Test - 5, rue Sesame : il était un monstre

«Mordicus et Toccata» , - 0 réaction(s)

A quoi reconnait-on qu’une console s’est totalement démocratisée ? Pas à ses chiffres de ventes, mais à sa ludothèque qui balaie tous les genres, et surtout qui s’adresse à tous les âges. Kinect a transformé la Xbox 360 en un système trouvant un écho dans toute la famille, et avec ce « Il était une fois un monstre », c’est pour le petit dernier, pour celui qui est haut comme trois pommes, que la console va être allumée. Comme le public cible passe rarement sur notre site pour lire des tests de jeux, c’est naturellement aux parents que je vais m’adresser.

1, rue Sésame

L’émission Sesam’Street est une institution de l’autre côté de l’Atlantique, beaucoup moins chez nous où l’adaptation française du programme n’a connu qu’une existence relativement brève il y a bien longtemps. L’émission propose un show avec des histoires très simples (un peu plus évoluées que les teletubbies, tout de même, il ne faut pas exagérer), pleines de beaux messages de tolérance, d’aide à son prochain, et autres bons sentiments que tout parent digne de ce nom essaie d’inculquer à ses rejetons. Si vous êtes un de ces parents qui ne vous occupez pas de vos enfants ou qui leur apprenez à démarrer une voiture sans clé, il est probable que le jeu ne vous intéresse que moyennement.

Une fine équipe
Une fine équipe

Tout cela est animé par des types en costumes (parfois des marionnettes) représentant des animaux qui parlent et des créatures pleines de poils et de plumes. Même les pires monstres ne font pas du tout peur, et se contentent de rouler de gros yeux pleins de compréhension. De toute façon, les monstres ne sont jamais vraiment méchants puisque, vous devriez le savoir, il ne faut jamais se fier aux apparences, ce n’est pas bien. Le jeu est exactement dans cette tonalité, puisqu’on marchera sur les pas d’un monstre pas effrayant pour deux sous, qui est tout seul pour son anniversaire. Très vite, une fête va s’organiser et tous les habitants de ce monde magique seront invités. Ils passeront, à coup sûr, la meilleure journée de toute leur vie. Dans les faits, ce sera une succession d’épreuves toutes plus simples les unes que les autres, et mettant à profit Kinect de façon très classique. Il faudra donc singer les gestes des personnages à l’écran, danser au son de musiques sirupeuses, battre des bras pour voler, ou bien arroser des fleurs… une succession de mini-jeux sur un mode similaire à Kinectimal. Pour un adulte, les épreuves semblent terriblement répétitives, moins fun que dans le susnommé Kinectimal, et presque toujours trop longues, malgré un effort évident pour varier les niveaux et demander des mouvements variés.

Le livre d
Le livre d'histoires du jeu

Et pourtant c’est exactement ce qui convient à des petits, jusqu’à 7-8 ans, ceux ayant jusqu’à 10 ans pouvant s’amuser également, même s’ils le feront en cachette, estimant officiellement que c’est un jeu pour bébés. Qu’on fasse souvent la même chose, que les explications données s’éternisent, ou bien que la difficulté soit totalement absente, autant c’est ennuyeux pour un grand, autant c’est adapté aux petits enfants. On les surprendra d’ailleurs à rire de situations ou de répliques qui vont nous laisser de marbre. Je pense que tous les parents voient ce que je veux dire ! Ainsi, le jeu réussit très bien sa mission et les petits sont subjugués par l’écran, dans la limite de leur concentration. Les épreuves s’enchainent en suivant une histoire simpliste, de façon idéale pour des parties d’une vingtaine de minutes, et on peut entrer et sortir du jeu à volonté, tout comme on peut jouer au pied levé à deux joueurs.

C’est mignooonnn

Parfois on vole
Parfois on vole

Techniquement, le jeu rend une belle copie. Même si rien, à aucun moment, ne demande beaucoup d’efforts à la Xbox, on appréciera le véritable soin qui a été apporté à l’ensemble. Les musiques et les voix font penser à une émission de télévision matinale, avec le même type d’intonation et une prononciation bien dé-ta-chée pour qu’on soit certain que tout le monde comprenne bien. C’est surtout graphiquement que le jeu marque des points, avec des décors très colorés, et des personnages criants de vérité, qui ressemblent vraiment à de grosses peluches qu’on aurait envie de prendre dans nos bras. L’effet sur les enfants est radical ! C’est même artistiquement que le jeu est réussi, avec une très belle harmonie entre les couleurs, le tout donnant une ambiance de bonne humeur communicative à peine la partie lancée. La qualité et le soin apporté au titre ne sont pas si surprenants que ça si on regarde qui est derrière le jeu : Double Fine n’a jamais bâclé un jeu. La détection des mouvements est laxiste comme il faut, afin que l’échec ne pointe pas le bout de son nez, et c’est sans doute une limite du jeu. A trop vouloir faciliter la vie des petits, les développeurs sont allés jusqu’à les sous-estimer. Une détection des mouvements plus pointue aurait donné une impression d’immersion plus forte sans pour autant handicaper les petits joueurs. Avec une durée de vie faiblarde d’une poignée d’heures (pour un enfant, hin, pour un adulte l’affaire est entendue en 3h30 maximum), c’est le vrai point faible de cette production. Sauf bien entendu qu’un enfant sera parfaitement capable de refaire en boucle le jeu sans se lasser. Au passage, le test de ce jeu est l’occasion de constater que Kinect fonctionne très bien même avec des hobbits ! Même des enfants de 5 ans peuvent s’y essayer sans problème, cela fonctionnera très bien.

Bilan

On a aimé :
  • Très joli
  • Totalement adapté aux petits
  • Utilisation variée de Kinect
  • Ca rend joyeux
On n’a pas aimé :
  • Kinect un peu trop laxiste
  • Durée de vie limitée
Un hit pour les petits

Voilà un jeu qui fait du bien. Traditionnellement, les jeux qui s’adressent aux plus jeunes sont souvent bâclés, du fait qu’on estime qu’ils ne sont pas en âge d’apprécier des graphismes évolués et qu’ils ne s’intéressent pas à une bonne réalisation, se contentant de vouloir retrouver leurs personnages favoris. Pas cette fois ! Les graphismes sont enchanteurs, et il est évident que tout a été étudié pour que les enfants soient fascinés par l’écran. Et ça marche ! Ils sont heureux en jouant, s’amusent beaucoup, et même les parents peuvent sans honte entrer en jeu pour accompagner leur progéniture. Sans doute avec la volonté de ne pas confronter les petits à l’échec, Kinect tolère des mouvements approximatifs, et c’est ce qui, avec une durée de vie qui reste limitée, empêche ce jeu d’atteindre les sommets. Un jeu qui rend joyeux, et qui est aussi bien adapté à son public, ça mérite bien un coup de cœur.

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