Test - Killer is Dead

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Les jeux développés par Grasshopper Manufacture bénéficient d’un public d’amateurs dévoués à la cause du développeur, du fait de l’originalité de leurs productions dans le paysage vidéoludique. Killer 7, No More Heroes, Shadows of the Damned, Lollipop Chainsaw…Des titres qui se caractérisent par une atmosphère de folie permanente et par une absence de politiquement correct réjouissante. Malheureusement, la réalisation de leurs titres a bien du mal à suivre, et comme pour chacun de leurs jeux, la question se pose donc de savoir si les intentions sont suffisantes pour faire de Killer is Dead un bon jeu.

Killer is dead

Dans un futur proche, Mondo travaille pour une entreprise dont les prestations se limitent à l’élimination de monstres venus de la face cachée de la Lune. Il est armé d’un sabre qui peut trancher pratiquement n’importe quoi, ou plutôt n’importe qui, et d’un bras bionique qui lui sert de flingue. Alors qu’il exécute les tueurs avec une superbe régularité, assénant chaque élimination d’un « Killer is Dead » réjouissant, on en apprendra plus sur son passé qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui.

Qui veut une piqure ? (Moi ! Moi !)
Qui veut une piqure ? (Moi ! Moi !)

Ce qui frappe immédiatement quand on commence à jouer, c’est le style graphique adopté, superbe, très stylé, donnant un aspect général très original au jeu. Les premières cinématiques font leur petit effet, et posent les jalons de dialogues souvent drôles déclamés par des personnages hauts en couleur. On est bien chez Grasshopper, il y a donc du cul, du mauvais goût assumé et un langage parfois cru (on est tout de même loin de Shadows of the Damned à ce niveau). J’ai également été frappé par la superbe qualité de la réalisation des cinématiques. On est très loin d’une représentation statique de l’action, la mise en scène est soignée, pensée, du niveau de celle d’un bon film. Et c’est tant mieux car des cinématiques il y en aura beaucoup, et pas des courtes ! On croise également une bonne dose d’humour, parfois visuel (la jeune femme hystérique qui nous suit partout martèle comme une malade mentale notre poitrine pour nous remettre sur pied quand on meurt), parfois dans les dialogues (quand les personnages devisent sur le fait qu’ils sont dans un jeu d’action). Le sentencieux « Killer is Dead » répété au moins 25 fois pendant le jeu m’a aussi bien fait rire, comme un running gag qu’on attend dans chaque niveau.

Massue contre sabre
Massue contre sabre

Le délire général souffre pourtant d’un défaut qu’il n’y avait pas dans les productions précédentes de Grasshopper : un manque de cohérence d’ensemble qui donne une impression d’assemblage de divers éléments sans que ceux-ci soient forcément connectés. Et oui, même quand on part loin dans l’absurde, pour que cela fonctionne il faut qu’il y ait une logique interne à l’ensemble. De ce fait, on a beaucoup de mal à s’intéresser à une histoire qui de toute façon pourrait tenir en quelques lignes. Pendant le jeu, les personnages assument que les amateurs de jeux d’action veulent surtout de l’action, et cette opinion est largement relayée par une histoire n’étant là que par nécessité. Est-ce cette volonté d’uniquement vouloir proposer de l’action qui fait que le mauvais goût s’invite un peu trop souvent, faisant franchir au jeu la frontière du ridicule dans des scènes embarrassantes ? Ainsi, le grand méchant du jeu est risible, fringué avec un string doré qui rendrait jalouse Lady Gaga.

Le grand (et ridicule) méchant
Le grand (et ridicule) méchant

Cette fois, le concept n’est pas assumé par les artistes du studio, qui se sont perdus en route, traitant leur univers et leur histoire par-dessus la jambe en voulant en rire, mais en émaillant dans le même temps leur jeu de nombreuses et longues cinématiques. La qualité de ces dernières peut tenir en haleine quelques niveaux, mais le vide de leur contenu les rendra au final lassantes elles-aussi.

Killer is Dead

J’ai bien dit « elles-aussi » car c’est le jeu dans son ensemble qui lasse très vite. On est dans le Beat Them All basique dans lequel on évolue en pouvant se contenter de quelques combinaisons de coups, et en pestant contre le fait que notre héros, un super combattant, ne soit pas capable de sauter. Même pas de sautiller au-dessus d’un talus. Je n’avais déjà pas été très enthousiasmé par le gameplay de Lollipop Chainsaw (contrairement à notre ami Stéphan qui en avait fait le test), et je crois bien que pour Killer is Dead on tombe encore plus bas dans le répétitif. Les niveaux se suivent et ne se ressemblent pas visuellement (d’ailleurs, tout comme pour l’histoire, aucune cohérence entre eux), mais sont par contre tous structurés de la même façon. On va d’une zone de combat à une autre, dans une logique d’arène qui ne parvient pas à masquer la pauvreté du level design. Les ennemis se ressemblent beaucoup, et les combats se traversent sans passion jusqu’aux boss qui eux ont bénéficié de plus de soins. Si les premiers niveaux se bouclent rapidement, très vite dans les suivants il faut luter contre la lassitude plus de 40 minutes avant de pouvoir s’offrir le patron des lieux (et donc de pouvoir déclarer le jouissif « Killer is Dead »).

Vision d
Vision d'horreur

Techniquement, à part son joli style graphique en cel shading, le jeu n’offre pas grand-chose. Les décors sont vides et très peu destructibles (en même temps il n’y pas grand-chose à détruire !) et la caméra aussi peu performante que dans les précédents jeux de Grasshopper. Malheureusement, même la musique, malgré quelques fulgurances sympathiques de temps en temps, ne laissera pas vraiment de souvenirs, se mettant ainsi au diapason du jeu dans son ensemble, qu’on oubliera très vite.

Bilan

On a aimé :
  • Le style graphique stylé
  • La mise en scène des cinématiques
  • De temps en temps drôle
On n’a pas aimé :
  • Univers peu cohérent
  • Répétitif et lassant
  • Réalisation faiblarde
Killer is Dead is Dead

Même si je suis en général amateur et bienveillant avec ce qui sort de l’ordinaire et avec les jeux qui osent proposer quelque chose d’un peu différent de l’ensemble de la production, cette fois j’ai eu bien du mal avec la dernière production Grasshopper. Passe encore la réalisation technique limitée, mais l’absence de cohérence de l’ensemble ne permet pas qu’on s’attache à l’univers décrit. Comme le gameplay proposé est banal et répétitif, c’est très vite qu’on décroche. A chacun de ses jeux, Grasshopper Manufacture a une démarche forte, faisant passer les idées les plus folles et les plus tendancieuses, ce qui permet d’oublier que le contenu n’y est pas toujours et que techniquement ce sont des jeux de série B. J’ai beau avoir de la sympathie pour la démarche, force est de constater que cela ne fonctionne pas avec Killer is Dead, justement parce qu’à la base il n’y a pas cette idée folle qui permet de s’évader et de ne pas penser au reste. Ca ne peut pas marcher à tous les coups, mais rendez-vous est pris pour le prochain titre, en espérant que l’inspiration sera alors revenue.

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Killer Is Dead

Killer Is Dead
PEGI 18

Genre : Action

Éditeur : Deep Silver

Développeur : Grasshopper Manufacture

Date de sortie : 30/08/2013

Prévu sur :

Xbox 360, Playstation 3