Publicité

Test – Risen 2

Test – Risen 2
Le 20 août 2012
Le 20 août 2012

Coeur de pirates…

Partager cet article :

L’univers du jeu vidéo s’est accaparé très tôt de celui des pirates essayant, parfois vainement, de reproduire les combats sanglants sur les mers des Caraïbes ou la recherche d’un trésor perdu sur une île oubliée de tous. Malgré les très nombreux jeux vidéo (plus de 200 à ce jour) existants, peu d’entre eux ont marqué d’une pierre blanche la grande histoire vidéoludique et les souvenirs des joueurs, si bien que l’univers de la piraterie semble totalement sous exploité en termes vidéoludique. Les amateurs de chasse au trésor et de duels au sabre garderont dans leur coeur le Pirates! de Sid Meier (éternel précurseur), les géniaux Secret of Monkey Island, les originaux Zak and Wiki et Skies of Arcadia, pour les connaisseurs le mésestimé Galleon (cher à mon coeur) et toute une série d’adaptations de films plus ou moins réussis. La suite de Risen hisse le pavillon noir pour voguer dans les eaux troubles et sanglantes de la piraterie.

Du rhum, de l’or et pas mal de jambes de bois…

Une grotte, des trésors et des textures déguelasses...

Pour mieux coller à son rôle, Risen 2 n’a pas fait dans la demi mesure et est venu vers nous avec deux jambes de bois, deux cache-oeil, deux crochets et un joli chapeau bicorne affublé d’une tête de mort surplombant deux tibias entrecroisés. A défaut de faire très pirate, Risen 2 fait de la peine à voir et à jouer. Plus beau que le premier Risen qui était déjà une sacré purge au niveau technique, il échoue sur les grandes lignes n’arrivant pas à proposer une aventure sans tearing monstrueux, sans gros ralentissements intempestifs, sans textures baveuses -littéralement dégueulasses-, sans bugs en tout genre avec dans le désordre bugs, sonores, bugs de collision, IA aux fraises, ennemis invisibles (pas souvent heureusement), pop up omniprésent et bouton d’attaque qui ne répond plus. Autant commencer par ces écueils techniques pour avertir les allergiques du moindre bug que Risen 2 ne sera pas un jeu pour eux, vraiment pas. Risen 2 ne sera pas non plus un jeu pour les myopes ou des joueurs ayant une petite télé, il est entièrement doublé dans un anglais correct mais sous-titré à l’aide d’une police minuscule.

Qui peut refuser un concours de boisson ? Pas moi...

Après quelques heures de jeu, on ne peut que constater l’étendue des dégâts et avoir mal, très mal en pensant aux développeurs de Risen 2 qui ont dû voir leur production portée n’importe comment sur console par des tacherons (curieusement les mêmes qui sont déjà responsables de la version Xbox de Risen). Pour espérer vendre plus de jeux, il va falloir penser à investir dans un portage de qualité ce qui n’est pas le cas de ce Risen 2. Car malgré la faillite technique de ce jeu d’action-rpg, force est de constater qu’il regorge de bonnes idées et que l’aventure qu’il propose vaut largement d’être vécue et saura trouver auprès des amateurs de piraterie une place de choix dans leur collection de jeu vidéo.

Virée moche chez les pirates…

Nos retrouvailles avec Patty, bien plus belle que dans Risen !

Ceux qui m’ont suivi après la lecture du premier paragraphe lapidaire de ce test, ceux-là gardent au fond d’eux un petit espoir de trouver derrière une technique défaillante un bon jeu de pirates. Les plus beaux trésors sont ceux qui sont les plus difficiles à découvrir et je commencerai ce paragraphe par un petit bémol : oui la technique du jeu est indigne, le portage est une véritable infamie mais pourtant les décors, malgré leurs textures baveuses et leur pop-up s’avèrent réussis dans leur mise en scène, les personnages sont vivants et évitent la plupart du temps l’écueil des clônes. En ce sens, du point de vue artistique, il est nettement plus beau que le premier Risen et surtout, Risen 2 arrive à distiller une ambiance, une aura qui saura captiver le joueur et lui faire -un peu- oublier sa partie technique. Ce qui n’est pas une mince affaire, croyez moi.

L'ambiance de Risen 2 est vraiment très réussie...

La grande histoire de Risen 2 part de la fin du premier épisode. Le héros sans nom a vaincu le titan mais n’a pas pu empêcher la destruction du monde. Les survivants ont trouvé refuge à Caldéra, en dehors des murs de l’ancienne capitale, la lave ravage les terres autrefois verdoyantes. Le héros sans nom fait maintenant partie de l’Inquisition, une Inquisition acculée dans ses retranchements vu que ses bateaux sont régulièrement attaqués par le Kraken d’une sorcière nommée Mara qui souhaite l’éveil des derniers Titans. Ne vous inquiétez pas, mis à part quelques clins d’oeil et l’apparition de figures emblématiques du premier épisode, on peut facilement débuter et apprécier Risen 2 sans forcément avoir joué au premier, même si ce préalable s’avère être un plus tout au long de l’aventure.

D’autant plus que c’est l’arrivée d’une ancienne figure de Risen qui va lancer l’aventure. Patty l’ex-aubergiste et fille de pirate de Caldéra est l’unique rescapée de la dernière attaque du Kraken, sauvée par le héros sans nom, elle lui confiera l’existence d’un artefact magique capable de vaincre le Kraken et Mara détenue par les Pirates. L’Inquisition vous enverra incognito dans une mission suicide visant à infiltrer les pirates et récupérer l’artefact. Autant dire que cette virée ne sera pas de tout repos.

Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me !

Les alentours de Caldéra ravagés par les flammes...

La grande réussite de Risen 2 réside essentiellement dans sa capacité à récupérer les archétypes des histoires de pirates pour créer un univers attachant et multi-référentiel. Pirates des Caraibes et Secret of Monkey Island, Risen 2 pense à vous ! Les amateurs de pirates seront aux anges : de la chasse au trésor marqué au sol par une grosse croix rouge, du combat au sabre et au mousquet, des peuplades indigènes adeptes de magie vaudou, du rhum et du grog qui feront office de potions de soin, des visites dans des ruines oubliées aux pièges mortels, tout y passe ! Risen 2 est une ode à la piraterie, à l’Aventure avec un grand A, les personnages que l’on y croisera seront hauts en couleur, la narration y est parfaitement maîtrisée et les dialogues truculents. Risen 2 ne faillit pas dans l’aventure qu’il propose et évite l’écueil de la fin monotone et éreintante du premier épisode. En 40 heures de jeu, vous explorerez plusieurs îles réduisant le terrain de jeu immense du premier opus mais ne mettant jamais à mal le désir et le plaisir d’exploration. Risen 2 évite, sauf en de rares occasions, les chemins ou les grottes gardées par des créatures impossibles à battre. Les îles sont plus petites mais regorgent de quêtes annexes, de secrets et s’avèrent très agréables à l’oeil dans leur architecture. Certains couchers de soleil sont très beaux et certains paysages malgré une réalisation technique limitée peuvent être assez impressionnants.

Les combats sont ignobles sans les compétences appropriées...

Risen 2 propose comme son grand frère un choix entre plusieurs factions. Dans le premier, ce choix était crucial et changeait radicalement le style de jeu et une grande partie de l’aventure à venir. Risen 2 prend le parti de simplifier ces choix. Seules deux factions seront proposées: les protecteurs et les indigènes. Les premiers vous permettront de vous spécialiser dans les armes à feu, les seconds dans la magie vaudou. Intrinsèquement, ces deux choix n’influenceront pas vraiment le cours de l’aventure. Les quêtes seront identiques (à quelques exceptions près) et aucun antagonisme fort entre ces deux factions ne viendra bloquer votre progression. Au premier coup d’oeil, on pourrait résumer ce choix entre fusil et magie mais la différence est plus subtile que cela. Même si les quêtes sont identiques, les façons de les aborder et de les réussir seront radicalement différentes. La magie vaudou sera beaucoup plus subtile et vous permettra de prendre possession d’un PNJ à son insu afin de contourner les obstacles. La magie vaudou vous permettra aussi de créer des sceptres qui vous permettront de faire déguerpir un garde zélé, de faire affronter les créatures ou les pirates entre eux, etc… La fabrication de potions vaudous vous aidera à palier temporairement un manque de niveau dans certaines de vos compétences et les plus puissantes augmentera l’effet permanent de certaines plantes. A vous de choisir suivant vos aspirations si vous souhaitez avoir un style de jeu subtil ou un style plutôt direct.

Dans un bateau, il y a le haut de la vague et le bas de la vague…

On prend un réel plaisir à explorer les différentes îles de Risen 2

Dans Risen 2 c’est pareil. On va commencer par le creux de la vague avec le système de combat qui traîne comme un boulet le principe d’augmentation des compétences. L’expérience -points de gloire- du héros sans nom s’acquiert à chaque combat gagné et à chaque quête réussie. Ces points permettent d’augmenter une aptitude sur les cinq proposées : Lames, Armes à feu, Résistance, Ruse et Vaudou. Suivant votre niveau dans ces aptitudes vous allez pouvoir demander à un maître de vous apprendre de nouvelles compétences moyennant finances. L’or s’avère être le nerf de la guerre et le jeu se révèle particulièrement difficile sans augmenter la ruse qui vous permettra de crocheter les serrures, vous déplacer discrètement, faire les poches des PNJ, etc. Le jeu vous oriente de par ses mécanismes vers cette aptitude centrale que vous vous efforcerez à augmenter en premier lieu au détriment des autres. Or de base, sans aucune augmentation, le système de combat est d’une nullité sans nom plombé par l’absence de la moindre esquive. Les premiers combats s’apparentent à du bourrinage de boutons sans aucune subtilité avec quelques allers-retours dans l’inventaire pour récupérer de la vie. Les combats ne commencent à être intéressants qu’après avoir monté les compétences nécessaires ce qui prend beaucoup de temps, près d’une demi douzaine d’heures si on privilégie la ruse.

Les retrouvailles entre le père et la fille sont vraiment touchantes... pour un pirate !

C’est un véritable problème de jouabilité que subit là Risen 2, un problème qui poussera le joueur à baisser la difficulté du jeu en facile pour éviter la frustration de ces combats ineptes. La version PC a eu un patch rectificatif de la part des programmeurs introduisant l’esquive. Ce qui change tout. Dans la liste des doléances, on pourra aussi ajouter une principe de cartes globales qui ne permet pas de voir du premier coup d’oeil les endroits visités et ceux inexplorés. On regrettera aussi la gestion des sauts catastrophique et qu’ils soient maintenant scriptés (on ne peut s’accrocher qu’à un seul type de plate forme dans tout le jeu). L’absence de petite capture d’écran sur les sauvegardes est aussi l’un des éléments gênants surtout pour un jeu de rôles.

Le concours de tir permettra de nous faire un petit pactole assez facilement

Malgré ces gros défauts, Risen 2 regorge aussi de bonnes idées comme celle de pouvoir contrôler un petit singe qui vous permettra d’atteindre des endroits inaccessibles, gardés ou vous ouvrir des passages secrets dans des temples en ruine. La possibilité d’envoyer un perroquet pour perturber un adversaire et prendre l’avantage lors d’un combat. Les mini-jeux proposés comme le tir au pistolet, le concours de boisson et le crochetage sont réussis et sympathiques. Vous aurez aussi la possibilité de recruter divers personnages pour compléter l’équipage de votre navire. Ils n’auront pas vraiment d’incidence particulière mais l’un d’entre eux pourra vous accompagner lors de vos sorties et être d’un grand secours par moments malgré l’IA grandement perfectible. Sachez qu’il ne sera jamais un compagnon muet et vous fera part régulièrement de remarques sur l’avancée de la quête principale.

Le Bilan

On a aimé 

  • Une aventure passionnante
  • Une atmosphère captivante
  • Les capacités vaudous
  • Les dialogues et la narration
  • Un portage honteux
  • Des bugs à la pelle
  • Le système de combat
  • Rejouabilité à la peine

Conclusion du test de Risen 2: Dark Waters

T’es moche comme un tonneau de rhum vide, mais j’t’aime quand même…
Quelquefois il nous arrive de tomber sur un jeu bardé de défauts, plombé par une technique déficiente mais pourtant passionnant à un tel point que l’on éprouve des difficultés à lâcher sa manette. C’est le cas pour Risen 2 et son univers de pirates, de carte au trésor, d’îles paradisiaques, de ruines à explorer, de peuplades reculées adeptes de magie vaudou. On arrive à se prendre au jeu, à retrouver son âme d’enfant et se mettre dans la peau d’un pirate sans foi ni loi, parcourant les mers une bouteille de rhum dans une main, un sabre dans l’autre, des étoiles plein les yeux et rêvant de déterrer un coffre rempli de pierre précieuses. Risen 2 ne trouvera jamais le public qu’il devrait avoir, sa réalisation technique étant inacceptable de nos jours pour un jeu vendu au prix fort, mais ceux qui auront le courage de faire fi, risquent d’avoir un gros, gros coup de coeur…

L
Partager cet article

Risen 2: Dark Waters

Développeur : Piranha Bytes
Éditeur : Deep Silver

commentaires

2 Commentaires
W
Wipness
21 août 2012 12h39

ouhlala c’est dur ça ! A croire qu’ils n’ont pas appris de leurs erreurs.

J
Jarel
21 août 2012 12h58

Non, mais ils ont gardé une grande partie de leurs qualités et c’est déjà bien agréable. Pour le prochain il va réellement qu’ils investissent dans le portage console et qu’ils arrètent de faire appel à des tacherons.

Accueil » Tests » Test – Risen 2