Test – Dragon’s Lair

Un jeu pour nous, les vieux
La bouche ouverte, les yeux pleins d’étoiles, je n’arrivais pas à détourner le regard de cette borne d’arcade. Une borne toute simple dotée d’un gros joystick robuste et d’un seul bouton, situé à droite ou à gauche pour permettre aux joueurs handicapés de latéralisation défaillante de pouvoir engloutir eux aussi leurs précieuses économies. Ce jeu unique à l’époque proposait tout simplement de jouer à un dessin animé dont on serait l’acteur. Un dessin animé interactif de fort belle facture issu de l’imagination de Don Bluth, un véritable gouffre à pièces, plus cher que la moyenne des autres jeux d’arcade et proposant un gameplay dont la progression se faisait par l’échec via un timing bien précis. Aujourd’hui ce gameplay est connu sous la dénomination de Quick Time Event (QTE) et ce jeu qui me faisait tant rêver à l’époque vient de sortir sur le XLA. Son nom ? Dragon’s Lair.
Dragon’s Lair présenté par un vieux

Dragon’s Lair est un dessin animé interactif produit par Starcom sorti en 1983 dans les salles d’arcade et utilisant pleinement les capacités du support Laser Disc. Vous avez bien lu, il s’agit d’un jeu de 1983, un jeu qui fête donc ses 29 ans ! Soit plus âgé que bon nombre d’entre vous. Pour mettre Dragon’s Lair en perspective, 1983 est l’année de sortie de la NES au Japon, soit l’année de Mario Bros et de la sortie de Space Quest 1 et de Ultima III sur PC, imaginez donc le choc pour les joueurs en herbe de l’époque lorsqu’ils ont vu tourner pour la première fois Dragon’s Lair ! Ce n’était pas un gouffre technique qu’ils avaient devant eux mais un véritable abysse ! Dragon’s Lair nous permet de diriger Dirk, un chevalier téméraire qui devra faire preuve de courage et de réflexes hors normes pour libérer la jolie princesse Daphné des griffes d’un terrible dragon. Malgré son avance technique phénoménale, son succès est surtout dû au talent d’animateur du génialissime Don Bluth qui est arrivé à donner vie au chevalier Dirk et aux nombreux pièges que renferme l’antre du dragon.

Don Bluth est un animateur américain né en 1937 au Texas. Tombé amoureux de l’animation dès ses 6 ans après avoir vu Blanche Neige et les Sept Nains, il fit ses premiers pas dans le studio Disney en 1955 pour le film la Belle au Bois Dormant. Entre 1971 et 1979 il participa en tant qu’animateur à la réalisation de Robin des Bois, Bernard et Bianca et Rox et Rouky. Non content de la direction prise par Disney, il monte avec deux de ses amis animateurs Don Bluth Productions et réalise dans son garage Banjo, The Woodpile Cat qui reçut de nombreux prix et un très bon accueil critique. Ils démissionnèrent de Disney pour réaliser Brisby et le Secret de Nimh suivi de Fievel et le nouveau monde. Don Bluth reste aujourd’hui comme l’un des animateurs indépendants américains les plus connus et les plus admirés dans le monde.
Et aujourd’hui Dragon’s Lair, ça vaut quoi ?

Très bonne question que voilà ! Si on met de côté notre nostalgie et les souvenirs émus de notre enfance, sincèrement, et cela me fait mal de le dire, Dragon’s Lair ne vaut plus grand-chose. Alors certes les séquences animées sont de très bonnes facture, inventives et assez diversifiées, en ce sens on s’amusera vraiment à découvrir ses 40 séquences. Les enfants auront un réel plaisir à jouer dans un dessin animé. Mais Dragon’s Lair reste un long enchaînement de séquences, de manipulations à effectuer au bon moment. A la manette, le par coeur sera privilégié voire nécessaire pour en voir le bout. L’option Kinect, même si elle reste plus accessible pour les enfants, reste une option gadget qui a du mal à transcender un gameplay vieux de près de trente ans. Que ce soit à la manette ou au Kinect si vous ne vous obligez pas à y jouer en difficile pour avoir un nombre d’essais limité, comptez 20 minutes pour aider Dirk à arriver jusqu’au dragon et libérer la princesse Daphné.

Pour étoffer tout cela et essayer de justifier son prix assez élevé (800 Mpts pour un vieux jeu de 20 minutes quand même), Dragon’s Lair dispose de bon nombre d’options assez anecdotiques dans l’ensemble : jouer sans indications à l’écran, avec le look de la borne d’arcade d’origine, en coop via kinect (changement de joueurs à chaque mort), un mode sans échec pour kinect (très adapté aux enfants !), un mode spectateur et bien sûr le mode score où l’on devra essayer de mourir le moins possible afin de pouvoir frimer dans le classement en ligne. Vous pouvez ajouter à cela quelques objets d’avatar à débloquer et quelques succès bien trouvés pour vous aider à découvrir les quelques petites surprises du jeu.
Le Bilan
On a aimé
- Retrouver un jeu culte
- Y jouer sans mettre de pièces dans la borne
- Les animations de Don Bluth toujours aussi géniales
- L’expérience Kinect qui rend le jeu accessible aux enfants
On a moins aimé
- 800 Mpts c’est cher même pour un vieux
- Cela reste un QTE qui se finit en 20 minutes
- L’interface est quand même assez moche
Conclusion du test de Dragon’s Lair
Un jeu pour les vieux… sadiques !
Même si on peut prendre énormément de plaisir à découvrir un titre aussi attachant que ce Dragon’s Lair, même si la fibre nostalgique peut jouer grandement en faveur de ce jeu auprès des plus vieux d’entre nous, on ne saurait conseiller son achat. Son prix parait un peu élevé par rapport au temps de jeu et à son ancienneté, l’ajout du kinect est assez anecdotique et ne pourra que convenir aux enfants qui auront alors l’opportunité de découvrir les séquences animées et les nombreuses morts qui attendent le preux chevalier Dirk. Les plus vieux se rabattront sur la manette, un sourire d’enfant au coin des lèvres…