Test – Gears of War 3

L’Apothéose
La série Gears of War fait partie de ces rares jeux qui ont marqué l’histoire des jeux vidéo en inventant un genre. Les TPS (third person shooter) existaient avant, mais Gears a trouvé sa niche avec un gameplay et un rythme n’ayant pas d’équivalent. Même chose pour le jeu en ligne avec le mode Horde, désormais célèbre et recherché par les joueurs, qu’on retrouve décalqué dans pléthore de jeux. Comment clôturer une saga qui a une telle réputation sans décevoir ? Epic a trouvé la solution avec talent : en faire un aboutissement de l’existant, et dans le même temps apporter juste ce qu’il faut d’innovation pour offrir une nouvelle expérience qui sera elle aussi à n’en pas douter copiée. Je sais bien que ce n’est que l’introduction, mais vous vous en doutez sans doute déjà, Gears of War 3, au sens propre comme au sens figuré, est une véritable tuerie.
Chasseur ou Gibier ?
Après la destruction de Jacinto dans Gears 2, les hommes étaient partis trouver refuge sur des îles éloignées, espérant trouver un semblant de paix dans un monde dévasté.

On se retrouve deux ans plus tard, alors que le Président Prescott, de retour surprise, montre à Marcus une vidéo prouvant que son père serait toujours vivant, confirmant ainsi ce qu’on avait pu voir à la fin de Gears 2. Dans le même temps, l’île sur laquelle vivaient les survivants est attaquée par des Lambents, monstrueux mutants qui feraient passer les Locustes pour des enfants de cœurs, et le jeu s’ouvre donc sur une fuite éperdue avec un retour sur le continent…L’occasion pour Marcus, épaulé par ses amis dont le tour de bras du plus gringalet est supérieur à celui de ma cuisse, de chercher à retrouver son père, tout en essayant à nouveau de sauver ce qui reste de cette planète en ruines.

Le scénario de Gears 3 est de la même veine que celui du 2 : il y a une base vaguement sentimentale qui sert de lien en faisant rebondir l’histoire de scène d’action en scène d’action. Banal, pas vraiment profond, mais cela n’a jamais été la force de la série. En revanche, autant l’histoire est banale, autant elle est très bien racontée et comme d’habitude bien mise en scène, ce qui fait qu’au final on la suit avec un véritable intérêt, embarqué avec les héros dans cette quête qui semble vaine avec des révélations sur les personnages et des surprises régulières : on sent qu’on se dirige vers la conclusion de la série, mais difficile de deviner le chemin qui sera emprunté.
On a peut-être encore plus l’impression dans ce troisième opus d’être dans un monde où on se débat dans un combat perdu d’avance, en opposant une résistance dérisoire à des adversaires ayant déjà remporté la partie.
Le chaos des décors, couplé à l’attitude des héros qui refusent d’abandonner alors que tout pousserait à ce qu’ils baissent les bras, renforce magnifiquement l’ambiance de fin du monde si caractéristique de la série. Cet épisode est encore plus sombre, plus désespéré, et après une grosse dizaine d’heures il nous mène vers une conclusion définitive que je vous laisse le soin de découvrir.
Quand la fin survient, on a cette fameuse sensation qu’on ne ressent que pour les jeux avec lesquels on a partagé quelque chose d’intense : la joie d’être arrivé au bout, mais aussi la tristesse de se dire que c’est bel et bien terminé…Et des images dans la tête.

Epic maîtrise parfaitement le rythme de son jeu, meilleur que dans les épisodes précédents qui souffraient de phases plus inconstantes. Peut-être qu’il y a moins de scènes misant sur le grand spectacle (et encore…), mais l’intensité des combats est incroyablement soutenue, donnant l’impression de ne jamais être en sécurité, et poussant l’adrénaline à un niveau dangereux pour notre santé. Lâcher la manette est une souffrance, on vit ces scènes intenses de guerre comme rarement. Et cela uniquement grâce à la construction des niveaux, à leur variété et à leur mise en scène…Ce n’est pas du script qui s’enchaîne, mais bien uniquement du gameplay totalement maîtrisé. Du grand art.
Plus de tout

Comme c’est la moindre des choses, Gears 3 débarque avec quelques nouveautés sympathiques. Rien de révolutionnaire dans le gameplay, on garde toujours cette logique si efficace de couverture, de canardage intensif et de finition au corps à corps. De nouvelles finitions font leur apparition, toujours plus spectaculaires (et violentes, bien entendu). De nouveaux ennemis, bien costauds, sont également de la partie histoire d’élargir un bestiaire qui commence à être bien fourni. Enfin, de nouvelles armes vont sans doute vite trouver des adeptes. Je pense entre autres à mes deux préférées : le rétro-lancer, qui remplace la tronçonneuse du flingue de base par une baïonnette, permettant d’empaler les ennemis, et le fusil à canon scié, sorte de fusil à pompe qui explose tout ce qui est à courte portée. Pas du tout précis, mais jouissif à utiliser. Ce ne sont que quelques exemples, et le panel d’arme, auquel on peut ajouter les existantes qui ont été revues, est imposant et garantit que tout joueur trouvera forcément son arme de destruction favorite. L’exosquelette qui permet de devenir une sorte de Ripley dans Aliens est également très fun. Si on se déplace très lentement, on gagne une puissance de feu délirante qui donne un sentiment de puissance assez grisant.

Mais la véritable nouveauté concernant le gameplay vient de la possibilité de jouer à 4 en coopération. L’impact sur le level design est évident, puisque cette fois tout est bien prévu pour qu’on se marche le moins possible sur les pieds, avec des terrains de jeu qui limitent les couloirs étriqués. Il faut reconnaître que dans les précédents épisodes, même à deux joueurs, certains passages n’étaient pas vraiment appropriés pour le coop. La poursuite en véhicule du 2, aussi spectaculaire soit-elle, n’a aucun intérêt pour le joueur qui ne contrôle pas la sulfateuse. Cette fois, il est évident que tout a été pensé pour le coop, pour un résultat équilibré et passionnant. Jouer jusqu’à 4 apporte franchement au jeu, y ajoutant une pincée de stratégie.
Même le solo bénéficie de cette façon d’aborder le jeu, puisqu’on sera de toute façon en permanence accompagné de trois acolytes, qui se comportent avec une IA très correcte. Et si on n’est pas satisfait de leur façon d’agir, on peut toujours leur désigner une cible prioritaire dont ils s’occuperont. Ils ne se contentent pas de traîner avec Marcus : on pourra à tout moment échanger notre arme avec eux, ce qui revient à évoluer avec un arsenal vivant. Enfin, et de façon très logique, s’il y a plus de gentils, il y a plus de méchants, ou tout du moins ils sont plus coriaces. L’IA adverse est très au point, et il faudra vider un paquet de chargeurs sur des ennemis qui ne sont pas du tout décidés à se laisser faire.

Comme si toutes ces bonnes choses ne suffisaient pas, un mode Arcade fait son apparition et allonge encore l’intérêt de la campagne. Ce sont les mêmes niveaux, mais le but est cette fois de faire le meilleur score, en alignant les cartons (le multiplicateur de score augmente) sans se retrouver blessé (il redescend, et il redescend vite !). Au fur et à mesure des parties on débloque des options supplémentaires qui facilitent ou corsent la difficulté. L’air de rien, ce mode change la donne ! Dans Gears, derrière un aspect bourrin, on sait très bien que foncer tête baissée au milieu des ennemis ne donne pas grand-chose…Là il va falloir s’adapter et enchaîner le plus vite possible en prenant des risques. Amusant seul, c’est surtout à plusieurs que le mode arcade trouve sa place, aiguisant l’esprit de compétition. Un ajout mineur au reste du jeu, mais franchement sympathique et qui mérite qu’on s’y arrête quand même.
Plein les yeux
La série Gears of war est une vitrine technologique de la Xbox 360, et ce troisième épisode ne déroge pas à la règle. C’est tout simplement splendide visuellement, que ce soit esthétiquement avec un monde hyper travaillé propre à la série, ou techniquement avec une profusion de détails à l’écran qui laisse bouche bée.

Pendant les combats, il y a des ennemis parfois très grands et en quantité, des décors gigantesques, et des explosions dans tous les sens. Pas des explosions pré-calculées résultant du déroulement d’un script habile, mais bien des tonnes d’effets spéciaux qui sont la conséquence de nos actions ou de celles de nos adversaires. Et tout ça avec des textures superbes, pas de ralentissements, sauf en de très rares occasions quand l’écran est tellement surchargé qu’on a envie d’en repousser le cadre. Si on veut chipoter, on peut reprocher à Gears 3 d’être un peu déficient dans les scènes « d’émotion », les personnages n’affichant qu’une mine monolithique qui convient parfaitement pendant les échanges machos, mais qui peine à faire passer d’autres émotions. A part ça, on se trouve à un niveau exceptionnel, à ce qui se fait de mieux aujourd’hui en jeux vidéo. Par rapport au deuxième, qui reste un jeu magnifique encore aujourd’hui, ce troisième opus gagne en profondeur de champ, et va encore plus loin dans la perfection des éclairages.

Tout est du même niveau, avec en particulier un environnement sonore incroyable. Les musiques sont toujours appropriées et collent au jeu, mais ce sont surtout les bruitages qui sont fantastiques, retranscrivant l’ambiance du champ de bataille avec un impact stupéfiant. Si on pousse un peu l’ampli du 5.1, les vitres tremblent, et on a irrésistiblement envie de faire une roulade sur le côté pour éviter les explosions de toute part. Si on y ajoute les grognements et autres borborygmes des ennemis, on arrive à quelque chose qui frôle la perfection.

La VF est au diapason, dans la même lignée que pour les précédents jeux de la série, avec des acteurs concernés et justes dans leur jeu. On regrettera toutefois que la synchronisation labiale ne soit pas vraiment de la partie avec précision. Dommage, tout comme pour le manque d’expression des personnages, c’est à nouveau dans les scènes qui cherchent à faire passer des émotions autres que la rage ou la colère que c’est le plus préjudiciable.
Cela fait bien peu de reproches : ce Gears en met plein les yeux et plein les oreilles.
Conçu pour durer
Quand on se connecte au live, c’est un contenu formidable qui nous attend.
On a déjà évoqué la campagne en coop jusqu’à 4, et cela devrait déjà vous occuper pendant un bon bout de temps, tant il sera difficile de résister au défi de se frotter avec des amis aux niveaux de difficulté plus élevés (et ils le sont vraiment !).
A cela s’ajoute le bon vieux mode versus (avec ses déclinaisons classiques chacun pour sa peau ou par équipe, en match à mort ou en contrôle de zone…) qui bénéficie d’une dizaine de maps parfaitement calibrées.

On retrouve la philosophie de Gears : on dispose d’armes de destruction massive, tout est très speed, mais les maps en miroir qui ne donnent au départ pas d’avantage de position à un camp ou à l’autre obligent à un jeu stratégique en équipe pour figurer correctement. Ces cartes sont très bien pensées, avec des points stratégiques à contrôler, en général là où se trouvent les armes les plus intéressantes. Il y a des points de passage obligés où les affrontements vont faire rage, et des positions plus reculées, mais jamais hors d’atteinte, où les snipers tenteront de faire des victimes. Mention spéciale au mode Capture the Leader, sorte de Capture the flag où le drapeau est remplacé par un joueur qu’on trimballe d’un endroit à l’autre. Très drôle.
Bien que n’étant pas personnellement passionné par le jeu en versus en ligne, je dois reconnaître que je me suis bien amusé, en particulier à partir du moment où j’ai trouvé des partenaires avec qui j’ai pu jouer de façon coordonnée. Les amateurs vont se régaler, et les nuits vont être remplies de batailles interminables !

Au rayon nouveauté, je demande le mode Bestial, exact opposé du célèbre Horde, puisqu’on va prendre le contrôle des Locustes qui veulent exterminer les hommes jusqu’au dernier. Pas aussi riche que le tout nouveau mode Horde sur lequel on va s’attarder plus bas, mais tout de même très fun, avec comme caractéristique principale le fait qu’il faut s’adapter à autant de prises en main qu’il y a de Locustes. Encore une fois il faudra se parler pour réussir, les humains ne se laissant définitivement pas faire ! Parfois, il faut savoir délaisser la puissance pour devenir un petit Ticker se faufilant entre les défenses pour exploser au bon moment sous le nez de ses victimes.
Enfin, et je dirais surtout, il y a ce mode Horde qui fait son retour après un lifting fantastique qui devrait créer des émules. Plutôt que de se contenter de reprendre les principes de Gears 2, cette fois de très importantes nouveautés débarquent et changent considérablement la donne.
En gros, le concept de base qui consiste à repousser des vagues d’ennemis de plus en plus puissantes est toujours le même, sauf que cette fois on gagne des points à chaque fois qu’on fait une victime, points que l’on peut dépenser pour installer des défenses aux endroits stratégiques…C’est un peu comme si on jouait à un mélange de jeu d’action trépident et intense et un Tower Defense où la stratégie est aussi importante que la rapidité d’exécution !
Les cartes sont plus ouvertes que dans Gears 2, et il n’est plus possible de juste se retrancher dans un endroit en abattant tout ce qui approche : il y a trop de possibilités pour les adversaires, et à moins qu’on ait réussi à correctement protéger sa position, on est presque certain d’être submergé très vite. Les joueurs doivent absolument se coordonner, se parler sans cesse pour dire ce qu’ils font et ce qui se passe là où ils se trouvent. Et l’équilibre trouvé par Epic est une merveille ! On court dans tous les sens pour colmater les brèches, pour installer en urgence une tourelle pour couvrir nos arrières, ou à réclamer de l’aide quand on se retrouve seul face à une meute déchaînée qui vient de faire voler en éclat une position.
Pour les besoins du test, j’ai joué avec de parfaits inconnus, et c’était déjà plus que fun. J’imagine à peine ce que cela peut donner avec des amis.

Les niveaux et les vagues sont très bien calibrés, et à chaque fois qu’on échoue, en réfléchissant sur une stratégie avant d’appuyer sur Start on peut trouver la solution et réussir. Un véritable challenge passionnant qui va maintenir en éveil bien des joueurs.
A noter que désormais la progression, en passant des niveaux au gré des points d’expérience gagnés, n’a pas fondamentalement changé si ce n’est qu’on peut gagner des points dans tous les modes de jeu, y compris pendant la campagne.
Un dernier détail : la qualité technique du jeu n’est en rien sacrifiée pour le jeu en ligne, et il n’y a pas la moindre trace de lag. Ce n’est rien de moins qu’un des meilleurs jeux en ligne jamais conçus.
Le Bilan
On a aimé
- L’intensité de l’action et l’ambiance « Gears »
- Le level design
- Maniabilité parfaite
- La réalisation fantastique
- Les nouveautés qui amènent vraiment quelque chose
- Le jeu en ligne addictif et ultra-complet
On a moins aimé
- Euh…
- Voyons…
- On aurait aimé des personnages plus expressifs
Conclusion du test de Gears of War 3
La nouvelle référence
{{L’année dernière, Reach était une sorte d’aboutissement de la série Halo, un jeu ultra-complet poussant la série très loin. Gears of War 3 fait encore plus pour la franchise, en apportant des nouveautés qui poussent le jeu plus loin qu’on ne l’aurait imaginé. Le coop à 4 a entraîné une refonte de la logique du level-design pour le meilleur, et le jeu en ligne compile les nouveautés qui offrent une expérience de jeu inédite.
Un grand bravo à Epic qui aurait pu se contenter d’un décalque de Gears of War 2. Une simple copie n’aurait pas empêché des ventes énormes étant donnée la popularité de la saga, et ils ont fait tellement plus…
Si Gears of War 3 était le seul jeu exclusif à la Xbox 360, il justifierait à lui seul l’achat de cette console. C’est la référence du TPS guerrier, le meilleur jeu de cette catégorie jamais sorti, d’une intensité incroyable et poussé par une réalisation hors normes.
Tout simplement indispensable.}}
hihihi!!! Je vais faire du horde tiens!!!B-)
Je ne suis pas spécialement fan de Gears of War, mais vu les critiques positives à son égard, les premiers retours de joueurs enthousiaste qui arrivent et mon expérience sur la bêta qui m’avait plutôt diverti, je pense l’acheter pour patienter en attendant la sortie de Battlefield 3 et de Halo CEA. Je voulais juste savoir si quelqu’un sait ou est ce que je pourrai l’avoir le moins cher possible sans l’acheter sur internet ? Des fois certaines enseignes ou les grande surfaces par exemple proposent des jeux neufs à… Lire la suite »
Meilleur jeux de l’année ( avec Skyrim bien sûr =) )
Dommage je ne sais pas quand est ce que je pourrais me le prendre mais je suis trop pressés !
Je ne suis pas spécialement fan de Gears of War, mais je pense que vu les critiques positives à son égard et les premiers retours de joueurs enthousiaste qui arrivent, je vais l’acheter pour patienter en attendant la sortie de Battlefield 3 et de Halo CEA. Je voulais juste savoir si quelqu’un sait ou est ce que je pourrai l’avoir le moins cher possible sans l’acheter sur internet ? Des fois certaines enseignes ou les grande surfaces par exemple proposent des jeux neufs à des prix un peu plus souple,… Lire la suite »
je l’ai essayé hier chez micromania,epic games a rajoutés de la couleur dans les décors du 3,du coup le côté « gothique » et sombre du jeu a disparu…
Death >> Auchan le propose à 54€ à partir de mardi, et si tu le réserves demain t’as encore 5€ de réduc dessus, soit le jeu à 49.
Sinon hâte de pouvoir tester la bête.
Sinon sur Amazon.fr livré le jour j pour 52€ fdpc.
arf me tarde trop la grouille toi amazon ! :->
sinon j’ai une question: pourra t’on joué en ligne avec des amis en écran splitté comme dans halo, black ops ou encore L4D?
Merci pour le test . Mais … j’en peux plus !!!:’-))
J’arrive même pas a joué 10 minute a ma Xbox tellement je veux que joué a Gears 3 !
Plein de monde dans ma liste d’amis y joue et moi Game ne ma pas appelé , je croise les doigts pour demain au moins …
Bref , vivement !!!! 😛
Amazon ont intêret à vite me le livrer, sinon je vais faire chauffer ma tronsonneuse sur eux :-))
Surtout qu’avec la livraison prioritaire il devrait vite arriver… vivement !