Test – Alpha Protocol

le paradis des barbouzes
Xboxygen Headquarters 10:66 Juintender
-« Hey Jarel ! Mais qu’est ce que tu fous sous ton bureau ?! »
-« Salut Rone. Mais en principe tu n’es pas censé me voir j’ai monté ma caractéristique de Furtivité au maximum. »
-« AH! Désolé. Je n’ai pas fait exprès. »
-« Pas grave. Par contre peux tu te retourner histoire que je fasse un stealth kill sur toi ? »
-« Ah ça non je peux pas. Désolé, ma femme serait furieuse si je fais ça avec toi… padbol. »
-« Hé mais en principe tu devais accepter j’ai une très bonne affinité avec toi et je t’ai parlé de manière suave… comprends pas. Sors et re-rentre dans le bureau que j’aie l’impression d’avoir rechargé ma partie… »
Un jeu ambitieux
Depuis qu’Alpha Protocol a été annoncé et présenté, l’idée d’avoir un jeu de rôle contemporain dans l’univers de l’espionnage a éveillé la curiosité et l’attente de beaucoup de joueurs. Le fait de savoir que c’était l’équipe de développement de Neverwinter Nights 2 qui était aux commandes laissait présager du meilleur.
Las, de nombreux retards de développement et des échos à semi étouffés qui nous parvenaient sur la toile auguraient un développement chaotique. Ne le cachons pas Alpha Protocol est un jeu bancal alternant de grandes réussites et de grosses tares.
My name is Michael, Michael Thorton

Un avion de ligne américain explose en plein vol faisant 200 morts civils. L’attentat est rapidement revendiqué par le groupe terroriste Al-samaad dont on retrouve à la tête le Cheik Shaheed. L’organisation secrète américaine Alpha Protocol est alors envoyée en Arabie Saoudite afin de retrouver les missiles américains volés qui ont servi à l’attentat et tuer le Cheik Shaheed. Vous êtes l’agent spécial Michael Thorton, l’homme qui a été envoyé sur place pour cette mission, qui va se confronter à une menace qui va bien au-delà d’un simple acte de terrorisme…
La mise en place de l’histoire est simple mais efficace et l’aspect rpg arrive dès le début du jeu avec la création du personnage. Ne vous attendez pas à caractériser celui ci dans les moindres détails vu qu’il ne sera possible que de lui modifier sa coupe de cheveux sa pilosité, son bronzage et divers accessoires. Outre ce petit lifting il vous sera demandé de choisir entre 5 classes différentes : Soldat (le bourrin de service), l’Agent de terrain (adepte de l’infiltration), l’expert technologique (qui ne se fie qu’à ses gadgets et au piratage informatique) l’Agent freelance (un profil neutre que vous allez pouvoir modifier selon vos envies) et la recrue (un bleu sans aucune expérience mais disposant de choix de dialogues étoffés). Une sixième classe pourra être débloquée si vous finissez le jeu en recrue.

Chaque profil prédéfini, sauf pour la recrue et le freelance, a déjà certains points attribués dans les 9 compétences de votre personnage. Dans ces 9 compétences, on peut dénombrer 5 compétences d’attaque -Pistolet, Fusil à Pompe, Fusil d’Assaut, Mitraillettes et Arts Martiaux- et 4 compétences d’aptitudes -furtivité, sabotage, aptitude technique et résistance-. A chaque montée de niveau vous pourrez augmenter vos points dans ces 9 compétences et débloquer des capacités qui faciliteront grandement vos chances de réussite dans les différentes missions.
Ce n’est qu’après la première mission que vous aurez la possibilité de spécialiser votre personnage en choisissant vos 3 compétences principales.
Outre ces profils de personnages pré-établis ou pas, le choix de la classe de départ changera le look général de votre personnage. Il s’agit là plus d’une affaire de goût qu’autre chose.
Alpha Protocol c’est un peu le Mossad

Comme nous vous l’avons annoncé en début de test, Alpha Protocol oscille entre le très bon et le mauvais. Dans le très bon nous pouvons mettre sans crainte son système de dialogue ambitieux et très réussi.
Sous de faux airs de parenté avec le système de dialogues de Mass Effect, le potentiel de celui d’Alpha Protocol explose au joueur dès les premières missions. Chaque réponse de Michael Thorton aux différents personnages rencontrés devra être choisie en temps limité suivant trois intonations distinctes Agressif, Suave et Professionnel. Il vous faudra agir vite et en connaissant ou en anticipant les réactions de votre interlocuteur. Les dossiers que vous complèterez au fur et à mesure de votre progression dans le jeu vous fourniront des renseignements importants sur l’attitude à prendre devant tel ou tel personnage. Suivant vos réponses vous allez pouvoir lier amitié ou attiser la haine et chacune des réactions suscitées peuvent avoir un réel impact sur votre mission.

Et c’est là que le système de dialogues d’Alpha Protocol devient passionnant. Suivant l’amitié que vous lierez avec les autres personnages du jeu, vous allez pouvoir gagner différents bonus au cours des missions, des points d’expérience, du matériel, coucher avec les personnages de sexe opposé et évidemment changer radicalement le fil de l’aventure. Les possibilités sont énormes et cela rend chaque dialogue totalement exaltant d’autant plus qu’ils sont très bien écrits et très cohérents. Le seul petit bémol que l’on pourrait leur reprocher vient du sous-titrage coupé n’importe comment. Et vu que les dialogues du jeu sont entièrement dans la langue de Shakespeare, il vous sera nécessaire de comprendre le dialogue avant de valider votre répartie. C’est par moment très désagréable.
Alpha Protocol c’est aussi un peu les barbouzes

Le reste du jeu est beaucoup moins flatteur. Techniquement tout d’abord, même si le jeu est propre et assez agréable à l’œil, il est loin d’atteindre les canons actuels. Une réalisation minimaliste qui jure pas mal avec l’ambition du jeu. Malgré ces tares, on parvient à rester dans l’ambiance du jeu et à ne pas subir ces carences comme des murs infranchissables quant à notre implication dans l’histoire.
Côté jeu, mieux vaut prendre Alpha Protocol comme une sorte de Splinter Cell teinté de jeu de rôle que comme un jeu d’action. C’est en effet en jouant la carte de la discrétion que le level design et le jeu prennent tout leur sens, voir son intérêt. S’infiltrer dans une base remplie d’ennemis et de caméras et n’utiliser son arsenal qu’en cas de dernier recours est particulièrement jouissif et crispant. Surtout que le jeu ne nous permet pas de sauvegarder où l’on veut et impose une sauvegarde automatique via des points de passages. Vous êtes averti.

La technique bafouillante viendra quand même ternir le tableau de l’infiltration avec une IA défaillante et des gardes étrangement passifs, sourds ou aveugles à certains moments même si étrangement, ils peuvent nous repérer d’assez loin. Si vous préférez jouer la carte du rentre-dedans, vous allez vous heurter à la plus grande faiblesse d’Alpha Protocol : ses phases d’action. Les tirs manquent cruellement d’impacts et les fusillades sont tout sauf nerveuses. On s’y ennuie presque, pas aidé il est vrai par l’IA de nos adversaires, très prévisible. De plus, on dénote quelques désagréments quant à la visée et à la mise à couvert de notre personnage. Mais Alpha Protocol n’est clairement pas fait pour être joué comme un bête jeu d’action.
L’environnement sonore est quant à lui de qualité sans être inoubliable. Les thèmes sont efficaces, les effets bien trouvés et le doublage, entièrement en anglais, est joué avec conviction par les acteurs et ce sans réelles fausse notes. L’ensemble renforce parfaitement l’ambiance du jeu.
Alpha Protocol : la mission

La structure d’Alpha Protocol, elle, reste assez éloignée des jeux de rôles traditionnels. Ici, point de ville ou de quêtes annexes, l’aventure se résumera à une succession de missions d’infiltration et toute une phase de préparation dans différents repères. Vous n’allez pouvoir choisir votre équipement que lorsque vous serez dans ces repères. Le choix de vos armes, de vos gadgets et de vos combinaisons sera prépondérant surtout que votre inventaire n’est pas illimité même si de nouveaux emplacements pourront être débloqués au fil de votre aventure. On pourra souligner la richesse de l’équipement proposé. Outre les armes, les différentes armures et les améliorations que l’on peut y apporter, on pourra profiter d’un large éventail de gadgets, émetteur de bruit, mines anti-personnelles, grenades explosives, incendiaires, aveuglantes ou à impulsion, kit de soins, ou un appareil qui vous permettra de pirater la radio ennemie pour couper des caméras ou interrompre une ronde. Certains gadgets vous feront gagner un temps précieux pour crocheter les portes, pirater les serrures et les ordinateurs trouvés au cours des missions ce qui vous évitera de passer par les petits mini-jeux proposés à cette occasion.
C’est aussi dans ces appartements que vous aurez la possibilité d’acheter des armes, des gadgets, des renseignements -carte détaillée de la prochaine mission, équipement supplémentaire à trouver sur place, plus faible nombre de renforts ennemis voir objectifs secondaires-. Même si vous faites partie d’une organisation gouvernementale vous n’aurez pas des ressources pécuniaires illimitées et il vous faudra trouver l’argent au cours de vos missions. Rassurez-vous, suivant vos affinités avec tel ou tel personnage vous aurez aussi la possibilité de trouver des fonds, d’avoir différents rabais voire de faire chanter vos ennemis. Seul le résultat compte.

Et oui seul le résultat compte. Je vous parlais de la possibilité de finir une mission de manière discrète ou brutale, sachez que même si la deuxième solution est parfois la plus facile, Alpha Protocol vous conférera différents bonus suivant votre style de jeu. Franchir un niveau de manière directe vous valorisera ou vous dévalorisera auprès de certains partenaires, vous permettra de mettre la main sur de l’équipement inaccessible autrement ou réduira la présence adverse un peu plus loin dans le jeu. Et ceci vaut aussi si vous jouez de façon furtive. Passer un niveau sans alerter un seul garde vous octroiera des bonus. Débloquer des succès, tuer ou assommer un certain nombre d’ennemis, utiliser des gadgets vous permettra aussi de gagner des bonus. Le jeu ne pénalisera jamais votre façon de jouer, il s’adaptera à celle-ci même si lors de certains passages il vous sera clairement conseillé de jouer la carte de la discrétion ou au contraire d’essayer de vous débarrasser de tous vos adversaires. Dans ces cas précis, réussir le passage en suivant les indications de votre collègue radio vous permettra de débloquer divers bonus très intéressants.
Les possibilités qu’offre le jeu et la richesse de celles-ci permettent d’appréhender un niveau de manière radicalement différente ; de plus, certains choix vous confronteront à de réels dilemmes moraux mais à chaque fois il y aura des avantages et des inconvénients pour chacune de vos décisions. Les 20 heures de jeu que vous propose Alpha Protocol risquent de vous laisser sur votre faim et de nourrir l’envie de vous replonger dans le jeu afin d’explorer d’autres possibilités. C’est devenu trop rare dans un jeu pour ne pas être signalé.
Le Bilan
On a aimé
- Un vent de fraîcheur dans le monde du jeu de rôle
- Le système de dialogue
- L’histoire
- Le petit côté Splinter Cell
On a moins aimé
- Une technique dépassée
- Les sous titres passés au mixeur
- Les phases de tir poussives
Conclusion du test de Alpha Protocol
Un vrai jeu coup de cœur
Alpha Protocol est une sorte de vilain petit canard dans le monde du jeu vidéo. Moche de prime abord, bourré de défauts, il arrive néanmoins à captiver le joueur et à lui faire passer un très agréable moment. Et c’est en partie dû à son système de dialogues -doté d’une bonne écriture- très réussi et le mélange des genres rafraîchissant qu’il propose. Un jeu globalement moche et mal fini qui réservera à tout ceux qui arrivent à faire fi de ces défauts un des jeux les plus intéressants à découvrir de ce début d’année.
ah, un p’tit jeu qui se fait cracher dessus pour sa technique, mais qui a de la profondeur. Il est fait pour moi.
ah, un p’tit jeu qui se fait cracher dessus pour sa technique, mais qui a de la profondeur. Il fait pour moi.