Streets of Rage 4 VS confinement : entretien avec le directeur du studio

«Une organisation en béton pour un jeu très attendu» le 28 avril @ 10:052020-04-28T11:53:31+02:00" - 2 réaction(s)

Nous vous évoquions il y a peu ce revival de la trilogie mythique en vidéo, et il semblerait que cette sortie soit imminente !

Dans cet entretien entre Rebekah Valentine et Cyrille Imbert, le directeur de Dotemu en charge de ce nouvel opus, nous y découvrons une discussion fort intéressante sur le développement et la sortie prochaine du jeu dans un contexte aussi difficile que celui dans lequel nous sommes en ce moment.

L’organisation a permis d’éviter bon nombre de problèmes

Cyrille Imbert explique à l’intervieweuse que malgré le climat compliqué pour l’industrie du jeu vidéo, la pandémie n’est pas parvenue à stopper la machine Dotemu grâce à une bonne organisation générale entre tous les employés du studio. En effet, le directeur du studio français explique que suite aux nombreuses grèves de 2019, toute l’équipe était désormais (tristement) habituée au télétravail et que la production ne s’en est pas vue impactée négativement. Ce pourquoi depuis le 13 mars, on pourrait dire que rien n’a changé en termes de travail pour le studio.

Grâce aux expériences précédentes du studio en télétravail, Imbert explique qu’il n’y a pas vraiment eu d’impact quant à la production de Streets of Rage 4.

Il explique notamment qu’un système efficace de communication avait été mis en place et que les opérations de marketing allaient, de base, être principalement numériques pour éviter quelque problème que ce soit. Un choix avisé effectivement. Seul le pressage des copies physiques a dû être annulé au vu des circonstances actuelles.

L’avenir du jeu vidéo à court et à long terme

Le directeur aborde ensuite un point intéressant vis-à-vis de l’état de l’industrie en ce moment. Il affirme que pour l’instant, l’industrie se porte relativement bien grâce aux nombreux joueurs cloîtrés chez eux.

« Ceux qui n’ont pas l’habitude de jouer aux jeux vidéo ne vont pas se jeter de suite sur Streets of Rage » explique-t-il. « Ils vont se contenter d’acheter Call of Duty ou des jeux du même genre. Je ne suis pas sûr que cela aura un impact sur les jeux rétros, de niche ou indépendants comme nous. Cela pourrait en avoir un, mais je pense que ce sera similaire, voire amélioré. Difficile de stipuler quoi que ce soit ».

Cyrille Imbert poursuit la discussion en expliquant que l’annulation des événements est en effet frustrante, mais n’a en aucun cas impacté la production du titre. Il s’amuse même à dire que grâce à cela, le studio économise plus d’argent. Malgré le fait que l’impact à court terme ait été habilement maîtrisé par le studio et ses employés, il ne sait quel sera l’impact à long terme d’un confinement aussi long. Il argumente sur le principe qu’avec toutes les difficultés économiques que les citoyens vont rencontrer à la sortie de cette crise, acheter des jeux vidéo ne sera probablement pas une priorité sachant que d’autres facteurs comme le paiement du loyer ou simplement vivre une vie normale seront primordiaux.

Tout n’est pas rose en ces temps difficiles

Bien que la sortie de Streets of Rage 4 semble être en bonne voie, le directeur soulève deux difficultés qui l’inquiètent.

La première étant non pas la communication en tant que système, car tout cela semble bien fonctionner entre les employés, mais plutôt la véritable communication d’une personne à une autre face à face.

« On est habitué à se lever dans un open space pour aller discuter avec quelqu’un et ainsi se faire une micro-réunion » dit-il. « C’est une chose qu’on ne peut pas faire quand on est chez soi, mais nous utilisons beaucoup d’outils pour communiquer »

Cependant, il aborde un second point capital et inquiétant dans ce genre de situation : le mental de chacun.

En effet, l’impact psychologique imprévisible du confinement sur ses employés est un facteur inquiétant pour le directeur, car il ne peut encore concevoir de stratégies pour subvenir au bien-être de toute l’équipe. Il développe que le manque de contact humain peut engendrer de l’irritation dans les discussions virtuelles entre les différents membres et que certaines phrases anodines peuvent être perçues avec virulence par d’autres par manque d’intonation dans un assemblage de caractères sur un clavier. Il est conscient que si cette situation perdure, il va falloir établir de nouvelles méthodes pour communiquer, créer et poursuivre les opérations afin d’assurer que chaque employé se sente bien avec les autres.

Afin de limiter l’impact psychologique, il essaye de mettre en place des visioconférences assez fréquentes pour créer du contact humain ou il a également proposé à ses collègues des sessions, en conférence, dont le seul but est de jouer à des jeux entre eux pour renforcer la cohésion. Il sait que beaucoup se contentent de dire « tout va bien » bien que ça ne soit pas le cas, et c’est précisément pour cela qu’il veut essayer de créer le meilleur climat possible afin que chacun se sente à sa place et puisse compter sur les autres en cas de doutes, de peurs ou d’inquiétudes.

Mot de la fin

Dans une industrie où bien souvent les employés se voient confrontés à des dates de sortie prématurées et se retrouvent à devoir travailler sans relâche, il est rafraîchissant d’en voir un se soucier du bien-être de ses collègues. Les attentes des joueurs sont nombreuses vis-à-vis de ce nouvel opus, mais une chose est sûre, toute l’équipe de Dotemu a donné tout ce qu’elle pouvait pour combler les souhaits de chacun vis-à-vis du jeu.

Streets of Rage 4 sortira le 30 avril sur Xbox One et PS4 et sera également disponible dans le Xbox Game Pass dès son lancement.

Streets of Rage 4

Accueil > News

Streets of Rage 4

PEGI 0

Genre : Action/Beat them up

Editeur : Sega

Développeur : Lizardcube, Guard Crush Games et Dotemu

Date de sortie : 2020

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4

2 reactions

avatar

zorglub

28 avr 2020 @ 13:16

« suite aux nombreuses grèves de 2019, toute l’équipe était désormais (tristement) habituée au télétravail et que la production ne s’en est pas vue impactée négativement »

La Cgt et le vieux moustachu ont donc sauvé le développement de Street Of Rage 4 ? Alors là les bras m’en tombent...

Elawe

28 avr 2020 @ 23:36

Je vais acheter le jeu deux fois : un exemplaire Xbox et un exemplaire Switch. D’ailleurs dans l’article on ne parle pas des versions Switch et PC (Steam et GOG) mais seulement Xbox One et PS4.