J’ai glissé pas mal de pièces dans 1942 en arcade, lors de sa sortie fin 1984. Un shoot vertical simple, difficile, prenant. Sa suite, 1943, permettait de jouer à deux joueurs, était plus facile, et plus jolie. Mais c’est plus de 1941, sorti en 1990, que s’inspire ce « remake » de 1942. Des environnements plus variés, le jeu à deux, et avec en bonus des effets 3D venant relever le tout.
Shoot ! Shoot ! Don’t talk !
Nous avons là un shoot’m up dans la plus pure tradition. Un vrai de vrai où il n’y a pas d’autofire, mais où il faudra tirer et tirer encore sur un rythme ultra-soutenu. Vous allez vous muscler le pouce ! Ce qui fait la qualité d’un shoot, c’est avant tout sa jouabilité, et de ce point de vue 1942 a tout bon. Vous aurez le choix entre trois avions aux caractéristiques différentes (vitesse, puissance, bombes), et tout vise à l’efficacité maximum. Seulement 3 types d’armes disponibles et upgradables en récoltant les bonus appropriés : le tir tout droit, de plus en plus puissant et large, le tir multidirectionnel ou bien le laser. Suivant votre façon de jouer, vous aurez sans doute un tir de prédilection. Pour compléter votre arsenal, vous aurez la possibilité de lancer des missiles qui nettoieront une partie de l’écran, et quand vous aurez besoin de souffler, submergé par les tirs adverses recouvrant presque tout l’écran, un looping salvateur accompagné d’une bombe destructrice vous sauvera la mise pour une ou deux secondes. Si vous êtes un pro de ce type de jeu, vous pourrez vous frotter au niveau de difficulté le plus élevé parmi quatre, mais avant cela il vous faudra savoir exactement d’où viennent vos adversaires pour anticiper leurs mouvements, car vous serez très rapidement dépassé ! Pour les amateurs de scoring, un système de multiplicateur a été intégré, puisque plus vous dégommez vos adversaires de près, plus vous marquez de points. Une sorte de prime de risque, quoi !
Du classique très soigné
Il ne faut pas s’attendre à une révolution quelconque avec ce jeu : c’est plus une sorte de quintessence de tout ce que l’on connaît des shoot’m up. Les ennemis arrivent très nombreux et par vague pour les moins puissants, tournoyant sur l’écran, alors que les adversaires plus coriaces sont moins nombreux, moins mobiles, mais vous arrosent d’un feu nourri et fatal. Vous affronterez des avions, des bateaux, des tanks, des bases entières, et à chaque fois que vous survivrez à un niveau, arrivera très naturellement un boss gigantesque doté d’une batterie d’armes stupéfiantes ! Heureusement que les japonais n’avaient pas cet armement dans la réalité, car nous parlerions alors tous une autre langue aujourd’hui. En bonus, et de façon très appréciable, le jeu offre des passages un peu différents de ce qu’on a l’habitude de voir (on peut se retrouver poursuivi par un boss sans possibilité de tirer, alors que l’écran scrolle comme un fou vers le bas) qui permettent d’alterner les plaisirs. La réalisation est splendide pour un jeu de ce type. Tout est très lisible à l’écran, les graphismes sont beaux, les explosions spectaculaires, et les boss très impressionnants. Le tout est agrémenté d’effets 3D bienvenus qui ne changent rien au gameplay (ce n’est pas ce qu’on leur demande), mais qui dynamisent encore plus l’action. L’habillage du jeu est du même acabit, agréable et soutenu par le thème musical du jeu d’origine remixé. Il n’y a pas une once d’originalité dans tout cela, mais on atteint l’excellence du shoot’m up.
2 Hardcore gamers
Naturellement, le plaisir est multiplié quand on y joue à deux, en local ou sur le live (aucun lag lors de mes tests). C’est le service minimum, avec un seul mode de jeu, mais que peut-on demander de plus à un shoot si classique, venant directement de l’arcade ? La présence d’un partenaire se révélera pratiquement indispensable si on veut se frotter aux niveaux de difficulté plus élevés. Car oui, 1942 est un jeu difficile. Nous sommes là très loin des titres pour joueurs occasionnels, et ceux-ci seront perdus au bout de quelques secondes de jeu. C’est définitivement un titre conçu pour les amateurs du genre, qui eux prendront leur pied à se glisser entre les tirs et à tenter de survivre un niveau de plus. La durée de vie du titre ne peut que difficilement être commentée : autant pour les amateurs de shoot elle est virtuellement infinie car le plaisir de jouer est bien là, autant les curieux qui s’y essaieront termineront le jeu en « novice », puis n’arriveront pas à passer à l’étape supérieure et laisseront probablement tomber. Je peux tout de même vous dire que par rapport à d’autres jeux du même genre, la longueur et le nombre de niveaux sont plus que corrects.
Bilan
On a aimé :
- Belle réalisation
- Action non-stop
- Le top du shoot classique, pour amateurs
On a pas aimé :
- Trop court
Résumé
C’est un petit bonheur que permet le XBLA : offrir des jeux s’adressant à une cible précise. Que tous les amateurs en profitent. Quant aux autres, qu’ils y jettent un œil malgré tout, car 1942 pourrait bien faire d’eux de futurs amateurs pour 800 points.










