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Test – R.U.S.E.

Test – R.U.S.E.
Le 26 septembre 2010
Le 26 septembre 2010

le renard des STR

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Les STR (Jeux de Stratégie en Temps Réel) ont toujours connu des adaptations pour le moins laborieuses sur les consoles de salon, la faute le plus souvent à une interface clavier souris qui avait du mal à se transposer sur les 10 boutons d’un pad classique et une rapidité d’exécution plus lente sur manette. Peu à peu le genre s’est transformé et, à défaut d’avoir clairement convaincu, est toutefois parvenu à trouver ses marques et a commencé à conquérir le monde des consoles. R.U.S.E. se différenciera difficilement de ses concurrents par son background, ancré encore dans la Seconde Guerre mondiale, mais son gameplay et sa profondeur réservent bien des surprises.

Mince, encore la Seconde Guerre mondiale…

Oui, encore. On frise l’overdose en ce moment et j’avoue garder un très bon souvenir de l’univers alternatif de Red Alert 3. Mais bon, R.U.S.E. nous propose une campagne solo entièrement située dans les années sombres de la Seconde Guerre mondiale. On suivra la carrière de Joe Sheridan, brillant officier de l’US Army, dont les yeux brillent à la vue des médailles de ses supérieurs. On suivra sa progression au cours d’un flashback audacieux rythmé par des cinématiques techniquement réussies.

Cette campagne prend des libertés avec la grande histoire et lance Sheridan à la poursuite d’un mystérieux espion nommé Prometheus et d’une lutte sans merci contre un impitoyable stratège allemand, le général Von Richter. Vous aurez l’occasion de confronter vos talents de stratège en Afrique du nord jusqu’en Allemagne en passant par l’Italie, la France, la Belgique et la Hollande.

Même si la campagne est ponctuée par des cinématiques plutôt bien réalisées, elle souffre néanmoins d’un manque de rythme flagrant, d’un déficit de surprise et surtout d’une assise dramatique à la hauteur des enjeux. La Seconde Guerre mondiale n’est qu’une guerre comme une autre où l’homme est oublié et les soldats sont des pions colorés que l’on envoie au casse-pipe. La campagne sombre dans une routine sans ampleur qui a bien du mal à captiver le joueur et à bien poser ses enjeux. Faute à des personnages caricaturaux et à un personnage principal capricieux et immature, on pestera le plus souvent devant l’impossibilité de zapper les scènes cinématiques…

La campagne solo est en soi un gros didacticiel qui mettra pas moins d’une vingtaine de missions (sur 23) pour nous expliquer les bases du gameplay et ses subtilités. Ce qui est évidemment bien trop long et donnera le coup de grâce à une campagne solo qui n’arrive clairement pas à se hisser à la hauteur des qualités intrinsèques de R.U.S.E.

La plume plus forte que le rouleau compresseur

Comme je l’avais suggéré en amont du test, ce n’est pas grâce à son background que R.U.S.E. sortira du lot mais bel et bien au moyen de son gameplay. Très simple d’accès, il recèle une profondeur inattendue et réellement bienvenue.

Techniquement, le jeu nous place au-dessus de la zone de combat et on se déplace sur celle-ci rapidement à coups de grand zoom du plus bel effet. Chaque front se déroule sur une seule et unique carte. Gigantesque, elle n’est pas cachée par le traditionnel brouillard courant dans le genre, tout est visible dès le début, la géographie tout comme les unités. Les escarmouches seront souvent agrémentées de gros plans sur les batailles, mises en scène à l’aide d’un écran splitté sympathique. L’étendue de la carte nous offre des batailles immenses, engagées et fourmillant de détails. On a du mal à distinguer l’action lors de notre première prise en main et l’on est totalement dérouté par la lenteur des unités. Une lenteur voulue et savamment dosée car dans R.U.S.E. l’important n’est pas votre vitesse d’exécution mais votre gestion de l’intelligence et du renseignement.

On distingue clairement l’emplacement de chaque unité, alliée et ennemie. Ces unités sont représentées par des gros pions de couleur, tout le jeu reposera sur notre faculté à découvrir quel type d’unité cache les pions adverses et dissimuler nos unités aux renseignements ennemis. Une sorte de Stratego, de jeu du chat et de la souris version STR où le véhicule de reconnaissance est plus important qu’une unité entière de tank (enfin aussi important pasque avoir une unité de tank ça sert aussi).

Ce gameplay original et diablement efficace est rehaussé par la présence des R.U.S.E.S. Les RUSES sont des actions bonus réalisables sur certaines zones ou sur certaines unités qui vous permettront de dévoiler des unités brièvement, écouter les communications adverses, brouiller les communications adverses et j’en passe. Ces actions bonus prendront une toute autre dimension dans les modes multijoueur, des modes dans lesquels R.U.S.E. prend toute sa dimension.

Réveillez le stratège qui est en vous

Outre la campagne solo et le traditionnel escarmouche qui vous fera affronter une IA dans un combat libre, on pourra se lancer dans le mode Opération qui vous mettra aux commandes de troupes placées dans une situation plus que délicate. On pourrait qualifier ce mode de casse-tête tactique. Seul ou en coopération ce mode est particulièrement réussi et les 6 missions proposées vous donneront pas mal de fil à retordre surtout si vous comptez accomplir les multiples objectifs secondaires qu’elles comportent.

Mais le gros plat de résistance est le mode multijoueur de R.U.S.E. car c’est dans ce mode que R.U.S.E. prend toute sa dimension. Dans ce mode vous aurez la possibilité d’affronter de 1 à 3 autres joueurs online. Vous pourrez choisir des combats chacun pour sa peau ou en coopératif à 2 contre 2. La durée des manches est aussi a déterminer. Les cartes (7 pour les affrontements contre 1 autre joueur et 14 pour les affrontements contre 2 à 3 joueurs), immenses, font la part belle aux attaques de grande envergure et cette configuration donnera l’avantage au plus fin stratège et à celui qui saura distiller ses attaques sournoises au bon moment. Les RUSES prennent ici un rôle majeur, elle vous sortiront d’un mauvais pas, vous aideront à dissimuler l’ampleur de vos attaques et garantiront la victoire finale ou un retournement de situation majeur. Tout est dans la gestion du renseignement, le placement de vos troupes et la possibilités d’anticiper les actions de votre adversaire. R.U.S.E. par son gameplay et sa profondeur s’impose comme l’un des STR les plus aboutis et les plus agréables à jouer en multijoueur. Et sur console c’est un gigantesque exploit qui le place sans mal sur une des trois premières places du podium.

Le Bilan

On a aimé 

  • La réalisation de l’ensemble
  • La profondeur et la simplicité du gameplay
  • Le multijoueur et le mode Opération
  • L’influence et l’importance des RUSES
  • La campagne solo très décevante
  • L’ambiance sonore un peu triste

Conclusion du test de R.U.S.E.

R.U.S.E. victoire stratégique
Ne vous fiez pas au choix basique du théâtre des opérations de RUSE, l’intérêt du jeu n’est pas là, ni dans sa campagne solo, rébarbative au possible et manquant cruellement de rythme. Non, tout l’intérêt de RUSE réside dans la volonté des petits Français d’Eugen Systems de nous proposer un gameplay original essentiellement basé sur vos talents de stratège. Et cela s’en ressent dans le mode Opération, sorte de puzzle game stratégique et encore plus en multijoueur où les retournements de situation et coups d’esbroufe rappellent le poker par leur intensité. Ne vous y trompez pas, RUSE a tout d’un grand jeu de stratégie et est certainement l’un des meilleurs choix actuels sur console en multijoueur !

L
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R.U.S.E.

Développeur : Eugen Systems
Éditeur : Ubisoft

commentaire

1 Commentaire
Y
yannmaurin
27 septembre 2010 12h47

très bon test pour un excellent jeu pour ma part !

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