Preview - Generation Zero : Ikea.tech

«Mechas à démonter selon le manuel» le 23 octobre @ 14:012018-10-23T14:00:59+02:00" - 0 réaction(s)

Jeu vidéo, musique, série télévisée, mode, Indiana Jones… si tout était mieux dans les années 80 ce n’est pas pour rien. La période néon rose fluo est en train de revenir avec fracas telle une Ferrari F40, pour le plus grand plaisir des vieux comme moi qui ont grandi pendant cette époque majeure pour les nouvelles technologies. Oui enfin bon, il y a des moments où on aimerait bien que certaines modes lèvent un peu le pied pour ne pas aller jusqu’à l’overdose. D’ailleurs en parlant de ça, il y a bien un genre dans le jeu vidéo qui devrait ralentir aussi : celui des open world. Oh vous la sentez venir la transition ? Bienvenus en Suède bande de geeks nostalgiques.

88 miles per timme.

Au cas où vous aviez oublié la décénie
Au cas où vous aviez oublié la décénie

En voila un contexte intéressant : les années 80, des robots tueurs et le pays des Krisprolls. Generation Zero était déjà passé devant les yeux de Creepers durant le dernier E3, mais sans qu’il puisse poser ses mains dessus. La bêta fermée qui s’est déroulée le week-end dernier nous a permis d’approfondir un peu plus son analyse, à l’aise dans le canapé, sur Xbox One X, un verre de Banga sur la table basse.

Architecture suédoise typique
Architecture suédoise typique

Difficile de décrire précisément ce qu’est Generation Zero. Nous sommes en présence d’un jeu en monde ouvert, en vue à la première personne, avec des robots à affronter et beaucoup d’exploration. Mais aussi un petit côté survie et jouable en coopération en ligne jusqu’à 4. Le prologue mis en place durant cette bêta ne donnait presque aucun élément sur l’histoire, le lieu ou encore les événements actuels. Pendant les premières minutes, le jeu nous apprend à explorer une maison pour y trouver une arme de poing et une paire de jumelles, indispensable pour bien examiner son environnement. La progression, tout comme la narration, se fait en ramassant des documents, en explorant des bâtiments, mais en aucun cas en parlant à des PNJs (du moins au début). Le monde de Generation Zero est vide de toute vie, calme, désolé, mais proposant tout de même une ambiance réussie grâce au moteur APEX développé en interne par le studio Avalanche. Que ce soit la végétation, les conditions météorologiques (parfois violentes), les effets de lumière et de fumée, le monde dans lequel le joueur évolue bénéficie d’un soin particulier, tant pour les yeux que pour les oreilles.

Une petite promenade en tank ? Bin non...
Une petite promenade en tank ? Bin non...

L’équipe en charge du développement s’est également appliquée à rendre la progression immersive sans l’entacher de balises à objectifs dans tous les sens. Pour un open world, ça fait fichtrement du bien. Surtout que la plupart du temps, l’endroit où aller n’est pas explicitement montré sur la map. Il faut donc prendre le temps de lire et étudier les documents liés à la mission pour trouver son chemin, et ça c’est cool. En revanche, on retrouve absolument tous les défauts que peut offrir un monde ouvert, c’est à dire un terrain de jeu vide, rébarbatif, où on a l’impression de faire et refaire les mêmes choses encore et encore, avec des bâtiments et des intérieurs qui se ressemblent tous. Il ne font pas que se ressembler d’ailleurs, car j’ai dû plusieurs fois abandonner un sac à looter à deux mètres de moi car l’espace entre une caisse et un frigo était trop étroit pour mon personnage. Il m’est même arrivé d’entrer dans une maison avec deux cuisines au rez-de-chaussé, balcon à l’étage mais aucun escalier pour y monter… Ce recyclage abondant et ces erreurs de level design font franchement peine à voir en 2018. Pire encore, il est impossible d’utiliser un véhicule, sérieusement ?!

S’il vous plaît, rembobinez.

Svensk kvalitet
Svensk kvalitet

Passons maintenant au deuxième coeur de Generation Zero : ses robots au look bien cool que ne renierait pas Simon Stålenhag (ah il semble que si en fait). Le côté action du jeu d’Avalanche Studio laisse un peu dubitatif. Le feeling des armes est plutôt satisfaisant et on trouve une certaine tactique dans la plupart des affrontements. Il faut parfois bien identifier le ou les points faibles d’un robot pour l’abattre de manière efficace et sans dilapider ses chargeurs. Cela est d’autant plus vrai pour les mastodontes à deux pattes, très rares à rencontrer heureusement.

Il a quand même de sacrés poches mon perso
Il a quand même de sacrés poches mon perso

Dans de nombreux cas, il vaut mieux être accompagné d’un ou plusieurs équipiers pour diversifier au maximum la force de frappe et donner le tourni aux ennemis. Car même s’il est possible d’emporter dans son sac plusieurs armes, explosifs et éléments de diversion (c’est très drôle de balancer un vieux poste radio à côté d’une bonbonne de gaz et tout faire péter ensuite), la gestion de l’inventaire est une telle purge qu’on se met rapidement à paniquer en voulant sélectionner un objet. Car même s’il est possible d’assigner un objet à l’une des flèches directionnelles, les développeurs n’ont pas jugé utile d’introduire un système de menu radial pour sélectionner rapidement un outil ou une arme. La gestion de l’inventaire est une galère sans nom, tout comme l’arbre de compétences, la map, le journal de mission ou encore la personnalisation de votre avatar. On se met rapidement à pester sur ce menu tout pourri pour étudier les différentes missions qui se présentent à nous par exemple. Du coup la très bonne idée de ne pas proposer bêtement des balises tombe à plat, vraiment dommage.

Les robots apprécient particulièrement les feux d
Les robots apprécient particulièrement les feux d'artifice.

Ah et revenons un peu à la coopération. Jouable jusqu’à quatre maximum, Generation Zero devient immédiatement moins galère à plusieurs. Un peu à la manière d’un Dead Island, on peut rapidement créer une équipe de joueurs complémentaires en sélectionnant avec soin les compétences, l’équipement et les armes. Seulement voilà, le level design chiant et plat ne propose pas moult approches ou stratégies. On se contente de straffer dans tous les sens et basta. Et même s’il est possible d’être furtif, cet aspect est gâché par un environnement aussi excitant qu’un champ de betteraves suédois. C’est dommage car le gameplay est plutôt dynamique et propose de s’amuser même tout seul, sublimé par de très jolis effets pyrotechniques lorsqu’on dessoude du tas de ferraille.

Dernier petit point sur la musique qui ne mérite pas plus d’un mot : ré-pé-ti-tive. Bon elle est quand même plutôt chouette sinon, très inspirée de la BO de Stranger Things.

Suédé ou pas suédé ?

Bien ancré dans la mode actuelle, Generation Zero a tout pour plaire sur le papier. Malheureusement, sa très chouette ambiance et ses bonnes idées de progression sont gâchées par les impondérables de l’open world et une interface lourde à souhait. En gros, le parfait endroit pour aller se promener un dimanche matin, avec un bâton de marche et un chien comme compagnon, mais sans le chien. Le jeu proposera peut-être son lot de secrets et de combats épiques, mais difficile d’y croire pour le moment.

Generation Zero

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Generation Zero

Generation Zero
PEGI 0

Genre : Action

Éditeur : NC

Développeur : Avalanche Studio

Date de sortie : 2019