Test - DmC : Devil May Cry

«L’enfer avec toutes ses Dante !» , - 3 réaction(s)

Il était une fois un petit Dante

Dante n’était pas bien caché

DmC est un reboot de la franchise. Reprendre le nom de celle-ci simplement sans ajouter de numéro, partir sur une trame scénaristique qui reprend les bases mythologiques du héros emblématique de celle-ci, Dante, marque un nouveau départ pour une série qui tournait en rond, le quatrième opus faisant même dans l’aller retour.

Nous retrouvons donc ici un Dante jeune, insouciant, ne sachant pas qui il est ni réellement d’où il vient. Ce Dante jeunot arbore un look grunge saupoudré d’un punk anglais directement issu de la période des Sex Pistols, on aime ou on n’aime pas, tout est question de goût. L’histoire quant à elle ne casse pas trois pattes à un canard comme on dit dans notre beau sud ouest. Dante se fait attaquer par des démons dans sa caravane alors qu’il profite de la vie avec deux jolies demoiselles. Après une intro qui restera au panthéon des intros de jeux, il est secondé par une étrange sorcière, Kat, qui l’amènera à découvrir ses origines, à rencontrer son frère Virgil et partir sur les chemins de la vengeance contre celui qui a tué ses parents, l’infâme démon Mundus. Pas de quoi s’émerveiller devant tant d’originalité me diriez vous et dans ce sens vous n’aurez pas tort.

Le drame de la chirurgie esthétique

Mais j’ai vanté les mérites de Ninja Theory dans leur capacité à raconter une histoire et sachez que ce DmC ne déroge pas à la règle, derrière une histoire bateau, Ninja Theory sort les grands moyens pour donner une leçon de narration et de mise en scène à grand recours de motion capture et de séquences mémorables. Sans jamais sombrer dans les excès des réalisations nippones, Ninja Theory nous offre des séquences spectaculaires ou inventives, comme le superbe passage où Virgil livre à Dante son passé dans un terrain vague dont les murs arborent des tags illustrant le drame familial en second plan, et cela ne s’arrête pas là !

Les séquences de combat nous offrent quant à elles des passages dans les limbes sublimes, tordant la réalité, fracassant des morceaux de bâtiments, broyant notre perception dans un déluge de destruction et de déformation de l’environnement. Esthétiquement, c’est superbe, sans faute de goût dans ce mauvais goût pourtant totalement assumé que constitue l’univers de DmC. Les injures volent bas, notamment contre certains boss, mais restent bien intégrées, les échanges verbaux fusent et font mouche, et certains personnages sont réellement épatants (mention spéciale à la compagne de Mundus). On regrettera juste dans ce florilège la transparence de Kat et de Virgil manquant cruellement d’aspérités et de caractère. L’ensemble n’est pas vraiment aidé, il faut le reconnaître, par une localisation française correcte mais dénuée de personnalité et de véritable jeu d’acteur. On aurait vraiment aimé pouvoir disposer de la version originale sous-titrée.

Le bestiaire est très réussi

Le bestiaire quant à lui est réussi, les créatures de cauchemar possèdent chacune un look atypique et surtout un style de combat bien particulier qui nécessitera sans cesse de s’adapter pour éviter d’être débordé. Le plus gros regret se situera au niveau des affrontements contre les boss du jeu qui sont loin d’avoir l’ampleur souhaitée dans ce style de jeu. Ils sont certes originaux et bien mis en scène mais manquent cruellement d’épaisseur et d’originalité dans leur approche, si bien qu’au final on les aura presque tous oubliés. Du point de vue technique, la direction artistique fait des merveilles, les couleurs saturées ne donnent jamais mal à la tête, les combats ne sont entachés d’aucun ralentissement et les environnements sont suffisamment variés pour nous faire presque oublier le cheminement couloir/arène du jeu assez monotone. Un cheminement qui montre même parfois ses limites jusqu’à devenir indigeste dans le chapitre 17 par exemple. On pourra juste pester contre l’indigence des musiques du jeu, les deux groupes qui apportent leur contribution donnant plus sur de l’indus gras et sans saveur en guise de bouche trou que sur un véritable habillage musical et mélodique. Mais bon dans un jeu de combat, l’enveloppe est loin de tout faire...

Bilan

On a aimé :
  • La nervosité des combats
  • La richesse du gameplay
  • La formidable direction artistique
  • Un énorme challenge
  • La narration dynamique et sans concession
On n’a pas aimé :
  • Une histoire qui sombre dans les limbes
  • La musique indus de bas étage
  • Les boss pas vraiment excitants
  • Une localisation française sans talent
Dante-esque !

La tâche n’était pas évidente, limite ingrate tout comme la période pré-pubère dans laquelle on retrouve notre Dante préféré. On pourra toujours le vilipender sur son look et son verbe assez cru, on ne pourra certainement pas en faire autant sur le plaisir qu’il nous procurera manette en main. Comme un amour de jeunesse on pourra être porté par le charme des premiers rendez-vous, mais on se fera rattraper par le manque d’ampleur de l’intrigue principale, le peu d’originalité de ses boss et une structure arène/couloir parfois écoeurante. Ces errances empêchent le titre de Ninja Theory d’atteindre l’Eden, mais loin de se retrouver dans les limbes, il réussit toutefois son pari en nous offrant un DmC new age, vif, effronté, technique, somptueux et techniquement très riche. Une véritable perle rare pour tous les amateurs de beat them all exigeants, qui en plus se paye le luxe d’être visuellement hallucinant et inventif. On aimerait presque tous avoir eu une puberté aussi belle et imparfaite que celle de Dante, une puberté qui arrive même à nous faire oublier l’appareil dentaire qu’a été Devil May Cry 4.

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DmC Devil May Cry

PEGI 16 Langage grossier Sexe Violence

Genre : Action/Beat them up

Editeur : Capcom

Développeur : Ninja Theory

Date de sortie : 15/01/2013
Date de sortie XO : 10/03/2014

Prévu sur :

Xbox One, Xbox 360, Playstation 4, Playstation 3

3 reactions

kereros

07 fév 2013 @ 18:52

Ce jeu est juste epique, il coute que 40 euros en neuf à sa sortie, et franchement on passe du très bon temps en attendant ninja storm 3 et bioshock ;-)

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alaindc

08 fév 2013 @ 01:55

moi, j’ai bien aimé, ou plutôt, j’ai adoré.

Je me le suis fait, avec ouverture d’esprit (contrairement à bien des fans sur les forums). Facile a prendre en main, beau graphiquement, les voix pas si mal (je suis facile à plaire de ce côté). Je suis d’accord que les boss auraient pu être plus mémorables, et plus difficiles.

Pour moi, c’est le plus plaisant de la série. Dommage qu’il se soit vendu en deçà des attentes, à cause des fans détestant son new look.

Bron

08 fév 2013 @ 10:16

J’ai joué 10 minutes et je sais que je vais aimer. L’ambiance visuelle est vraiment très bonne et avec le gameplay qui a fait ses preuves, ça promet.