Test – Too Human
Too Human, mais enough videogame ?
Testeur : Lucha Tequila
Dans l’univers vidéo ludique, il y a des jeux qui sont annoncés pour finalement ne jamais voir le jour et rester pour toujours des mythes. Too Human, après de multiples annonces et présentations plus ou moins aguichantes, s’est vu reporté au fil du temps pour enfin atterrir dans les rayons de nos boutiques préférées. Avec un développement démarré à l’époque de la PSONE, il avait tous les atouts en poche pour devenir un hit. Avons-nous à faire à une vrai bombe ou à un pétard mouillé ? Réponse juste après la pub…
Melting Pot d’influences
Mélangeant habilement science-fiction et mythologie nordique, le titre de Silicon Knight a eu le temps de réviser sa copie et ses grands classiques. On retrouve alors durant l’histoire des noms nous rappelant vaguement quelque chose de familier, comme le nom des héros, (Balder, Loki, Thor) ou encore les Valkyries et le Valhalla. Et comme tant d’autres, cette mythologie se prête formidablement à une aventure épique, tant elle est fournie. Concernant la science-fiction, ici tout est basé sur la technologie. Les dieux auront donc des armures et des armes, mais leur statut leur confère aussi des pouvoirs divins. Les créatures seront remplacées par des vaisseaux : ainsi, le serpent Jörmungand sera ici une navette de combat ultra perfectionnée, et prisée de tous pour sa puissance destructrice.
L’histoire commence en vous laissant dans le flou le plus total. Vous commencerez ainsi les combats sans trop savoir dans quel but vous agissez, pour finalement se dévoiler un peu plus au fil du jeu. Vous incarnez donc Balder, fils d’Odin et demi-dieu à ses heures, envoyé sur Terre accompagné d’autres Ases (peuple des Dieux), afin de prêter main forte au peuple de Midgard (les humains). Si cette trame peut paraître des plus simples, viendront s’y ajouter quelques querelles personnelles entre les dieux et autres histoires de vengeance. On tient donc là un scénario des plus basiques, mais qui, agrémenté du savant mélange entre SF et mythologie, créé un univers unique.
Croisement entre deux mondes
Clairement axé dans la catégorie Hack n’ Slash, Too Human possède quelques touches de RPG avec la customisation des armes et armures, le levelling, et autre attribution de pouvoirs. Dès le départ, le choix de la classe de personnage s’offrira à vous, vous proposant 5 styles différents. Vous aurez ainsi droit au bourrin de base, le Berserk, jusqu’à l’Ingénieur Bio, capable de prodiguer des soins, en passant par le champion, plus équilibré. De ce choix dépendra la possibilité d’utiliser certaines armes et armures, mais aussi les pouvoirs attribués. Deux classes se distingueront toutefois du reste : le Berserk et le Commando, influençant plus particulièrement le gameplay et la façon d’appréhender les différentes situations (clairement, soit vous foncez au contact, soit vous restez plus à l’écart et tirez). En dehors de ça, si ce n’est vos préférences personnelles, rien ne différenciera grandement le cours du jeu d’un choix à l’autre.
Au fur et à mesure de votre progression dans le jeu, vous obtiendrez de l’expérience vous permettant d’upgrader votre héros, et ainsi de lui attribuer de nouveaux pouvoirs et d’améliorer ses compétences. Par contre, il ne sera pas question, en dehors des multiples runes et charmes disponibles, de compter sur des items vous redonnant de la vie, si ce n’est les orbes qui seront a effet immédiat et non stockables dans votre inventaire. Les autres objets comme les armes, pièces d’armure et plans de fabrication, seront légion. Et il vous faudra passer beaucoup de temps dans votre inventaire afin de le vider, et ne garder que les éléments les plus intéressants. A noter qu’une fonction d’auto-recyclage permet de vider l’inventaire de manière automatique. Cette option étant paramétrable suivant la catégorie d’objet que vous souhaitez recycler. Une fois cette dernière activée, vous risquez bien de passer à côté d’éléments qui auraient pu vous être utiles.
S’ajouteront aussi des bonus, les runes, qui auront, pour chacune d’entre elles, un effet particulier que vous allez pouvoir ajouter à vos équipements suivant le nombre d’emplacements disponibles. Il existe également les charmes, qui nécessiteront certaines conditions avant de s’activer, telle que trouver un certain nombre d’objectifs ou massacrer un certain nombre d’ennemis de différents niveaux.
Les pouvoirs divins, quant à eux, se décomposeront sous la forme de 2 arbres de compétences : un pour la classe, et un pour votre alignement. Pour chacun, il vous faudra choisir une orientation spéciale parmi trois choix différents, influençant les effets de votre cri de guerre, ou encore de votre araignée mécanique que vous ont offert les Nornes (un autre peuple de dieux vivant dans l’arbre monde). L’esprit de Fenrir (pouvoir vivant et suprême) sera a vous lorsque vous arriverez au sommet de l’arbre de compétences.
Coups de lattes à gogo
Le gameplay se différencie de ce qui a pris l’habitude d’être proposé en matière de jeux vidéo. Ici, le stick droit ne servira plus à diriger la caméra, mais bel et bien à orienter vos coups de hache, d’épée ou de marteau. Et une fois cette prise en main singulière adoptée, la satisfaction d’écraser des hordes d’ennemi ne tardera pas à faire son apparition. Le problème est que cette joie laissera souvent place à l’énervement devant cette maudite caméra qui se place très souvent d’une manière inadaptée à l’action, et dont la seule possibilité de réglage se situe dans une pression sur LB afin de la replacer derrière le héros. À noter que dans certains passages, l’angle de caméra est imposé. Et là commence la galère. En plus de l’utilisation du stick droit, celui de gauche servant à diriger le personnage, sera aussi utilisé lors des mêlées, afin d’asséner différents combos aériens, ou encore attaques à courte distance. Même si les combats se révèlent assez intenses, l’absence d’un vrai système de visée vous amènera régulièrement à frapper dans le vide ou contre un des rares éléments destructibles du décor. Et ce n’est pas l’ersatz de visée automatique présent qui va arranger quoi que ce soit. En effet, vous pourrez ne pas tuer l’ennemi qui ressuscite ses alliés avant que la plupart des siens se trouvant devant lui ne disparaissent. Ce qui peut durer très très longtemps (rappelez-vous, ils sont ressuscités). Et c’est une endurance extrêmement luxueuse lorsqu’on ne peut pas se soigner soit même. Un luxe qui vaudra à chaque échec, la fameuse cut-scène de la Valkyrie emportant votre cadavre. Ne comptez pas mourir une ou deux fois dans le jeu, le compte final sera bien plus élevé que ça. Ceci tire aussi la difficulté du jeu vers le bas, puisque votre héros, s’il ne peut se soigner, pourra renaître, tel le Phoenix, de ses cendres reprenant le jeu la ou vous l’aurez laissé, les ennemis morts le restant, et les boss endommagés aussi. Selon votre style de jeu, il ne vous faudra pas plus de 12 à 14 heures de combats acharnés avant de voir le bout du titre, qui reste décevant de ce point de vue. En effet, deux opus sont dores et déjà prévus, ce qui nous laisse une fin avec un énorme arrière goût d’inachevé. Toutefois, vous aurez la possibilité de recommencer avec un nouveau personnage en lui changeant sa classe, ou encore, refaire certains donjons avec le même, afin de le faire encore évoluer que ce soit en solo ou en coopération en ligne.
T’as vu ta dégaine ?
Esthétiquement, il est clair que le jeu n’atteint pas des sommets et reste inégal à tous points de vue. Si certains environnements apparaîtront comme étant extrêmement bien modélisés et diablement gigantesques, d’autres n’auront rien à envier à certains titres parus au lancement de la Xbox 360. De même que le design des protagonistes passe du très bon au franchement médiocre, sans parler de leur démarche parfois ridicule. Les ennemis ne seront pas en reste non plus de ce coté là, car hormis certains boss plutôt réussis, la plupart resteront moches à souhait.
Les cinématiques n’apportent pas non plus quoi que ce soit d’exceptionnel tant elles sont longues et plates. Mais cela vient surtout du fait de la qualité du doublage français qui se place dans la longue lignée des doublages odieux et mal réalisés que l’on a l’habitude de voir. Heureusement, que la langue et les sous titres sont paramétrables.
Et pour en rajouter une couche, certains passages se paient le privilège de nous offrir des chutes de framerate considérables. Ce qui gâche énormément certains combats rendus épiques grâce à une bande sonore réussie. Cette dernière sait se mettre en valeur lors des batailles et des moments clés de l’intrigue, tout comme elle sait ponctuer justement les passages de calme. Les effets sonores, eux aussi, sonnent juste et restent crédibles. Le tout reste bien pensé, mis à part vos alliés qui répètent inexorablement les mêmes phrases tout au long du jeu, vous donnant parfois envie de vous retourner contre eux.
Balder part en Live ! Euh, en croisade, pardon
Le mode multi en ligne vous permettra de retourner casser du méchant dans les divers donjons explorés dans le mode solo, mais cette fois accompagné d’un acolyte. Et oui, d’un seul ! Vous pourrez ainsi continuer à augmenter votre niveau et ramasser quelques nouveaux items afin de compléter votre collection. Sur les différentes parties jouées, le lag ne s’est pas trop fait sentir, et l’on retrouve les mêmes problèmes de frame-rate que dans le solo. Il ne sera pas difficile de trouver un compagnon de fortune, si vous n’avez pas d’ami ayant le jeu. Seulement attention, essayez de rester entre joueurs de même niveau, car si le vôtre est trop faible, vous passerez votre temps à mourir et, le mode Live n’échappant pas a la règle, à voir les valkyries venir vous chercher. De plus, il vous faudra ensuite rejoindre votre collègue pour lui prêter main-forte. Les réapparitions se faisant toujours au même point et, en général, loin de l’action.
Le Bilan
On a aimé
- Grosse identité visuelle
- Gameplay original
- Superbes musiques
On a moins aimé
On a pas aimé :
- Une réalisation décevante
- Caméra très perfectible
- Gameplay original, mais pas forcément idéal !
Conclusion du test de Too Human
Une déception au regard de l’attente
Dire que Too Human est un bon jeu serait peut être un peu pousser. Il faut être réaliste, et cela me fait mal au cœur. Mais il reste quand même honorable par certains points, ne serait-ce que pour le coté SF mélangé à la mythologie nordique. De bonnes idées sont présentes, et l’aspect RPG du jeu y est bien intégré, même si le côté technique pèche un peu. Une bonne expérience à tenter quand même entre deux grosses sorties.
j’espère qu’il y aura une suite avec les défauts du 1er en moins,car la franchise a de bonnes bases…