Test – PES 2010

My Kingdom déchu for a horse péchu !
Dans son éternel combat face à son rival de toujours (enfin, disons depuis 7 ans que la série existe), Konami tente une nouvelle fois de s’adjuger le titre de meilleur jeu de foot de l’année. Après une fournée 2010 d’un Fifa en belle forme, le Roi aura-t-il su faire peau neuve pour remonter la barre après la perte de son titre l’an passé ?
The Rise and Fall
Passons les menus toujours aussi vétustes (mais fort bien mis en avant par des musiques populaires et plutôt sympathiques) pour nous intéresser directement aux modes de jeu disponibles : un entrainement très sommaire, exhibition, UEFA (tournoi ou match simple), Ligue des Masters, Vers une Légende, ligue/coupe ou jeu en ligne… En somme tout ce qui se fait de plus classique dans le genre depuis une ou deux années.

Le mode UEFA vous proposera de vous lancer dans une saison de la prestigieuse compétition de la Ligue des Champions, en choisissant le club de votre choix (clubs sélectionnés pour la saison 2009/2010 ou n’importe quel autre club) afin de lui faire passer les groupes puis les phases à élimination directe pour le mener le plus loin possible dans l’aventure du plus grand tournoi européen (de là à dire « du monde », il n’y a qu’un pas…). Vous aurez même la possibilité de vous lancer dans l’aventure avec vos amis, chacun choisissant alors son club. La gestion de la fatigue sera le principal aspect stratégique qui viendra pimenter un peu le tout, dans un ensemble au final un peu morne. Vous pourrez aussi choisir de passer en mode entraineur et vous contenter de coacher votre équipe et de les regarder jouer après, une initiative qui saura sans aucun doute séduire un public à peu près inexistant.
Détail remarquable néanmoins pour la série des PES, ce mode dispose des licences officielles : à vous donc les musiques et les logos des bandes-annonces de TFbiiiip.
Votre coaching sera mis à plus rude épreuve dans le déjà plus consistant mode Ligue Master puisque vous devrez gérer les aspects financiers de votre club, ainsi qu’évidemment les joueurs sur la pelouse. Transferts et négociations ou repérage de jeunes pousses, faillite et pertes financières, des notions qui paveront votre quotidien afin de faire survivre votre club ou de le garder au sommet de la gloire. Un ensemble approfondi qui demandera de s’investir plus amplement que le précédent, et saura vous tenir en haleine un bon moment, pour peu que vous accrochiez au concept.
Je voudrais déjà être roi
Le mode Vers une Légende vous permettra quant à lui de créer votre poulain pour le faire monter dans les plus hautes sphères du football planétaire. Vous débutez par un match où vous tenterez de démontrer votre talent aux recruteurs présents. Cependant, pas de quoi transpirer trop pour éviter les équipes au rabais, puisque vous commencerez quoiqu’il arrive dans une équipe à la hauteur de vos stats, un peu moisie. Une fois choisi le club de vos débuts, vous commencerez en équipe réserve et, à l’inverse de Fifa, ne participerez aux matchs de l’équipe première qu’une fois que vous aurez convaincu le coach lors des matchs d’entrainement.
Une fois séduit, l’entraineur vous mettra sur le banc : à vous alors les matchs en accéléré (ou non, gérable via les gâchettes) jusqu’au moment crucial où vous ferez votre entrée en jeu, avant, si vous êtes suffisamment décisif aux yeux de votre boss, d’être titularisé ! Vous incarnerez votre pro de 17 à 35 ans, et vous pourrez déjà prendre votre retraite à 27 ans si le lourd quotidien d’être sportif de haut niveau pèse déjà trop sur vos épaules.

Le système de progression est des plus banals, puisqu’elle est à peu de choses près automatique : vous vous contenterez d’attribuer une importance aux critères de tir, dribble, etc. qui vous vaudront plus de points dans ces compétences à l’issue des rencontres. On regrettera aussi l’impossibilité de se faire une idée de sa prestation en cours de match car pas de bonus ou de malus sur une éventuelle barre de performance comme dans Fifa, sauf en ligne. Vous pourrez néanmoins retrouver le positionnement attendu en maintenant la touche LB, puisque votre joueur s’y dirigera tout seul. Dans le même ordre d’idées, vous pourrez réclamer le ballon à vos coéquipiers en appuyant sur la touche RT…mais réclamer ne veut pas forcément dire recevoir !
En ligne justement, vous pourrez donc confronter votre pro… euh votre légende en devenir à d’autres joueur….à une équipe incarnée par l’IA. Et oui, à 4 contre l’IA, vous ferez vos pas en ligne avec votre star, et tenterez de réaliser un maximum de gestes efficaces pour augmenter un multiplicateur de score de performance façon jeu de combat japonais. Un peu spécial mais la sauce prend bien, et on sait enfin si ce qu’on fait est bien ou pas.
Outre ce décevant Vers une Légende en ligne, on retrouvera les poncifs du genre (match rapide, compétition, créer ou rejoindre une communauté pour jouer avec vos amis et conserver le résultat), avec des paramètres de recherche plus que limités (langue et niveau de l’adversaire), et la possibilité de jouer en 1v1 ou 2v2, pas si mal que ça si on revient 3 ans en arrière !
Mon Royaume pour un cheval
En termes de sensation, et c’est là ce qui intéressera la plupart, ce PES donne des impressions d’arcade : on peut remonter le terrain en quelques passes (plutôt puissantes), les actions sont presque toujours rapides, rendant les matchs très nerveux, les frappes partent fort, même sans élan, et enfin, les percées d’attaquants véloces ou puissants sont légion ; tant de points qui opposent le jeu à son concurrent qui joue de plus en plus la carte du réalisme. En opposition avec Fifa aussi, la rigidité des courses des joueurs : on sent ici les 8 directions à la manette, pas une de plus. Le compteur du mode online en Vers une Légende augmente encore un peu ce côté jeu d’arcade assumé avec un multiplicateur de combos bien visible et au style jeu de combat de salles obscures.

Nouveauté de cet épisode, un système de cartes à attribuer à vos joueurs selon ce qui vous semblera le plus pertinent pour la cohésion de votre équipe : pressing intensif, marquage à la culotte, montées en avant régulières (type A Cole ou Dani Alves), etc., tant de réglages que vous pourrez gérer via ces sliders. Pas forcément passionnant, on remarque néanmoins les changements d’attitude sur le terrain, mais des réglages plus simples auraient sans doute su convaincre leur public plus facilement…
Côté intelligence artificielle, on tient là une bombe. Mais le genre de bombe qui fait mal à voir. Les placements des joueurs sont tels qu’on se retrouve souvent avec 5 défenseurs autour d’un même attaquant, les espaces intermédiaires étant alors inexploitables par d’éventuels milieux pour repartir en contre. Les phases de jeu où l’ordinateur est impliqué ont d’ailleurs vite un air de déjà vu, que ce soit parce qu’il fait tourner la balle sans que vous puissiez l’atteindre, la puissance des passes -même dans les positions improbables- aidant. On remarquera aussi avec inquiétude (si si !) l’absence totale de réflexion des coéquipiers en Vers une Légende puisqu’ils préféreront tirer dans une position farfelue que vous faire la passe, même si vous avez fait l’appel avec RT et que vous êtes démarqué.

Enfin, côté interaction entre le joueur contrôlé et le fruit de toutes vos envies (la balle quoi), on notera bien souvent des interceptions ratées sans explication (le joueur ne tend pas la patte quand la balle passe tout près, il la tend alors qu’il ne faut pas) et surtout un horripilant système d’accrochage qui se fait à une distance exagérée. Heureusement, vous pourrez annuler la course de votre joueur avec le Super Cancel en appuyant sur RT et RB, comme il est coutume dans la série.
Roi de cœur
Alors, tout n’est-il que le pâle reflet d’un Roi déchu ? Si je pose la question c’est évidemment que la réponse est non !
Là où PES sort son épingle du jeu et surpasse son concurrent direct, c’est bel et bien en termes d’habillage : la modélisation des joueurs a bénéficié d’un effort remarquable. Qu’il s’agisse des visages, fidèles dans l’ensemble, les maillots dont le rendu est plus réaliste que jamais, ou les animations bluffantes des joueurs, l’esthétique a été soignée pour notre plus grand plaisir. Restent des détails qui font tache, avec le pas de course étrange des joueurs par moments notamment.
Habillage toujours, ces fameuses licences européennes dont nous avons parlé plus tôt, qui font évidemment plaisir, et qui s’opposent à l’absence de licence en Bundesliga ou en Premier League (sauf Liverpool et Manchester United), encore, qui elles font bien moins plaisir.
Enfin, côté ambiance sur le terrain, les efforts sur le graphisme sont desservis par un duo de commentateurs assez mous et une ambiance du stade très limite dans l’ensemble, sauf en de rares occasions selon que vous jouez à l’extérieur ou à domicile et que vous tentez de vous la péter par exemple.
Le Bilan
On a aimé
- Les animations dans l’ensemble
- La modélisation des joueurs
- Le jeu avec ses potes
On a moins aimé
- L’IA à la rue et les phases de jeu scriptées en solo
- La rigidité des joueurs
- Le jeu en ligne trop minimaliste
Conclusion du test de PES 2010
Kingdom comes Kingdom goes
On pourrait résumer un avis sur PES 2010 à ces trois mots : PES reste PES. Le même jeu qui a séduit le public et supplanté Fifa en peu de temps il y a sept ans, et c’est ce qui en fait un jeu plaisant à plusieurs, évitant ainsi les frustrations liées à l’intelligence artificielle redondante et creuse. Les amateurs de simulation pure ne trouveront pas leur compte ici, ou du moins pas autant qu’avec Fifa 10, mais les amoureux de parties rapides, avec un arrière-goût d’arcade, trouveront ici leur bonheur à coup sûr.