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Test – Tomb Raider

Test – Tomb Raider
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Le 14 mars 2013
Le 14 mars 2013

Pour qui sonne le glas ?

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Quel intérêt de sortir le test d’un jeu après tout le monde ? Quel intérêt de poster ici son avis alors que tout semble déjà avoir été dit, montré et que chaque joueur impatient ou presque s’est déjà fait sa religion à propos de ce Tomb Raider plébiscité par tous ? Telle a été la question que nous nous sommes posée à Xboxygen après la réception un peu tardive de notre version test. Le chemin que l’on va suivre pour décortiquer le jeu sera différent. Nous avons essayé de porter un regard posé sur le jeu, en essayant de nous donner suffisamment de recul vis à vis de celui-ci et de répondre à une seule et simple question : Tomb Raider est il un très bon reboot pour la série ? Notre réponse est sans appel : Tomb Raider est l’un des plus mauvais reboot que la série puisse avoir.

Tomb Raider et Lara Croft : mort et naissance…

Tomb Raider - 1997

Oui, avant tout, qu’est ce que Tomb Raider ? Les plus jeunes d’entre vous n’ont certainement jamais joué à un seul titre de cette série désormais culte du jeu vidéo apparue en 1996 au début de l’ère Playstation. 1996 soit 17 ans de cela, ce qui ne va pas rajeunir les plus vieux d’entre nous, dont je fais partie, et qui ont découvert fébrilement, manette en main l’une des meilleures séries d’aventure plate-forme et surtout l’un des personnages les plus charismatiques et emblématiques du jeu vidéo : Lara Croft.

Le premier Tomb Raider connut un véritable plébiscite auprès des joueurs et de la presse spécialisée, “icônisant” son personnage principal et faisant entrer la saga au panthéon du jeu vidéo. Core Design, le développeur anglais du jeu, enchaîna dès 1997 avec un Tomb Raider 2 lui aussi acclamé, malgré le départ de Toby Gard parti sous d’autres cieux. Eidos, l’éditeur propriétaire de Core Design ne souhaita pas voir tarir sa poule aux oeufs d’or et les épisodes se succédèrent sans interruptions à un rythme effréné et sans aucune remise en question. Tomb Raider 3 sortit en 1999, Tomb Raider la révélation finale en 2000 et Tomb Raider sur les traces de Lara Croft en 2001. Une longue descente aux enfers qui viendra se clore pour Core Design en 2003 avec un piteux Tomb Raider l’Ange des ténèbres.

Tomb Raider Underworld

Un ange dont les ailes ont été coupées et qui ne fait plus rêver personne. Après cet épisode, Eidos se sépare de Core Design et leur retire la licence pour la confier à Crystal Dynamics, qui aura la lourde tâche de redresser la série. Ils y arrivent partiellement en 2006 avec l’honorable Tomb Raider Legend, pour lequel Toby Gard est embauché en tant que consultant. Puis en 2007 à l’occasion du dixième anniversaire de la saga ils optent pour le remake du premier épisode qui réussira à convaincre les fans de la série. En 2008, avec l’aide d’un Toby Gard plus impliqué que jamais et un moteur magnifique, Lara Croft revient plus belle que jamais avec l’excellent Underworld mais qui se heurte cette fois-ci à un nouvel aventurier nommé Nathan Drake qui fait sérieusement de l’ombre au retour de la belle Lara malgré une approche différente plus orientée action et grand spectacle. Le rachat d’Eidos par Square Enix en 2009 semble aussi marquer un virage insidieux que l’on remarquera à peine avec un spin off de la série sorti exclusivement en dématérialisé sous le nom de Lara Croft and the Guardian of Light. Le nom de Tomb Raider abandonné marquera en effet la prise de pouvoir de son héroïne, de son emblème : Lara Croft.

Lara Croft and the Guardian of Light

Lara Croft a été imaginée par Toby Gard, designer chez Core Design, qui a l’origine était parti sur un personnage masculin clone d’Indiana Jones avant de changer de direction et de proposer un personnage féminin éloigné le plus possible des stéréotypes dominant du jeu vidéo de l’époque. Cette aventurière au caractère fort, sud américaine dans un premier temps nommée Laura Cruz puis anglicisée pour devenir Lara Croft, est l’un des personnages les plus emblématiques du jeu vidéo. Au sommet de sa gloire, elle fit la une du magazine Vogue et participa à de nombreuses publicités à la télévision. Un véritable phénomène culturel dont le nom sera mondialement connu en dehors du simple monde du jeu vidéo couronné par deux films, plutôt moyens, où la belle est interprétée par Angelina Jolie.

Qu’est ce que Tomb Raider ?

Des ruines, des pièges mortels et des réflexes...

Tomb Raider est un jeu d’action plate-forme proposant des environnements entièrement en 3D. Ces environnements immersifs et la grande liberté accordée au joueur ont rendu particulièrement grisantes les aventures de Lara dans des ruines oubliées, truffées de pièges mortels, de maléfices séculaires et d’énigmes particulièrement retorses. Qui ne se souvient pas de l’attaque du tyrannosaure dans la vallée perdue, des deux grandes statues égyptiennes englouties et de l’énigme du temple de Minos ? Ce savant mélange de plateforme, de puzzle et d’action, porté par la continuelle découverte de lieux magnifiques et regorgeant de secrets a toujours été à la base de la série, même dans ses heures les plus sombres. Le joueur se devait de bien regarder et découvrir son environnement afin d’avancer dans le jeu, de tenter des sauts millimétrés afin de s’accrocher à une corniche semblant hors de portée ou de faire preuve d’une extrême adresse afin d’éviter des pièges mortels.

Tomb Raider et ses mystères...

L’essence de la série reposait sur cette alchimie, sur cette magie, sur cette exploration minutieuse de son environnement pour avancer et pour en découvrir ses secrets, ses reliques oubliées. Sur la capacité de Lara à se sortir des situations les plus délicates, se défaire des autres chasseurs de trésors et de découvrir par des moments de calme soutenus l’inoubliable thème de Nathan McCree qui laissait place à la contemplation et au recueillement. Tomb Raider c’était tout cela. C’était tout cela avant le reboot concocté par Crystal Dynamics.

Une histoire à faire des galipettes dehors !

Lara et son mentor, Roth

Reboot ne va pas forcément de pair avec tabula rasa. On n’essaye pas de balayer d’un revers de main tout ce qui a été fait dans le passé pour adapter le jeu aux attentes des joueurs et à l’air du temps. Crystals Dynamics nous fait donc découvrir une Lara fragile, pure, encore vierge de quelque forme de violence pour sa toute première aventure qui va faire d’elle celle que l’on connaît : une figure iconique, indestructible, déterminée, sans faille.

La principale raison de ce reboot a été de donner corps à Lara. De lui donner un sens, une entité psychologique, la rendre accessible en la mettant dans une situation de faiblesse extrême puis suivre son évolution petit à petit. Ils ont voulu marquer son passage de l’enfant à la guerrière. L’intention était louable, intéressante et surtout pleine de promesses.

Le level design est particulièrement aérien

On retrouve donc Lara participant à l’expédition de la dernière chance d’un archéologue de télévision, Dr Withman, un égocentrique caricatural, qui arrive pourtant à obtenir le soutien économique et logistique de l’équipage du navire l’Endurance. Cet équipage composé de, Lara âgée de 21 ans, son amie d’enfance Sam dont l’oncle finance l’expédition, férue de cinéma et “camerawoman” de l’expédition, Roth le capitaine, un chasseur de trésor et ex-marine Pygmalion de Lara, Grim le baroudeur pilote du bateau, Reyes une ex flic mécano de l’équipe, et le colosse Jonah Maiava, cuisinier en chef du bateau. Cette petite équipe va partir à la recherche du tombeau d’une ancienne reine Japonaise, Himiko et de son royaume perdu Yamatai.

Tout le background des personnages et l’introduction du jeu ne sont disponibles que dans les éditions collector via une petite BD assez moche et entièrement en anglais. Comme beaucoup de jeux, Tomb Raider fait l’économie de la présentation des différents personnages de l’histoire et lance tout de suite Lara dans le grand bain. Et quel bain ! Le bateau est pris dans une terrible tempête qui le coupe littéralement en deux. La petite équipe se retrouve naufragée sur les côtes du Yamatai et poursuivis par une étrange secte se faisant appeler les Solarii. C’est sur ces bases que va se lancer l’incroyable épopée de Lara Croft.

Les Solarii aiment beaucoup les bougies et les squelettes

Et incroyable n’est pas un vain mot utilisé ici pour faire sensation ou agrémenter un dossier de presse. Crystal Dynamics nous entraîne dans de véritables montagnes russes d’action qui vont vous clouer sur votre fauteuil à grands renforts de moments chocs (un peu), d’explosions (beaucoup) et de destruction de l’environnement (énormément). Le rythme de l’aventure est extraordinaire, un véritable tour de force ne laissant que très peu de répit au joueur, le poussant à aller à chaque fois de l’avant et magnifiant chaque prestation et changements de Lara.

Bienvenue à Nanarland…

Les moments de quiétude sont rares

Le rythme de l’histoire s’avère excellent, l’éveil de Lara est tout aussi captivant, bien mis en avant même si on peut lui reprocher d’être un peu vite expédié parfois et maladroit mais on ne peut pas en dire autant sur son déroulement et son traitement. Les personnages secondaires sont, pour l’émancipation de Lara, de véritables boulets. Chaque séance cinématique les mettant en scène avec Lara souffre de grosses maladresses qui empêchent toute empathie vis à vis d’eux et qui plombent aussi l’orientation très premier degré et “survival” du jeu.

Les dialogues sont, la plupart du temps, totalement risibles et jurent avec le soin tout particulier apporté aux détails quant au changement de stature de Lara, à son animation et à son environnement technique. Le parcours de Lara est un véritable chemin de croix, on souffre pour elle, on a envie de l’aider, de la réconforter et il aurait été pertinent et judicieux d’avoir un minimum de retour crédible de la part des autres personnages partageant son aventure.

Les camps de bases vous permettront de sauvegarder et de modifier votre arsenal

Elle a beau être blessée, physiquement et mentalement, jamais les personnages secondaires n’en feront état ou n’y prêteront attention. Si on rajoute à cela, des scènes littéralement hallucinantes qui interviennent après la mort -toujours héroïquement- de certains membres de l’équipe, on obtient un traitement totalement ridicule qui ruine les efforts de mise en abîme de Lara. Derrière cette caricature, on trouve Rihanna Pratchett dont la carte de visite en terme de scénariste oscille entre le moyen (Heavenly Sword et Overlord) au totalement minable (Mirror’s Edge).

Soyons honnêtes, La série des Tomb Raider n’a jamais été encensée pour son traitement scénaristique et la mise en scène. Mais dans les précédents Tomb Raider, l’histoire était relèguée au second rang derrière le plaisir de découverte et les mécanismes du jeu. Les cinématiques n’intervenant que très rarement et généralement entre les différents niveaux. Un mauvais traitement de l’histoire et des dialogues est d’autant plus préjudiciable pour ce Tomb Raider que ceux-ci sont régulièrement mis en avant, sont assez nombreux et que le jeu capitalise sur eux pour magnifier son héroïne, soit dans des moments de détresse, de peur, de doutes, soit par des moments de bravoure.

Un problème de termite parait il...

En voulant s’émanciper de ces ancêtres et en se concentrant sur son histoire et sur son action façon cinématographique, Tomb Raider n’avait pas le droit de se louper sur ce point. Le rapprochement avec la série des Uncharted se fait frontalement dans ce traitement cinématographique et autant Tomb Raider n’a pas à rougir de la comparaison au niveau de son rythme et de sa mise en scène, autant il échoue dans les grandes lignes dès que ses personnages ouvrent la bouche. On notera par ailleurs la faiblesse du doublage français. Alice David a un joli timbre de voix mais manque cruellement de conviction et d’implication. Lara semble toujours très détachée de ce qui lui arrive, la comédienne malgré son rôle majeur, n’arrive pas à insuffler toute la rage nécessaire à l’éveil de Lara. Crédible dans tout les gémissements, elle en devient risible dès qu’il s’agit de jouer une guerrière, une survivante…

Un survival Canada Dry

L'arc est particulièrement agréable à utiliser

Devenir une survivante… Voilà le but ultime qu’atteindra Lara au bout de ce long grand huit (comptez un peu plus de 15 heures de jeu pour tout faire) et voilà l’axe sur lequel essaye de se construire le jeu. Pour atteindre ce but rien ne lui sera épargné, aussi bien physiquement que mentalement. Lara en prend plein les gencives dès le début du jeu avec un ventre transpercé, une cheville cassée, des côtes fêlées et j’en passe. Crystal Dynamics fait subir le pire (enfin pas tout à fait quand même) à son héroine, allant même jusqu’à proposer des animations spéciales particulièrement gore lorsque qu’elle meurt sous les coups d’un Solarii ou lorsqu’elle loupe un QTE. Vu que ces blessures n’ont aucune incidence sur le gameplay (sauf lorsque la narration l’exige à un moment précis), on se demande pourquoi elles interviennent si souvent et pourquoi les morts de Lara sont montrées avec autant de complaisance. On nous répond que c’est pour souligner l’état de faiblesse de Lara, pour augmenter l’empathie du joueur envers elle, on peut en douter lorsque au détour d’un QTE, elle vient finir empalée sur une branche d’un arbre qu’elle n’a pas pu éviter.

L’explication de cet acharnement viendrait plutôt du genre cinématographique appelé “Survival”. Un genre particulièrement apprécié par les développeurs vu que Tomb Raider regorge de références, parfois grossières comme pour The Descent, parfois plus subtiles comme Délivrance. Le jeu essaye de coller au plus près du genre sans aller jusqu’à embrasser complètement ses codes et aller jusqu’au bout du concept. Alors que le “survival” au cinéma commence par une exposition des personnages, un moment où ils en prennent plein la tronche puis un passage ou ils sont poursuivis par leurs assaillant jusqu’à ce qu’ils arrivent à s’en débarrasser… ou presque.

Lara tuera tout les loups dès le début de l'aventure

Malgré sa classification +18, Tomb Raider préfère se complaire dans des cinématiques de mise à mort de sa guerrière plutôt que de passer par la case outrage ou violence envers le groupe de survivants. Lara est presque violée, pas ses copines qui n’ont pas eu de sex appeal suffisant pour les dégénérés Solarii qui fourmillent sur l’île. Alors que les Solarii font preuve d’une violence ahurissante envers Lara pour essayer de la tuer, ils préfèrent capturer ses collègues sans violence etc. etc. Le manque de cohérence et de jusqu’au boutisme nuit réellement à la cohésion de l’ensemble qui jouit pourtant d’une ambiance franchement réussie.

Pourtant tout avait très bien commencé, avec une Lara meurtrie, transie par le froid qui ne cherche qu’à manger et à se réchauffer. La découverte de l’arc est un premier pas vers ce que l’on pense être un véritable trip survie où l’on devra prendre soin de Lara, la réchauffer, la sustenter, la préserver. Mais finalement on déchante vite. Tuer un animal ne rapportera que des Composants et des points d’expérience pour accroître les aptitudes de Lara, simplement, sobrement mais efficacement. Le gain d’expérience traduit bien son évolution physique même si cela la transforme trop rapidement en machine à tuer, capable de tuer de sang froid un Solarii à grand coup de piolet dans la tête. Les Composants quand à eux serviront pour améliorer son arsenal. Dans l’île tout rapporte des Composants, nom générique donné à ces éléments que l’on retrouve partout et qui servent à tout.

Lara a du bol, elle est toujours en vie et pendue par les mains...

Cette partie chasse, même si elle participe pleinement à l’ambiance magnifique du jeu, ne sert pas à grand chose. On peut en dire autant sur la détresse et la vulnérabilité physique de Lara qui n’entre en jeu que lorsque le jeu le demande, un passage obligé sans grande incidence et parfois maladroit. Les développeurs peuvent rire du short moulant et de la brassière de la première Lara en plein Himalaya, on peut de notre côté se demander comment leur nouvelle Lara peut rester en débardeur sans prendre la peine de récupérer un blouson sur l’un des 350 Solari qu’elle aura à occire durant son périple. Un détail certes qui ne nuit pas au plaisir qu’arrive à procurer le jeu, par sa mise en scène dynamique et spectaculaire, la variété des situations qu’il propose et le formidable rythme qu’il parvient à distiller.

Lara sous assistance

Il va falloir appuyer sur X là... et vite !

Si les anciennes Lara étaient exigeantes, raides, pointilleuses, la nouvelle est plutôt facile. Le jeu favorise l’action et la mise en scène. Un soin tout particulier a été apporté aux animations de Lara, un soin du détail tout particulier avec de nombreuses animations contextuelles qui se déclencheront automatiquement. Lara passe à côté d’une vague qui va s’écraser sur la roche ? Elle lèvera les bras pour se protéger des embruns. Le couloir qu’elle emprunte est étroit ? Elle glissera sur le côté en caressant la roche de sa paume. Le jeu prend un malin plaisir à nous prendre par la main, continuellement, parfois imperceptiblement, parfois obligatoirement. Vous ne voulez pas descendre tout de suite dans ce trou alors que rien ne vous y presse ? Pas de chance, vous serez bloqué avec aucune autre alternative. Vous ne voulez pas encore monter à cette échelle ? Inutile d’essayer de descendre Lara ne pourra pas quitter ce premier barreau à moins de vous décidez à monter. Un endroit semble trop sombre ? Lara sortira elle même sa torche et marchera lentement pour assurer ses pas.

Qu'est ce que Lara sans son pistolet ?

Cette “surenchère d’assistance” est présente partout. Les sauts des précédents Tomb Raider étaient exigeants, millimétrés, dans la nouvelle génération il vous sera impossible d’en louper un seul. Sauf en n’étant suffisamment prompt sur le QTE qui suit. En matière de galipettes, Lara fait presque tout à votre place, arrivant à être encore plus permissive que ce vil Nathan Drake, d’Uncharted qui montre plus que jamais son influence, surtout si l’on regarde du côté des séquences de tir même si l’ambiance de celles-ci vous feront aussi penser à du Resident Evil nouvelle génération. Toujours très souples, les séquences de tir, verront Lara automatiquement se saisir de son arme et se mettre à couvert. Un système d’esquive assez jouissif permettra même à Lara de viser automatiquement son adversaire après une roulade réussie. La maniabilité assistée est souple, très souple et ne frustre jamais lorsqu’elle nous laisse les commandes.

Surprendre ses adversaires n'est pas forcément très difficile...

Les combats même si ils manquent un peu de nervosité sont vraiment bien dynamiques et maîtrisés. On regrettera juste l’IA des adversaires assez catastrophique pour quiconque cherchant un peu de challenge dans les affrontements. Il suffira d’un peu de patience pour éliminer chaque adversaire à bout portant avec son fusil à pompe lorsqu’ils daigneront les uns après les autres montrer le bout de leur nez et ce quel que soit le niveau de difficulté choisi parmi les deux proposés au début. Tomb Raider réussi vraiment son coup dans les différentes approches qu’il propose dans les séquences d’action, les environnements offrent suffisamment de possibilités pour se débarrasser en toute discrétion des assaillants de Lara. Les passages sont nombreux et il est parfois possible de passer sans tuer quiconque en choisissant bien son itinéraire. Si vous avez du mal à vous repérer dans l’espace ne vous inquiétez pas car Lara possède maintenant un don appelé Instinct de Survie qui d’une simple pression sur le bouton de tranche mettra en sur-brillance chaque élément interactif du décors, chaque objet à récupérer et les adversaires, animaux présents dans votre champ de vision. La carte du lieu disponible à tout moment se mettra elle même à jour en indiquant où se trouvent les éléments à récupérer. On peut même y placer un repère qui rendra plus facile la chasse au trésor ce qui résumera à l’usage l’exploration à un simple jeu de piste entre les différents trésors, objets et reliques (dont certains sont identiques mis à part la texture). Certains devront toutefois attendre que Lara tombe sur un équipement spécial pour pouvoir y accéder…

Plus belle que jamais

En une image : un tombeau secret dans son intégralité !

Techniquement ce Tomb Raider place la barre très, très haut, les environnements sont superbement détaillés, la jungle foisonne de détails et l’architecture des lieux, à défaut d’être cohérente, est surtout tentaculaire. Le level design a été entièrement pensé pour dynamiser les scènes d’action et permettre à Lara de mettre en évidence ses talents de varappe. Elle saute, bondit et se raccroche in extremis à une petite excroissance rocheuse tandis tout s’écroule ou explose autour d’elle. Les effets sont saisissants et tout a été pensé pour en mettre plein la vue au joueur, jusqu’à aller dans le ridicule le plus total dans la mise en situation. Apprêtez-vous à voir et à vivre des séquences que même Michael Bay n’aurait pas osé mettre dans ses films. L’enchaînement de ces séquences hallucinantes et le rythme particulièrement bien ficelé du jeu procurent un plaisir coupable certain qui fait tout oublier, toute les imperfections les maladresses disparaissent alors pour laisser place à l’envie d’aller plus loin de voir la suite.

Lara gagne vraiment en épaisseur durant les séquences de jeu pur. Cinématiques maladroites, QTE à foison, gameplay assisté, tout cela s’efface devant le spectacle irréel, grisant que nous offre cette épopée. Une sorte de film de série Z doté d’un budget colossal et qui régale son spectateur si celui-ci parvient à se laisser glisser sur une vague de naïveté et de plaisir. Tomb Raider n’a aucune autre prétention que de fournir un jeu estampillé adolescent, avec le trop plein de gore (gratuit et grand guignol lors des morts de Lara, gentillet par ailleurs…) et de spectaculaire qui sied à son public.

Chaque zone contient un défi particulier, comme allumer des idoles...

Alors évidemment ce parti pris a des faiblesses qui laisse à côté de lui de nombreux cadavres, comme l’exploration des tombeaux. Ceux-ci se résument maintenant à un couloir suivit d’une toute petite salle dans laquelle nous attend une énigme de niveau CE2 et un coffre contenant expérience et “Composants”. C’est tout. Aucun trésor à trouver dans ces tombeaux alors que c’est ici qu’ils auraient leur place la plus légitime. A ce niveau de vacuité on se demande même à quoi ils servent vu que même leur emplacement est bien indiqué sur la carte. On regrettera aussi la disparition totale des pièges mortels que l’on devait déjouer dans les précédents Tomb Raider…

L’autre grand perdant sera à chercher au niveau du sentiment d’exploration et de découverte. Fini l’impression de poser le pied dans un endroit oublié, de découvrir une merveille cachée depuis des siècles aux yeux des hommes. Yamatai est un endroit grouillant d’hommes, de marins échoués, captifs à jamais de l’île maudite. Ces hommes ont déjà pris possession de l’île et en connaissent les moindres recoins. Seul un tombeau semble être resté inviolé de leur culte. Au final on n’arrive à retenir de l’aventure pas un lieu précis porté par sa majesté et sa magnificence, aucun lieu découvert de façon solennelle par du silence ou une douce musique (le thème de Nathan McCree fait cruellement défaut) mais plutôt une séquence de bruit et de fureur, un saut au cordeau ou une séquence de destruction. Les lieux que Lara traverse ne sont plus le sujet mais plutôt le théâtre de séquences hallucinantes, de prouesses physiques de la belle.

Le multi est anecdotique

Pour finir, deux mots sur le multi, qui n’inventera rien et n’apportera rien au genre non plus, il est sympathique, fait le job, avec ses modes capture le drapeau (où l’on devra juste récupérer des médicaments, chassés par les Solarii), mêlée en équipe et mêlée générale. Outre de l’originalité, il lui manque aussi une certaine nervosité pour tenir la route contre les cadors du genre. Le level design des cinq cartes proposées est toutefois suffisamment riche et intelligent pour jouer son rôle de casse-croûte aux plus en manque d’entre nous. Mais après une aventure solo de ce calibre, aussi ébouriffante que celle proposée par Tomb Raider, je pense que beaucoup de joueurs préféreront repartir pour un tour de grand huit plutôt que de s’enfermer dans une petite arène pour se tirer dessus. Un multi dans un Tomb Raider, cela peut paraître curieux, mais on peut voir cela comme une pierre de plus à poser sur la tombe.

Le Bilan

On a aimé 

  • Une mise en scène fabuleuse
  • Techniquement impressionnant
  • Un rythme parfaitement maîtrisé
  • La diversité des situations
  • Lara Croft est née
  • Tomb Raider est bel et bien mort
  • Dialogues et PNJ risibles
  • Un gameplay plus qu’assisté
  • La VF encore et toujours
  • Un Survival de bas étage

Conclusion du test de Tomb Raider

Lara Croft
On avait déjà pressenti la chose. Le spin-off dématérialisé aurait dû nous alerter. Mais voilà, c’est fait. En faisant (re-)naître Lara Croft, Crystal Dynamics a bel et bien enterré Tomb Raider dans un cercueil de fureur et de sang. Car mis à part l’emblématique héroïne de la saga, Tomb Raider le reboot n’a plus rien à voir avec la série dont il garde le nom. Lara Croft a pris son envol, s’est émancipée, s’est forgée, est née dans un jeu formaté pour plaire au plus grand nombre, sanguinolent sans être choquant, dénué de tout challenge, proposant un rythme haletant et une mise en scène à tomber par terre. Le jeu pris en tant que tel, comme un bon divertissement, un jeu pop-corn multi référentiel, s’avère particulièrement plaisant à jouer malgré ses nombreuses faiblesses et la maladresse avec laquelle il traite ses thèmes. Loin d’être un jeu majeur, il signe là l’avènement d’un renouveau pour une Lara Croft flamboyante mais aussi sonne le glas d’une série qui restera à jamais ancrée dans nos cœurs. Mais est-ce un mal pour un bien ?

J
Tombé dans les jeux vidéo quand j'étais tout petit, à l'époque où on s'extasiait de voir plus de deux couleurs affichables simultanément à l'écran. Alors venez pas me faire chier avec l'aliasing ou des chutes de frame rate... sales jeunes !
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Tomb Raider

Développeur : Crystal Dynamics
Date de sortie : 31/01/2014

29 commentaires

29 Commentaires
S
Seb94380
14 mars 2013 16h27

C’est pour ma part un reboot plus que reussis , il aurait même mérité encore meilleur note mais bon sa apres c’est une question de point de vu 🙂

H
Halnist
14 mars 2013 16h45

J’ai beaucoup apprécié ce tomb raider, je reste tout de même un peu sur ma faim. J’aurai préféré une fin qui nous montre une Lara comme on l’a connait. Mais bon, pour un préquelle c’est plus qu’excellent.

Et en ce début d’année c’est l’un des seuls gros titre qui ne déçoit pas (Crysis 3, Dead Space 3…)

Le prochain grand jeu sera surement gears of war ^^

S
Saikyubi
14 mars 2013 17h32

Je suis d’accord avec le test, la 1ere chose qui m’a frappé c’est le manque d’énigmes et d’exploration comme seul un Tomb Raider proposait. Je trouve ce jeu vraiment bien même s’il ne ressemble plus à ce que l’on a connu, et je préfère ne pas le considérer comme un reboot sinon ça fait trop mal au coeur. C’est un Tomb Raider à prendre comme une version survival donc c’est le même nom mais plus dans la catégorie plateforme/aventure. Et comme il est mentionné dans le test, c’est bourré de… Lire la suite »

V
Vinc3iZ
14 mars 2013 18h01

Perso pour moi ce reboot est également réussis et mon point de vu est plus que positif, dans les points : On n’a pas aimé, je vois la VF encore et toujours, heureusement j’ai joué tout au long du jeu et suivi l’histoire en anglais en activant les sous titres en anglais comme je suis assez bon et j’ai trouvé la VO très très réussi avec des scènes qui me font presque penser a un Film tellement que j’ai aimé. Après c’est vrai que c’est dommage de ne pas retrouver… Lire la suite »

S
SuperNael
14 mars 2013 18h05

Je sais pas si c’est moi mais j’ai eu 1 ou 2 écran noir au début qui durait 3,4 secondes puis là au niveau de la fin je suis dans un niveau au j’en ai toutes les 5 secondes.
Et quelques bugs lors des cinématiques

I
II Blue x
14 mars 2013 18h17

Pour ma part très bon solo, pour cette partie un seul petit bémol, une durée de jeu assez naze, mais le reste est très bien même si parfois on comprends plus tellement ce qui nous arrive tellement les actions rocambolesques s’enchaînent. Sinon pour mon coup de gueule, c’est quoi ce multi de MERDE ??!! Non mais franchement faut arrêtez d’investir du temps et de l’argent pour faire un putain de multi de merde, (auquel je me suis forcé à jouer pour obtenir des succès) et se concentrer sur le solo…… Lire la suite »

V
Vinc3iZ
14 mars 2013 18h17

Je pense qu’il y’a que toi qui a ces problemes tu dois avoir un probleme avec ton lecteur peut etre, essaye de l’installer sur le disque dur de ta console
Puis vide le cache systeme du disque dur voir si ca marche apres.

V
venomrhino
14 mars 2013 18h53

qui sont difficiles ces français,pour ma part moi j’ai apprécié la version français,au moins eux ils mettent leurs jeux en français

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