ne sont pas suspects
Il est des titres qui n’ont eu besoin que d’un jeu pour s’élever au statut de culte et propulser son protagoniste dans le panthéon des personnages célèbres.
Un de ces fameux jeux se nomme Nights into dreams, Nights pour les intimes, qui 16 ans après ne revient pas pour une suite, mais dans un remake HD du jeu original de Sega sorti sur l’excellente Saturn. Sega étant désormais en grosses difficultés financières, décide de ressortir des versions remasterisées de ses gloires passées afin de se remettre sur pieds.
Mais le jeu en vaut-il la chandelle après tant d’attente ?
Bonne nuit

Nights Into Dreams est un jeu dans lequel vous dirigez Nights, un habitant du monde des rêves. Ce dernier est assailli par les Nightmariens, des créatures de cauchemars qui détruisent les rêves des gens. Seul, Nights ne peut rien faire puisqu’il aura besoin de l’aide d’Elliot et Claris, deux enfants aux rêves purs qui portent en eux une composante de rêve très rare : le courage. Ce sont les seuls à pouvoir résister à la destruction des rêves, mais pour combien de temps ?
Dans chacun de leurs rêves (3 par enfant + 1 commun), ils vont devoir laisser entrer Nights pour que ce dernier libère les orbes de rêves. Pour ce faire, Nights n’a besoin que de voler, et de faire quelques acrobaties dans une course contre le temps.
Vous avez bien lu, le temps sera une menace plus redoutable, puisque vous aurez seulement 2 minutes par « course » (4 par rêve + 1 boss). Il ne faudra donc pas traîner, éviter pièges et ennemis (cela donne un malus de temps) tout en effectuant des Links, combos acrobatiques permettant de faire gonfler votre score et d’obtenir une note à la fin de chaque parcours. Cette dernière, combinée avec les notes des autres parcours, vous permettra d’obtenir un score global pour le rêve en cours.

Il va sans dire qu’en faisant des mathématiques toutes simples, la durée de vie du jeu atteindrait au maximum une heure et vingt minutes de jeu et sans se planter en chemin, puisque échouer revient à devoir recommencer le rêve entier.
C’était sans compter sur la fourberie des développeurs de l’époque, qui parsemaient çà et là des secrets tels que les médaillons à faire apparaître, ou encore des passages acrobatiques intéressants qui rapportent de nombreux points, sans oublier, bien évidemment de ne dévoiler la vraie fin qu’à ceux qui auront atteint une note de A dans chacun des rêves
Mais ce n’est pas tout, puisque le jeu offre également des bonus liés aux éditions suivantes de Nights, notamment la renommée Christmas Nights. Cette dernière ne change pas le fondement du jeu, ni même des niveaux, mais propose un habillage très festif selon la période dans laquelle le jeu est joué, ainsi que quelques petits réglages supplémentaires.
D’une heure et vingt minutes, on passe, si on se prend au jeu du scoring, à des heures et des heures de jeu à sans cesse s’améliorer et progresser dans le tableau de classement mondial.
Bouh !

Maintenant que les bases du jeu sont posées, venons-en au vif du sujet : cette remasterisation HD.
Nous y trouvons tous les éléments du jeu d’origine, mais retravaillés de manière à donner au soft un coup de jeune. Visuellement, le pari est réussi, même si on n’est pas dans un jeu qui exploite pleinement les capacités des consoles actuelles, mais entre la version originale et la version HD, le choix ne se pose même pas…
Sauf que, voilà, les développeurs ont également mis la version d’origine dans le jeu (la progression est conservée, d’un mode à l’autre), et la comparaison fait très mal au niveau du gameplay.
Les fonctionnalités sont les mêmes, là n’est pas la question. Le problème étant que dans la version HD, Nights se dirige plus mollement et ne réagit pas immédiatement contrairement à la version d’origine où tout s’enchaîne parfaitement et avec dextérité. Problème de réactivité volontaire dû à un ajout d’inertie ou problème accidentel ? La réponse n’a aucune importance puisque le résultat est là : il est préférable de jouer à la version originale qu’à la version HD pour diriger agréablement nos personnages et profiter pleinement des sensations de jeu.

Quelle que soit la version que vous choisirez, vous aurez de toute façon les problèmes de caméra (un poil moins dérangeants sur la version HD) qui posaient déjà des soucis à l’époque (ce n’est qu’une remasterisation HD, et pas un vrai remake après tout). Ce n’est pas si gênant dans la plupart des cas, mais reculer légèrement la caméra de l’action aurait permis d’avoir une meilleure visibilité surtout contre les boss, qui se font dans des endroits relativement étroits et circulaires.
Heureusement que de son côté, la bande son n’a pas pris une ride grâce à ses musiques entraînantes et mémorables qui seront fredonnées à plus d’une reprise par ceux qui se feront envoûter. Les voix par contre, sont d’origines et il ne faudra donc pas s’attendre à la qualité vocale qu’on a aujourd’hui. Enfin, c’est pas comme s’il y avait plus de 4 mots parlés sur tout le jeu. Nous avons une trame scénaristique expliquée visuellement, mais pas de paroles, ni de textes. Cela peut gêner pour ceux qui aiment vivre pleinement des histoires, mais pour un jeu orienté arcade et de type scoring, finalement ce n’est pas le plus important.
Le Bilan
On a aimé
- Le lifting qu’a subi la version HD est réussi
- Le concept qui n’a pas vieilli
- Pouvoir jouer à la version originale
On a moins aimé
- Plus mou et moins réactif dans la version HD
- Caméra un peu embêtante
- Très court
Conclusion du test de Nights into dreams
Sleep Well
{{Seize ans plus tard, Nights into Dreams propose toujours un concept accrocheur pour les fans de scoring. Malheureusement, l’intérêt d’une réédition HD devient limité lorsque celle-ci est moins agréable à contrôler que l’originale ; toutefois, cette version étant également présente, cela comble un peu la déception. Quoi qu’il en soit, ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de toucher à ce jeu devraient y jeter un coup d’oeil curieux et voir ce qu’est réellement le fantasme qui fait rêver les joueurs, depuis 16 années, les joueurs du monde entier. Pour les autres, vous vous moquerez de toute façon de ce test, puisque les points sont déjà prêts à être dépensés.
Quant à Sega, ils vont continuer à proposer des remakes de leurs gloires d’antan, alors tous ensemble avec moi très fort : Burning Rangers, Burning Rangers, Burning Rangers !}}