Test - Contrast

«De l’ombre à la lumière» , - 0 réaction(s)

Au milieu d’une production formatée, toute tentative d’originalité est à suivre de près. Et de l’originalité, dans Contrast, il y en a, et pas qu’un peu. Le format Xbox live arcade (je profite d’utiliser cette dénomination avant qu’elle ne disparaisse sur Xbox One) est idéal pour ça. Seulement voilà, s’il suffisait de faire original pour que ce soit forcément bien, ça se saurait. Après tout, mélanger du dentifrice avec de la moutarde, c’est original, mais c’est dégueulasse !

Atmosphère, atmosphère…

Pendant cette aventure, on va prendre le contrôle de l’amie imaginaire de Didi, une gamine dont le passe-temps favori est de se mêler des affaires de ses parents. Il faut dire qu’il y a de quoi faire…Son père s’est fait virer de la maison, et trempe dans des affaires louches, s’acoquinant avec la mafia locale dans des plans risqués. Heureusement, la petite est débrouillarde et va tout faire pour que tout se passe bien…

Le plus beau passage du jeu
Le plus beau passage du jeu

La première originalité du jeu se situe dans sa représentation visuelle. On se trouve dans une ville fantasmée, sorte de mix entre la Nouvelle-Orléans et Paris. Le graphisme ne recherche pas le réalisme, mais offre un style très typé, donnant l’impression qu’on vit un dessin animé européen. Le jeu baigne dans une ambiance musicale jazzy superbement réussie (la maman de la petite est chanteuse dans un cabaret), puis dans un environnement de fête foraine surannée, et c’est d’ailleurs toute la bande sonore qui est à mettre en avant, les acteurs étant bien impliqués dans leurs rôles. Dommage que la synchronisation avec les gestes des personnages soit perfectible. La deuxième originalité vient de l’époque choisie. Si elle n’est pas clairement mentionnée, on a l’impression d’être dans un film post Première Guerre mondiale, que ce soit par l’histoire (une bonne vieille série noire, avec gangsters et petites pépés, mixée avec une jolie histoire d’amour), ou par les dialogues « sonnant » comme dans les films de l’époque. Il y a bien à un moment donné une référence faite à Mary Poppins qui a été tourné dans les années 60, mais c’est le seul anachronisme qu’on trouvera.

De la lumière naît l
De la lumière naît l'ombre

Enfin, le principe même du jeu attise la curiosité. Si on joue l’amie imaginaire (ou pas ?) de la petite fille, on n’en est pas moins très actif. Dans ce monde, tous, sauf Didi, sont des ombres agissant comme si de rien n’était. Notre héroïne, elle , peut passer d’un état physique à un état d’ombre à volonté à partir du moment où la lumière le permet. C’est là que réside toute l’astuce du jeu : il faudra passer sans cesse d’un état à l’autre pour progresser. Tous ces éléments décrits sont remarquablement exploités. Bien que techniquement le jeu soit plutôt faible et manquant clairement de finitions, on est envoûté par l’univers proposé, happé par une narration maîtrisée qui nous fait accepter sans problème d’être dans un monde peuplé d’ombres. Le mix entre plateformes et énigmes est très réussi, avec une difficulté progressive bien étudiée. L’observation des décors est indispensable, et en essayant diverses possibilités on arrive toujours à trouver la solution. Il y a de nombreuses idées de jeux d’ombres, donnant un résultat parfois poétique (mention spéciale au passage dans la fête foraine où on vit une histoire en ombres chinoises), et réussissant à suffisamment se renouveler pour qu’on n’ait pas l’impression de toujours faire la même chose. Mais alors, si tout est si bien réussi, on tient donc un coup de cœur en puissance ? Malheureusement non…

La part de l’ombre

En effet, Contrast souffre de deux points noirs qui viennent gâcher toutes les belles ambitions du jeu.

Un concert très étrange
Un concert très étrange

Le premier est la durée de vie famélique du titre. En voyant les succès tomber très vite, je me suis vite rendu compte qu’il allait y avoir un problème avec la durée de vie…Et 4 heures plus tard, le jeu était bouclé ; n’offrant aucune replay-value, il ne sera plus jamais lancé. Quatre heures, c’est vraiment très peu, même si ce sont 4 heures très agréables. On ressent d’autant plus cette faible durée de vie que la fin semble expédiée, laissant, justement, le joueur sur sa faim ! Étrangement cette fin est très ordinaire, mettant de côté la singularité de l’univers dans lequel on a évolué pendant tout le jeu. Le deuxième problème vient d’une jouabilité très raide, rendant les déplacements, et en particulier les sauts, imprécis. Si le côté « énigmes » du jeu n’en souffre pas, le côté « plateformes », lui, trinque fortement. Il n’y a pas grand-chose de plus agaçant que de devoir refaire une succession d’actions plusieurs fois juste parce qu’on tombe bêtement après un saut tendancieux…C’est déjà énervant en soi, mais en plus cela fait sortir de l’histoire…Vraiment dommage que cet aspect n’ait pas été plus soigné.

Bilan

On a aimé :
  • L’originalité de l’univers
  • Le style graphique
  • Le concept de jeu bien exploité
  • Le soin apporté à la bande sonore
On n’a pas aimé :
  • Nettement trop court
  • Gameplay approximatif
  • Manque de finition technique
Bilan contrasté

On est toujours déçu quand un jeu a des ambitions, de l’originalité, et qu’il se révèle au final entaché de défauts gâchant en partie le plaisir qu’on peut en tirer. Dans le cas présent, Contrast est peu évolué techniquement, ce qui n’est pas très grave, mais est surtout trop court et doté d’un gameplay qui aurait mérité d’être bien mieux étudié. Pourtant, les amateurs d’expérience un peu différente du tout venant vidéoludique plongeront avec délice dans un monde qui a une identité propre très forte, et apprécieront des mécanismes de jeu efficaces et variés. Un petit tour par la démo du jeu permettra de voir si on accroche à cet univers. Si c’est le cas, on peut passer outre ses défauts pour passer quelques heures agréables en échange de tout de même 14.99€.

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Contrast

Contrast
PEGI 12

Genre : XBL Arcade

Editeur : Focus Home Interactive

Développeur : Compulsion Games

Date de sortie : 15/11/2013

Prévu sur :

Xbox 360, Playstation 4, Playstation 3, PC Windows, PlayStation Vita