Test - Warriors Orochi 4 - Les épées s’émoussent

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Le crossover de Koei Tecmo est de retour pour un quatrième épisode réunissant une nouvelle fois les principaux personnages des univers de Dynasty Warriors et Samurai Warriors. Ces derniers sont téléportés dans une dimension parallèle où ils vont devoir affronter les armées du vil Nobunaga. A l’aide de leurs pouvoirs et de leur expérience au combat, ces guerriers intrépides vont devoir défaire bien plus d’une menace, le tout sur fond de conspiration impliquant des divinités gréco-romaines (oui, vous avez bien lu). Cette licence a t-elle encore la fougue de ses jeunes années sur PS2 ? Est-ce que ce Warriors Orochi 4 renouvelle le musou ? La physique des seins a t-elle été peaufinée ? C’est ce que l’on va essayer de voir.

Une histoire/prétexte qui remplit sa fonction

Des combats toujours aussi jouissifs
Des combats toujours aussi jouissifs

On ne vous fera pas l’offense de vous faire une critique détaillée de l’histoire de Warriors Orochi 4. Oui, elle est nawak. Non, elle n’est pas intéressante. Mais, elle s’inscrit pleinement dans le genre qui est évidemment le musou. On veut des personnages forts et il y en a. On veut une histoire épique et elle répond présent. On veut surtout un méchant charismatique et là encore le jeu délivre. Nobunaga a beau avoir été représenté à toutes les sauces dans le jeu vidéo et le cinéma, il n’empêche qu’il a de la gueule dans ce Warriors Orochi 4. L’arc scénaristique de Zeus, Persée, Ares, Athéna et Odin s’inscrit plutôt bien dans le reste de l’histoire. Ce qui fait la force mais également la faiblesse de ce genre de jeu est la profusion de personnages que l’on vous crache à la figure et ce, dès le début de l’aventure. Le pire, c’est que l’on n’a même pas le temps de s’attacher à un protagoniste ou même de s’approprier ses compétences que l’on est déjà en train de vous en présenter au moins 3 ou 4 nouveaux… difficile de suivre. Connaître sur le bout des doigts les trois licences paraît un must si vous désirez comprendre les diverses interactions entre personnages qu’il est possible de visionner depuis le menu principal. Interactions, sans grand intérêt pour le quidam, qui viennent rajouter une couche supplémentaire de fan service. Après tout, on est là pour ça. Les amateurs de glare et de etchi en prendront plein les mirettes tant les personnages féminins sont mis en valeur notamment lors de certaines cinématiques.

Charentaises Orochi 4

Les menus sont simples et fonctionnels
Les menus sont simples et fonctionnels

S’il y a bien une chose qui saute aux yeux la première fois que l’on lance Warriors Orochi 4, c’est sa structure et notamment l’absence d’open world. Alors, oui, on peut comprendre que Koei Tecmo ait été quelque peu refroidi après les tests de Dynasty Warriors 9. Le jeu est mauvais, c’est un fait. Son open world est certes vide mais a au moins le mérite d’exister et, surtout, de faire avancer le schmilblick. Car, un musou en 2018, franchement, n’a rien de différent de ceux parus au début des années 2000 sur PS2. On aurait quand même pu décemment attendre de ce Warriors Orochi 4 qu’il essaie au moins de faire évoluer le genre. Or, ce n’est malheureusement pas le cas. Finalement, on enchaîne les missions de la même façon que sur PS2 : par stages entrecoupés de scènes cinématiques et de tableaux de score. On a vu bien plus original en termes de design. Le gameplay reste, lui aussi, très classique. On compose son équipe en piochant trois personnages depuis le pool. Vient ensuite le choix des personnages dits de “soutien” qui, eux, ne sont pas jouables mais viendront vous prêter main forte de temps à autre sur le terrain. Une fois l’équipe composée, vous devez sélectionner la mission de votre choix et c’est parti pour la tripaille ! En bataille, on retrouve très vite ses marques. Jongler entre ses personnages via les boutons de tranche est un vrai plaisir et permet d’enchaîner sans difficulté des combos dévastateurs. Décimer 300 soldats en un coup d’épée est toujours aussi jouissif et donne envie de péter son score à chaque nouvelle partie. Les maps, certes assez étendues, sont rapidement traversables à cheval et apportent encore plus de dynamisme et de fluidité au jeu… peut-être un peu trop car la durée d’une mission ne dépassera pas les 10/15 minutes si vous êtes un habitué.

L
L’affinité entre les persos peut donner lieu à des discussions... lunaires

La palette de mouvements des différents personnages du roster est plus que satisfaisante et se compose finalement de combinaisons de boutons très simples. Warriors Orochi 4 reste donc très accessible aux nouveaux joueurs qui souhaitent découvrir ce genre très japonais dans l’âme. Le seul regret que l’on pourrait formuler concernant le roster est l’inégalité qu’il peut y avoir entre certains personnages. En effet, s’il reste amusant de changer régulièrement son équipe, vous vous rendrez vite compte qu’il n’y a finalement que très peu de personnages réellement agréables à jouer. Le conseil que je pourrais donner serait de fixer son équipe avant le début du Chapitre 3. Car, vous allez devoir la faire monter en niveau et vous ne pourrez pas vous permettre de gaspiller vos orbes et autres points sur un grand nombre de personnages indéfiniment. La magie vient également apporter un peu plus de profondeur au gameplay et se base sur un schéma classique lui aussi : attaque simple, attaque forte et super attaque. Si elle vient pimenter quelque peu la sauce, le ressenti manette en mains, lui, est quelque peu décevant. En effet, les attaques magiques manquent franchement de patate et impressionnent peu visuellement. Regrettable, certes, mais pas fondamental.

Alerte enlèvement

Mais où est passé le challenge ?! Quelle frustration de voir que les combats ont de la patate mais que les boss et autres mini-boss n’en ont pas. On leur rentre dedans comme dans du beurre sans craindre la moindre contre-attaque. Gavés d’XP, nos personnages deviennent très forts très vite sans que l’IA puisse suivre. Le tout donne finalement un jeu plat sans tension ni suspense. Les missions s’enchaînent sans peine. Difficile de trouver un intérêt au titre sur la durée tant il est facile à parcourir de bout en bout.

Techniquement irréprochable

S’il est un peu faiblard du côté de sa structure et de sa difficulté, Warriors Orochi 4 rassure techniquement avec des chargements courts et un framerate à 60 fps respecté tout du long. Le jeu est également joli. Les effets à l’écran sont, dans l’ensemble, plutôt bien rendus et viennent enjoliver la moindre attaque.

Bilan

On a aimé :

  • Les combats ont de la patate
  • Un gameplay profond mais accessible
  • Le grand choix de personnages
  • Techniquement maîtrisé

On a pas aimé :

  • Aucun challenge
  • Aucune prise de risque
  • Seuls quelques persos sont vraiment bons
De plus grandes prises de risques seraient fort appréciées

Warriors Orochi 4 n’est pas l’épisode de la maturité, loin de là. Il n’est finalement qu’une énième itération de ces épisodes que nous avons découverts sur PS2. Curieusement, on y plonge avec un certain plaisir, charentaises aux pieds. Comme à un vieil ami, on lui pardonne ses défauts maintes fois relevés par le passé : son manque de diversité et sa haute répétitivité, notamment. Néanmoins, l’absence de challenge est sans aucun doute son défaut majeur et pourra décourager certains joueurs de poursuivre l’aventure. On aurait également aimé voir Koei Tecmo tirer des leçons du fiasco de Dynasty Warriors 9 afin de peaufiner son travail en termes d’open world pour ensuite le transmettre à ses autres titres. Il n’en est rien. Il devient en tout cas urgent de faire évoluer le musou. Pour le prochain, peut-être ?

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Warriors Orochi 4

Warriors Orochi 4
PEGI 0

Genre : Action/Beat them up

Éditeur : Tecmo-Koei

Développeur : Omega Force

Date de sortie : 16/10/2018

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, Switch