Mais qu’on ne s’y trompe pas, Skyrim est un jeu techniquement monstrueux, bien plus complexe que ceux qu’on considère un peu trop facilement comme les « plus beaux jeux sur console ».
La prouesse est telle qu’elle balaie toutes les faiblesses mentionnées. Ainsi, le niveau de détail du jeu est proprement hallucinant. On a l’impression que chaque touffe d’herbe a été conçue et posée à un endroit précis, que les arbres, lacs, montagnes, ont été pensés pour donner cette incroyable sensation de réalité. Une sorte de leçon de level design appliquée à l’échelle d’un pays.
Les intérieurs sont tout autant impressionnants. Alors que dans Oblivion on retrouvait des grottes similaires construites sur des schémas identiques, cette fois les endroits sont tous différents, offrant un univers tangible et réaliste comme on n’en a jamais vu avant. Le même niveau de détail s’applique aux ennemis, tous plus beaux les uns que les autres, et parfois vraiment grands (la première rencontre avec des mammouths est impressionnante).
Pendant les temps de chargement (il est vrai un peu longs dans les villes quand on passe d’une maison à une autre), on peut d’ailleurs admirer comme tout a été modélisé avec soin.
Cette exhaustivité dans le détail ne s’applique pas qu’aux visuels, mais aussi à la conception même du jeu. Ainsi les quêtes peuvent se déclencher de multiples façons dont les plus inattendues : en trouvant un objet, en lisant un livre, ou même en se laissant entraîner dans un concours de picole !
Quels que soient nos choix, les dialogues restent cohérents, et les anomalies (quelqu’un qui nous parle de quelque chose dont on n’a jamais entendu parler avant, déclarations sans rapport avec les situations…) sont presque totalement absentes : un tour de force quand on considère la quantité invraisemblable de dialogues parlés et de possibilités.
Si on y ajoute les kilomètres de textes dans les livres (bien écrits et traduits, d’ailleurs), voilà une autre performance à souligner : alors que tant de développeurs couinent et se plaignent du manque de place sur un DVD, Skyrim offre un contenu qui explose 95% des autres jeux, et ce sur un seul petit DVD de rien du tout.
Au niveau de l’environnement sonore, comme trop souvent la répartition entre les enceintes est exagérée, avec une utilisation abusive des enceintes latérales au détriment de l’enceinte centrale, ce qui peut nuire au suivi des dialogues quand plusieurs personnes parlent. Heureusement, le plus souvent les dialogues se font de face, ce qui permet de profiter d’une VF tout à fait acceptable. Pas extraordinaire, mais suffisamment bien faite pour que ça ne soit jamais gênant.
La musique, par contre, n’est pas juste correcte : elle est extraordinaire. En quelques notes, dès le départ, elle invite le joueur à se plonger dans cet univers. Par la suite elle se fera entendre toujours à propos, venant souligner avec Maestria les situations, que ce soit une scène épique ou juste le paysage qui s’étend sous nos yeux.













