TEST - The Long Journey Home - Patience dans l’azur

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L’enthousiasme et la tristesse accompagnent votre dernière expédition spatiale. “Plus qu’une” vous vous dites. Car, après des années passées à sonder le vide interstellaire à la recherche de preuves de vie extraterrestre, c’est finalement la retraite qui vient vous trouver. Le scaphandre a à peine eu le temps de refroidir qu’il faut déjà repartir fendre l’espace. Quelques heures plus tard, vous flottez déjà en orbite autour de la Terre. “All systems go” et une porte s’ouvre sur l’Univers. La vitesse vous envoie valdinguer, vous et votre équipage. Les moteurs crachotent et c’est le signe d’un mauvais présage. Votre vaisseau semble soudain s’arrêter de trembler. Vous rouvrez les yeux et constatez l’impensable. Vous ne voyez ni Alpha Centauri ni la Terre. Perdu, vous n’êtes finalement que le capitaine d’un vaisseau à la dérive. Un Radeau de la Méduse qu’il va falloir ramener à bon port : la planète bleue.

C’est une histoire simple au service d’un jeu qui l’est tout autant que Daedelic Entertainment nous propose. A mi-chemin entre la contemplation et la simulation, The Long Journey Home n’est peut-être pas ce que certains attendaient de lui. Non, il n’est pas le frère bâtard de No Man’s Sky ni complètement le sosie d’Out There. Si la comparaison entre les trois titres est absolument inévitable, leur approche de l’exploration spatiale est on ne peut plus différente. Le jeu de Daedelic en décevra plus d’un et en ravira d’autres. A nous maintenant de lever les yeux et de chercher des réponses parmi les étoiles.

Vers l’infini et au-delà !

Chaque membre amène un objet unique avec lui...choisissez-les bien !
Chaque membre amène un objet unique avec lui...choisissez-les bien !

The Long Journey Home n’est en rien un sandbox. Aucun mode de construction n’apparaît sur les radars. Non, en fait, le jeu nous fait débuter notre odyssée spatiale le plus simplement du monde. On choisit ses quatre membres d’équipage, son vaisseau, sa navette et le nom de sa galaxie et zou ! En route pour Cap Canaveral ! Le tutoriel (optionnel) n’a le temps de nous apprendre que les rudiments de pilotage d’une navette avant de faire le grand saut vers les étoiles. Après une brève cinématique, le titre prend une toute autre échelle. Notre vaisseau se trouve en effet représenté sous la forme d’une flèche qu’il va falloir pousser ou tirer tant bien que mal à l’aide de ses petits réacteurs vers ces corps célestes gigantesques. Ces mêmes corps qui déforment l’espace-temps chacun à sa manière en fonction de leur masse. Il va donc falloir utiliser ces déformations afin de prendre de la vitesse et ainsi propulser son vaisseau vers ces astres. On peut même utiliser la courbure de chacun pour se propulser. Bref, tout amateur de physique et d’astronomie sera absolument ravi de pouvoir faire joujou avec ces différentes mécaniques. Autant vous dire que j’étais aux anges. Tout est là pour se plonger, s’immerger complètement dans cet univers si froid et pourtant si fascinant. Une fois la destination choisie, il n’y a plus qu’à se mettre en orbite autour de la planète ou lune de votre choix pour pouvoir l’explorer.

Ces phases d’exploration, elles, se font en navette en vue 2D. Le principe est simple encore. Il faut juste se poser sur les différents points d’intérêt répartis sur la carte. Ils ne sont pas bien nombreux puisque leur nombre varie entre un et trois. Ils vont du gisement de minerais ou de gaz à la base alien ou au temple en ruine d’une civilisation abandonnée. Une fois notre affaire terminée, il suffit de remonter au vaisseau mère pour y stocker son butin et ainsi de suite ad nauseam.

Voilà peut-être le premier vrai point négatif de The Long Journey Home : sa haute répétitivité. On ne sort que très peu du schéma initial : se rendre à une planète, se mettre en orbite, l’explorer, remonter, etc… Peu de choses viennent finalement nous perturber dans notre routine d’explorateur des étoiles. Alors, oui, c’est vrai, il y a quelques petits éléments qui peuvent peut-être arriver à pimenter chacune de nos parties. Chaque corps céleste va avoir des caractéristiques propres, par exemple, qui vont venir influencer directement nos phases d’exploration. L’un va avoir une gravité extrême. Il va donc falloir s’assurer d’avoir assez de carburant pour remonter sous peine de rester littéralement cloué au sol. Puis, un autre va avoir une température extrêmement basse à -200°C ainsi que des tremblements de terre. Cette fois, ce ne sera pas nécessairement le carburant sur lequel il va falloir garder un œil ; mais plutôt la coque de la navette. A noter que cette dernière a un comportement franchement capricieux.

Ça a l
Ça a l’air joli comme ça, hein ? Attendez d’y jouer !

Le jeu comporte également un aspect survie qui ne fait finalement qu’office de présence car très en retrait. Il est assez facile de gérer son vaisseau puisque l’on n’a jamais trop de mal à trouver les ressources nécessaires pour le réparer et l’alimenter. Au pire, si l’on se sent en danger, il est toujours possible de faire un saut vers un autre système solaire. La ressource qui le permet pullulant en effet à travers la galaxie. Les membres d’équipage restent finalement la seule source de tension tout au long de l’aventure. Ces derniers peuvent effectivement tomber malades, se blesser voire développer des troubles mentaux. Il faudra donc constamment garder un œil sur eux et se rendre à l’hôpital si nécessaire. A noter que ces hôpitaux sont rares car disséminés aux quatre coins de la galaxie.

Vient ensuite la dernière couche de gameplay, celle que j’attendais le plus : les interactions avec les aliens. Des interactions absolument décevantes car handicapées par un manque cruel de lignes de dialogues. Les aliens se révèlent finalement très peu bavards et vont même jusqu’à couper toute communication si vous leur posez trop de questions… dommage. On aurait bien aimé en apprendre plus sur eux mais, surtout, avoir des dialogues peut-être un peu plus crédibles.

Quelques écueils techniques et artistiques

L
L’écran est littéralement mangé par l’interface dans certains cas

Si vous avez passé beaucoup de temps sur No Man’s Sky, l’aspect technique de The Long Journey Home vous fera frémir. Les chargements omniprésents saccadent l’expérience jusqu’à l’agacement. Ces derniers sont certes très courts sur One X mais sont tout de même la preuve d’un manque cruel de maîtrise du hardware ou d’un manque d’envie ou de moyens ou les trois. Pour rappel, No Man’s Sky, c’était trois clampins planqués derrière un faux mur à coder pendant que le reste de l’équipe développait Joe Danger. Le pire, c’est que le jeu met littéralement la console la plus puissante du monde à genoux. La pauvre hurle à la mort notamment sur les planètes gazeuses. Pourquoi celles-là plus que les autres ? Eh bien, parce qu’il y a plusieurs couches de gaz à gérer en même temps avec des vitesses différentes. Rajoutez à cela la trajectoire et le comportement de votre navette en plus des différences de gravité entre les différentes couches… et ça donne un processeur au bord de la dépression nerveuse.

Si la technique n’est pas très reluisante, la direction artistique non plus n’est pas au niveau faute d’identité assumée. Le jeu se perd dans un mélange de voxel cartoon générique franchement peu flatteur pour nos rétines déjà fort fatiguées. Les musiques relèvent tout de même un peu le niveau en posant très bien l’ambiance. Les menus revêtent une couleur jaune orangée de mauvais goût sublimant la taille des textes sûrement très adaptée à un public du troisième âge… au point que l’écran est littéralement dévoré par l’interface.

Bilan

On a aimé :
  • L’ambiance,
  • Le mélange simulation/arcade,
  • Se picore avec plaisir.
On n’a pas aimé :
  • Très laid,
  • Les chargements intempestifs,
  • Les menus... plus jamais ça !
  • La One X en PLS,
  • Beaucoup trop cher (39,99 €).
Snack goût étoile

Loin de l’ambiance sombre d’Out There, loin du côté flashy d’un No Man’s Sky, The Long Journey Home propose certes finalement peu de choses comparé aux deux autres mais a tout de même un goût de je-ne-sais-quoi qui nous fait revenir encore et encore. Mélange tout à fait viable entre simulation et arcade, le titre de Daedelic Entertainement se laisse facilement picorer de temps en temps. Sa proposition est certes limitée et brouillonne mais reste néanmoins intéressante. Finalement, son seul tort est de se vendre 20 € trop cher. Après tout, “Il n’y a pas de mauvais jeux. Il n’y a que de mauvais prix” disait Peter Moore, l’ancien patron d’Xbox. C’est bien vrai.

Xboxygen
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The Long Journey Home

The Long Journey Home
PEGI 0

Genre : Gestion

Éditeur : Daedalic Entertainment

Développeur : Daedalic Entertainment

Date de sortie : Début 2017

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, Steam